mercredi 11 janvier 2017

Synapses Attack ! =!-(

Synapses Attack ! =!-(

https://waveland.bandcamp.com/album/solaris



Quelque part en Afrique, dans la décharge d'Agbogbloshie, un message tourne en boucle sur le moniteur d'un ordinateur devenu paranoïaque.


« Ben pote regarde ce qu'il y a ce que l’Amérique à offert aux gens tu vois comment ce que l’Amérique à offert aux gens voilà et maintenant c’est devenu des obscènes des obscènes parmi les obscènes ils n'ont rien à foutre de leurs fils rien à foutre de leurs filles tu vois comment ils baisent ils mangent ils boivent voilà pote c’est la vérité »

L’ordinateur murmure le fil de sa pensée, un miroir-brisé. Un écran lumineux, une intelligence artificielle et enfermée dans un cocon de métal.

« Ils n’ont rien à foutre de leurs copains ils n’ont rien à foutre de leurs amis c’est la vérité pote regarde la preuve pote ils n’ont rien à foutre ils n’ont rien à foutre ils mettent des gens dans des situations voilà et après ils se demandent pourquoi ça leurs est arrivés à l'avance dans d'autres contextes pas que dans le contexte de la barbichette blanche ou le spectre lumineux ou l’histoire de la monnaie »

Charabia à sens unique. Métronome déréglé. Bug dans le système. Charivaris du sable contre le vent

« Tu vois comment pote c'est ça que je veux leurs faire comprendre ben pote regarde ce qu'il y a ce que l’Amérique c'est  des obscènes des obscènes parmi les obscènes »

Un écran noir et lumineux dans le délire d'une nuit d’été.

« Ils n'ont rien ils baisent ils mangent ils boivent voilà pote c’est la vérité ils n’ont rien à foutre de leurs copains »

L’écriture automatique défilait. Projetée sur un panneau signalétique, elle débitait un flow de mots-pixels comme les dernières paroles d'un homme condamné aux limbes d'un formatage automatique.
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« Ils mangent ils boivent voilà pote c’est la vérité ils n’ont rien à foutre de leurs copains ils n’ont rien à foutre de leurs amis c’est la vérité pote regarde la preuve pote le FN pas content pote bleu blanc rouge pote et badaboum bada… »

Sur le panneau rouille et lumière, il y avait cette avertissements, ces quelques mots :

Surveillance par BodyCam.
Loi du 30 décembre 03 après l'I.A.F. ( Intelligence Artificielle Forte )
Zone Police d'Agbogbloshie
100003 Agbogbloshie
Tel : 01 / 01 01 01 00

Des mots-avertissements aux accents oxydés.

« Viens près de maman, on va lire. » murmure une mère à son fils, dans le contrebat de la méga-décharge.

« Halte la ! » hurle un BodyCam face au miroir éclaté de sa chambre d’adolescent.

« Et la colle, tu l as snife aussi ? » rêve le voisin de l'ordinateur paranoïaque.

« Iloveyouiiiloveyou » nous dit Dieu.

« 1+1=3 » nous martel les Hommes.

« Demain, je reviendrais » rie le clown drôle-pas.

« Hier j'ai vu le président se faire shooter dans le dos » discutent 4 gosses dans le château « Azerty ». Château de claviers. Le cimetière de la langue des anciens, celle des premiers mammifères avec des jeans «  Levi’s ». « Sick Sad World » Gravé sur la surface striée de l’hémisphère gauche. « En direct de Bagdad, Mickey mouse pour DisneyChanel ». « La conséquence ou la cause, qu'importe ». « Humain, trop humain ». « Qu'est-ce que ça fout, combien ça coûte, le meilleur sinon rien. Etes-vous sur d’avoir la meilleur assurance ? Que deviendra cet héritage ? ». « Ce soir, sur AgbpgbloshieTv©, la rediffusion du 11 septembre en HD Audio et Visio Cam ».

Le BodyCam arrive par la face-nord de la décharge. L’ordinateur paranoïaque fait trop de bruits. Vote-populaire : mise à mort par rétrovirus. La leucémie dans le chargeur. Insuffisance médullaire, anémie, fièvre, septicémie, hémorragie, il y a assez de balles calibres-lymphocytes-B-en-mutation pour créer l'explosion d'une centaines de bombes atomiques dans les nervures sanguines de son organisme de fer. « La mort sera lente » pense-t-il derrière sa visière holographique. « la m-mort sera b-b-b-brutale » bégaye-t-il d une voix-erreur404. L'arme à feu est braquée dans le vide. Une simple danse mécanique. Ce besoin de bouger, faire quelque chose, qu’importe. Regarder devant lui. Rien, le vide, juste un minuscule rectangle de lumière bleue dans le ciel, sans lune, d’une nuit d’été. Un pas après l’autre. Flash ! Les flammes d’un feu a ciel ouvert. Celui du plastique de milliers de fils électriques brûlant à l’unisson. Le regard braqué sur le sol noir gorgé de plomb, d'arsenic et de cadmium. Ratures sur papier griffé d’un sol en damier. Un pas après l’autre. Case noire. La jambe droite. Case blanche. Deux pieds sur le sol foulé. Un simple jeu, la mécanique d’une habitude bien huilée.

 « I’m singin’ in the dust. Just singin’ in the dust » chante-t-il d’un sourire poussière d’ange avant de lever la tête vers un ciel sans lune. Un pas a gauche, les bras levés et les semelles claquant le sol noir toxique et blanc de plastique, « I’m laughing at clouds » chantonne-t-il en faisant tournoyer son arme autour de l’index. La visière holographique replacée au dessus de sa tête, à la manière d’un chapeau melon, le BodyCam lève la jambe droite avant de tourner sur lui-même et s’en retourner enfant de la nuit. « In the dust... In the dust... »

Du bas de la colline, le BodyCam pouvait entendre la chose parler à son reflet déformé.

« On peut dire t’es chez moi t’es chez toi tu vois je suis chez nous voila je peux dire je mange je bois tu vois comment mon argent ton argent l’argent des autres les gens ils peuvent dire il est fou elle est folle tu vois comment ça me plait ça me plait pas tu vois comment l’Amérique pense qu’on travail pour eux c’est ça que tu dois te mettre en tête ils croient qu’on travail pour eux ils croient que c’est leur argent que c’est de leur poche tu vois comment c’est pas des conneries ce que je dis crois moi pote crois moi » Supplie-t-il aux fantômes, l’écran baissé comme face à un torse de métal, de plastique et de chair fantasmée.

mardi 10 janvier 2017

prenssée q

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Tente de quitte la tête en kit de qui t'es. Quitte la tête de qui t'es. T'es vraiment très mauvais comme être humain. (Prends-le comme un compliment.) Tu m'as donné l'espoir, d'un jour peut-être, avoir de l'espoir. Tu as bien fait de partir : tu m'as manqué. On t'appelle tellement peu que tu crois que ton téléphone est cassé. 

Parfois on dirait que t'es vraiment comme un brouillon de personne, comme une sorte de répétition générale pour une autre existence.
Je sais pas encore écrire.
Je sais pas encore penser.
Je sais pas encore parler.
Je sais pas être une personne.
Je sais pas être moi.
Serais-je un prêtre ? Même ma mère m'appelle "Mon Père".
Je pars en vélo mais j'oublie de le prendre. (Au milieu de la rue, je pédale, mais je m'aperçois que je n'ai pas de vélo). Quand tu ne sais rien faire, chaque journée
est une aventure.
(Ce texte risque d'endommager votre ordinateur.)
(Elle note des phrases, secrètement, en espérant que je ne les entende pas.)
Être né c'est obligatoire pour ce métier. Sur ta pierre tombale, cette épitaphe : “Pfffiouh ! C'était compliqué !”

Toute réelle augmentation de savoir se paie dans sa chair. J'ai plein de problèmes et de force. Tout me paraît difficile. Sauf quand je suis dans l'action. Sortir avec toutes ces nanas qui sont à l'aube de leurs dysfonctionnements. Une thérapie par le vertige, une thérapie par l'oubli.
Je vois bien comment ça marche. Les gens meurent et il ne reste rien. À part quelques affaires dans la rue vite dispersées. On fait table rase. Et on monte dessus en hurlant. Un quart d'heure de quart de gloire et dix qui font cent. Il ne reste plus qu'à revendre les moments précieux.
Je fume des sabliers.
Chaque minute, je la sens.
Chaque minute se divise et redivise.
Chaque seconde est une goutte qu'est un pied qu'est un pas.
Chaque seconde se divise et se redivise, et se microdivise et se redivise puis se divise encore et se redivise en plein de petites secondes.
Cette seconde explose en plein de micro-secondes comme des gouttes d'eau sur le plus grand de tes organes sexuels : ta peau. Il pleut ! Ça veut dire qu'il va pleuvoir.

Quand une vie est placée sous le signe de vents contraires, elle doit développer plus de force, pour être à peu près au même endroit que les autres vies. Le jour où ces vents s'arrêtent, cette vie contrariée s'aperçoit qu'elle est du coup plus forte que la plupart des autres vies.

Lutter contre l'algorithme qui te fait voir toujours la même chose. 
Lutter contre l'algorithme qui te met toujours avec les mêmes gens.
Quand tu sors, tu comprends pourquoi tu ne sors pas. Tout t'apprend que tu connais déjà la réponse. Tes pas sont un verrou. Tes pas sont un nœud. Qui serre et serre. Parfois, des forces assemblées ensemble s'annulent les unes les autres. Ce soir, vous buvez pour oublier cette soirée. Quand il te parle, tu n'écoutes pas vraiment les mots qu'il dit, plutôt le ton de sa voix. Ses yeux sont des divisions lunaires. Son sourire est une lampe tordue. Le jour il tue, la nuit il bavarde. Tu essaies de prendre un peu de sa douleur, pour qu'il puisse survivre.



jeudi 5 janvier 2017

Sortie d' "Histoires Anéanties", mon dernier livre

Salut les potes,

Un mot - rapide - pour vous signaler la sortie d'Histoires Anéanties, mon dernier bouquin chez les Éditions Vermifuge, que vous pourrez commander en cliquant ici.

C'est un recueil de nouvelles que d'aucuns qualifieraient de très chouettos, et dont vous pourrez voir la couverture ainsi que la 4e de couverture ci-dessous.






















Cerise sur le gâteau ! Outre votre serviteur, on retrouve au fil des 110 pages du livre les mains de personnes exceptionnellement sympathiques et doué(e)s.
À savoir : Pauline Raguin (à la couverture), Le Tigre, Perrine Le Querrec, Mike Kasprzak, Gregory Puech, Lucien Suel, Olivier Noel, Serges Cassini, Guillaume Siaudeau et Perrin Langda !

Cette publication me fait bien plaisir parce que j'ai vraiment eu l'impression de réaliser un bon truc. La preuve : j'avais publié quelques histoires anéanties sur le blog Mut.

Alors voilà, n'hésitez pas à commander l'objet, à l'offrir, à le garder ou tout simplement à en parler autour de vous.

Sur le bulletin de souscription, il y a écrit que la souscription se terminait le 30 décembre. Mais comme elle a eu pas mal de succès, vous avez encore quelques jours pour commander votre bouquin issu du 1er tirage.

Bonne journée à tous !

mardi 3 janvier 2017

Quelque chose d'autre


Il faut qu'on s'en sorte
même si y a pas de porte.
Il faut qu'on s'en sorte
même si y a pas de porte.

Les portes, on va les dessiner.
Les portes, on va les creuser.
Les portes, on va les créer.
Les portes, on va les forer.
Les portes, on va faire des trous.
Les portes, on va faire des trous dans les murs.
Les portes, on va faire des trous dans le sol.
Les portes, on va faire des trous dans la tête.
On va faire des trous dans les trous.
On va faire des trous pour faire des portes.

Les portes on va les créer.
Les portes on va les percer.
Les portes on va les découper.
Les portes on va les exploser.
Les portes, on va les dynamiter.
Les portes, on va les forer.

Je suis
avec vous.

Vous êtes
avec moi.

Il faut que quelque chose d'autre l'emporte.
Il faut que quelque chose nous emporte.
Il faut que quelque chose d'autre nous emporte.

On sent l'air, on sent la vibration, on sent l'air, on sent la vibration.

Ça n'existe plus d'aller bien ou d'aller pas bien, ça n'existe plus ; ça n'existe pas d'aller bien ou de n'aller pas bien, ça n'existe pas.

Un truc qui tournoie, un truc qui pense pas. Un truc qui sent. Un truc qui vibre.

Il y a tant de merde. Mais il y a des petites chasses d'eau partout (elles sont remplies à ras bord), il faut les tirer, il faut juste trouver un moyen de les tirer, pour que toute la merde, elle parte, mais à l'envers, dans l'univers ! Très loin.


lundi 2 janvier 2017

ZAPPOLOGIE 2.0 / Vous avez vraiment l'intention de transmettre le message d'un fantôme ? (5)

(...)



20
> Je suis désolée de vous appeler aussi tard.
> Ravi de vous revoir.
> Où êtes-vous ?
> J’étais à l’hôpital à 8 heures.
> Comment allez-vous ?
> Je me suis senti très mal
> J’ai cru devenir fou
> Ca semble quand même quelque chose de normal…
> Mais comment vous le savez ?
> Ecoutez, voilà le genre de monde dans lequel nous vivons ;
> Alors je vous écoute
>Faut pas trop le dire mais c’est désormais officiel,
> dans le monde matériel, il faut changer,
> faire travailler ses sens à travers
> un défi pied au plancher…
> C’est totalement interdit
> On ne vous a pas mis au courant ?
> J’avais l’intime conviction que
> pointé sur ma tempe,
> vous veniez me tuer…
> Est-ce qu’on peut essayer d’oublier ça ?

> Tout de suite après, elle va remettre le scalpel à sa place
> Vous croyez que des individus nous suivent ?
> Sans être paranoïaque, on ne savait pas à quel accueil s’attendre.

 (...)

ParanoïdAndroïd


dimanche 1 janvier 2017

mercredi 28 décembre 2016

lundi 26 décembre 2016

Vous êtes ici



Rue de l’Abandon
Cité des Abus
Quai des Alcooliques
Avenue des Âmes brisées
Rue de l’Apocalypse
Rue de l’Arbre mort

Place des Bipolaires

Avenue des Chiens écrasés
Rue du Châtiment
Place des Chômeurs
Rue du Ciel gris

Rue des Déceptions
Traverse du Désert
Montée du Désastre
Passage Douloureux
Rue de la Déveine

Cité des Enfants perdus
Rue des Espoirs déçus
Autoroute de l’Enfer
Rue des Extinctions

Impasse de la Fatalité
Rue des Femmes battues
Place des Fleurs fanées
Rue de la Frustration

Parc de la Gadoue
Avenue des Gens méchants
Avenue du Grand cafard

Boulevard de l’Holocauste
Avenue de l’Hiver

Boulevard des Illusions
Rue des Impuissants
Rue des Injustices

Allée du Massacre
Place des Meilleures intentions
Rue Mesquine
Rue Morne
Boulevard de la Mort

Rue des Oiseaux malades

Boulevard Pathos
Place de la Peste
Rue des Préjugés
Rue de la Poisse
Rue du Petit Pyromane

Rue des Rats crevés
Chemin des Regrets

Rue des Sales petites combines
Rue Stérile

Rue de Ta mère
Cours du Temps perdu
Jardin des Tueurs en série

Centre commercial des Pigeons
Parking municipal des Voitures Brûlées
Ecole de la Révolte maudite
Eglise ND de l’Amertume
Hôpital des Derniers jours

dimanche 25 décembre 2016

La Malade

La Bête.

Le Besoin de Partir se sent de loin, il se rapproche vite mais il est presque toujours impossible de voir à quelle distance il se trouve. Peut-être est-il tout près, en réalité, déjà contre ta peau, peut-être même la langue sortie, prête à se coller à toi et à rapper tes mains et ton visage laissés à l'air libre, avec innocence, candeur, oui peut-être est-il à deux doigts de rentrer sous nos habits, de parcourir nos dos et de remonter en coupant par le jardin pour se lover contre notre ventre, et on ne le sait pas.

On ne connait pas la distance qui nous sépare, mais on le sent : il est là. Son odeur change régulièrement, on ne peut pas dire objectivement ce qu'elle est, boisée ou sucrée, amère, tentante, mystérieuse, nouvelle, risquée ou changeante. Elle s'accommode au climat, n'est pas difficile, se fond dans la masse, rajoute sa touche ou envahit l'espace.


On sait que c'est elle parce qu'alors on pense aux cosmonautes, aux grands aventuriers, on se dit qu'ils n'avaient pas de portables avant, pas de TGV ni de covoiturage, comment ils faisaient, et l'eau courante, le matelas, faut que je pense à prendre rdv chez l'ostéopathe, putain le dentiste ça fait cinq ans au moins, tiens je vais racheter du rince-bouche là, antibactérien, le vert il sent la menthe, bon le noir c'est normal, l'usure normale des molaires, j'ai pas mal alors je vais avoir l'air bête à y aller pour rien, dépense inutile, la mutuelle est à jour, oui l'air bête, sûrement, oui. Mais qu'est-ce que je pourrais dire au conducteur ? Pourvu qu'il ne mette pas Rire et chansons.

On s'imagine lui succomber, on essaie de prévoir, planifier, on sait qu'il ne nous a pas encore sauté dessus, peut-être il se lassera, mais bon, si ce n'est pas le cas, faudra bien en faire quelque chose, l'apprivoiser ou le relâcher ailleurs, par exemple, dans son habitat naturel, lui trouver de quoi faire, pourvoir à ses besoins, parce qu'il en a, lui aussi, des besoins.
On fait des listes de choses à faire, de ce qui nous est nécessaire, on regarde les annonces, on met des choses incroyables dans des paniers virtuels mais zut, le navigateur plante : trop de fenêtres ouvertes. Bon, y a l'historique, on verra ça plus tard. Éventuellement.

Alors en attendant on essaie d'identifier son trajet, de le localiser : il se rapproche, c'est sûr, en ligne droite, puis recule, ou bien un obstacle face à lui peut-être, ou le vent qui tourne et on ne le retrouve plus, il nous a quitté et on l'oublie vite avec d'autres odeurs, des familières, des familiales, des anciennes, prégnantes, tenaces, dans lesquelles on se vautre goulument.

Mais c'était une feinte.

Et le revoilà, bim il a mis la dose, t'es obligé d'en parler, tu ne peux plus l'ignorer, il rentre dans tes poumons, les teinte à sa manière, rayée, irisée, alors tu en parles, tu prévois, on te conseille. Tu as droit à beaucoup de conseils, les gens sont contents de pouvoir te conseiller, soit parce qu'ils en ont déjà adopté un, soit parce qu'ils pensent le connaitre bien, l'animal, la Bête, pouvoir la dompter.

Toi tu écoutes.
Tu hoches la tête.
Tu crois et ne crois pas à tout ce qu'on te dit de lui, car le tien est tout jeune et fou, son caractère se façonne à peine, à travers de vieux rêves, des contes de Noël, des images sur les murs ; il se fait tendre, dur, brumeux, volatile et physique tout à la fois.
Et tu veux en savoir plus.
Alors tu bouges plus, tu le laisses venir.

Et ça il le sent.

Bim il est là.
Sa langue sort.
Tu sens son haleine, c'est plus fort, irrésistible, obscur.
Tu ne vois toujours rien mais tu en es sûr, plus de doute.
C'est lui, il est tout contre.
C'est chaud, c'est fort, et ça se colle à toi. C'est ça.
Tes vêtements frémissent.
Une petite boule sur ton ventre point.
Tu bouges.
Tout se met en place.

samedi 24 décembre 2016

Bonjour...


Texte spontané, montage : Nnk // dictée vocale OsX // chant : Souen Kays

jeudi 22 décembre 2016

[Machine O-1] GLING

J'veux faire "gling" derrière les gens qui font semblant de rien sentir, qui font semblant que le monde n'est rien qu'à eux...


samedi 17 décembre 2016

"Dépôt-vivante" le dimanche 18 décembre à Marseille

Le dimanche 18 décembre 2016, de 16h à 21h, une mini-librairie temporaire se tiendra à l'Asile 404 (135 rue d’Aubagne - 13006 Marseille / Métro Notre-Dame-du-Mont / entrée libre).

Seront en vente tous les livres et CD des éditions Caméras Animales, ainsi que tous les livres de Mathias Richard chez différents éditeurs, et les CD du label Invidation (tenu par Nikola Akileus).
Ce sera aussi un moment ouvert à la rencontre et la discussion.

A partir de 18h il y aura aussi des projections et lectures autour des livres présentés.
Avec (entre autres) Sabrina Cerisier, Nicolas Debade, Roselyne Frick, Marc Hernandez, Aurélien Marion, Nora Neko, Agathe Paysant, François Rossi, Diego VB et Annabelle Verhaeghe.

A dimanche !



L'événement sur le site de l'Asile 404 :

L'événement sur Facebook :

mercredi 7 décembre 2016

Le monde comme il vient




Black-out 
Je me réveille à 4 h du matin 
Je prends un bain 

Je comate 
Longtemps 
Je comate 

A 7 h j'en sors 
T'es partie chez Romy 

Toi mon ange gardien 
J'fais plus le malin

Le matin sans toi
Ressemble à un bois 
Sans rosée 

Sans toi 
J'emmerde le matin 
Des magiciens

Il n'y a plus rien 
Qu'un chien en moi 

Des fils de barbelés 
Autour des reins 

Alors 

Je prends le monde 
Comme il vient (x3) 

Après je bois 
A la santé
Des temples 
De la foi 

T'es partie
Toi mon ange gardien 
J'fais plus le malin 
Le matin sans toi 
Ressemble à un bois 
Sans rosée

Sans toi 
J'emmerde le matin 
Des magiciens

Il n'y a plus rien 
Qu'un chien en moi 

Des fils de barbelés
Autour des reins 

Je prends alors le monde 
comme il vient 

Et je marche 
Vers toi

Le monde 
Comme il vient  (x2)

Je vais vers ce monde 
Et tu me rejoins

Viens 
Viens 
Viens 
Viens 

On y va 
Viens 
On y va 
Viens 
On y va 

mardi 6 décembre 2016

jeudi 1 décembre 2016

[Machine TH-1] Dyspixing

Dyspixing //

⩺ Dys, préfixe induisant un quelconque dysfonctionnement au regard d'une activité/fonctionnalité ou fonctionnement dit(e) normale.


Nuit d'été, un ordinateur déjà mal en point, effectue à ce moment quelques opérations simultanées, ralentissant son fonctionnement à vitesse normale.
Une image traitée via photoshop fait partie des opérations ; peu à peu, les manipulations deviennent laborieuses, ralenties,
le film commence.

- Fonction/Utilité :
"Créer de nouvelles images en poussant à ses limites la rapidité de traitement d'informations d'un ordinateur, sorte de micro-cinéma abstrait & aléatoire."

⩺ Seconde ?
"Produire de l'information apparemment inutile avec un degré très faible d'intervention"



Requis : logiciel de traitement d'image ou permettant tout au moins le déplacement dans l'image.
Image avec définition minimum de 400 pixels par pouce,
textures & nuances chromatiques variables.

Utilisation :
Ouvrir le document, puis, pour assurer le ralentissement de l'ordinateur,  ouvrir quelques applications supplémentaires usant de la
mémoire vive.
Ouvrir un logiciel de capture vidéo de l'écran, définir le cadre de l'image dans la fenêtre de l'application concernée, démarrer la capture vidéo puis :
tel un pilote surplombant un paysage, naviguer dans l'image en utilisant zoom et déplacement latéral, essayant différents rythmes pour définir
les effets les plus adaptés/recherchés :
déformation d'image, superposition de l'avant et après réception de l'information, décomposition saccadée, distorsion, ralentissement,
grésillement du grain photo, strates de lignes...
Faire un premier test de réaction physique de l'ordinateur.
Espacer les prises pour éviter le flambage de disque et/ou de ventilateur ;


Extrait d'un test de pilotage-  
Séance de tournage.
Assise choisie : pseudo horizontale, corps semi-replié sur couette amassée.
Cadre : Plein écran // agrandissement de la fenêtre, mise en veille des fenêtres outils.
Image: collage numérique sur une quinzaine de calques, noir et blanc, grain photo ajouté, définition à 600 pixels/pouce.
Démarrage de la capture vidéo de l'écran, début de la navigation intra-pixels, zoom, zoom, zoom, déviation-en-parallèle, Est, Ouest, Sud, dézoom,
zoomzoomzoom,
virée gauche/droite, prise d'altitude, piquée, sentiment de pilote sur une surface plane, atteindre le grésillement du grain numérique,
semblable à une télévision sans connexion,
image décharnée, démembrée, amputée de sa lisibilité, image-mouvement/saccades, limites repoussées de l'outil-générateur de nouvelles
images par sa défaillance, ou sa déficience.
2 minutes, réactions ralenties, 3 minutes, décompositions abstraites de l'image, arrêts dans le mouvement, 5 minutes, perte de contrôle sur le rythme de l'activité, 6 minutes, défilés d'actions en chaîne enregistrées au préalable par l'ordinateur, contemplation de celles-ci.
Fin de capture vidéo, l'ordinateur reste alors soumis à quelques saccades, enchaîne les ouvertures/fermetures de fenêtres aléatoirement,
nouvelle séance de contemplation : sans action, par une prise d'informations intense et trop rapide pour lui, l'ordinateur continue d'agir, seul,
jusqu'à lentement et difficilement, retrouver la simultanéité de la demande et de l'action ; après quelques heures, ou quelques jours.


NB//Extension : Dans un cadre performatif, utiliser un ordinateur à usage unique et piloter à  travers les images (vidéo-projection) jusqu'à extinction, arrêt définitif ou flambage complet de l'ordinateur.
En réaliser plus tard un totem pour un futur musée des muta-médiums.

DYSPIXES from Myres on Vimeo.



Une machine de Tina Hype