Affichage des articles dont le libellé est # basics. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est # basics. Afficher tous les articles

dimanche 25 mai 2014

De la Science-Poésie (SP) sur Libr-critique

Le module mutantiste 1.2 "Poéscience dans la Préhistoire électronique" (de Mathias Richard) paraît sur le site Libr-critique.

Lien de l'article :

Ce texte fait partie du livre collectif mutantisme : PATCH 1.2, à paraître en 2014 chez Caméras Animales.

lundi 17 février 2014

Définition 17


Le mutantisme : cette petite force primitive d'avancer même quand il n'y a plus de lumière : le geste de chercher, d'avancer quand même, malgré tout.



samedi 15 février 2014

[1.2 – alpha-test] Floutage (part.2/2)


Vision atomique / Désintégration des contours / Musiques drone
Nous avons été trop habitués à « voir » des surfaces et des contours. Inconsciemment, nous discrétisons le flux continu du réel (live stream de stimuli) que nous percevons en objets et délimitations. Nous apposons ce modèle séculaire, à la fois initiateur et rejeton du langage (chose <=> mot), sur notre environnement a priori vierge, dans son essence atomique, d’une telle multitude d’eccéités. Ce phénomène restreint notre perception du réel ou, du moins, il y limite l’expression de possibles, d’angles de vue atypiques, de sensations jamais ressenties.
Le mutantisme propose de désenclaver notre façon d’appréhender notre environnement. Pour abolir les lignes et les contours qui circonscrivent les choses, il est possible de les penser tout d’abord comme des interfaces où entrent en contact le milieu/matériau 1 de l’objet avec le milieu/matériau 2 qui l’entoure (ex. : l’air). Puis d’opérer un zoom conceptuel, de considérer cette interface au travers des lentilles grossissantes qui permettraient de la voir au niveau microscopique, sub-moléculaire, et de la voir alors comme une zone où les atomes du milieu/matériau 1 côtoient ceux du milieu/matériau 2, dans un niveau d’imbrication tel qu’il n’est plus possible de définir une quelconque délimitation, sinon de distinguer seulement un gradient de densité atomique. Une fois cette désintégration des contours acquise, dé-zoomer jusqu’au niveau de perception originel et reconsidérer alors l’environnement et le voir désormais comme un flux continu d’atomes.

La gymnastique mentale proposée ici (qui n’est pas moins qu’un prototype de machine) demeure assez difficile à mettre en œuvre en l’absence d’une technologie adaptée (cela pourrait être une version alternative de la fameuse camérachine). Elle est toutefois envisageable dans le cadre d’un exercice de méditation (en utilisant ou non des psychotropes), avec l’écoute préconisée d’une musique drone, type de musique dans laquelle les sonorités classiques rendues par les instruments sont étirées, mélangées avec d’autres au point qu’il n’est plus possible de distinguer l’origine et la fin d’un son particulier ni d’affirmer avec certitude de quel instrument provient la nappe sonore en cours d’écoute. Cette musique drone est bel et bien un équivalent, dans la sphère musicale, du processus de désintégration des contours proposé précédemment. D’un point de vue purement musical d’ailleurs, la musique drone permet d’accéder à des sensations équivalentes (plaisir ressenti à l’écoute d’une mélodie par exemple) à celles que procure la musique pratiquée avec des instruments utilisés de façon plus conventionnelle : en ce sens, cette musique autorise la pratique de l’art musical (pratique + génération de sensations/plaisir d’écoute) sans la possession des capacités techniques nécessaires à la pratique conventionnelle des instruments et outils sonores utilisés. Cela n’en fait pas une sous-musique, ou bien une musique pour piètres interprètes, mais a contrario il s’agit d’une branche de la musique délibérément recentrée sur la matière première, le son, et libérée de tout carcan technologique et de toute notion de virtuosité. Il est également de bon aloi d’ajouter ici qu’en se « recentrant » sur le son brut, la musique drone permet ainsi l’atteinte d’états de conscience singuliers[1], de transes, auxquels il n’est pas donné (ou très difficile) d’accéder par le biais des musiques traditionnelles[2].


Dé-modélisation du réel / Injection mutantiste interstitielle
Le mutantisme fait le constat suivant : il n’existe plus de champ physique d’émergence de singularités et de potentialités dans le monde qui nous entoure. Dès les phases primaires de notre appréhension du réel, dès que notre cerveau interprète le déluge de stimuli qui le bombarde en continu, nous enserrons inconsciemment la réalité dans un modèle qui la bride et l’isole. Cette façon de voir le monde est la somme des apprentissages que nous avons pour la plupart réalisés dans notre jeunesse, notre propre conception et compréhension de ce qu’on appelle communément les « lois de la physique ». Dans une acceptation commune, soin est laissé aux scientifiques et physiciens d’appréhender de façon strictement rationnelle ce corpus de lois et de le faire évoluer, tandis que chez le profane (nous, vous, une grande majorité de physiciens y compris), ces lois font figure de vérité indisputable, d’écheveau primordial de notre réalité. A tel point qu’une inversion conceptuelle a peu à peu opéré, d’une façon insidieuse mais néanmoins implacable : « la nature et les artefacts humains qui la jalonnent obéissent à ces lois de la physique ». Le mot clé, dans la précédente phrase, est le verbe « obéir ». Notre prétentieuse nature humaine a retourné le paradigme en imposant au monde de se conformer à des lois issues de notre propre compréhension de ses phénomènes. Une compréhension traduite en formules mathématiques regroupées sous l’égide de théories, une modélisation du réel établie à partir d’observables et confortée par des expériences. Une modélisation cependant. Une modélisation seulement. En aucun cas un corpus de lois universelles. Ce n’est pas l’objet ici de tenter d’expliquer le retournement évoqué plus haut, toutefois il semblerait que l’homme ait encore cherché à se constituer une transcendance, à s’y vouer à corps et à cri et à se voiler la face quant au fait qu’il puisse exister d’autres manières d’appréhender le monde, d’autres physiques alternatives à même d’élaborer de nouveaux modèles de description des phénomènes, tout aussi compatibles (dans des continuums de validité qu’il conviendrait de définir) que les existants[3].

Le mutantisme ne renie pas les enseignements de la physique. Il en fait même un terreau privilégié de son imaginaire. En revanche, le mutantisme appelle à prendre conscience que ce que nous « expliquons » des phénomènes physiques qui nous entourent n’est pas la conformation de ces derniers avec des lois transcendantes et immuables, mais seulement la convergence de notre compréhension (traduite en termes de modèles physiques, perfectibles et non-holistes) de ces phénomènes avec leur manifestation à notre échelle modeste. Cette prise de conscience réalisée, une fois établi ce rapport plus sain avec le monde qui nous entoure, il est alors possible d’imaginer concevoir des modèles physiques alternatifs (qui iraient du modèle déterministe hyper-localisé au modèle stochastique à grande échelle). Le mutantisme est curieux et empirique. Il invite à l’injection de paradigmes mutantistes dans les zones du réel propices à l’émergence de possibles-jamais-vus. En incitant à la réinterprétation de nos perceptions à l’aune de physiques alternatives, le mutantisme espère favoriser l’émancipation de singularités sensorielles.





Bonus  : Ré-échantillonnage des contextes (Nyquist-Shannon rules !)
En chantre de la multiplicité (voir ce module dans le MM1.1), le mutantisme fait bien évidemment front contre les tentatives de polarisation de la pensée et de réduction manichéenne des faits et contextes, modus operandi[4] très largement répandus dans le champ médiatique et dans celui, connexe, des réseaux sociaux, puis, par infusion, dans l’opinion publique[5]. En effet, une intense polarisation de la pensée opère dès lors que doivent être explicités des contextes politiques, sociaux et culturels. Ainsi, la plupart du temps, la complexité première de ces contextes se retrouve gommée, voire réduite à néant, certains enjeux potentiels sont d’emblée désamorcés et l’essentiel des panels de forces en présence se voit éludé. Du fait de ces simplifications et vulgarisations à l’aune de subjectivités inacceptables, la description du réel n’est plus conforme. En d’autres termes, le théorème d’échantillonnage de Nyquist-Shannon, qui stipule que la représentation discrète d’un signal par des échantillons exige une fréquence d’échantillonnage au moins supérieure au double de la fréquence maximale présente dans le signal échantillonné, n’est plus respecté.
A l’heure des bus 64 bits et de l’informatique dans le cloud, le binaire ne reste conçu qu'à travers les deux entités qui en constituent la base : 0 et 1. Oui, deux, uniquement. Dès lors, n’importe quelle situation se voit donc échantillonnée (comprendre : perçue puis analysée, d’un point de vue humain) sur la base de ces 2 foutus bits manichéens. Les bons, les méchants. Les satisfaits, les insatisfaits. Etc. Un tel transcodage du réel entraîne évidemment une perte conséquente de données, une dépréciation du contexte et un biaisage des positions qui pourront être prises a posteriori.
Le mutantisme prône une restitution du réel conforme avec les préconisations physiques de Nyquist-Shannon. Nos cerveaux n’ont pas à rougir des bande-passantes énormes qu’offrent désormais les réseaux numériques de communication. Le mutantisme revendique une utilisation à leurs justes capacités de nos ressources cérébrales, une prise en compte exhaustive des multiples variables (faits, acteurs, opinions, etc.) qui constituent un contexte devant être analysé.


[1] On citera, à titre d’exemple, 2 projets ayant affiché leur volonté délibérée de permettre à l’auditeur d’accéder à des états de conscience altérés : Time Machines (qui ne sont autres que Coil) avec leur album éponyme et Giles Corey avec Deconstructionist .
[2] On n’inclura pas dans ce lot dit de « musiques traditionnelles », les musiques tribales et autres pratiques musicales dérivées utilisant la rythmique pour une accession à la transe (électro-minimale, motorik, etc.).
[3] Par « existant », on entend notre croyance fermement entée comme quoi il n’existe qu’une seule physique à même de décrire les phénomènes naturels, une physique qui fait office d’indiscutable vérité, voire de transcendance malsaine. Pour peu que l’on s’intéresse aux récentes évolutions de la physique fondamentale, il est possible de constater que la compréhension humaine de certains phénomènes physiques (à des micro- ou macro-échelles) nécessite désormais de s’aventurer au-delà des marges des modèles classiques. Aussi, de nouvelles théories et de nouveaux modèles s’échafaudent dans ces nouvelles directions. Des modèles souvent en concurrence pour décrire le même phénomène. Des modèles qui, à rebours, peuvent être en mesure de décrire correctement notre réalité courante, et donc de compléter, voire de se substituer, aux modèles de physique classique.
[4] Cf. le prêt-à-penser médiatique déjà dénoncé en exergue de ce module.
[5] Encore que ce concept doit être manipulé avec précaution, car, paradoxalement, son thermomètre, bien souvent déréglé, n’est autre que les médias.

mardi 11 février 2014

[1.2 – alpha-test] Civilisation

Plugin au module 1.1 "Contexte"

Civilisation





Tous les capteurs sont en alerte. Il se passe quelque chose, confusément. Une refonte métaphysique. 
Nous sommes parmi les ruines et recommençons à zéro.
Tout est à réinventer.
Il faut agréger des initiatives individuelles, chacune reprenant quelque chose à sa base.
Nous changeons d'ère. (Des changements majeurs sont à effectuer pour que l'humanité survive.)
La civilisation précédente est morte.
Décédée.
Ils l'ont juste pas encore réalisé.
La civilisation précédente est morte.
Décédée.
Tous ne l'ont pas encore réalisé.
Ce qui n'a jamais été n'est plus de nouveau.

Z/ En 1900, 70% de la population française travaille la terre. En 2014 : 1%.

X/ Aujourd’hui, 80% de ce qu’a appris un professeur est obsolète. 
(Et on peut tout savoir sans sortir de chez soi.)


T/ Au XIXe siècle, on a inventé 1000 systèmes politiques, des marxistes aux utopistes. 
Aujourd'hui : surpopulation de solitudes, ère de l’individu seul au monde.


D/ Après le néolithique et l'ère industrielle, les sociétés humaines connaissent une troisième révolution : celle de la communication.

E/ La finance, la politique, l’école, l'Église… Citez un domaine qui ne soit pas en crise.
Il n’y en a pas. Tout repose sur la tête de ceux qui arrivent, car les institutions, complètement dépassées, ne suivent plus. (Les nouveaux doivent s’adapter beaucoup plus vite que leurs parents et grands-parents. C’est une métamorphose.)
(Les crises sont des périodes de renouvellement de la vie, des périodes d'évolution accélérée, génératrices d'espèces.)


V/ Les facultés cognitives et imaginatives ne sont pas stables chez l’homme. Le cerveau évolue physiquement. Il s’adapte au monde qu’il a créé et continue de créer. Les nouvelles technologies n’activent pas les mêmes régions du cerveau que les livres. Le cerveau évolue, de la même façon qu’il avait révélé des capacités nouvelles lorsqu'on est passé de l'oral à l’écrit.


Volontarisme

Notre planète est le lieu et le moment d'un changement d'épistémè, de l'ensemble de nos croyances, savoirs, connaissances scientifiques et façons de voir, modes de représentation : une mutation environnementale et intérieure totale. Une transvaluation, une ré-évaluation de tout. Une réinitialisation de la pensée, des modes de représentation. Tout est détruit, aplani, vidé, égalisé, réinitialisé, lissé, désertifié. 


C'est une période de basculement (le creux du basculement), comparable à la fin de l’Empire romain ou à la Renaissance.

On est dans la "transvaluation", la remise en cause des valeurs, leur transformation. On est dans le nihilisme. C'est terrible. Et, en même temps, on peut voir ça comme une chance.
Ce n'est pas une crise morale, politique, financière. Ce n'est rien de tout ça.
C'est une crise évolutive.
On est en train de mourir à l'humanité, pour naître à autre chose.
On est au même point où, à un certain moment de l'évolution, il a fallu passer d'une respiration branchiale à une respiration pulmonaire, ou bien on asphyxiait.


C'est une occasion de tout changer. Il est normal de revoir le système économique, sanitaire, littéraire... créer de nouvelles valeurs, des morales et codes d'honneur
Il nous faut décider du rôle de l'humain sur Terre. Et définir des objectifs pour son existence. Des règles et une morale. Porter un nihilisme fort, créateur de valeurs, qui ne soit pas un glapissement de faiblesse.
Le monde humain est une fiction collective : il n'est que ce qu'on en fait.


Les mutantistes veulent utiliser l’énergie et les particularités de la mutation négative environnementale pour la retourner en puissance.
Chercher de nouvelles routes de nouveaux regards.. Écouter, faire la synthèse de ses perceptions et de ses affects (images, informations, expériences, éléments en tous genres), créer des ponts, produire des chocs, établir des relations, fondre, tordre. 
Les catégories actuelles n'ont plus de signification. Tout doit y être repensé, réorganisé, reconstruit.
C'est comme si des grosses barres d'immeubles avaient été détruites, et que sur leurs ruines chacun pouvait y construire sa maison, son palais, sa tanière, son triangle isocèle, sa cabane, son jardin ouvrier, sa patinoire non euclidienne, son labo, son palmier, son souterrain, son ornithorynque...
  

1
veille :
reconnaissance
et analyse
des mutations, du changement d'épistémè

2
action sur les mutations :
accentuer
corriger/modifier
détruire/attaquer


non aux intellectuels professionnels
oui aux intellectuels sauvages !

lundi 10 février 2014

[1.2 – alpha-test] diagnostic-terreau-attaque



diagnostic-terreau-attaque


Le mutantisme est une tentative de réflexion, une position mentale cherchant à reconsidérer chaque chose en la dépouillant le plus possible des couches de sens qui lui sont collées dessus (histoire, idéologie, éducation) que cela soit dans la littérature, dans l'art, dans la société, dans la pensée : ne jamais prendre une chose comme acquise, "normale", mais questionner sa pertinence, et réfléchir à une réorganisation possible si cela semble juste (et à sa permanence, son maintien si cela semble juste également).
Cette réflexion est nécessaire (que cela soit le mutantisme ou autre chose qui la mène). 
Priorité : établir utopies et systèmes opératoires hors de ceux déjà testés (communisme, capitalisme...).
Créer un terreau pour le futur. 



Nous vivons une apocalypse silencieuse, froide, la fin d'un monde, à intérieur de tous les humains : une réinitialisation.
Au sens figuré, ce monde réinitialisé est un espace lisse, lissé, vide. Mais nous pouvons y faire naître des plis, y faire pousser des reconfigurations. 
Dans une société au nihilisme faible sans perspective et sans joie, il faut jeter des bases pour des manières de créer et de se regrouper, qui corresponde à notre temps et à ce qui nous manque. Des manières de faire qui accentuent les rêves, la liberté, la rencontre, l'accomplissement, la création. Établir clairement et sur le long terme qu'il faut créer ou favoriser de nouveaux modes de pensée, d'utopie et d'organisation. 
Le mutantisme, agrégat d'abord poétique, ne prétend pas faire tout cela comme ça, d'un coup, mais il commence par établir un bilan, les manques, les objectifs, réorganise la pensée et le langage, les catégories. Pendant que d'autres continuent à faire la même chose et encore la même chose, ne réalisant pas qu'ils font partie d'une désagrégation générale tranquille et bien avancée. 
Le mutantisme sent/sait qu'il part de rien, mais que son existence est un terreau nécessaire pour que d'autres choses aujourd'hui inimaginables (utopies, mouvements, formes artistiques et politiques, métaphysiques) puissent venir au jour. 
Il ne s'agit pas d'être dans la protestation, la réactivité au coup par coup, la "résistance" (c'est fou ce qu'il y a comme "résistants" en France !), le "coup de gueule du jour". Il y a une sorte de confort bougon et franchouillard dans les déclarations uniquement protestataires : une rhétorique permanente de la "résistance", qui est un mot très utilisé, trop utilisé, trop employé (dévoyé), et qui finalement semble assez négatif, dans un pays où la "Résistance" ne fut pas si répandue que cela quand cela a réellement compté et demandé du courage.
Si l'on "résiste" uniquement, on ne va nulle part. Il faut créer, en art, en pensée, en acte, selon les vocations, il faut créer autre chose, quelque chose, il n'y a pas d'autre solution. 
"Et si je ne bouge pas... je recule." (The Young Gods, La fille de la mort)
Le mot, la position et la métaphore de l'attaque sont préférables à celle de la résistance. (Caméras Animales a d'ailleurs pour slogan "éditions d'attaque"). 
Il faut établir des bilans dans les différents champs, puis décider de modes opératoires, de procédures d'attaque pour une mise à jour.



dimanche 9 février 2014

[1.2 – alpha-test] Floutage (part.1/2)



Rappels / Contexte
In Manifeste Mutantiste 1.1, chapitre « Issu de l’hostilité du monde... » :

Tous les êtres sont élastiques jusqu’à un certain point. Ils peuvent supporter les effets de la traction, de la compression et du cisaillement. Au-delà de la limite d’élasticité, l’être ne reprend plus sa forme initiale même lorsque la contrainte à laquelle il est soumis cesse d’agir. Lorsque la contrainte est supérieure à la résistance maximale de l’être, il se rompt. [...] Les pressions d’un environnement lui-même mutant font changer les êtres de formes, chercher d’autres moyens d’être au monde, des chemins, des armes, des dispositifs, plus forts que ce qui existe, les contraint et les soumet. [...] Plus la compression normalisante sur les vies sera forte, plus l’on verra surgir des singularités se taper la tête contre les murs (les murs de la “raison”) et se tordre jusqu’au mutantisme.

Sous la pression technocratico-sociale, le corps finit par se rompre... ou se flouter.


Il se dissout et se réagrège autrement, plus loin, derrière, en décalage. Reconfiguration du cerveau, augmentation de l'existence, mitose[1]. Vies multiples derrière/dans un seul corps. Schizophrénie sociale. Utilisation de l'interface corporelle comme outil d'infiltration (alibi social). Déconstruction des trajectoires sociétales, du prêt-à-penser médiatique (médias traditionnels + réseaux sociaux), mise en exergue de leur frénésie absurde.


Coer-scission
Phobie des délimitations (frontières, apartheids, dictionnaires) : « j'ai peur des mots dans le dictionnaire ». Refus de la dénomination coercitive et constat de l’insuffisance du langage courant. Il y a nécessité à opérer la translation du signifiant hors des frontières du signifié. Pour ce faire, pour ce fuir, utilisation de la poésie : en son sein (champ de possibles et de vecteur-trojan potentiel) dissolution du langage et reconstitution d'un langage plus universel, moins (dé)limitant. Moléculariser/vaporiser/atomiser le langage (et les signifiants), donner un sens à l'expression (vide de sens depuis belle lurette) : flou artistique. Puis entretenir et alimenter ce flou.



Autolyse
Refus d'un nom (hérité et non choisi), préférence pour l'avatar, le nickname, l'alias. Déréférencement social (rêve ultime = plus d'identité sociale, plus de fichage, apatridie, humanité 1.0) : modifier constamment l'écriture de son appellation pour tenir Google en échec.


Esthétique du bordel, du foutoir VS diktat du 2.0 : le web tend à une uniformisation des contenus, via réseaux sociaux avec interfaces peu ou prou personnalisables et CMS[2] (la personnalisation décidée d’avance), Invidation prône la rupture et invente le blog bordélique (historiquement node0 : http://invidation.net/cqlusterlab/n0de/) où les posts s'empilent, différemment au gré des rechargements de pages. Anonymation des posts, contributions diverses pour une œuvre unique – l'esthétique du bordel alimentée par une grappe de cerveaux (voir ce module).



Poésie des interfaces
Poésie des interfaces, célébration de leur luxuriance (transferts, foisonnement des matières, « santre », muqueuses humides). Dynamique de floutage : extension des zones d'interface, épaississement du trait, augmentation de la porosité des contours si tant est qu’il doit encore y en avoir, perméabilité de la poésie à d’autres domaines extra-littéraires : voir notamment le module Poésciencedans la Préhistoire électronique.


[1] Voir le module Grappes de cerveaux
[2] Content Management System = Système de gestion de contenu

jeudi 6 février 2014

[1.2 – alpha-test] Nouvelles définitions

Plugin au module 1.1 "Issus de l'hostilité du monde..."

Nouvelles définitions



Définition 12

Le mutantisme rassemble des personnes critiques vis-à-vis de l'Homme, estimant qu'il est encore dans sa Préhistoire.
Le mutantisme naît de la sensation de possibilités accumulées, non activées, dans de nombreux champs de la vie.
Selon les mutantistes, qui se pensent comme "pré-" et non comme "post-", l'époque actuelle correspond à un changement d'épistémè (un bouleversement de nos connaissances, savoirs, techniques, façons de penser) : elle nous contraint à faire table rase en de nombreux champs humains (métaphysique, politique, religion, littérature...), et à réagencer (réorganiser, recréer) ces champs.
"Reprendre à zéro. Réinitialisation. Reconfiguration."
En art, littérature, ils explorent la multiplicité des formes (plasticité, totipotence, floutage) et inventent des genres et formats ainsi que comportements et actions (machines), souvent utilisant et détournant l'environnement technologique et informationnel ainsi que le langage scientifique (poéscience).
Opérant un retour des processus informatiques dans l'humain, ils parlent parfois de "logiciels psychiques", de "machines abstraites" et d'"informatique sans ordinateur".
Ils appellent les "différants", souvent isolés au sein de sociétés de masse (atomisation sociale, externement, foules anomiques), à se rassembler en cellules critiques solidaires et créatives (agrégats synergétiques, grappes de cerveaux) : appropriation du processus de mutation globale, judo-style.



Définition 13

Le mutantisme naît de la sensation de possibilités accumulées, non activées, en de nombreux champs de la vie.
Comment. Permettre à des mondes. D'exister. 
Créer une pensée pratique, pour se tenir droit.
Dessiner des portes dans les murs.
Les mutantistes savent la faiblesse de leur position mais également qu'ils sont le début de quelque chose.
Dessiner une porte au milieu de nulle part pour permettre à d'autres univers d'exister.
Lutter pour la psychodiversité : faire exister des mondes niés, des mondes-clefs, d'autres mondes intérieurs.
La certitude qu'il faut s'entraider et travailler à l'invention/conception/création de nouvelles utopies, les plus opérantes possibles. "Se coltiner le langage de programmation de nos subjectivités pour inventer de nouveaux programmes." (Elias Jabre). Se donner à soi-même ses propres lois dans un monde désorienté, réinitialisé. Le monde des hommes est à construire. Nous vivons parmi des ruines et il nous faut construire. Formuler des angles d'attaque, des outils de création, de remise en question de tout ce qui est : changer de Grand Récit.



Définition 14

Mutantisme =
1/ un constat sur l'époque
2/ une façon de créer et d'agir
3/ un agrégat de personnes se déclarant "mutantistes"



Définition 15 

Mutantisme : une nouvelle manière d'être inadapté(e) à un univers qui est une gigantesque boule de négativité, un pyramide de désespoir.



Définition 16

Que faire quand on s'emmerde à mourir dans la France des années 2010 ?
Réponse : devenir mutantiste !
Tout reprendre à zéro. S'organiser. 
Tout reprendre à zéro. Tout est fini. Rien n'a commencé.
Auto-organisation. Mutantisme. 
Le seul avantage d'une époque-désert comme celle-ci, c'est que tout est réinitialisé, et qu'on peut tout reprendre à zéro. 
Le seul avantage de cet espace lisse désertifié -ce monde- est qu'on peut en recréer les plis. (Le reformer comme un origami.)


Le mutantisme est d'abord un texte, matriciel (régulièrement repris, palimpseste) qui donne des pistes pour créer, contrepoisonner le mortifère. Ses perspectives créatives et communautaires sont une synthèse d'éléments civilisationnels, culturels, une vision transversale traversant différents champs.

1/ En art et littérature, le mutantisme déclare une table rase et une reconstruction des genres sous forme de machines.


2/ D'un point de vue social, le mutantisme constitue un appel aux "déviants" à s'allier, ou du moins s'agréger (pour solidarité, amusement, émulation, créativité accentuée accélérée, projets, soutien des uns et des autres à travers la construction d'un réseau).
Le mutantisme rêve de créer une zone de solidarité entre ceux qui ne se reconnaissent dans rien et veulent créer, commencer, de nouvelles choses.
Les "différants" sont souvent convaincus qu'ils sont des erreurs et frappés d'anomie sociale. Nous sommes divisés pour être mieux régnés, il n'y a plus aucune solution collective. Un début : mutantisme (rassemblement de singularités).


"Le mutantisme est un programme de réinitialisation d'où naissent de nouvelles catégories, de nouvelles classifications, de nouvelles formes."

"Le mutantisme est un logiciel psychique s'adressant aux personnes voulant penser et créer hors de ce qui est."




jeudi 30 janvier 2014

[1.2 – alpha-test] Difficulté de toute politique humaine


Difficulté de toute politique humaine
en l'état actuel de l'humanité
Pouvoir, animalité, micropolitique, empathie
(pour une prise de conscience humanimale accentuée)

Il est rare de croiser un mouvement, un parti ou un modèle pleinement satisfaisant. En politique il faut inventer et non plus reprendre. Il faut que de nouvelles pensées surviennent, mais l'époque (du moins l'espace-temps français) n'est pas à ça et se prête au conservatisme et au repli. Ce que l'on peut faire : créer les conditions d'apparition de nouvelles pensées - chercher à créer et penser hors de ce qui est déjà.


Micropolitique (micropolitique relationnelle) ou l'un des points aveugles du politique

Une partie des échecs politiques, des échecs d'application de systèmes politiques, vient du fait que ses protagonistes veulent changer la société, les autres, le groupe, l'ensemble, mais pas eux-mêmes. (Perpétuant inconsciemment, à l'échelle micropolitique, relationnelle, interpersonnelle, les mêmes schémas primitifs de pouvoir, quelles que soient les idéologies défendues à l'échelle politique et intellectuelle). Et finalement au sein de tant de groupuscules dits révolutionnaires, anarchistes, communistes, d'avant-garde, ou simplement mouvements politiques porteurs de projets et d'idéaux, sont souvent perpétuées des logiques psychologiques non dites (non empathie, soumission/domination, hiérarchies, interdictions, etc.) très ordinaires.

Il faut atteindre un point de crise personnelle pour se connecter au dehors, pour ouvrir les yeux, pour sortir de sa gangue.
La capacité individuelle à résister aux forces et à créer peut ensuite créer une forme collective.
La révolution personnelle est préalable à toute révolution collective.
Toute révolution doit commencer à l'intérieur de chaque individu par une transformation de la façon de juger et d'agir. C'est pourquoi il est difficile de se dire révolutionnaire sans être révolutionnaire, c'est-à-dire sans changer de vie, c'est-à-dire sans l'être dans la sphère privée.
La révolution authentique se révèle non pas dans des paroles abstraites, quand bien même elles sont argumentées, mais dans les actes et paroles personnels au quotidien : la micropolitique.

Appelons ainsi micropolitique relationnelle la façon dont on interagit avec les autres, dans des contextes quotidiens, personnels, intimes : la sphère du privé (qui n'est qu'artificiellement séparée de la sphère du politique).
Pour dire les choses autrement : ça ne sert à rien d'avoir des grandes idées et paroles si on se comporte comme de la merde en privé - avec les personnes concrètes que l'on côtoie.



Psy-analyse, éthologie humaine et politique 

Les êtres humains peuvent difficilement faire de la politique, puisque chaque personne ne se comprend et ne gouverne déjà pas elle-même.
L'Homme est primitif. Mais il nie qu'il est primitif. Ce qui fausse tout ce qui a trait à une "vérité" dans les relations humaines, sociales -et inter-espèces-, ainsi que dans les rapports à soi-même, et à sa propre vérité. L'Homme croit qu'il fait les choses pour une idée alors que c'est pour une envie. Il croit qu'il fait ses propres choix alors qu'il n'a pas analysé ses déterminismes.
A partir du moment où l'on ne se connaît pas soi-même, cela fausse la possibilité d'être dans la vérité avec quelqu'un d'autre. (Parfois deux faussetés assemblées ensemble se donnent l'illusion d'être dans la vérité, mais le retour à la réalité, plus ou moins reporté, est toujours cinglant.)
Comment des êtres qui ne se comprennent pas eux-mêmes pourraient savoir ce qui est bon pour leur société ?
Si l'humain veut changer il faut d'abord qu'il comprenne ce qu'il est, et où il est.
D'où l'importance de considérer : le Temps, l'Espace, le fonctionnement (mécanisme) humain.



Humanimalité *

Étonnamment, encore beaucoup d'humains sont dans le déni de leur propre animalité, en particulier du fait qu'ils sont des grands singes (ce qui est le point de départ de tout positionnement sans faux-semblant : concernant les humains, j'apprends plus d'un éthologue que d'un psychologue).
Mutantiste : se voit et s'accepte comme un animal, un spécimen de l'humanité qui est une variété de grands singes ayant pris le contrôle de la Terre.
Notre particularité : très instinctifs ET très intellectuels. Corps et pensée. Sensation et mot. (Sans contradiction : de l'amphibien à l'androïde, l'élan de l'animalité est précisément l'élan de l'évolution, l'élan de se dépasser, survivre un peu plus loin. Le cerveau est animal, la pensée est une manifestation animale.)
Évitons de prétendre hypocritement (comme on l'entend souvent) ne pas avoir de volonté de pouvoir ou de domination (élan contenu à l'intérieur de chaque être humanimal, que cela soit activé ou en puissance), mais cette volonté, connaissons-là, ayons-en conscience, pour s'en distancier et en rire (la littérature, entre autres, peut aider à cela -Sade-) : la connaître assez pour l'utiliser comme moteur mais aussi savoir la mettre de côté afin de ne pas empêcher, afin de ne pas brouiller, afin de permettre l'échange avec l'autre.

* Ce mot-valise (qui devrait remplacer le mot actuel d'"humanité") est un emprunt à l'écrivain et penseur Michel Surya.



Différenciation (solitude universelle) et empathie

Étant donné la faiblesse constitutive, la bassesse intrinsèque de l'humain (que chacun peut expérimenter en soi et hors de soi), seule une bienveillance inconditionnelle, "idiote", semble être une solution dans les relations humaines (dans une première approche du moins : il ne s'agit pas, en cas de malveillance ou d'agression, de "tendre l'autre joue") qui sont de toutes façons placées sous le signe de l'incommunicabilité ("avec tout Homme, je suis seul", "nous naissons, vivons et mourons seuls", etc. : cette donnée (cet état différencié de chacun d'entre nous) explique la recherche d'états d'indifférenciation temporaires tels que les décrit Bataille dans L'Érotisme : sexe, rire, fête, drogues, religion/sacré, poésie... ajoutons-y la musique et la danse ; peut-être un aspect d'internet également).   
La capacité d'amour, de bonté, d'empathie, l'intelligence affective, est la forme d'intelligence la plus supérieure, sophistiquée, fine, avancée. Amour = intelligence.



Le nihilisme créateur

Le nihilisme faible détruit toutes les valeurs sans en créer de nouvelles.
L'humanité ne sait pas véritablement vivre ; elle n'est que balbutiante.

Une distinction entre nihilisme "fort" et nihilisme "faible" peut être résumée ainsi :
- Le nihilisme "faible" détruit/dénie toute valeur (sans en proposer).
- Le nihilisme "fort" (ou volontariste) crée/propose des valeurs (tout en sachant qu'elles sont des constructions). Ce qui débouche sur le mutantisme.

Il faut créer de nouvelles valeurs, de nouveaux codes. A son stade primitif, le mutantisme ne sait pas complètement définir ces nouvelles valeurs (codes), mais sait que ce travail doit être effectué, et cette conscience est déjà un premier pas (dont on aurait tort de négliger l'importance).



Conclusion

On observe chez les humains une contradiction entre politique et micropolitique.
Une politique sans application micropolitique, personnelle, est une fausseté vouée à s'effondrer.
L'Homme est un animal dominateur qui joue à la politique sans se comprendre lui-même, ce qui est extrêmement dangereux. La politique doit être pratiquée par des humanimaux auto-conscients.
L'amour est la réponse la plus simple au constat de la différenciation des êtres.
L'humain doit passer par une phase de nihilisme créateur.




mercredi 29 janvier 2014

[1.2 – alpha-test] Grappes de cerveaux

Constat liminaire
Le multiprocessing consiste à faire exécuter des calculs à plusieurs microprocesseurs informatiques afin d'améliorer les performances du traitement. Un problème est ainsi résolu plus rapidement par une configuration multi-processeurs que par une configuration mono-processeur ou, en d’autres termes, pour un même laps de temps donné, la configuration multi-proc accomplira plus de calculs que la configuration mono-proc. Mais le multiprocessing est d'autant plus intéressant dans le sens où il ne consiste pas en une simple addition des microprocesseurs qu'il met en jeu. La mise en commun des capacités de « calcul » génère une valeur ajoutée, un facteur supplémentaire qui fait que le gain global obtenu par le passage d’une configuration mono-proc à une configuration multi-proc est supérieur à la simple multiplication des performances par le nombre de processeurs.




Proposition
Le multiprocessing peut être appliqué à des cerveaux : cela est généralement appelé "travail d'équipe" ou "collaboration". L'on sait les avantages de ce type de travail pour résoudre plus efficacement, plus rapidement des problématiques techniques, lesquelles auraient même pu paraître insolutionnables (dans un laps de temps raisonnable) si elles avaient été confiées à un seul individu[1].
Le mutantisme ne recherche pas la performance productiviste d'obédience capitaliste (équation de type : temps = argent). En revanche, il lorgne sur la notion de performance pure, d'orgie créatrice (créer comme un porc). Le multiprocessing mutantiste est la mise en commun de cerveaux créateurs : création d’une grappe (cluster) de cerveaux.

Bienvenue dans le ClusterLab, laboratoire d’idées et de créations.




Clusterfuck de possibles
S’il n’est sans doute pas envisageable de quantifier le gain du multiprocessing cérébral, il est certain que l’augmentation du potentiel de création se traduit par une multiplication des possibilités (ce qui relègue de fait au second plan la notion de gain en productivité et en temps). La grappe de cerveaux permet d’atteindre des rivages que l’on ne pourrait atteindre seul. Naissance d’une solidarité créative mutantiste. Le clusterbrain met en parallèle des cerveaux créateurs, mais il provoque également l’injection dans la boucle des grains de folie inhérents aux artistes impliqués, avec le risque qu’ils se retrouvent amplifiés par la dynamique de la grappe (clusterfuck) et provoquent l’ex-/im-plosion du système entier (cf. l’histoire de nombreux groupes de musique).
Créations de super-cerveaux : attention à la sensation de manque, d’incomplétude, lors du split (programmé ou forcé) de la grappe. Perte de la capacité à embrasser certaines zones de créativité qui redeviennent inaccessibles voire inconcevables.




Mitose du cerveau
A défaut de grappes de cerveaux, mitose du cerveau en plusieurs pseudo-cerveaux. Existences multiples (en une) : 2 en 1, 3 en 1, etc. Facteur de multiplication de l'existence, hyperactivité sous un crâne. Construire des mondes, des univers de fuite (construire au lieu de subir), « j’ai 1000 mondes dans la tête », space operas dans un même cerveau.


 


[1] A noter que pour l’employeur capitaliste, le recours au travail d'équipe pour solutionner un problème technique est à double tranchant car il nécessite une mobilisation significative de ressources  (proportionnelle à la taille de l'équipe constituée) et ne garantit pas le gain supérieur à la somme (ressource bonus/fantôme). De fait, le capitaliste préfèrera l’exploitation forcenée d’une unique ressource sur des plages horaires indues.