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vendredi 17 avril 2020

2020 : The Year Cyberpunk Broke. Mathias Richard

< < ystème

avec ma main de pain de mouche de mutation Suzuki
putain
j’écris des Poèmes dans le Ciel
Kendall Jenner, Coco Chanel, Charogne
sur les nuages au-dessus de la Mer

à Marseille 
où les gabians m’appellent
Danse-avec-les-rats

je tire les penaltys avec la tête
ouverture définitive
ouverture définitive
ouverture définitive

comme un attaquant au foot mon mental marche au but
faut que je marque des buts, faut que je marque des buts

je fais apparaître un mot
à l'intérieur d'un autre
suis sexe fait mots

Il y a une conspiration pour que je pense, il y a une conspiration pour me faire penser, alors que j'avais juré de ne plus le faire. (M’étais soigneusement organisé pour cela.)
Mais on rend impossible tellement de choses, tellement de chemins, que par défaut, par excès, je me retrouve contraint, obligé de penser. MERDE.

Et à créer, de désespoir, la chapelle Sixtine des mutations : la Machine-Somme. MERDE.

Et à enclencher des logiques futures. MERDE. Poser les bases d’un Univers. MERDE. Imaginer d’autres dimensions. MERDE. C'est ma façon mécanique de penser. MERDE. ENCORE.

La symétrie des cimetières m'attire. La perfection c'est la mort. (Cette dernière phrase faisait beaucoup rire – à mes dépens – mes condisciples de 5eA). 

Devise des speed machines : froides et speed, chaudes et speed, mais speed. Solides bolides purs et durs.

Enclencher des logiques futures. Poser les bases d’un Univers. Imaginer d’autres dimensions.
C'est ma façon mécanique de penser. 

Parfois la vie nous amène dans des moments très sombres où rien ne nous sourit. C'est dans ces moments que peuvent naître les caractères forts qui forcent le destin et l’avenir. Désespérés, prêts à tout.

Enclencher des logiques futures. Poser les bases d’un Univers. Imaginer d’autres dimensions. C'est ma façon mécanique de penser.

Toute postérité est périmée, impossible, risible, on sait que la souffrance est partout, on s’effondre dans le présent. Dans cette chute on supprime involontairement tout ce qu'il y a autour. La souffrance est partout, on peut juste essayer d'y échapper un tout petit peu, de temps en temps, par-ci par-là.

Je me suis caché dans une tête, je me suis caché dans un trou dans la tête. Je n'ai rien à voir avec ma tête mais je cherchais un endroit où me mettre et il se trouve que dans ma tête il y a des trous où personne ne fait attention, où personne ne regarde tellement tout le monde est distrait. Du coup j'ai pu me mettre dans un trou temporaire dans ma tête. Camouflé dedans.

Des putains de gabians m’y font de l'ombre. Des putains de gabians m’y font de l'ombre. Ces oiseaux me distraient. Leurs ombres dans ma pièce c'est comme des lettres qui se promènent sur les murs. Qu'est-ce que vous voulez me dire, les gabians ?

Les gabians sont pas des gars bien. C'est des gars bas. Et les gars bas rient. 
Tu sais pas ce que c'est qu'un gabian ? Ah bon ?
Un gabian, un jour y en a un qu'est devenu mon pote, j'l'ai appelé Gaby.

Les enterrements sont interdits, je répète, les enterrements sont interdits. Toute personne suivant un cortège funèbre est immédiatement verbalisée et arrêtée.

Les imposteurs se reproduisent et s'encouragent entre eux, ce qui fait qu'au bout d'un moment, c'est tout le système qui est une imposture.
Les imposteurs se reproduisent et s'encouragent entre eux, sans garde-fous ni critiques ni limitations (l’esprit critique a disparu, ils en profitent comme des piranhas sur un cadavre de cheval), et ce pendant des dizaines d’années, pendant cinquante ans, ce qui fait que c'est tout un système, toute une société, qui est devenue une imposture. Peut-on d’ailleurs encore parler d’imposture quand l’imposture est le régime même de la vérité dominante ?

Tellement conformistes qu'ils ne savent pas qu'ils sont conformistes. Comme toutes les personnes sous influence, elle va commencer par dire qu'elle n'est pas sous influence. Pour le poisson, l'eau... ça n'existe pas. 

Le monde humain est la mauvaise copie de lui-même.
Les salles de torture y sont luxueuses. Si douces qu'elles servent d'oreiller aux oreillers. Au centre une femme-objet… qui avale des objets. Elle est mignonne, même floue dans le noir. On ne sait plus combien elle a de pensées par seconde. Ou plutôt de stratégies. On ne sait plus combien de stratégies elle a par seconde. Elle est dans une fleur à l’intérieur d’une fleur et elle a une fleur à l’intérieur d’elle et dans cette fleur à l’intérieur d’elle il y a une autre fleur… 

Je me suis caché dans la fête, je me suis caché dans un trou dans la fête. Je n'ai rien à voir avec la fête mais je cherchais un endroit où me mettre et il se trouve que dans la fête il y a des trous où personne ne fait attention, où personne ne regarde tellement tout le monde est distrait. Donc j'ai pu me mettre dans un trou temporaire dans la fête. Camouflé dans la fête. Camouflête ! Cela me sauve temporairement, difficilement. Par une lutte totale pour l’existence, j’échappe ainsi, pour un petit moment, quelques respirations de plus, à l’engloutissement, la disparition sans retour.

Les tempêtes font s'enfoncer profondément les racines des arbres. Bâtisseurs de cathédrales invisibles (inversées) en pleine apocalypse.

Enclencher des logiques futures. Poser les bases d’un Univers. Imaginer d’autres dimensions. C'est ma façon mécanique de penser. 

Aujourd'hui les gens imposent leur parole aux autres, mais sans la partager. 
Merci les téléphones portables. La personne te regarde droit dans les yeux et rit mais elle parle à quelqu'un d'autre dans son téléphone.
En tout lieu, déconnecté des gens qui l’entourent, quelqu'un crie répétitivement "Allô allô !?".

Je suis las, las comme si on avait fait des trous dans mes bras et mes jambes et que la force s’en était écoulée.

La réalité ressemble à une mauvaise simulation. Ainsi dans ce lieu, ce soir, tout le monde ressemble à un robot mal réglé.

Vos vies ne valent rien. Vous êtes juste un espace de consommation avec un ventre et des yeux. (Des tubes de dentifrice mais avec de la merde dedans.) Éventuellement pour certains, votre douleur sera transformée en travail.

Quelqu'un dans ma tête a ouvert une porte. J’y suis rentré et elle s’est refermée.
Derrière cette porte, à perte de vue, c'est de l'herbe. Et de l'herbe, et de l'herbe et de l’herbe, sans un arbre. Quand on est debout là-dessus et qu'on marche, on est seul à dépasser les herbes. Ça fait une drôle d'impression. On s’y sent comme désigné. Au milieu des herbes derrière la porte fermée dans la tête.

Il y a de la poussière à l'intérieur de la poussière. Il faut épousseter la poussière même à l'intérieur de la poussière. 

Les écrans sont l’héroïne des années 2020. Toutes les pensées que nous avons... pour rien. Détraqués par trop de sauts d'un crâne à un autre. 

Certains vont dehors mais pour regarder un écran qu'ils tiennent dans leur main.
Avec ou sans masque, avec ou sans confinement, avec ou sans pandémie, certains sont toujours aussi cons. Même avec une sortie limitée à quelques mètres et quelques minutes par jour, ils la font toujours les yeux rivés sur l'écran d’un smartphone, en marchant comme des robots sans regarder autour.

Tu mérites le contrôle qu'on exerce sur toi. You deserve control. Tu mérites d'être contrôlé. Tu mérites d'être commandé. Ordonné. Dirigé. Programmé. Tu le demandes, à être contrôlé. Tu mérites le contrôle.

Toujours la pensée (torturante) que je devrais être quelqu'un d'autre (que moi).

Il est mort à un moment où tout le monde était occupé et personne ne s'en est aperçu, ni sur le moment, ni après.

Tu es dans un endroit où tes amis organisent une fête à laquelle tu n'es pas invité, même ta petite amie y est invitée, et pendant des jours, jour et nuit, tu les entends bruyamment préparer cette fête, cette fête à laquelle tu n'es pas invité.
Tu n'en dors pas, tu ne peux rien faire, et tu dois juste attendre, qu'ils aient fini cette fête formidable, à laquelle tu n'es pas invité. La vie c’est parfois ça.

On n’a qu’une vie. On peut pas être « moyen ». On ne peut pas !

À chaque étage de l'immeuble, une pathologie psychiatrique différente. Une vraie coupe à l'attention des étudiants, un véritable immeuble de démonstration, un florilège de folies, comme une maison témoin mais pour les pathologies mentales.

Le mutantisme est une mutation du cerveau. C'est en fait plus concret que je ne le pensais originellement. Certains mutantistes ont réellement une mutation du cerveau, et s’adressent à d’autres qui ont des mutations dans le cerveau. Le temps le montrera !

Sidération générale. Explosion au ralenti. La mort et la douceur sont partout. Le son attire le virus, il faut rester en silence complet. L'année 2020 n'aura pas lieu. Combat d'infirmes dans une maison qui brûle. Alien amateur créavirus. L'enterrement des perceptions, tout se ferme. Tout ce qui n’est pas permis est interdit. Sauver des vies convainc enfin tout le monde de la nécessité morale de la mort sociale et de notre esclavage. Nous sommes un bug, ensemble ! Nous sommes un futur, un ! Non nécessaires = interdits de déplacement, interdits de travail, interdits de rencontre ; interdits à toute promotion sociale, et interdits à la reproduction. Vies sans issue.

Je suis sexe fait mort.

Je t’écoute. Ce que tu dis, c’est dans l’air, ça sort de toi, mais c’est comme sorti de moi aussi.
Depuis ta tête je vois la mienne. Depuis ma tête tu vois la tienne. Et nous avons perdu tant de respirations. Même le temps nous a perdu.
Il y a beaucoup de vagues humaines qui se suivent et qui ne se ressemblent pas, vague de culpabilités, vague de responsabilités, vague de regrets, vague de conseils...

Nous sommes nous. Vous êtes vous. Elle est elle. Tu es tu. Il est il. Elles sont elles sont ils sont elles. Ils sont ils sont elles sont ils. 
Je suis tout moi.
Tu es tout toi. 
Elle est toute elle, il est tout lui.

Marcher dehors m’a fatigué les yeux, je ne suis plus habitué à voir autant de réalité.

C’est Carnaval dans la rue tout le monde porte des masques maison ! Des masques de protection respiratoire, et des lunettes noires réfléchissantes. Impression d'être en pleine soirée électrogoth. 2020 : Cyberpunk a gagné.

Le drapeau flotte sur Pôle Emploi. Je répète, le drapeau flotte sur Pôle Emploi !







mardi 31 décembre 2019

Arrivée sans fin. Mathias Richard


Arrivée sans fin

Je m'adresse à tout le monde mais à une toute petite partie de chacun,e. 
Acilucide. A la recherche de fleurs speed – nightcore. Criant cool. Langue cosmique surprise dans ordinateur E.T. (orditi). But : échapper à l'Univers. Rien de moins ! On fait la queue pour trouver la sortie. 
La science est capitale. À terme elle est notre unique moyen de survie. De sortie.
Car notre but est bien, très exactement, de s'évader de cet Univers. (Notre but ultime, sous-jacent, restant l’amour).
En effet, à terme il ne s'agira pas seulement d'échapper à notre condition humaine, ni même de quitter notre Terre-Mère, puis notre système solaire, mais de s'échapper de cet Univers (voué à devenir stérile, sombre, froid, et disparaître) en en créant d'autres.
L’espoir d’y arriver est faible, bien que réel.
Dans l’immédiat, à une échelle immensément plus petite, nous -les humains- devons débusquer les profonds défauts de fabrication de notre propre pensée (de notre cerveau, de nos réflexes, de notre système nerveux) si nous voulons avoir une chance de ne pas faire partie, très vite, de la liste des espèces disparues. (Ce qui a fait notre force fera notre perte. Nous sommes au point de bascule.)
En effet, tout confirme jour après jour les intuitions et conclusions du mutantisme. Notre crâne est une prison sous haute pression. Il n'est pas possible de parler de politique, d’organisation commune, tant que les comportements universels de pouvoir et de domination resteront non-dits, inconscients, généralisés, inconsciemment valorisés, inarrêtables, un angle mort, un point aveugle.

Le monde humain est notre seul monde. Mais ce n’est qu’un monde parmi d'autres. Notre seul monde est juste un monde parmi d'autres.
Le temps voyage en nous. On est pas faits pour être conscients, et encore moins pour être conscients aussi longtemps : être tous conscients aussi longtemps, c'est comme entrer dans la tête d'un chantier. Si on écoute, on entend les molécules, on entend les algorithmes. 
T’es un puzzle en cours dont on a pas repéré toutes les pièces, une pulsation cachée dans la respiration du monde. Dans cette vie, et sur cette Terre (précisément), j'ai besoin de toi. 
C'est le vide qui me détruit. L'action, le stimulus, me nourrissent.

T’as trouvé ta tête dans une pochette-surprise. I comme Ricard. I comme Richard. (Complètement selfisé, dinguement selfique). Ton troisième prénom c’est Marcel, ça ressemble à Marseille. Tu t’appelles Marseille Ricard. Marseille Ricard. 

Avis aux écrivains et autres : à partir de maintenant, il n'y aura plus de postérité. 
Chacun,e n'a qu'un temps très court à sa disposition avant d'être oublié,e.
Mon ordinateur me distrait de penser. Il me distrait d'être moi-même. 
La faim est un état normal, qu’il faut accepter. 
Je veux séparer ma fatigue de mon ébriété.
La nuit est tombée, je sens déjà ce frémissement, j'ai tant hâte de ce match. Quel plaisir ! Combinaisons tactiques foot : 5-3-1-1 / 5-4-1 / 4-5-1 / 3-3-3-1 / 4-3-2-1 / 4-3-3 / 4-2-3-1 / 4-4-2 / 3-1-3-3 / 4-1-4-1. Sous mes pieds (quelques étages plus bas), un concert de hardcore russe à couteaux tirés. Ils donnent de la joie avec leur musique et ça les met en colère ! Dans ma pièce j’écoute ce qui serait de la musique commerciale mais pour un monde qui n'existe pas. Glue note. On ferait des enfants juste pour qu'ils puissent écouter ça !

Je me dis que je vis une année difficile. Mais en fait je me dis cela chaque année. C'est chaque année, c'est toutes les années, qui sont difficiles. Que je regrette l'insouciance, qu'elle est loin !
Serait-il possible de vraiment la retrouver, hors de quelques brefs moments ?

Tout ce que j'ai pu penser ou exprimer de positif à propos de quelqu'un, a toujours été contredit par la réalité. 
Ainsi, cette amie enlève son visage que je croyais vrai, en-dessous il y a un masque horrible.

Le choix est souvent entre solitude et conflit. C'est une vie d’épreuve, de patience, de force. Sachant que tu ne vas jamais recevoir de félicitations, d’encouragements, de récompense (parce qu’il t’est impossible de jouer au jeu social qu’il faudrait pour cela), tu seras simplement et totalement ignoré (oublié de ton vivant même). Certes ça fait jamais plaisir de gagner. Il est ainsi préférable que tu mettes ton bandeau intérieur autour de la tête. Mets ton bandeau invisible de samouraï, ton bandeau rouge intérieur, autour de la tête. Ton chien est un lion ! Ton chat une panthère noire ! Ton poisson rouge un piranhas ! Mais on nous met des bombes nucléaires dans les roues...

Certaines périodes, je me réveille, j'ai envie de mourir. Je m'endors, j'ai envie de mourir. Et dans mes rêves, j'ai toujours envie de mourir. Pleurer jusque dans ses rêves. 
Tout me blesse, même les compliments, même quand tu me dis bonjour, même l'amour…
Il faut que tu sois plus solide, il n'y a pas le choix. Être fragile c'est un cercle vicieux. 
Ce n'est pas seulement toi qui a été brisé. Nous sommes des millions. Chuichidés. Par la chochiété. Les gens et les choses ne cessent de se briser. Toutes et tous cherchent à se recoller (se relier, s’indifférencier), et se brisent encore plus et plus, en plus petits morceaux. Ton geste est similaire au geste de la religion, à l'élan religieux.

La plupart des humains ne sont pas arrivés au point d'insupportabilité du monde humain tel que je le ressens. Pour beaucoup d’humains, faire autre chose, d'une autre manière, c’est-à-dire sans intérêt immédiat d’argent ou de pouvoir ou de sexe, n’est pas une source de plaisir assez forte, motivante - voire est risible, inimaginable, stupide. Pour moi, que nous nous mettions tous à faire les choses autrement serait une très grande source de plaisir et de joie, d’espoir.

Dans mon rêve cette nuit (un rêve étrange entièrement fait de sommeil) il y avait ce truc qui revenait, il y avait écrit "Tarzan the mind" (ce que j’ai ensuite traduit par « Tarzaniser l'esprit »), c'était une sorte de signature qui faisait rire tout le monde. Tarzan the mind.

Mon voisin vient d’accoucher de la merde la plus puante que j'ai jamais sentie !

J’habite au dernier étage du n°0 de la rue (il est difficile à trouver). Mes bouteilles de gaz et mes tas d’affaires en haut des escaliers, c'est comme des têtes coupées, c'est pour faire peur, décourager de monter, d'aller plus loin. Marquer un territoire dangereux.

Dors par poignées de seconde. Les conflits à l'extérieur, chez les voisins, parfois me distraient (paratonnerre) des conflits dans ma propre tête et ma propre vie. Mais bien souvent au contraire, ces hurlements surgissant des sols et des murs aggravent, intensifient ma souffrance (empêchant repos comme travail) avec ce sentiment usant de répit impossible et que rien ne va, et n’ira jamais, nulle part.
Ici chaque journée est une épreuve, chaque nuit est une épreuve, chaque journée et chaque nuit sont une épreuve. C’est dur. Chaque nuit est dure. Ton radiateur est à côté d’une fenêtre ouverte. Dans le lit il fait plus froid que dans le reste de la pièce. Et dans la pièce il fait plus froid que dehors. J'en suis à six couches de vêtements superposées, je peux pas m’habiller plus après je peux plus bouger ! La vie a été bien plantée en moi, elle pousse droit. Mais, en cet endroit, l’air mental devient vicié. Il ne faut pas que je parle ou que j'échange avec quiconque tant que je n'ai pas marché trente minutes dehors.
J'ai peur de l'heure. Aujourd'hui j'ai raté le soleil. Du coup je vais quand même voir la nuit.
Il y a beaucoup d'air dehors. L'air est bon. Est-ce que tu sens que l'air est bon ? Je te dis que c'est une belle journée alors arrête de faire chier !
Au bout d’un moment je m’aperçois que je préfère regarder la Mer que regarder une série. Que je préfère regarder le monde que regarder un film. Voir le monde est une chance (parfois). Mines d’air. Mines d’eau. Mieux vaut un vent de face qu'un vent de fesse !

dans le ciel... plus haut... entre les vagues... comme des montagnes... des montagnes d'eau qui montent jusqu'au ciel... jusqu’à la lune, jusqu'aux planètes, jusqu'au soleil, jusqu'à la ceinture d'astéroïdes... des vagues qui montent jusqu'à la ceinture d'astéroïdes…

Ce lieu... est un dieu.
J'entre dans les rêves des gardiens de prison.
Je prends des clés et me réveille.
Ensuite je me promène en pleine forme, dans le soleil.
Je n'en reviens pas d'être vivant, et d’avoir fait ce que j’ai fait.
(Set me freak. Your Art is like heaven, I want to exist.) 
Si profondément, étrangement fatigué, c'est comme si tout mon esprit, toute mon âme, étaient courbatus.
Ce moment (mécanisme de courage sophistiqué ?) quand tu t’apprêtes à chanter la joie alors que tu es accablé, désespéré !
I love la vie. I LOVE... LA VIE !
Faire du playback lors d'un karaoké : personne ne chante, personne ne joue, tout le monde s’agite ! La musique, c'est, vraiment, une bonne manière de communiquer avec les autres. 

Ce monde est un enterrement, notre enterrement, l’enterrement même de la Terre. Marseille, à certains endroits, c'est juste des kilomètres et des kilomètres de rues remplies de voitures avec des vieux immeubles froids et des pizzerias. C'est très flippant. Là un mec double tout le monde à fond pour ensuite piler dix mètres plus loin. Typique. Il dit « non », ensuite il réfléchit. Mais le minot taré n'a pas tort, ses yeux s'éclairent, comme Albator. Ses yeux bleus butane, électrisés et écarquillés par la coke. Il passe sa vie à ronchonner, il a déjà passé la moitié de sa vie à ronchonner, il devient de plus en plus ronchon, et vieux il va devenir ronchon mais au-delà de toute imagination. Tu te retrouveras un jour à le consoler du mal qu'il te fait. Quand sommes-nous ? On doit être en l'an 2000 parce que ça bugge. T’éclates de rire et tu te réveilles. Dans cette ville, tout le monde est un peu trop paumé. Peut-être parce qu'elle se reconfigure tout le temps, qu'elle est instable. A chaque rue il y a une frontière. Message de la Mairie, en lettres lumineuses : les travaux seront terminés quand vous serez morts. Sol et pieds sont en co-évolution. Ce n'est plus l'heure des pharmacies, c'est l'heure des épiceries. Il faut donner du bonheur à ton corps.

Voir ma chérie au réveil, ça m'émerveille ! Sa langue on dirait un ruisseau, un torrent. Des rêves grouillent encore.
Je suis accro à ma femme, c'est une héroïne. 
(Faut juste qu'on accepte qu'on est faits l'un pour l'autre. Révélation deux ans après que nous nous fréquentions : ma clé ouvre chez toi, ta clé ouvre chez moi.)
Tous les jours douleur. Et coups de cœur. Et bonheur. On vit le bonheur qu'on a à vivre, la quantité de bonheur qu'on peut se donner à vivre, on se la donne (avec joie), et bien sûr, et hélas, la quantité de malheur qu'on a à vivre, on se la donne également.
Quand le beat baffe et bave, tu danses la libida. Ta peau est un personnage indépendant, avec sa propre conscience. Dix milliards de particules tombent chaque jour de chacun de nos corps. Tout stresse nos peaux, même les bonnes nouvelles ! On aime le jour mais on a peur de la lumière. On se réinvente tout le temps, même à nos âges. Muternellement. En mutation éternelle. Tu seras jeune toute ta vie. Chaque arbre fabrique jusqu'à un million de nouvelles feuilles par an.
Je te remercie d'être là, d'avoir été, et d'être. Maintenant, tout ce que je vis, c'est en bonus.

Arrêter d'écrire... me fait écrire. Le chemin vers la simplicité est long. Y a des travaux dans ma tête, ça fait boum boum. Je parle aux gens, ils me disent des trucs. News : bad trip à St-Trop’, leur fille adoptive de six ans était en réalité une naine sociopathe de vingt-deux ans. Je mets des sacs dans mon sac, ça fait des plis, plein de plis. L'expression de tous les sentiments primaires, et de nombreux sentiments complexes (dont certains jamais exprimés auparavant), ceci dans de nombreuses formes très différentes, témoignent du psychisme humain, de l'activité psychique humaine. C’est qui qu’a écrit caca ? Toutes les lettres se mélangent dans ma bouche. J'vais pas me faire beaucoup d'amis et il n'y a rien de méchant dans ce que je vais dire mais... Bref je préfère ne pas le dire.











vendredi 30 août 2019

Signet


Tu veux bronzer mais t’es raciste ? Pas cool Pascal, c'est très très traître. Punition : t’as roulé mille kilomètres mais y a tellement de monde sur la plage que tu vois pas la Mer. Pour te consoler, on parle par vagues. On se met des vêtements de sueur. On explore comme on respire. On explire comme on respore. Tout est culte. L’espoir fait vivre et je vis. Je me sens seul parce que je suis seul. Vivre mieux : ce produit n'est plus disponible.
Peut-être se suicider serait plus facile que de déménager ?
Peut-être se suicider serait plus facile que de devenir quelqu'un d'autre ?
Peut-être se suicider serait plus facile que de changer de vie ?
Tour de magie : se faire disparaître soi-même...
Cependant, une chose simple que j'ai apprise de toutes ces années : je veux vivre. Je veux vivre, pas mourir. Je veux vivre le plus intensément et le plus longtemps possible. (Profitez de la vie, il est plus tard que vous ne pensez.)
Je ne milite pas pour la rupture entre les êtres, je suis obsédé par ce qui réunit, ce qui « nous » réunit, ce qui peut nous réunir. Le temps entre le temps. (Le temps passe entre les jambes, entre les gens.) Le temps est partout. Le temps entre le temps est partout. Nous perdons du temps. (Calcul en cours.) Tombeau d'idée, passé cassé. Le cauchemar de l'indécis : avoir accès à tous les moments, toutes les époques, simultanément. On est plus longtemps vieux que jeune ! L'argent me gagne. L’argent me dépense, me gaspille. L’argent me jette par la fenêtre. M'habille pour que je sois nu ensuite, contre ma femme. Son cul est ma joie (équation). Ma religion -le rock- a disparu mais j'y crois tellement que je pense qu’elle peut renaître à chaque moment, à chaque instant. Vraiment. C’est comme une éclaboussure d’essence multicolore et impalpable qui teinte et aquarellise tout ce qu’on voit et irradie et intensifie, et place des petits traits vifs d’intensités (roses luminescents) autour de chaque chose. 
Quand une personne n'arrête pas de se demander ce qui ne va pas chez elle, et qu’elle finit par s'apercevoir qu'en fait elle va bien ! Et que c'est les autres gens qui vont mal ! Et, ce n’est pas une si bonne nouvelle, car être différente, même en bien, c’est une solitude, une coupure, et, au final, une souffrance… Cette personne est condamnée à se chercher des semblables, qu’elle ne trouvera peut-être pas.
J’écoute de l'Electro Body Music en mi bémol mineur, de l'EBM en Ebm. Au loin dans la rue je vois cette femme qui se regarde longuement dans une vitrine. Elle part. Je m'approche et regarde dans la vitrine, pensant que son reflet y est toujours. 
J’ai mis du temps à comprendre que ce que je pensais, vivais, ressentais, les autres ne le pensaient pas, ne le vivaient pas, ne le ressentaient pas. Je pensais que ce que je pensais, tout le monde le pensait, que c’était une banalité, une chose entendue. J’ai mis du temps à comprendre que je n’étais pas comme tout le monde, ou que tout le monde n’était pas comme moi. 
Free fight : goutte d’eau contre océan. Les paris sont ouverts. Dans un monde fait par d’autres, et qui disparaîtra bientôt. Historienne de l'avenir, avec mes collègues les prophètes, on a déjà mangé demain. Les fleurs devraient survivre sans nous. On se ressource dans l’ailleurs, le dehors. On se ressource dans ce qui n’est pas nous. On se ressource dans ce qui n’est pas maintenant. On se ressource dans ce qui n’est pas ici. Ce qui nous sauvera, si quelque chose le peut, c’est quelque chose de complètement à l’envers de tout. On vit à l'envers de quelque chose d'autre.



jeudi 18 juillet 2019

On n'a plus de lit


On n'a plus de lit. On est perdu, y a plus de forêt, y a plus de maison... y a plus de fenêtre. Y a toujours un téléphone. Mais y a plus rien d'autre. Y a plus de draps, y a plus de chaleur, y a plus de repos, y a plus d'arbre, y a plus de soleil, y a plus... Y a plus de femme. Y a plus de joie. Y a plus de nourriture. Mais y a des mites, et y a des téléphones. On est perdu. Y a des volets. Y a des volets mais y a pas de maison. 

Se réveiller est une aventure. Ce moment où on se réveille et on ne sait plus qui on est. Tu te sens décalée, larguée, mais souvent quelque chose d'intéressant naît des décalages. Tu t'es longtemps engagée dans des activités psychiques interdites, inédites. Seul ton monde a créé une simulation dans la simulation. À force d'être née. Tu commences à comprendre. Quelque chose. Conviction personnelle : la réalité est réelle. Ton visage est découpé, redessiné, par les contours d’un autre visage en face de toi. Tu distingues nettement toutes les cellules de ce visage. Sa pensée dans ta pensée, ta pensée dans sa pensée. Une femme plusieurs ambiances.

S’ennuyer est mieux que mourir. Faire des cauchemars est mieux que pas dormir. Chez soi angoisse, dehors libère. Fumer nuit, la nuit te fume. Parti pour rester, tu perds un père. Triste à mourir de rire. Même si c’est vrai t’y crois pas : tu le connaissais juste assez pour savoir que tu le connaissais pas, à part que pour le pire c’était le meilleur, aussi barré qu’un drogué mais sans drogue, tellement doué, mais encore plus con qu’il était doué, la tête de Turc des Turcs, un nazi néozélandais, une alien malienne lesbienne. Il y a pire que perdre, il y a gagner quand on aurait voulu perdre (il est des victoires honteuses), mais tu ne peux pas annuler l’annulation… (Si tu le tues, il devient encore plus puissant.)

Surnommé l'homme alphabet, obsédé par le crime et le langage, son corps est entièrement tatoué de lettres. Son cerveau est fait de pièces détachées. Des mécanismes entrant dans la formation de l'appareil à « penser les pensées ». Son pas pense, ses pas pensent. Au point de se prendre le pied avec la langue. De se coucher de plus en plus tard, de se lever de plus en plus tôt. De se lever avant de se coucher. De fauteur à auteur. Tu voulais étudier la vérité, eh bien tu es servi. Tu ne vois personne. Tu t’amuses avec toi-même. Tu ne vois plus, tu n’entends plus, tu ne marches plus. Mais dans ta tête ça va très bien. La bière est un bon livre. Ton héros c’est Hitler, et tu me prends dans tes bras en me disant en allemand que je suis « Envoyé par Dieu ». Je me demande comment le prendre. Le problème des attentes c'est qu'elles sont souvent déçues. Le mieux est de n'avoir pas d'attente (jamais, en toute chose). Mais c'est difficile. Comment être indifférent ? Une fois acquis le fait que nous sommes seuls, il s'agit de relever le défi de nous relier. Et je suis cartésien à lier. 

En ouvrant les volets et regardant dehors, quelque chose (parmi d'autres choses connues ou moins marquantes) attire mon attention en bas de mon immeuble, et me rassérène, me fascine, me fait du bien aux yeux et à la tête :
L'eau qui coule en plein soleil sur le trottoir, le caniveau, la route. Les reflets du soleil, de la lumière, sur l'eau en mouvement. Sur un trottoir bitumeux, hybride, plein d'irrégularités, déchiqueté, en milieu urbain (et pauvre, pas entretenu).
Aucun mot, aucune photo, aucun film, ne pourra remplacer cette sensation, en être l'équivalent. Le numérique peut capturer cela pixel par pixel, micron par micron, mais au final cela n'a rien à voir. La réalité est irréductible. La captation de la réalité n'est qu'une illusion, un pis-aller, une distraction.
Conclusion : il faut vivre la réalité, directement (sans médiation, représentation), le reste est secondaire. NO-FI.

Tu es la première personne qui a eu Internet.
C’était dans les années 80. Tu n’as voulu le communiquer à personne car tu savais ce qui arriverait, mais il y a fini par avoir une fuite et c'était foutu. Tout le monde a eu Internet, et personne ne se souvient de toi.

Attends. Chuis d'accord avec ce que je viens d'imaginer que tu penses que t'as pas dit. De temps en temps tu prends ton téléphone et tu parles dedans pendant des heures (il est éteint), ça te fait du bien. Tu as perdu l'odorat, mais t’as encore le souvenir des odeurs. À mi-chemin entre tout : ta fille ressemble à ta mère. Ta fille est ta mère. Tu randonnes à l'intérieur de ta propre tête. Jusqu’à tomber dans le trou qu'il y a dans ta gorge. Ça éternue, tu t’envoles. Trophécie neuroplastiquée. Comme une barque échoue, détruite, sur une grève après une tempête, Marseille est une ville sur laquelle on échoue. Quand une vie sombre, les jours ne comptent plus. Quand une vie est maîtrisée, chaque jour compte. Si on la laisse faire, la tête aide à survivre. On tatoue les feuilles, on tatoue le papier avec de l’écriture, des trucs. L'ignorance nous protège d’un tas d'émotions. Les endroits qu’on a habité habitent en nous. T’arraches la tête de la poupée pour en faire une balle ! Trop feignant pour te suicider, tu célèbres la Terre, la vie. Quand t'as un soleil comme ça qui te tombe sur la figure, tu peux pas t'empêcher de sourire (même si t'es triste). Courir est une joie. Il faut que le corps l'emporte. Il faut que l'instant, le toucher, le corps, l'emportent. Il y a quelque chose de triomphal en toi. Qui lentement s'éteint. La vibration est ce qui nous sauve, ce qui sauve nos vies. Face à ce concert, les gens ne savent pas s’ils veulent pogoter ou méditer ! Ils décident de méditer par le pogo. Ton cerveau commence à danser par l'intérieur. Ton cerveau met en application toutes ses pensées, tout ce que tu sais, quand tu danses. Tu écrases les moustiques sur ta peau, ils deviennent des grains de beauté, tu ne peux pas refuser cette mutation. L'insecticide de l'un est le nectar de l'autre.

- Y en a ils ont tout, tout de suite, puis ils meurent vite. Y en a ils ont rien, jamais, et ils ne meurent pas. Choisis !
- OK la deuxième. Mais qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire de tout ce temps gagné ?
- Eh bien on va le perdre !

La nourriture : on fourre ça dans un grand trou dans son visage. Et ça met un peu de lumière dans les entrailles. On met de la pâte dans son corps pour continuer à vivre. On a vraiment une passion pour la matière corps. Le problème c'est que c'est souvent précisément ce qui soulage qui nous fait du mal. Souffle, répétition, identité, reproduction, mariage, temps. Dans le trou du cul du monde, on peut péter autant qu'on veut ! (Ce poème est en cours d'adaptation chez HBO.) Émergeant du sel des océans morts, on roule dans des sortes de grosses lunettes de soleil motorisées. Mon nouveau groupe : Bad Trip Bruel. On prévoit de percer vers l’âge de cinquante-cinq ans. Comme je serai majeur à cent piges (de toute façon, tout ce qu’on fait avant soixante-dix ans c’est de la merde), pile pour ma mort en 2074, on pourra donner juste avant, pour l’occasion, un jubilé, lors des fameuses révoltes de spectateurs en robes qui montent sur toutes les scènes du monde, prennent le contrôle des théâtres, des opéras, des salles, des lieux, mais aussi des places et des rues, pour fouetter les acteurs, les mettre en ligne pour leur faire faire la queue, au garde-à-vous, les congédier, et imposer des performances bien plus fortes et supérieures, à la lueur des flambeaux dans une ambiance de bûcher, antique et révolutionnaire, une fièvre vraie. 

En savoir encore plus : OK. Gravement dépendant à la conscience humaine (« addicted to human conscience »), Google est mort. Overdose... Du coup, par mesure de précaution, on doit tous changer de cerveau.

Google est mort ! On doit changer notre cerveau !

Mise à jour du Monde.

Chantier.             Chant entier.

Veuillez réessayer ultérieurement.

(Mets pas la souris dans la chatte.)

Comment envoyer un mail au monde entier ?
(Contrainte : sans internet).

Mise à jour du Monde.

En savoir beaucoup plus :

OK.

Veuillez réessayer ultérieurement.

Vaut mieux du flou qu'une mauvaise précision. 

Vous pouvez vous retirer en toute sécurité.

Tu te sens comme un poisson dans l'eau ? Jette-toi dans le port ! Ambitieux même dans la dépression totale, chuis la personne qui vit un enfer pour que d'autres puissent faire la fête. Ils doivent me tuer pour vivre mais ils sont pas méchants. C'est comme si un chien avait clamsé dans ma tête, un Tchernobyl psychiatrique, une vague que j’ai retenue toute ma vie mais là j'y arrive plus. Ras le cul. Pète un plomb. Ras le cul, ras le cul... J’arrête d'avoir un avenir. Après m'être informé sur tout, j’en conclus que : ce. monde. ne. m'in.té.resse. p.a.s. Tout ce que je veux, c’est des pilules. Une pilule pour le deuil, une pilule pour dépasser les peines, une pilule pour la douleur, une pilule pour ressentir la joie, une pilule pour sourire, une pilule pour faire de beaux rêves... 
- Il y en a une pour moi stp ?? Une pilule anti-pensées sinon ??
- T’inquiète pas, des ouvriers s'occupent de tes souvenirs. On t'amène à croire que le mode de pensée que tu cherches à défendre est en fait une maladie ou un handicap mental, une forme d'anomalie. Regarde mes dents. En rangées concentriques. J'ai tué ton père, j'ai tué ta mère, vote pour moi. Si t'étais un robot je dirais que t'es mal réglé. Ton incompréhension des choses est quand même assez développée. Même le jour de ta mort tu seras inquiet pour ton avenir. T'as fait quoi comme cauchemar ?
- J'ai rêvé de toi. J't'aime bien mais tu vénères des merdes humaines, c'est un peu gênant. Toi, l'homme qui ne sait pas dire « Je ne sais pas » ! Chaque fois que tu regardes un truc ça s'éteint. 
Dans un Marvel ils tuent le cinéma.
En Antarctique, les frigos sont chauffés. 
À Singapour, les chewing-gums sont interdits.
Sur les plages de Djerba, plus de cadavres que de vivants. 
Entretien : cette vache snob ne regarde pas les trains 
« mais les grafs sur les trains ».

Mettre ses textes sur internet, c'est comme jouer dans le métro. Certes c'est moins bien qu'une salle de spectacle mais y a plus de chances que des gens vous entendent. Pow ! Pisser en bandant ça en fout partout. De la délicieuse liqueur de chiottes. Une lumière de vin rouge. Ma voix est aux  objets trouvés (une voix poilue). La substance et la logique ne sont pas sorties de mon système. Les livres écrits pour des résidences ou des bourses sont des livres sans nécessité – en conséquence sans intérêt. Je n'ai plus de série ou de film à regarder. Je n'ai plus rien à regarder. Enfin. Cela faisait des années que cela ne m'était pas arrivé. S'il te plaît, ne me conseille rien. La « Fête de la Musique » en gros c'est des DJ qui veulent te vendre de la bière ! Formule de protection : Cybercrust_initiate.exe. Malgré toute sa merde, cette ville est si belle que ça rend triste. Peu commettent des suicides, mais presque tous s'autodétruisent. Lance-pierre contre drone. Cet hiver est un crime. Des très grosses gouttes, très lourdes, éclatent comme des bombes au contact de ta peau sur vélo. Des araignées qui tissent ensemble peuvent emprisonner un lion, des gouttes peuvent t’assommer...

Œil-ciel (ciœil) : soirirréelle, harêve inversexe, hypnothèses. C'est l'histoire d'un chat pacha, qui allait au Panama. T'aimes quand les choses font les gens pour toi. Les filles se branlent sur tes jambes. Ça sue ça c'est sûr. Ton visage est baigné de la pisse des morts. À ce point-là c'est plus du perfectionnisme, c'est de l'égarement. On est tellement bio qu’on est pourris, les postillons sont des chicots. Gagner les matches qu’on mérite de perdre, perdre ceux qu’on mérite de gagner... J'ai l'impression qu'on entend le beau temps. M’accroche aux branches de tes hanches. Coiffure énergénétique, chinafriquaine. Déesse de compagnie. Une surfemme ? Une extrémofille ? Elle me trompe avec des putains de papillons. Rien qu'avec la masse de ses fesses on pourrait façonner un corps. (Un pays ?). Jours d'extase. (Days of extasis). On porte la vie comme un flambeau. Joie boit. Brûler, en harmonie, en feu et en fleur. Mutation / variation / transformation / développement / devenir / Protection contre les exploits. TENIR. Nous sommes tous des déclencheurs. Tu as compris de la vie ce que tout le monde a compris. (Si tu lis cette phrase je t'aime, passe une super journée.)




mercredi 15 mai 2019

Musique religieuse alternative




Détruit par un monde qui te faisait rêver, la joie de vivre t’est une douleur. Il faut définitivement se venger du 21e siècle. La porte est morte. Y a une fuite, Internet se décharge dans la réalité – style néo-toxique. Appuyer sur Fermer. Appuyer sur Ouvrir. Appuyer sur Fermer. Appuyer sur Ouvrir. T'exploses un écran avec un autre écran, pour qu'on le voit sur un écran. Tu sais ce que c'est d'être mort. Gueuler tellement qu’on t’entend pas. Suffit pas d'avoir le temps, il faut la tension. Trois douleurs plus loin, t’es toujours là, mais un peu changé. Quand tu regardes tes empreintes digitales, elles bougent. Ta planète c’est ton cerveau. T’es extraterrestre. Des doigts te poussent sur le visage. Y a un pilote dans le pilote : un cerveau dans le cerveau. C'est un sac qui contient d'autres sacs, qui contiennent d'autres sacs, qui contiennent UN sac qui mène vers une autre dimension. Où les plantes ont une structure humaine. Des bras reliés aux épaules. Les jambes aux hanches. Pourquoi c'est beau ? C'est beau dans le but d'arriver à vivre.
fleurs liquides
fleurs solides
fleurs cardiaques
fleurs dollars
fleurs euro
fleurs chauves
fleurs acides
fleurs lsd
fleurs heures
fleurs chères
chères fleurs
tant de fleurs
flaire
Seul, malade, dans une petite pièce bruyante et sombre au milieu de tout. Vivre ici, c'est comme vivre à un endroit où tout le monde va chier. C'est au fond du trou qu'on voit le mieux le trou. Si j'avais su qu'un jour j'en viendrai à écouter de la "PLUIE HD" ! Prix : 9€ + 299€ de frais de port. Je vis dans la pauvreté mais avec ce luxe dans la tête. Pour avoir l'heure je préfère une montre à 600000€, l'heure est meilleure. (L'heure c'est vraiment un truc sans pitié, tu peux être de n'importe quelle humeur, elle continue.) Le réveil sonne en même temps qu’un accouchement dans mon rêve. Dans le miroir, les sentiments me nourrissent et me décorent comme des bouts de viande postités sur le corps. - Ah tiens ? Suis dans cette vie-là ? Faut souffler le sommeil hors de soi. La respiration, c'est ce qui use le plus un corps humain. Quand tu respires, c'est comme si tu respirais le monde entier. Tu t’es fait un gros chewing-gum avec la pollution. La digestion commence dans la bouche, ton visage est bugué du tic des morts. Tout ce qu'on fait est mauvais pour la santé. Y a toujours un article pour nous le dire. Y a un article pour chaque chose, c'est terrible. Bientôt on va découvrir le cancer de la bière fraîche. Quand on est en mauvaise santé, on n'a que sa mauvaise santé à penser. Quand on est en bonne santé, il y a un excès de tout ce que l'on peut penser. Un vertige aussi auto-dévorant qu’extatique. 
Sagesses :
1/ Chaque journée est une pochette-surprise d'emmerdes. (Et les ordures d'un homme sont le trésor d'un autre...).
3/ Le petit-fils de Tristan Tzara est rédacteur en chef de Téléfoot, producteur à TF1. Ça, c'est la réalité. 
6/ Si tu penses dans le présent ta pensée future, ta pensée future devient une pensée passée. Mais certains pensent que c’est une erreur de penser que nous pensons. Est-ce que je suis bien en train de parler ? En tout cas je suis prêt à mourir pour que mon futur soit meilleur.
7/ Être "quelqu'un de bien", ça vaut plus que toute œuvre littéraire ou artistique. C’est comme ça que je vois les choses.
10/ La raison est une gamme restreinte de comportements. La plupart du temps, la folie prévaut.
La caractéristique du malade mental c'est qu'il n'a pas de transe. La raison permet la transe.
11/ Tout est faux. Même le mec qui disait "Tout est faux" dans le morceau de rap, était faux. (En fait c'était un bourge qui s'amusait). 
15/ Pour lire ou écrire, il faut de l'argent. Car pour lire ou écrire, il faut être au calme. Et le calme est un putain de luxe.
34/ Il faut toujours trouver de nouvelles extériorités. 
38/ Ce qui est important à savoir concernant une ville, ce n'est pas de savoir si ses baraques, ses bâtiments, font un étage, ou cinquante étages, c'est de savoir quels sont ses possibles.
100/ Les gens sont tellement habitués aux trucs faux que quand un truc vrai arrive, ils ne le voient pas. Y a un tel brouillage.
240/ Seule la maîtrise de la technologie nous permettra de contrer efficacement la technologie.

Tu mâches du knowing-gum, du savoir-gum. Vomis des trucs que t'as pas mangé. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a pas. De temps en temps, dans un état vertigineux, tu te dis que t’aurais droit à une vie normale, toi aussi. Tes pieds ressemblent à une angoisse, tes yeux à une explosion. Un vent se lève, s’engouffre dans ton propre crâne, et t’étouffe ! Pas de repos pour les autodestructeurs ! Un cafard te sort du nombril, les cigarettes rampent comme des blattes, y a des insectes dans tes poumons. Tu tousses et craches des insectes. Comme je le comprendrai bien assez tôt, tu n'es que blessures. T'es plus tout jeune (dans toutes les dimensions) mais tu ne seras jamais guéri d'être différent. T’es né hors-jeu, tu mourras hors-jeu. Presque personne ne t’a donné ta chance. Les rares qui l’ont fait étaient eux-même (elles-même) des outsiders. À défaut de lui donner un sens, l'addiction aura donné un rythme à ta vie. Les cigarettes découpaient le temps. Mais maintenant cette joie de ne plus fumer est comme une cigarette qui ne s'éteint jamais ! The chauve must go on !
Ah chérie, tu es tellement plurielle… Singulière pardon ! J'ai envie de m'allonger avec toi, tu crois que c'est possible ? Ta vie ne tient qu’à un flirt ! Allez jouons. Mon oreille écoute ton oreille. Je ferai l’ombre tu feras l’ombre. Tu feras le soleil je ferai le soleil. Je serai l’oreiller mémorisant tes rêves. Avec toi je vois la vie en arc-en-ciel... Il suffit d'un toucher et ton corps devient miroir. Ton corps est soudainement toutes les personnes qu'il a vu. Ton corps se souvient soudainement de toutes les personnes qu'il est devenu. Moi je te vois. T’es belle comme un robot. Tu m’as conquis baby. T’as plein de casseroles accrochées à toi et j'ai envie de couper les fils. Une chose que les autres n’ont pas saisi pleinement à ton sujet : tu es toujours allée au cœur des choses, autant que tu l’as pu, et le peux. Et tu en as tiré les conséquences. Et à partir de ces conséquences, tu as tiré d’autres conséquences. T’as vu un million de versions de toi-même. Alors que tout ça n'est pas fait pour être vu, tout ça n'est pas fait pour qu'on soit réveillés, tout ça n'est pas fait pour qu'on ait des yeux, alors que tout ça n'est pas fait pour qu'on le voit. Tu penses au vrai Temps, celui qui crée les montagnes, qui balaie les espèces. Le feu, la glace, le fer, la chair, le bois, les fleurs : la sueur de la vie. Enfant, t’as eu la sensation de quelque chose de merveilleux, de magnifique. Depuis, tu le sens encore parfois, fugacement ! Depuis t’es toujours à la recherche de cela. Ton moment préféré, c'est le voyage. Quel soulagement, quelle liberté, de n'être attachée, prisonnière, à nulle part en particulier, d'être en mouvement.

L'argent magnétise. Les gens prennent le large. Les rêves rêvent. La vie vit. La mort meurt. Les sourires sourient. Les bras brassent. L'amour aime.
La tête tilte. L'océan sonne. Le vertige verticalise. Le ciel erre. L'ouragan rage. La légèreté gèle. Le froid fige. L'enfant fait. La finale naît. Les naissances naissent. 

Marseille : feu de détritus sur le toit d’un magasin de beauté. Trois faux policiers contrôlent un vrai policier et finissent au commissariat. Tu marches cinq minutes dans la rue, t’as sous ta semelle l'urine de deux cent soixante-dix-huit personnes. Terminus modifié : quinze corps ont été retrouvés décapités près du centre commercial, cinq têtes ont été retrouvées dans un grand sac poubelle. Il se passe tellement de choses que pas mal de gens oublient le bord de mer. Vautrée sur un matelas punaisé, dans le bruit permanent de moteurs, hurlements, larsens, chocs, concerts mélangés (horribles concerts de ska-reggae), véhicules, kicks, agressions, bagarres, boîtes de nuit, disputes, fous en crise, embouteillages, c'est comme si tu te faisais rouler dessus 24/24. Audit des taudis. Tu enfonces dans tes oreilles des bouchons en forme de bite. Musique religieuse alternative. Le sentiment d'être comme fissurée de l'intérieur, d'être un puzzle divisé en une infinité de pièces qui cherchent désespérément à prendre forme. Les orphelins font des orphelins. Une distraction distrait d'une autre distraction, etc. On est enfermé dans des boîtes dans une plus grande cage, dans un complexe sans fenêtres. Les vidéos se vengent. Elles nous mettent dans des magnétoscopes et nous regardent. T'es en pleine remontada dans ta tête, mais le match est fini depuis longtemps. Il faudrait une remontada de plusieurs centaines de milliers d’années. T’as pas pu faire grand chose, t’as fait ce que t’as pu. Tu vis maintenant sans justification, et sans objectif - sinon continuer à vivre. Juste, tu rêves de rêver. Tout ce dont tu rêves, c'est de rêver, c’est de pouvoir rêver à nouveau. Compte ta tête. Ouvre la bouche et respire avant de t'évanouir. Et assieds-toi s'il te plaît.

Protestations.
1/ Il faut du temps pour comprendre que pour cette personne (qui s’était présentée à toi comme une amie, que tu avais prise pour une amie), les mots sont uniquement un moyen d'arriver à ses fins, et n'ont aucune espèce de rapport avec la vérité, un acte engageant une parole. Et c’est particulièrement moche pour une poète de n’avoir aucune parole. 
2/ Un autre truc moche c'est les riches qui se font passer pour des pauvres, les bourgeois qui se font passer pour des prolos, les chanceux qui se la jouent victimes. 
Et tant de gens pour fermer les yeux et ainsi valider toutes ces faussetés éclatantes, accablantes, multipliées, ces imposteur(e)s.
3/ Les imposteurs se reconnaissent, et s'adoubent entre eux, pour renforcer leurs impostures respectives.
4/ Si tu places la recherche de justesse avant celle du pouvoir, tu te feras évincer (de quoi que ce soit auquel tu aurais pu prétendre) par des gens prêts à faire et dire n’importe quoi.
5/ Chez beaucoup d'écrivains, poètes, artistes, on sent le confort, en filigrane, entre les lignes, entre les mots, dans les œuvres, en sous-texte. Et ce confort est une de leurs plus grandes faiblesses, en tant qu'artistes, en termes de justesse.
6/ Tu as également vu une personne faire un véritable business de ses traumatismes, dans ses ouvrages (à succès). Tout en étant brutalement cynique, vénale, méprisante et dominatrice dans la vie. Passés l’étonnement voire la sympathie envers celle-ci, pour le drame que racontait son œuvre, tu t’es aperçue que c’était une façon insidieusement manipulatrice d’utiliser la littérature à des fins autres. Elle se présentait en victime désarmante pour mieux dominer et manipuler les autres, faire des autres ce qu’elle voulait, autres qui devenaient à leur tour, des victimes.

Tu déprimes. Tu ne sais même pas par où commencer. Tu déprimes de partout ! Une des choses dont tu auras souffert : la solitude issue de la négligence des autres (le manque d’amour, d’amitié, d’affection, d’attention, d’estime, de considération, et bien sûr le simple oubli total).
Quand tu commences une journée, tu ne commences pas à zéro, tu ne commences pas neutre. Tu commences dans le négatif. Chaque jour tu dois trouver quelque chose pour aller mieux temporairement. Tout ce que tu fais (actionnes, crées), c'est une thérapie, une thérapie pour toi-même, et une thérapie pour les autres. En effet, si tu trouves des trucs qui te rendent mieux, qui te font du bien, peut-être ça pourrait également aider d’autres personnes. (Quand soi-même est une expérience qui dépasse soi-même.)
Quand tu commences une journée, tu ne commences pas à zéro. Il faut d'abord que tu repousses temporairement les ennemis extérieurs. Puis que t'affrontes les ennemis intérieurs. Avant de pouvoir te mettre, un peu, au travail. 

Il est pénible d'être dépendant de l'opinion et du jugement des gens. On pourrait dire que ce fut ton erreur de te mettre dans cette position. Mais en tant qu'artiste, comment faire autrement ? Comment ouvrir une porte sans clé ? Comment bronzer sans soleil ? Comment vibrer sans péter ? Comment braquer une banque sans s'énerver ? C'est lojique ou c'est jolique ? Résumé (de tout) : Quelle joie / Quelle douleur. 
Ça peut paraître fou. Mais parfois tu es à un tel point de désespoir et de solitude. Que tu te tournes vers tes ennemis, vers les gens qui t’ont fait du mal, dans une demande, une recherche amicale. Juste parce que tu les connais. Dans un espoir bien mal placé. Parce que tu souffres tellement. Que tu n’as plus les idées claires. Tu vois ce que je veux dire ? La musique qui te parle le plus : cris désespérés en rythme.
Ça m'endort de pas pouvoir crier. Ça m'endort très profondément de pas pouvoir chanter. Je peux passer ma vie en dormant si je ne peux pas faire cela. Je vais prendre une douche brûlante et longue jusqu'à ce que l'eau devienne froide. Créant, dans ma tête, des jeux pour échapper à ce monde.





***





Il semblerait que tu sois là. T’es arrivée au monde presque en même temps que ton cerveau, sans boussole, sans coordonnées, sans repères, sans communications. Ton cerveau c'est ta planète, une ville expérimentale. Ta planète c'est ton cerveau. Ton cerveau est une communauté internationale dont la vocation est de réaliser l'unité humaine. Ton cerveau est une communauté intergalactique dont la vocation est de réaliser l'unité cosmique.
Après avoir passé plusieurs mois dans l’Espace, le retour sur Terre est une sorte de renaissance, un choc, un accouchement. Tu débarques dans un monde que tu connaissais mais que tu vois désormais, et à jamais, absolument différemment.
- Oh Chérie… T’as donné mon nom à ton chien ?? Mais je parle aux planètes bébé !
Tu sais maintenant que l’on peut non seulement terraformer, mais aussi univerformer, cosmoformer. C’est ce que certains appellent head-big-banguer. Univerformez-moi ce vide. Cosmoformez le vide. La production de sperme a chuté de soixante pour cent en quarante ans. L'organe reproducteur humain le plus important, désormais, c'est l'esprit. Dans l’Espace, tu as cherché un langage pour échapper aux limites de la pensée, voir ce qu'on ne voyait pas avant. Ayant enfin atteint la vitesse maximale qui ne mène nulle part, tu as cherché des mots qui mènent hors des mots, des mots qui mènent hors de la pensée. Et alors tu t’es retrouvé dans la Nuit. Il y a eu un moment, ce moment, où tu as eu la sensation d’aller très profondément dans la Nuit, où tu y as avancé de toutes tes forces, mètre par mètre, millimètre par millimètre, avec une lenteur folle, extrême, cela résistait, la nuit résistait, solide, tu étais prise dans les fils du ralenti, comme dans une toile d’araignée, tu as failli y rester, mourir, ne pas pouvoir revenir, avec le sentiment d'une urgence extrême qui jamais ne sera effacée. C’est là que tu as effleuré cet autre langage, cette autre communication. Mais c’est comme un rêve lumineux, très net, en HD, dont tu n’arrives pas à te souvenir. 

Perte donnant
sur la
voix

Il est une heure une. Sur ton masque, des gouttes d'eau à couper au couteau, tu l’enlèves. Ta vie a été retrouvée suicidée en pleine forme. T’insistes encore sur le fait que tu n'es pas une robote, c'est suspect. Il s'en passe des choses là-dedans. On doit la parole à l'autre, et c'est pas toujours facile. Tu parles couramment le fou. Remets ton masque et dis-moi la vérité. Ton cerveau est lavé, relavé, essoré, délavé, ton cerveau sèche à la fenêtre. Ton cerveau se nettoie des images, sons, mots, qu’il est contraint d’ingurgiter en permanence. Ta chair bouge comme un liquide, ton esprit se libère, s'émancipe, évolue, c'est insupportable. Insupportable ! Tous les jours tu sens qu'on est au Moyen-Âge. Du Néandertal au néant total. Plus tu vis, plus tu vois les schémas. Un humain est un algorithme de 10247 lignes. Les racines des comportements désastreux de l'espèce humaine (comportements individuels et modes d'organisation sociale) sont anciennes, profondes. Les humains veulent soit donner des ordres, soit en recevoir. Y a plus d’armes que d’humains. Des dingues avec des flingues. On tire sur tout, on tire même sur les flingues ! Fête Bête dans cimetière mort. Le sang et l’air sont en guerre. Montagnes d'ordures, océans de plastique. Ici tous les jours, c'est la fin de quelque chose. On flippe comme on respire. « Tu m’as buté bâtard ???? ». « Ton cerveau est resté dans le bide de ta mère ? ». Il faudrait des changements radicaux dont l’humain est actuellement incapable. Tu aimes beaucoup les mouvements de caméra d'Alien, ça te calme. Comment une personne aussi douce peut vivre sans se brûler à la réalité ? Et ce derrière est vraiment très touchant. Tu sais, les courbes qui sont comme des frissons. On danse pas c’est le sol qui bouge. T’as pas tes seins dans ta poche, tes tétons sont connectés à tes yeux. Les ciseaux sucent. Des boucles, des bouches. Ça sert à rien que tu pètes pour me faire apparaître, toutes les cellules de mon corps crient ton prénom. Dangerous DS, métisse SS. Ton cœur bat pour le contrôle : ne pas être n°1, c'est perdre. T’as un compte-bite à la chatte, tu es une femme d'action. Mais t’es contrainte à rêver. Tu te fuirais, si tu le pouvais. Si tu pouvais fuir de toi-même, maintenant, tu le ferais. Rassemble-toi, plutôt, s’il te plaît. Dans le sillage des blessures de siècles entiers. Enceindie. Perfucktion. Pyrogène soléiforme. Ô caresses guantanamoéennes, big-bangogènes. Mon doux, mon bel amour flashballé. Les RG t’ont fiché "fait chier" (FC), la meuf qui Fait Chier. Le terrible phénomène qui fait que l'on en veut à la personne qui est malade. Ton organisme ne comprend pas tant de fleurs appliquées sur sa peau. T’as pas l'habitude d'être détestée. C'était pas des extraterrestres c'était des extraC.R.estres. Allez, console-toi, au moins un point positif : se faire tabasser c'est être vivante ! Les rockeuses sont plus héroïques aujourd'hui (en 2019) car il n'y a plus de système pour elles (plus de système pour les glorifier, et pour les rémunérer). Ta vie c'est ta voix, toute ta vie c'est ta voix. Tu préfères être toi, et vivante, qu'une star magnifique, morte. Faire quelque chose de vrai c’est plus important que d'avoir du succès, même si tu préférerais avoir du succès. Tu essaies à fond même quand tu sais que tu vas perdre. La seule subversion qui te semble possible est d'entamer un travail profond de son côté, de construire avec le plus de justesse et nécessité imaginables, sans attente. Avoir une vie sombre, maîtrisée, terrible : un esprit très libre qu'on a cherché à dresser, et qui utilise l'apparat du dressage pour tout niquer.

Musique-fiction. Freestyle :
Cinq, quatre… trois, deux… YO. Madame...? Hostile. Madame Hostile. / Fille issue d'une fille issue de plusieurs générations de passants. / La femme qui s’est dribblée elle-même. / Créatrice de silence. / Je peux te voler stp ? / Merci de m'avoir oublié. / I'm fou. / T’as dans ta main la clope des chiottes. / Hot. / Mauvais jour, mais court. / Faire court prend plus de temps. / T’arrives même à faire rimer. Des mots qui riment pas ! Han. / T’as le pouvoir. De ne pas voir. / Nous sommes des trous. Dans lesquels y a du souffle. / Tu voulais un scooter on t'a inscrite chez les scoutes. Tu rêvais d'être scoute on t'a acheté un scooteur. / On ne détruit pas. On modifie tout. Pour tout recréer. / Faut pas déconner, on devient fou. Moi je deviens fou, ça me rend fou, y a cinquante ans que ça me rend fou, et ça me rendra fou jusqu'à la mort. / Dérangé par l’ombre d’un gabian, le pigeon a pigé bébé. / Y en a des choses qui se passent là-dedans. / On se fait engueuler d’être vivants ! / Je dois avoir une angoisse. Mais je pense que je ne la sens pas trop. / Tu es joli je suis magnifique, la vie est courte, faisons-le ! Bisous, Désirée. / Tu t’es vengée de la langue française, épilée par des épileptiques ! / Ce qui est mort peut pas mourir. / Tu bois vides des bouteilles d'alcool sous la douche, pisses sur le bar-tabac de garde. / Tu fais même rimer des mots qui finissent pas pareil, oh ! / La jeunesse se répand comme une épidémie parmi les personnes âgées ! / Rien de mieux qu'un bon vieux berger allemand pour trouver de la drogue. / Stap.
- Ptit conseil : faut pas laisser des personnes mauvaises rentrer dans ton lit, même quand t'as envie de baiser !
- 50€ pour cette info ? OK merci chuis guérie docteur !
Stop.

Tu te tires une balle dans la tête et émerges de ton rêve comme d'une bulle qui éclate. (Dis bonjour à Monsieur Monde.) À chaque fois c’est pareil, tu t’endors et ta respiration s'arrête, t’es obligée de te réveiller. Dans les trous on a des yeux et des cheveux. Et on est fait de plus de bactéries que de cellules... Par pur snobisme, on refuse de marcher dans des escaliers mécaniques à l'arrêt. On aimerait bien faire la gueule mais on y arrive pas tellement on est habillés de façon ridicule. Nos vies seraient complètement différentes si on avait les têtes d’autres personnes. Explorant des apparences variées, tu explores -interprètes- différents personnages, au cours des années. Tu dois veiller à ce que tes idées ne te bouffent pas. Tu oublies les choses, mais te souviens tout de même de leur oubli (à défaut de leur contenu). Du coup tu notes tout ce que tu peux immédiatement, avant que ça disparaisse de la blancheur de ton esprit. T’es tellement tendue vers l'objectif que t’as tendance à zapper les étapes intermédiaires. C'est pourquoi tu te fais des listes écrites d'actions à faire, dans l'ordre, pour chaque journée. Décomposes les actions qui mènent à l’objectif. Plus que passer son temps à justifier qu'on relie diverses pratiques (écriture, danse, chant...), on devrait plutôt s'étonner qu'elles aient été séparées. Créer est une façon de faire de la critique. Moins exposés aux médias, peut-être qu’avant les gens étaient plus particuliers, plus singuliers, plus "eux-même" ? Peut-être. En tout cas, il faut qu'on trouve nos pensées à nous. Là on se sent des prolétaires de la vue, des prolétaires du panorama. Des prolétaires du coucher de soleil. On sait qu’il est là mais on peut pas le voir, y a un mur devant, y a un immeuble devant, y a un portail fermé à clé devant. Norizon. Anormal, anormal. Biodégradant. Überté. Bureau de la Normalité. La cible est le message. (Et la cible c’est nous). Ceux qui sont nés vivants, sont contents de l’être et veulent le rester (slogan). Après ce texte y a plus qu'à se bourrer la gueule pour oublier le futur ? (On boit parce qu'il est impossible d'avoir une conversation avec qui que ce soit.) Vous pouvez commander auprès de l’éditeur votre « Attestation de foudroiement ». Chaque lettre est aussi grande qu’un enfant. Il y a un vrai risque que les chimères s'effondrent. C’est comme donner un coup de boule à une licorne. La découverte inexorable de ce qu’on ne veut pas savoir. Sans tension, tu ne jouis pas. On a des ennemis bien plus importants que nous-mêmes, ne nous laissons pas distraire. Car on est vraiment forts pour gagner à qui perd gagne. On aime tellement imaginer que nos faiblesses sont issues de super-pouvoirs. Tu veux brûler toutes ces petites ondes. Tu prends ton téléphone et tu parles dedans pendant des heures (il est éteint), ça te fait du bien. Nostalgique, t’as envie de retrouver un mélange d'alcool et de parcs. Pour boire avec bonheur la boisson qui rend bête, dans du vert, du chant, des langues (roses). Lécher l'heure, lécher les horloges, lécher les montres. La bière est le sablier. La peau est un aimant pour qu'on s'y caresse. Les moustiques sont tes grains de beauté, je serai ton sourire. (C’est dans le « presque » qu’est tout le sourire.) Dormir, c'est être vivante, d'une manière originale. Tu dors mieux le jour que la nuit. Quand tu dors t'es complètement sincère, tu peux pas faire semblant. Tu joues au ping-pong dans ton sommeil. Dans la tête en latex. Si tu ne te reconnais pas, qui va te rappeler qui tu es ? Tu penses à cet homme, qui est présent-absent. Il fait partie de ceux qui vivent sans tout à fait être là. Tout en se prenant au sérieux aux mauvais endroits. Il se penche, car l'ange qui le domine est tellement brûlé qu'il est fendu dans toute la hauteur. Je me présente : Mona K.O., Roboy, plume pour robot, voyance mix, voyages psychiques sur Mars. À travers le feu, tu vois l'océan. L’homo sapiens a fait disparaître toutes les autres espèces humaines. On fait tout disparaître, même nous-mêmes ! Toute personne anormale, différente, se retrouve toujours à servir des gens normaux. Dans les émeutes, les visages sous les foulards, les casques, les cagoules, sont les mêmes que ceux qui doivent verser un loyer à des personnes riches, pour des logements décrépits. Des fois tu voudrais faire la gueule au monde entier. Mais c’est pas une solution. Ton âge est tellement bizarre. Ton âge est tellement changeant. Tu le tues, il grandit. Tu vis aussi longtemps que la dernière personne qui se souvient de toi. Et au final, toutes nos tombes auront la taille d'un moustique. Enterrement pour un océan. Au point 0, là où toutes les montagnes se mesurent. T’entends les cris des gabians. T’as presque une nostalgie de maintenant tellement t’es bien. Tu sens la vie, pure. T’es tellement heureuse que t’es jalouse de toi-même. Le soleil fait rire le ciel. Lumière et mer. Dans l'eau il y a beaucoup de force.