mardi 31 décembre 2019

Arrivée sans fin. Mathias Richard


Arrivée sans fin

Je m'adresse à tout le monde mais à une toute petite partie de chacun,e. 
Acilucide. A la recherche de fleurs speed – nightcore. Criant cool. Langue cosmique surprise dans ordinateur E.T. (orditi). But : échapper à l'Univers. Rien de moins ! On fait la queue pour trouver la sortie. 
La science est capitale. À terme elle est notre unique moyen de survie. De sortie.
Car notre but est bien, très exactement, de s'évader de cet Univers. (Notre but ultime, sous-jacent, restant l’amour).
En effet, à terme il ne s'agira pas seulement d'échapper à notre condition humaine, ni même de quitter notre Terre-Mère, puis notre système solaire, mais de s'échapper de cet Univers (voué à devenir stérile, sombre, froid, et disparaître) en en créant d'autres.
L’espoir d’y arriver est faible, bien que réel.
Dans l’immédiat, à une échelle immensément plus petite, nous -les humains- devons débusquer les profonds défauts de fabrication de notre propre pensée (de notre cerveau, de nos réflexes, de notre système nerveux) si nous voulons avoir une chance de ne pas faire partie, très vite, de la liste des espèces disparues. (Ce qui a fait notre force fera notre perte. Nous sommes au point de bascule.)
En effet, tout confirme jour après jour les intuitions et conclusions du mutantisme. Notre crâne est une prison sous haute pression. Il n'est pas possible de parler de politique, d’organisation commune, tant que les comportements universels de pouvoir et de domination resteront non-dits, inconscients, généralisés, inconsciemment valorisés, inarrêtables, un angle mort, un point aveugle.

Le monde humain est notre seul monde. Mais ce n’est qu’un monde parmi d'autres. Notre seul monde est juste un monde parmi d'autres.
Le temps voyage en nous. On est pas faits pour être conscients, et encore moins pour être conscients aussi longtemps : être tous conscients aussi longtemps, c'est comme entrer dans la tête d'un chantier. Si on écoute, on entend les molécules, on entend les algorithmes. 
T’es un puzzle en cours dont on a pas repéré toutes les pièces, une pulsation cachée dans la respiration du monde. Dans cette vie, et sur cette Terre (précisément), j'ai besoin de toi. 
C'est le vide qui me détruit. L'action, le stimulus, me nourrissent.

T’as trouvé ta tête dans une pochette-surprise. I comme Ricard. I comme Richard. (Complètement selfisé, dinguement selfique). Ton troisième prénom c’est Marcel, ça ressemble à Marseille. Tu t’appelles Marseille Ricard. Marseille Ricard. 

Avis aux écrivains et autres : à partir de maintenant, il n'y aura plus de postérité. 
Chacun,e n'a qu'un temps très court à sa disposition avant d'être oublié,e.
Mon ordinateur me distrait de penser. Il me distrait d'être moi-même. 
La faim est un état normal, qu’il faut accepter. 
Je veux séparer ma fatigue de mon ébriété.
La nuit est tombée, je sens déjà ce frémissement, j'ai tant hâte de ce match. Quel plaisir ! Combinaisons tactiques foot : 5-3-1-1 / 5-4-1 / 4-5-1 / 3-3-3-1 / 4-3-2-1 / 4-3-3 / 4-2-3-1 / 4-4-2 / 3-1-3-3 / 4-1-4-1. Sous mes pieds (quelques étages plus bas), un concert de hardcore russe à couteaux tirés. Ils donnent de la joie avec leur musique et ça les met en colère ! Dans ma pièce j’écoute ce qui serait de la musique commerciale mais pour un monde qui n'existe pas. Glue note. On ferait des enfants juste pour qu'ils puissent écouter ça !

Je me dis que je vis une année difficile. Mais en fait je me dis cela chaque année. C'est chaque année, c'est toutes les années, qui sont difficiles. Que je regrette l'insouciance, qu'elle est loin !
Serait-il possible de vraiment la retrouver, hors de quelques brefs moments ?

Tout ce que j'ai pu penser ou exprimer de positif à propos de quelqu'un, a toujours été contredit par la réalité. 
Ainsi, cette amie enlève son visage que je croyais vrai, en-dessous il y a un masque horrible.

Le choix est souvent entre solitude et conflit. C'est une vie d’épreuve, de patience, de force. Sachant que tu ne vas jamais recevoir de félicitations, d’encouragements, de récompense (parce qu’il t’est impossible de jouer au jeu social qu’il faudrait pour cela), tu seras simplement et totalement ignoré (oublié de ton vivant même). Certes ça fait jamais plaisir de gagner. Il est ainsi préférable que tu mettes ton bandeau intérieur autour de la tête. Mets ton bandeau invisible de samouraï, ton bandeau rouge intérieur, autour de la tête. Ton chien est un lion ! Ton chat une panthère noire ! Ton poisson rouge un piranhas ! Mais on nous met des bombes nucléaires dans les roues...

Certaines périodes, je me réveille, j'ai envie de mourir. Je m'endors, j'ai envie de mourir. Et dans mes rêves, j'ai toujours envie de mourir. Pleurer jusque dans ses rêves. 
Tout me blesse, même les compliments, même quand tu me dis bonjour, même l'amour…
Il faut que tu sois plus solide, il n'y a pas le choix. Être fragile c'est un cercle vicieux. 
Ce n'est pas seulement toi qui a été brisé. Nous sommes des millions. Chuichidés. Par la chochiété. Les gens et les choses ne cessent de se briser. Toutes et tous cherchent à se recoller (se relier, s’indifférencier), et se brisent encore plus et plus, en plus petits morceaux. Ton geste est similaire au geste de la religion, à l'élan religieux.

La plupart des humains ne sont pas arrivés au point d'insupportabilité du monde humain tel que je le ressens. Pour beaucoup d’humains, faire autre chose, d'une autre manière, c’est-à-dire sans intérêt immédiat d’argent ou de pouvoir ou de sexe, n’est pas une source de plaisir assez forte, motivante - voire est risible, inimaginable, stupide. Pour moi, que nous nous mettions tous à faire les choses autrement serait une très grande source de plaisir et de joie, d’espoir.

Dans mon rêve cette nuit (un rêve étrange entièrement fait de sommeil) il y avait ce truc qui revenait, il y avait écrit "Tarzan the mind" (ce que j’ai ensuite traduit par « Tarzaniser l'esprit »), c'était une sorte de signature qui faisait rire tout le monde. Tarzan the mind.

Mon voisin vient d’accoucher de la merde la plus puante que j'ai jamais sentie !

J’habite au dernier étage du n°0 de la rue (il est difficile à trouver). Mes bouteilles de gaz et mes tas d’affaires en haut des escaliers, c'est comme des têtes coupées, c'est pour faire peur, décourager de monter, d'aller plus loin. Marquer un territoire dangereux.

Dors par poignées de seconde. Les conflits à l'extérieur, chez les voisins, parfois me distraient (paratonnerre) des conflits dans ma propre tête et ma propre vie. Mais bien souvent au contraire, ces hurlements surgissant des sols et des murs aggravent, intensifient ma souffrance (empêchant repos comme travail) avec ce sentiment usant de répit impossible et que rien ne va, et n’ira jamais, nulle part.
Ici chaque journée est une épreuve, chaque nuit est une épreuve, chaque journée et chaque nuit sont une épreuve. C’est dur. Chaque nuit est dure. Ton radiateur est à côté d’une fenêtre ouverte. Dans le lit il fait plus froid que dans le reste de la pièce. Et dans la pièce il fait plus froid que dehors. J'en suis à six couches de vêtements superposées, je peux pas m’habiller plus après je peux plus bouger ! La vie a été bien plantée en moi, elle pousse droit. Mais, en cet endroit, l’air mental devient vicié. Il ne faut pas que je parle ou que j'échange avec quiconque tant que je n'ai pas marché trente minutes dehors.
J'ai peur de l'heure. Aujourd'hui j'ai raté le soleil. Du coup je vais quand même voir la nuit.
Il y a beaucoup d'air dehors. L'air est bon. Est-ce que tu sens que l'air est bon ? Je te dis que c'est une belle journée alors arrête de faire chier !
Au bout d’un moment je m’aperçois que je préfère regarder la Mer que regarder une série. Que je préfère regarder le monde que regarder un film. Voir le monde est une chance (parfois). Mines d’air. Mines d’eau. Mieux vaut un vent de face qu'un vent de fesse !

dans le ciel... plus haut... entre les vagues... comme des montagnes... des montagnes d'eau qui montent jusqu'au ciel... jusqu’à la lune, jusqu'aux planètes, jusqu'au soleil, jusqu'à la ceinture d'astéroïdes... des vagues qui montent jusqu'à la ceinture d'astéroïdes…

Ce lieu... est un dieu.
J'entre dans les rêves des gardiens de prison.
Je prends des clés et me réveille.
Ensuite je me promène en pleine forme, dans le soleil.
Je n'en reviens pas d'être vivant, et d’avoir fait ce que j’ai fait.
(Set me freak. Your Art is like heaven, I want to exist.) 
Si profondément, étrangement fatigué, c'est comme si tout mon esprit, toute mon âme, étaient courbatus.
Ce moment (mécanisme de courage sophistiqué ?) quand tu t’apprêtes à chanter la joie alors que tu es accablé, désespéré !
I love la vie. I LOVE... LA VIE !
Faire du playback lors d'un karaoké : personne ne chante, personne ne joue, tout le monde s’agite ! La musique, c'est, vraiment, une bonne manière de communiquer avec les autres. 

Ce monde est un enterrement, notre enterrement, l’enterrement même de la Terre. Marseille, à certains endroits, c'est juste des kilomètres et des kilomètres de rues remplies de voitures avec des vieux immeubles froids et des pizzerias. C'est très flippant. Là un mec double tout le monde à fond pour ensuite piler dix mètres plus loin. Typique. Il dit « non », ensuite il réfléchit. Mais le minot taré n'a pas tort, ses yeux s'éclairent, comme Albator. Ses yeux bleus butane, électrisés et écarquillés par la coke. Il passe sa vie à ronchonner, il a déjà passé la moitié de sa vie à ronchonner, il devient de plus en plus ronchon, et vieux il va devenir ronchon mais au-delà de toute imagination. Tu te retrouveras un jour à le consoler du mal qu'il te fait. Quand sommes-nous ? On doit être en l'an 2000 parce que ça bugge. T’éclates de rire et tu te réveilles. Dans cette ville, tout le monde est un peu trop paumé. Peut-être parce qu'elle se reconfigure tout le temps, qu'elle est instable. A chaque rue il y a une frontière. Message de la Mairie, en lettres lumineuses : les travaux seront terminés quand vous serez morts. Sol et pieds sont en co-évolution. Ce n'est plus l'heure des pharmacies, c'est l'heure des épiceries. Il faut donner du bonheur à ton corps.

Voir ma chérie au réveil, ça m'émerveille ! Sa langue on dirait un ruisseau, un torrent. Des rêves grouillent encore.
Je suis accro à ma femme, c'est une héroïne. 
(Faut juste qu'on accepte qu'on est faits l'un pour l'autre. Révélation deux ans après que nous nous fréquentions : ma clé ouvre chez toi, ta clé ouvre chez moi.)
Tous les jours douleur. Et coups de cœur. Et bonheur. On vit le bonheur qu'on a à vivre, la quantité de bonheur qu'on peut se donner à vivre, on se la donne (avec joie), et bien sûr, et hélas, la quantité de malheur qu'on a à vivre, on se la donne également.
Quand le beat baffe et bave, tu danses la libida. Ta peau est un personnage indépendant, avec sa propre conscience. Dix milliards de particules tombent chaque jour de chacun de nos corps. Tout stresse nos peaux, même les bonnes nouvelles ! On aime le jour mais on a peur de la lumière. On se réinvente tout le temps, même à nos âges. Muternellement. En mutation éternelle. Tu seras jeune toute ta vie. Chaque arbre fabrique jusqu'à un million de nouvelles feuilles par an.
Je te remercie d'être là, d'avoir été, et d'être. Maintenant, tout ce que je vis, c'est en bonus.

Arrêter d'écrire... me fait écrire. Le chemin vers la simplicité est long. Y a des travaux dans ma tête, ça fait boum boum. Je parle aux gens, ils me disent des trucs. News : bad trip à St-Trop’, leur fille adoptive de six ans était en réalité une naine sociopathe de vingt-deux ans. Je mets des sacs dans mon sac, ça fait des plis, plein de plis. L'expression de tous les sentiments primaires, et de nombreux sentiments complexes (dont certains jamais exprimés auparavant), ceci dans de nombreuses formes très différentes, témoignent du psychisme humain, de l'activité psychique humaine. C’est qui qu’a écrit caca ? Toutes les lettres se mélangent dans ma bouche. J'vais pas me faire beaucoup d'amis et il n'y a rien de méchant dans ce que je vais dire mais... Bref je préfère ne pas le dire.











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