vendredi 26 mai 2017

Killer and poet

















performance poetry
ali thareb
 iraq \ babylon 2017

We are here as we buy furniture we buy weapons, its importance is one for all of us
 The doctor has a gun. My uncle the bank employee has a pistol. They do not allow you to join a certain militia. If you do not have a weapon, your friend always encourages you to buy weapons. The poet is here. Yes, we are friends and relatives. We live in the same street. But it is possible to kill you at any moment





jeudi 25 mai 2017

Tu pleures


Tu pleures de l'eau.
Tu pleures du feu.
Tu pleures de la terre.
Tu pleures de l'air.

Tu pleures de la pierre, tu pleures du bois.
Tu pleures du fer.
Tu pleures du métal.
Tu pleures de l'électricité.
Tu pleures des circuits.
Tu pleures du plastique.
Tu pleures du béton, du bitume.
Tu pleures tout.

Tu pleures des éclairs, des orages, des nuages, du vent, des vagues.




samedi 20 mai 2017

Mathias Richard - Mes mots sont animaux (version France Culture 2016)


Poetry Body Music. Poésie Corps Musique.
Version enregistrée pour l'émission "Création on air" (France Culture) le 9 juin 2016 à Radio France
Réalisation : Christine Diger - Prise de son : Claire Levasseur
Photo : Mathilde Arnau
Un merci particulier à Irène Omélianenko.

vendredi 19 mai 2017

Saule pleureur




jeudi 18 mai 2017

Ladislas Kroïtor (1)







***
***
***




dessins : Ladislas Kroïtor

mercredi 17 mai 2017

The explosions made us more intimate






















Performance poetry
Ali thareb
Iraq \ Babylon 2017


It was possible to be one of the victims of the horrific explosions that have taken place over many years in which hundreds of Iraqis have been killed for many reasons, including sectarian, political and other. In fact, these explosions are on our tongues all the time and we eat in the cafe as we walk, I also did not consider myself a survivor of them because my mother did not disturb me or because I did not lose anything of my body, but because it ate a large part of the image of life waited for and waiting for others and also because the inevitability of our death always exists







samedi 13 mai 2017

prenssée t


Ils ont tué Kurt et à la place ils nous ont donné Fillon et Macron. J'ai peur de faire peur. Baisse les yeux. Là, on est à côté de tout. Sans sol, ni ciel ni horizon. Le vent est difficile à dessiner. T'arrives pas à trouver ton prénom, tu te ressembles plus trop. Éoliennes rouges et clignotantes dressées en cercle vers la lune. Le navire dépasse le bord de la carte. Le 82 se transforme en 32. Le 18 en 518. Orange jetable 1€. soleil-bouche-gouffre. Réeligion. Si ce monde doit finir je veux en faire partie. Nous sommes là pour vous, tous les jours, tout au long de votre vie. On prend de la cocaïne sous calmants. On se retrouve repoussés dans les limites extérieures de l'underground. Le monde entier est recouvert de chantiers qui détruisent le monde. Il y a les aéroports, et les sexports. J'aime la façon dont tu sues. C'est difficile de pas t'aimer. (Une vie sans toi, une vie sans joie.) J'aime les ports, les zones de transit. D'arrivée et de départ. D'échange. Les gares. Les voies ferrées. Les routes. Toucher, caresser, le lisse des rails, le granulé du bitume. Ta maison est fatigante, pour te reposer tu erres dans les rues. À la vitesse des ténèbres tu marches, de mégot en mégot, ramassés par terre. Ta famille c'est les gens que tu rencontres. Les gens pensent que c'est organisé ici. Mais en fait c'est pas vrai. On forme des clubs d'échecs, on essaie de tout bien rater le mieux possible. Aujourd'hui il est parfaitement possible de gâcher sa vie en toute discrétion et sans que cela ne pose aucun problème à personne. On lit les journaux, on écoute la radio, on regarde la télévision. Le présent est en noir et blanc. Le passé est en couleurs. C'est ta première fois dans l'espace.

J'ai du mauvais tabac
Dans ma tabatière
J'ai du mauvais tabac
Tu en auras

Faut vraiment rien avoir à écrire pour nous infliger ça. Personne n'aime le sexe. Tu rentres, tu sors, tu fais pas les deux en même temps. Combien de temps as-tu couru aveuglément dans les couloirs de ta vie pour toujours finir au même endroit ? Il est temps de prendre une direction. Tu pars à l'étranger car en France y a trop d'étrangers. Bruxelles : 1/ sirènes de police et pompiers en continu (douces mais continues) ; 2/ tic-tacs des feux rouges accélérant et ralentissant selon les possibilités de traversée – dans le silence de la nuit c'est un océan de tic-tacs, une marche dans une forêt d'horloges ; 3/ quand un commerçant s'adresse à toi pour la première fois, il te dit tout en triple : en français, en flamand, en anglais. Dans un pays trilingue, faut tout dire en triple ! (par exemple, langue 1 : Mission Ciel Ouvert / langue 2 : 100% Jésus / langue 3 : Zone Technique). Marseille : le français est la langue européenne la plus proche du chinois. Les mots "aïoli" et "sardinade", prononcés avec la bonne intonation et au bon moment, vous assurent le respect le plus grand. En avril, découvre une fille : homme d'occasion, de bonne qualité mais ayant beaucoup servi, cherche femme d'occasion. Y a une extension possible de l'un vers l'autre ? Les émotions, ça sert qu'à faire souffrir, t'es pas intéressée. Une trop grande intelligence émotionnelle est néfaste, une grande empathie augmente le stress. Tu vois son crâne mais sous une peau et il te parle. Les gens sont loin de ce qu'ils disent et ils en ont l'habitude. La pensée est perdue, elle est un surplus qui ne sait à quoi s'employer. Il faut l'occuper. A mi-temps, t'es un sosie pour mal voyants (un sosie mais de loin et en pleine nuit de brouillard), une matière souple avec ses points de malléabilité et ses points durs. Tes amis les chiens prennent forme humaine et infiltrent les hautes sphères du gouvernement. Si on laisse les médias et les corporations choisir pour soi les sujets dont on parle et auxquels on pense (qu'ainsi on vectorise, renforce) : c'est foutu, toute pensée politique réelle est foutue. C'est foutu d'avance, quelle que soit l'opinion que l'on exprimera sur ces sujets. Ne pas jouer selon le jeu imposé, le premier jeu est de déterminer quel est le jeu. Il est donc éminemment politique de choisir les sujets dont on parle, de ne pas laisser les autres et la soi-disant « actualité » (qui est une Occupation, une colonisation, un bourrage de crâne continu) les choisir pour soi. Dans l'art de la guerre, la première règle est de ne pas laisser l'ennemi choisir le terrain, dicter le mode d'affrontement, la temporalité, le sujet et le langage. C'est un point qui empêche de s'attaquer à tous les autres problèmes. Mais bon, plus on est mal organisés, plus ça fait d'histoires à raconter. Internet et les réseaux sociaux sont un milieu trop nouveau pour que notre cerveau s’y soit adapté. Cet organisme recalibre les autres formes de vie et les utilise pour évoluer. Tiens, J'EXISTE, ils ont écrit mon nom, J'EXISTE, ils ont dit mon nom, J'EXISTE ! Vérifiez le branchement des câbles réseau. Assurez-vous de ne pas être en mode Alien. Automate your life. (No human required). Le film qui rend heureux. Est-ce qu'il y aura une saison 43 ? FAIT COMME TA MERE VA SUCER HITLER GROS PD. SYLVAIN DURIF C'EST NOTRE MAITRE À TOUS. ALORS VA TE FAIRE ENFONCER UNE PIOCHE DANS LE FION ET VIEN PAS PAS PLEURER APRES FILS DE PUTE DE TA MERE LA CHAUVE QUI FAIT DU JETSKI EN SURVET. Briser les lumières et les écrans. Essayer de couper la source d'énergie. Essayer de couper la source d'énergie.

- T'as bien préparé ton voyage en Amérique du Sud ?
- Ouais j'ai préparé un pack de bière, mais je sais pas si ça va passer la frontière.

J'ai vu l'océan, c'était mouillé. Chanter faux pour que ça sonne juste, tu comprends ce que veux dire ? (Les cons, comprendront pas, et les pas cons, comprendront.) Tout vit et meurt dans des proportions impossibles à calculer. Les capteurs enregistrent des données mais les nombres n'ont plus de sens. Les civilisations naissent et se détruisent. L'espoir devient le désespoir, puis l'espoir, puis le désespoir. Je sais pas où sont mes clés, je sais pas où est mon porte-monnaie. J'ai peur des oiseaux je crois que c'est des grenades. J'ai peur des oiseaux car je crois que c'est des projectiles. Rien ne rêve. Rien n'appelle. Rien ne parle. Rien n'entend. Rien ne donne. Rien ne prend. Rien n'aime. Rien à perdre. Rien n'aime. "Dans quel sens, dans quel sens ?" demande Alice, pressentant que c'est toujours dans les deux sens à la fois. Pendant longtemps, quand je marchais dans la rue, dans le monde, je marchais la tête haute, je regardais haut. Je regardais les montagnes, le soleil, les murs, les visages. Je jouissais de la lumière et des couleurs. Maintenant, je marche courbé, la tête baissée vers le sol, à la recherche de pièces, de petites pièces de monnaie, toutes les pièces, même un centime je ramasse, deux centimes. - Mais arrête de voir le monde avec tes yeux à toi ! (bordel). Si tu traces une route, t'auras du mal à revenir à l’étendue, tu le sais. T'as épuisé tous tes accélérateurs. Ta vie avance désormais seconde par seconde, interminablement. Tu t'en fous, t'es sous le ciel le plus pur du monde. 


Sans. Mathias Richard


Sans blague, sans tabac, sans nicotine.
Sans caféine, sans sucre, et sans gluten.
Sans allergène, sans paraben, sans paraffine.
Sans toucher, sans contact, sans irritant.
Sans danger, sans engagement, sans obligation.
Sans implication, sans lendemain, sans huile de palme. 
Sans fumée, sans acide gras, sans colorant.
Sans additif, sans horizon, sans domicile.

Sans pensée, sans rêve, sans miracle.
Sans futur, sans perspective, sans attente.
Sans réalité, sans vérité, sans mérite, sans issue.

Sans rien. Sans rien. Sans rien. Sans rien.

Sans nom, sans sans, sans sentiment, sans sensation.
Sans pays, sans origine, sans religion.
Sans destination, sans famille, sans amour.
Sans bruit, sans onde, sans langue.
Sans fracas, sans caca, sans agent toxique.
Sans pénétration, sans silicone, sans souci.

Sans ajout, sans idéal. Sans utopie, sans idée. Sans voix.

Sans sang 
Sans sens 
Sans sensation 
Sans sentiment 
Sans centime
Sans sue
Sans sangsue
Sans sens unique 
Sans sein
Sans 500
Sans sou, sans ci, sans ça, sans souci
Sans cible
Sans sensible
Sans sable
Sans silence
Sans hélice 
Sans lasse
Sans seul
Sans merde
Sans semble
Sans s'assemble

Toute une vie
Sans
Une vie
Toute une vie
Sans
Une existence
Sans
Toute une existence
Sans

Sans délai, sans importance, sans retour.
Sans succès, sans gloire. Sans argent, sans estime.
Sans déconner, sans compromis. Sans malentendu, sans raison.

Sans mot
Sans froid
Sans illusion
Sans elle
Sans air
Sans noyau

Sans prétexte, sans blabla, sans chichi, sans problème.
Sans ami, sans ennemi, sans fin, sans début.
Sans histoire. Une vie, toute une vie, sans.

Sans arête, sans arrêt.
Sans remise, sans crédit.
Sans toi, sans moi, sans édulcorant.
Sans mensonge, sans doute, sans ambage, sans ambiguïté .
Sans capote, sans lubrifiant. Sans acide citrique, sans glucose. Sans amiante, sans protection.

Sans choix, sans drame, sans joie, sans lendemain, sans rien.
Sans sol. Sans ciel. Sans cible, sans but, sans tout.

Une vie
Sans 
Toute une vie
Sans

Une vie
Sans 
Toute une vie
Sans



mercredi 3 mai 2017

écrit post-2- Maëva Croissant





Entité. Entité plate. Entité plate que l’on voit.
Deux dimensions qui prennent l’espace. Plate. Plate. Plate
tâte ma rate et matraque son trac. Elle traque l’image qu’elle
dégage. Qu’elle crée en hommage à sa rêverie.
Verrière qui vers l’envers d’un décor sans nom arrange l’angle
de sa langue qui languie d’être vue. Elle panique à l’idée que
sa visibilité virtuelle soit tridimensionnelle. Toute première
apparition de ses jupons alors elle met ses crampons et se
cramponne à son personnage qui n’a pas de rage ni d’âge
défini encore. Se disant spontanément qu’elle n’accepte le
néant, qu’elle décide de s’ouvrir au géant de l’agrandissement
de son image. Accepter que le boîtier l’immenssifie. Mais
elle se méfie d’elle. Pousse les ailes de ses omoplates, les
laissent l’orienter et danse. Je sais qu’elle est présente. Elle
joue de sa présence immense pour que l’on danse. Danse
de la différence des errances entre nos aires. Distance qui
donne la chance de la présence. Liaisons des masses que
nous formons. Un horizon d’escaliers, de fauteuils qui écueil
nos visions de l’autre. Nous nous retrouvons en danger.
Personnages que nous sommes en fonction de l’autre
décidant de crever l’abcès. Assez, y’en a assez de penser au
ridicule qui va reculer désormais.


Désormais on danse.

lundi 1 mai 2017

Le résumé de la vie


J'ai des problèmes de couple
des dettes à régler
un litige avec un proche
une mauvaise santé
des problèmes dans ma famille
des problèmes de sommeil
un problème juridique
des crises d'angoisse
besoin d'argent.
Je n'arrive pas à communiquer
je n'arrive pas à gérer ma nervosité
je n'arrive pas à me faire respecter
je n'arrive pas à me remettre d'une rupture
je n'arrive pas à faire durer une relation
je n'arrive pas à conserver un emploi
je n'arrive pas à oublier mon passé
je suis trop sensible
je n'ai aucune confiance en moi
je n'aime pas mon physique
je souffre de solitude
de dépression
j'ai peur de l'avenir
j'ai perdu le moral
je m'inquiète.

Je voudrais
réussir un examen
trouver un travail
avoir une promotion
puis changer de travail
et créer ma propre entreprise
réussir dans le commerce
ou les affaires
pour enfin devenir propriétaire, d'un logement, gagner un procès, des grosses sommes d'argent, pour toujours être, à l'abri du besoin, et réparer, mes erreurs passées, puis changer de logement, augmenter mon pouvoir d'achat, augmenter mon pouvoir de séduction, fonder une famille, résoudre mes problèmes de couple et trouver un sens à ma vie.
Je voudrais avoir
plus de chance.
Avoir confiance. Une meilleure forme physique.
Faire un grand voyage. Résoudre les conflits.
Retrouver l'harmonie, une vie sociale épanouissante.
Je veux retrouver
mon amour perdu.
Je veux conquérir
la personne que j'aime.
Je veux trouver
le grand amour.


ZAPPOLOGIE 2.0 / Vous avez vraiment l'intention de transmettre le message d'un fantôme ? (10)



34
> Play again.

> Vous pouvez me dire tu
> quand l’été revient,
> ça s’est bien passé ?
> Je crois…
> On ne peut pas être contre l’amour,
> et quand la foudre est tombée…
> J’ai l’impression qu’il me faut quelque chose de plus fort.
> (Un petit séjour
> c’est pas de l’amour.)
> Passe à l’action,
> ça te dit ?
> Il faut attendre l’arrivée de Jupiter en Vierge.
> Sois toujours honnête, l’honnêteté rend heureux même les plus pauvres.
> J’ai jamais rencontré une fille qui parle comme toi.
> Je suis à toi au 3693.
> Cette affaire mérite un peu de réflexion.
> Approche,
> c’est une relation qui va être sereine dans le temps.
> Tu verras : tu ne pourras plus t’en passer,
> c’est une vie paisible,
> viens-là… 
> Est-ce qu’il fait beau chez toi ?
> S’il ne faisait pas moins cinq degrés, on pourrait se croire aux caraïbes.
> Ça te dirait de me faire visiter ?
> J’ai envie de fuir en Chine.
> Je viens avec toi.
> J’ai quelque chose à te montrer
> dans les prochains mois.

> La communication moderne,
> jusque dans ses détails les plus intimes.

(...).............
 >......................
 ___>
>..


37
> Le public est mûr pour accueillir la découverte.
> C’est une infraction pénale
> et inflammable.

> Content de te revoir.
> A l’époque, quand tu es parti…
> Arrête !
> Je me répétais inlassablement,
> j’aimerais que tu reviennes après.
> Le principe est simple,
> mécanique quantique.
> Je ne prends jamais partie dans la
> lettre ça voudra dire que
> ton corps est très beau.
> Je t’ai jamais trompé
> sur un réseau social..
> Tout en se protégeant intérieurement,
> j’avais perdu le sommeil.
>Tu reviens de loin.
> Malade d’amour
> pour toi…
> Qu’est-ce que t’as ?
> Ça fait bien longtemps que je pense à toi,
> j’ai même pleuré.
> Je te comblerai jusqu’à l’extase,
> deux paquets par jour.
> C’est des balles neutralisantes
> juste ces mots-là quoi.
> Tu sais,
> l’histoire du monde, c’est notre histoire.
> Je pouvais te voir, sentir ton odeur, sentir ta voix au milieu de la nuit et puis ça s’est   
   lentement dissipé.
> Je ne t’entendais plus alors j’ai renoncé : tout s’est arrêté.
> Les femmes ont été faites pour donner de l’amour,
> il m’en faut deux en six mois.
> Je saurai me souvenir de la leçon.
> Mais quand tu parles d’évaporation…
> Tu as simplement disparu mais j’entends ta voix tout le temps, et chaque homme a ta
    voix.
> J’ai lancé l’appel du classique
> d’une montagne à une autre.
> J’ai eu ton message
> dans la vie de tous les jours.
> Finalement ton ADN a été retrouvé,
> et puis tu m’as rencontrée
> à nouveau.

>Voilà, c’est donc notre émission spéciale sur les révélations de l’année
> venues nous aider à stopper les guerres et à vaincre le cancer.
> Votre couple va-t-il durer ? Envoyez FLAM au 7/83/83.
 

(...)

dimanche 30 avril 2017

23 02 - Khalid EL Morabethi



H
Vingt-trois, zéro deux. Les yeux de la daronne de quelqu’un et du hibou aux yeux bleus. Vingt-trois, zéro deux. Les yeux de H, habillé en noir et du hibou aux yeux bleus. Vingt-trois, zéro deux. Quelqu’un vit dans un carton, il respire, il n’a pas le droit de parler, il est en train de penser.
Vingt-trois, zéro deux. Mon hibou est assis dans mon propre canapé, en train d’improviser, en train de créer une image, en train de regarder mes yeux, il les trouve beaux, ça lui rappelle, ça lui rappelle, ça lui rappelle sa soif, son visage, son enfance, ça lui rappelle ses marches, son prénom, ça lui rappelle, ça lui rappelle une porte, ça lui rappelle la cuisine, ça lui rappelle un sourire, ça lui rappelle les yeux d’un ange, ça lui rappelle une tombe ou y a écrit « à Dieu mon ange ». Ça lui rappelle.
Vingt-trois, zéro deux. Un H qui brule les neurones, qui pèse des tonnes, qui dessine un Satan, qui dessine un bâton et des maudites fleurs de merde au jardin, juste pour ne pas dire que c’est beau. Un H qui brûle, H voudrait brûler le jardin, il voudrait brûler le carton, brûler l’air dans le carton, brûler ce qui est collé au crâne pour laisser vivre ce qui est à l’intérieur.
Vingt-trois, zéro deux. Mon hibou me regarde, parfois on passe une soirée tout entière à se regarder dans les yeux, sans rien dire, juste un sourire. H, aime mon sourire, ça lui rappelle un hall de gare, ça lui rappelle une phrase de sa daronne « J’aurais dû te tuer, mais c’était trop tard » H, avait un cœur blanc.
Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle les frappes, ça lui rappelle le soleil rouge, ça lui rappelle le sang rouge, ça lui rappelle, ça lui rappelle des fleurs rouges, ils en avaient partout, ça lui rappelle ses larmes, elles en avaient partout. Ça lui rappelle.
Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle la réponse de sa question « Tu es un monstre »
Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle la réponse de sa question « brûle tout »
Vingt-trois, zéro deux. Ça lui rappelle sa fatigue.
H, s’assoit, il a faim, je vais lui faire à manger.  
H, Haine, Hibou, J’aime la Haine.
Khalid EL Morabethi

Il dévie la virgule - Maëva Croissant



"Il dévie, vire la virgule, omet de virguler, bouffe la ligne blanche qui les séparent les mots. Qui séparent les mots qui sont  collés, qui séparent les deux roues + quatre, Il omet le détail, les crève, crève les roues, crève les roues, crèvent les roues  scotchées. Il attend de la manipulation qu’elle veuille bien être à bout de nerf, la veine qui se retourne pour se mettre à dos  l’origine les alphabets, qui se croisent, se froissent. Plâtré il omet le bétail, nomine et frappe l’homme grand H quand il se  trouve situé à la dix neuvième ruelle des morts. Il solitude ses samples, solitude sa rondeur, rouge gorge de la samplitude  seule, seule car c’est seule qu’elle l’a fait. C’est seule qu’elle l’a prise pour la brancher au coin fileux de l’entre-trou. Il casse  l’opium du peuple Il détourne des dés de tours en détours, crache les points noirs qui gâchent, crachats de poussières  l’inspiration des tic-tac-clic-clac du temps. Il crée du lien dans l’inexistence. Il casse pour créer l’opium du peuple, encore. Il  excepte l’Éternel, exceptionnelle l’aile apostrophe et mâche l’éther, rumine le duo du Dieu qui n’est pas nommé désormais  que l’aile s’est apostrophée de lui. Ex lui, excepté l’autre, il sectionne en 1 virgule, 4 virgule, 6 virgule, 4 virgule, 4 virgule, 5  virgule, 6 virgule, 6 virgule, 4 virgule, 3 virgule, 6 virgule, puis d’après jean il, 3 virgule, 1 virgule, 2 virgule, 2 point. Il en fait  beaucoup. Il tourne."
          
                                               Maëva Croissant

samedi 29 avril 2017

Il faut déménager.

Il faut déménager. Tout bouger. Chaque plaque, chaque bout, chaque truc, chaque chose. Chaque morceau. Chaque CD, chaque K7, chaque livre, chaque meuble, chaque étagère. Chaque casserole. Chaque récipient. Tout, il faut le bouger, le déménager, le déplacer. Chaque habit, chaque chapeau, chaque appareil, chaque machin. Chaque chose, il faut l'enlever, la retirer, la déplacer, et nettoyer derrière. Il faut tout enlever, tout déplacer, tout nettoyer derrière, pour qu'il ne reste plus aucune trace. Plus aucune trace de toi, plus aucune trace d'une vie passée ici. C'est la quinzième ou vingtième fois que tu fais ça. Il faut tout déplacer, transvaser, sortir, jeter, pour tout reposer, ailleurs. Et tout, reconstruire, ailleurs, temporairement. Jusqu'à ce qu'à nouveau, tu doives tout vider, tout jeter, tout déplacer, tout nettoyer. Et à la fin, on le fera pour toi. On te déplacera, on te rangera, et on nettoiera derrière toi.

vendredi 28 avril 2017

on peut tout construire et n'importe où - Maëva Croissant

ça y est j'ose! 

Tout d'abord, Merci à Mathias. Merci à lui pour ses conseils, son engagement et son amour des mots. Merci à lui, de prendre le temps. Merci à lui de partager pour l'Autre avec d'Autres.

Encore, merci Mathias pour ta patience ! ;)




"on peut tout construire et n'importe où
 on peut tout construire et n'importe où
 on peut tout ré-apprivoiser et re-dimensionner
 on peut re-construire
 n'importe où on peut y ré-inventer
 on peut tout contruire et n'importe où, se réinventer
 où l'on décide de construire on peut dé-construire
 se ré-approprier n'importe où
 on peut tout construire et n'importe où
 on peut tout construire et ré-apprendre
 on peut devenir ce trait d'union entre les mots
 on peut tout re-construire
 on peut tout construire et n'importe où
 tu peux devenir cette liaison entre le ré et le quelque chose
 tu peux tout construire
 et n'importe où" 

  Maëva Croissant