mardi 21 octobre 2014
Crise de tristesse et hurlements
-je hurle dans la nuit, qui est terriblement sombre dans les coins
je hurle pour tuer le noir dans les coins
pour étendre mon son ma voix
cartographier les murs
connaitre tous les trous -that’s what she said-
dénicher des interstices le mal le noir l'inconnu
avec ma voix
je fais la marée de son pour nettoyer la ville
je hurle et on me demande ce que j'ai, si ça va
on a l’air inquiet pour moi
et je hurle que ÇA VA
QUE TOUT VA BIEN
qu’on me laisse hurler que je ne reste pas
que je ne fais que passer
je hurle et je me secoue comme un chien
j'ébroue mon cri contre les murs
je fais la carte de la ville
pour purifier l’inconnu
faire sortir les cafards des trous
et les écraser en sautant dessus
-en ce moment tout est juteux-
that’s what she said
et je laisse mes empreintes jaunes sur le sol
et les murs repeints
en bleu nuit-
je hurle pour tuer le noir dans les coins
pour étendre mon son ma voix
cartographier les murs
connaitre tous les trous -that’s what she said-
dénicher des interstices le mal le noir l'inconnu
avec ma voix
je fais la marée de son pour nettoyer la ville
je hurle et on me demande ce que j'ai, si ça va
on a l’air inquiet pour moi
et je hurle que ÇA VA
QUE TOUT VA BIEN
qu’on me laisse hurler que je ne reste pas
que je ne fais que passer
je hurle et je me secoue comme un chien
j'ébroue mon cri contre les murs
je fais la carte de la ville
pour purifier l’inconnu
faire sortir les cafards des trous
et les écraser en sautant dessus
-en ce moment tout est juteux-
that’s what she said
et je laisse mes empreintes jaunes sur le sol
et les murs repeints
en bleu nuit-
dimanche 19 octobre 2014
samedi 18 octobre 2014
#camfiction SECTEUR 1 - De la mémoire élective à la cryptologie des sentiments
#camfiction SECTEUR 1
De la mémoire élective à la cryptologie des sentiments
Résurgence de V., première du nom, pour ses jambes, croisées dans la vignette miniature d’une collection des plaisirs éphémères. Deux arcs de tissus bleus tendus dans les airs sans visage. Dix touches de rouges ovoïdes en guise de couronne par dessus le calice. Ta peau blanche, telle qu’elle m’était décrite dans les artères échauffées des faubourgs de la Valette ou les rues glacées d’un est new -yorkais fantasmé. C’est d’une profane bénie dont je vous entretiens le souvenir. De rouge à rose, ignorant les pales imitations de tes rivales. Une bouche marquée au fer flou m’aurait fait manquer l’irrécupérable, goutte par goutte, tes mains s’élèvent aux prises dans ton filet fixé dans chaque coin. Enquêteur focalisé sur mes précédentes inattentions, sans voir défiler les lignes, sans que je ne l’eusse senti relever le buste, ni remettre les voiles en place, V. disparut du cadre en une poignée de flagrances. Incapable de garder son nom en mémoire.
Connexion : première image : une bite tendue en arc sur l’assise d’une chaise. Au second mouvement, le passage de ton corps nu pleine chair. Déjà nue, déjà vue, déjà tu t’affaires, l’huile coule le long de ton buste et file aux frontières de tes bas de coton rose, marques pareilles à des pois pop attaqués par l’acide. Tu nous quittes, une seconde sur le compteur, je retiens mon souffle - la voix de Lana échardée par tes soupirs grésillés - Dos à l’objectif, tu poses un préservatif rose fluo sur le bout et tourne autour de totem planté au bord des lèvres, tu luis, deux pieds au bord de l'abîme tu nous reviens pour mieux t’ajuster. Élisa, d’un seul geste de la main tu les atomises dans les profondeurs du classement. Les autres, rendues incertaines, et le sexe factice caché quelque part, entre tes cuisses ou en toi, ta douce exhibition se pare de mystère ; alternants indécisions et brefs retours aux certitudes. Tu me fais passer de l’envie d’en finir sur-le-champ à celle d’en garder l’impact derrière la rétine. Je ne résiste au désir de glisser sur toi, d’être le seul à accompagner ta balance et de guider les foules, je n’avais pas d’autres choix que de rester le dernier de l’autre côté du clavier.
Plan fixe interminable. Aussi étonnant qu’il puisse paraître, elle se glisse entièrement dans le cadre, assise à genoux les fesses posées sur les mollets tout aussi dénudés. Deux seins ronds que l’on devine lourdement chargés de dynamite quand elle les remue d’un balancement partant des épaules au nombril, là où pointe un sexe-objet d’une couleur chair qui fusionne en apparence avec celle de sa propre enveloppe dans la compression dégradée de sa webcam de mauvaise qualité. Le phale tient debout par l’assistance d’une ventouse ou d’un dispositif adéquat - se montre autant barrière que promesse, voire expédient. Il attend les centaines de membres connectés, avec sa consœur qui jette d’incessants regards vers son écran de contrôle, entre deux balancements, pour surprendre les allées et venues des anonymes sous pseudos qui ne tarderont plus à presser les touches du lancement des hostilités et des figures imposées. Quand elle se lève en tournant des jambes agiles par-dessus la figure, c’est au rang de doublures nostalgiques que se sentent expédiés ses apprentis contrôleurs en machines molles.
Zapping rapide, toujours sur la trace de la Salamandre. Tous les jours à la même heure : un couple : homme caméra dans les mains au point de vue dans ses yeux dans les yeux de sa femme (je suppose qu’il s’agit de sa femme, la mise en scène paraît claire) un regard pour la caméra, un regard pour l’écran posté à sa droite hors champ. Yeux noirs finement cernés de mascara et de régularité mécanique. Passe d’une interface à une autre en tactique chronométrée. Navigue façon rituel cybernétique sur tous les tableaux. Si bien qu’un utilisateur zélé - il y en a, assurément, partout, et surtout dans ces coins-là - dans un de ces coups de folie qui abolit le temps, serait capable, disais-je, d’établir des statistiques sur les répétitions de la séquence : appel de l’écran / retour dans le vague / iris focus dans le fond du visiteur caché de l’autre côté du process sexcam. Elle suce le sexe demi-flasque demi-dur de son mari. Pendant des heures. Jusque à ce que l’image se fige. Plan fixe sur l’absence.
Le jour où tout changera du tout au tout. Le jour où le vigile lui dira bonjour au supermarché. Le jour où Cindy arrêtera de se focaliser sur des choses tellement absurdes qu’elles en deviennent normales. Ou l’inverse. Le monde est tellement normal qu’il en est devenu absurde. Comme une guerre que l’on suit à la télé au jour le jour sans la subir. Du fond de la piscine, c’est l’atmosphère qui est floue. Vu du sol, l’univers semble plat. De ce côté du clavier, l’interface se rapproche plus d’un filtre mouvant que d’une stupéfaction spécifiquement mécanique, cette machine dont on dit qu’elle puise son pouvoir de la séparation : Acteur / Spectateur. Sujet / Objet. Maître / Esclave. Cette mince frontière affirme le nouveau postulat de l’époque ; son mystère d'indifférenciation. L’immortalité dans le viseur. L’amoralité sur le curseur. Un troisième terme s’infiltre dans l’équation : Éros, Thanatos et porno(s). Si les deux premiers sont des dieux, archétypes personnifiés (pour lancer une ébauche de prédéfinition dans les airs). L’un procède d’une fonction vitale de l’être, venue des profondeurs. L’autre, d’un point de vue forcément réducteur, nous rappelle l’existence du non-être, ou d’une absence, d’une béance, si l’on se réfère à une lecture de la chair, dans une chronologie et un destin ; une fatalité, pour tout dire. Porno - auquel il serait tentant d’ajouter un “s” ,pour se la jouer au divin - lui aussi, serait messager du non-être, mais en plus vicieux, moins sépulcrale, déterminé à la superficialité, car aiguilleur sur le chemin de la réification. J’aurais aimé lui dire autre chose, à Cindy, à ses jouets de métal, son sourire plastique, ses bracelets de perle, d’une plus terrible inspiration que mes habituels chuchotements indécis.
Après l’éloignement (ou l’absence), vient l’interdiction, pour que la transgression de l’interdit soit parfaite. C’est à ce moment que Bob (le méchant) interroge Alice (l’héroïne). Nous en apprenons davantage sur elle dans cet interlude au détour d’une galerie marchande qu’en dix lignes de descriptifs vestimentaires, de commentaires sur ses courbes et de confessions le monde caché derrière cette porte. Sûr qu’elle s’en laissera tromper, par duperie, ou par simple masochisme ; la séquestration étant totale, le mode opératoire rodé jusqu’au grotesque. Alice, la représentation de son univers. Alice incarnant l’idée autant que ses fruits. C’est dans son cœur que le bon Prince, le Charmant tout vêtu de blanc, fit son apparition. Nommons-le César. Vous connaissez la suite ? Le héros passe les épreuves, découvre ses pouvoirs, combat (le doute, un moment de doute avant chaque étape, le doute avant l’ennemi, le doute comme meilleur ennemi), quitte à recevoir sa part de blessures et de stigmates, autant de marques claires de réquisitoires au défi des imposteurs qui ne tarderont pas à se présenter au Château. Pour ce genre de héros, la clé se porte dans le cuir. Malgré les interférences - difficile d’être un message à l’époque de la communication reine - Alice saura toujours reconnaître le mot déroutant d’un champ de passes. Il en va de la cryptologie des sentiments comme de la morphologie des contes. Alice vie loin des caméras dans son fantasme de Princesse, l’œil n’y transmet qu’un signal, les élucubrations de la main des coupures, ma présence en direct un soupçon d’incertitude dans mon catalogue de débauches privées.
vendredi 17 octobre 2014
Mathias Richard @ Hors-Lits Marseille (photos)
"Vokal_01" de Mathias Richard
Langage normal : lecture-performance
Langage mutantiste : syntexte vocal
Photos : Sabrina Martinez
C'était à
les 30 septembre, 1er et 2 octobre 2014
au Théâtre La Casina (Martin Kimmel)
Marseille, France
Avec également :
Aliette Cosset & Duo Haïku (Vincent Lajus, Martha Polcaro)
Leonardo Montecchia, Lolita Morales
Lisa Reboulleau
Détachement international du Muerto Coco (Raphaëlle Bouvier et Maxime Potard)
Elodie Rougeot
Elsa Decaudin
Laurent Rodriguez, Sylvain Le Chanteur, Alex Riva
La touche espace et le salut
J’appuie sur la touche espace
je reste appuyée dessus
et le curseur avance
et les pages défilent
blanches mais remplies
d’espaces
Il se passe ça
tous les jours
dans ma vie
c'est ce que je voudrais répondre à chaque fois qu'on me demande si ça va
je comprends jamais bien d'ailleurs pourquoi on me demande ça
si c'est pour dire salut
je préfère qu'on me dise salut
j'ai peur quand on me demande si ça va, j'ai peur
alors que j’ai pas peur quand on me dit salut
même, j’aime bien
ça réduit l’espace entre moi et les autres
mais ça va
oui
bien sûr
faut juste pas demander
juste
réduire l’espace
lever mon doigt du clavier
et le tenir serré contre soi
pour qu’il n’y retourne pas
rabattre l’écran
et me regarder dans les yeux
pour me garder présente
-vous savez, je peux arrêter de cligner des yeux pendant plusieurs minutes, je suis entraînée-
Il se passe ça
tous les jours
dans ma vie
c'est ce que je voudrais répondre à chaque fois qu'on me demande si ça va
je comprends jamais bien d'ailleurs pourquoi on me demande ça
si c'est pour dire salut
je préfère qu'on me dise salut
j'ai peur quand on me demande si ça va, j'ai peur
alors que j’ai pas peur quand on me dit salut
même, j’aime bien
ça réduit l’espace entre moi et les autres
mais ça va
oui
bien sûr
faut juste pas demander
juste
réduire l’espace
lever mon doigt du clavier
et le tenir serré contre soi
pour qu’il n’y retourne pas
rabattre l’écran
et me regarder dans les yeux
pour me garder présente
-vous savez, je peux arrêter de cligner des yeux pendant plusieurs minutes, je suis entraînée-
jeudi 16 octobre 2014
Lavage de cerveau et pis-aller
Je
ne suis pas du tout d’accord avec ce qu’on dit, je ne suis pas du tout
d’accord avec le côté péjoratif du lavage de cerveau. Ok on pense
toujours à la télé ou aux goulags ou genre aux scientifiques fous qui te
triturent mais c’est faux c’est du bourrage de crâne ça ou au contraire
de l’éviscération, alors que le lavage de cerveau, le lavage ça peut
pas être ça, je veux dire :
c’est un mot si beau.
Moi je peux pas imaginer le monde sans ce mot. JE VEUX ÊTRE PURE. Je peux pas me dire le lavage, ça n’existe pas. J’ai besoin du lavage. Et c’est compliqué le cerveau il y a souvent des merdes qui trainent, c’est pas propre. J’AIMERAI LAVER MON CERVEAU COMME ON FAIT UNE CURE DE RAISINS. Pour vider les intestins, vous savez, ou faire comme un lavage d’estomac, mais pas de ceux qu’on fait aux suicidés ou aux alcoolos ratés, je dis ratés parce que Deleuze dit qu’un vrai alcoolique ne fera pas de coma éthylique, il risquerait de ne pas se relever pour boire un dernier verre, l’alcoolique c’est le règne du dernier verre jusqu’au prochain dernier, c’est la métaphore du temps, l’alcoolo c’est la poursuite de la mort du temps, JE VEUX ÊTRE PURE, mais comme les lavages intestinaux qu’on fait aux bobos new-yorkais. Personnellement je préfère la cure de raisins mais bon. JE VEUX ÊTRE PURE. Une cure pour le cerveau, c’est ce que je cherche. J’ai tenté avec de la GLACE et de la menthe forte parce que ça fait des frissons partout jusqu’aux racines des cheveux mais ça fait mal au crâne après, et rien de ce qui est dégueu ne part. Ça anesthésie seulement, pas longtemps. J’ai lu un article comme quoi justement il y a un liquide qui lave le cerveau, vire les déchets des neurones, mais je comprends pas pourquoi il laisse tant de merde sur son passage. À moins que mes merdes soit trop grosses. Je dois avoir de trop grosses merdes dans mon cerveau. JE VEUX ÊTRE PURE. Oui, c’est ça, c’est les encombrants qu’il faudrait appeler. Mais la voirie là-haut c’est pire que tout. Jamais personne au téléphone.
Du coup c’est pis-aller quoi. Je fais avec ce que j’ai. Je fais les alcoolos, je fais la musique en boucle, je fais l’amour avec des cris et je coupe mon souffle et je fais l’apnée sous l’eau dans la baignoire je fais le bain je fais le chauffage à fond je fais le sport la course dans la rue je fais fuck off enculé à ceux qui me sifflent je fais les cheveux détachés je fais la pluie je fais les jupes je fais le téléphone à la famille j’ai plus rien à dire j’ai plus rien à dire JE VEUX ÊTRE PURE je fais les courses et je les fais bien j’écris les lettres de motivation j’essaie de faire bien j’essaie de sortir de nettoyer je fais le ménage je fais tous les jours la vaisselle le ménage je fais l’expédient de tout ça je fais à fond JE VEUX je cuisine j’écoute le crépitement je monte le crépitement de la cuisine au maximum je fais le brûler je fais déborder je nettoie je pourrie la cuisinière je casse les objets je fais les réparations je fais la couture je n’écoute plus je ne veux plus écouter je mets la série en boucle je n’arrête plus la série la série est éternelle et moi je perds JE VEUX PAS PERDRE je fais le pis-aller je cherche le lavage je cherche les draps propres dans ma tête je cherche à me rouler dedans la tête sur le côté je fais la tête penchée sur le côté comme un chiot un chaton un oisounet je perds je fais le lavage intérieur je perds les idées je suis heureuse je fonds je ne suis plus JE NE SUIS PAS IMPURE ouf c’est déjà ça ouf JE NE SUIS PLUS je ne suis plus
c’est un mot si beau.
Moi je peux pas imaginer le monde sans ce mot. JE VEUX ÊTRE PURE. Je peux pas me dire le lavage, ça n’existe pas. J’ai besoin du lavage. Et c’est compliqué le cerveau il y a souvent des merdes qui trainent, c’est pas propre. J’AIMERAI LAVER MON CERVEAU COMME ON FAIT UNE CURE DE RAISINS. Pour vider les intestins, vous savez, ou faire comme un lavage d’estomac, mais pas de ceux qu’on fait aux suicidés ou aux alcoolos ratés, je dis ratés parce que Deleuze dit qu’un vrai alcoolique ne fera pas de coma éthylique, il risquerait de ne pas se relever pour boire un dernier verre, l’alcoolique c’est le règne du dernier verre jusqu’au prochain dernier, c’est la métaphore du temps, l’alcoolo c’est la poursuite de la mort du temps, JE VEUX ÊTRE PURE, mais comme les lavages intestinaux qu’on fait aux bobos new-yorkais. Personnellement je préfère la cure de raisins mais bon. JE VEUX ÊTRE PURE. Une cure pour le cerveau, c’est ce que je cherche. J’ai tenté avec de la GLACE et de la menthe forte parce que ça fait des frissons partout jusqu’aux racines des cheveux mais ça fait mal au crâne après, et rien de ce qui est dégueu ne part. Ça anesthésie seulement, pas longtemps. J’ai lu un article comme quoi justement il y a un liquide qui lave le cerveau, vire les déchets des neurones, mais je comprends pas pourquoi il laisse tant de merde sur son passage. À moins que mes merdes soit trop grosses. Je dois avoir de trop grosses merdes dans mon cerveau. JE VEUX ÊTRE PURE. Oui, c’est ça, c’est les encombrants qu’il faudrait appeler. Mais la voirie là-haut c’est pire que tout. Jamais personne au téléphone.
Du coup c’est pis-aller quoi. Je fais avec ce que j’ai. Je fais les alcoolos, je fais la musique en boucle, je fais l’amour avec des cris et je coupe mon souffle et je fais l’apnée sous l’eau dans la baignoire je fais le bain je fais le chauffage à fond je fais le sport la course dans la rue je fais fuck off enculé à ceux qui me sifflent je fais les cheveux détachés je fais la pluie je fais les jupes je fais le téléphone à la famille j’ai plus rien à dire j’ai plus rien à dire JE VEUX ÊTRE PURE je fais les courses et je les fais bien j’écris les lettres de motivation j’essaie de faire bien j’essaie de sortir de nettoyer je fais le ménage je fais tous les jours la vaisselle le ménage je fais l’expédient de tout ça je fais à fond JE VEUX je cuisine j’écoute le crépitement je monte le crépitement de la cuisine au maximum je fais le brûler je fais déborder je nettoie je pourrie la cuisinière je casse les objets je fais les réparations je fais la couture je n’écoute plus je ne veux plus écouter je mets la série en boucle je n’arrête plus la série la série est éternelle et moi je perds JE VEUX PAS PERDRE je fais le pis-aller je cherche le lavage je cherche les draps propres dans ma tête je cherche à me rouler dedans la tête sur le côté je fais la tête penchée sur le côté comme un chiot un chaton un oisounet je perds je fais le lavage intérieur je perds les idées je suis heureuse je fonds je ne suis plus JE NE SUIS PAS IMPURE ouf c’est déjà ça ouf JE NE SUIS PLUS je ne suis plus
Vidéo et photos de "Grandes Manoeuvres" (Marseille 2014) avec A. Boute, S. Nowak, A. Riva, M. Richard
Antoine Boute fait un test micro.
ALEX RIVA
(flûtes à bec)
STÉPHANE NOWAK PAPANTONIOU
(lecture performée)
ANTOINE BOUTE
(lecture-performance, projection de film)
MATHIAS RICHARD
(lecture-performance-chansons)
Pas de vids ou photos hélas ^^
L'événement sur :
C'était le samedi 27 septembre 2014
à l'Asile 404
Marseille, France
mercredi 15 octobre 2014
Avis aux utilisateurs du blog collectif "mutantisme" (gros bisous à la fin)
Salut !
Il y a une centaine de participants inscrits sur ce blog collectif, et il ne passe pas une semaine sans qu'on me demande "mais comment est-ce qu'on poste sur le blog déjà ? j'ai oublié". :)
Je suis content qu'on veuille poster sur le blog, cette zone impure et épidémique ouverte à tous les vents, mais je ne peux accompagner chaque personne à chaque post.
Alors voici un petit mémo express.
Comment poster sur le blog
Si vous êtes déjà inscrit(e) :
- il faut aller sur le site Blogger : https://www.blogger.com/home
- et se connecter avec son identifiant (en général c'est son adresse mail) et son mot de passe (on peut les enregistrer une fois pour toute et ne pas avoir à les retaper à chaque fois)
- une fois connecté, on clique sur "créer un article" (bouton orange) dans le blog "mutantisme"
- on peut y mettre image, texte, musique, vidéo, liens... puis "publier" (il est possible d'ensuite modifier voire supprimer un post si l'on veut)
- à noter que mettre au moins une image dans son post augmente le nombre de clics dessus, et donc, dans une certaine mesure, le nombre de lecteurs dudit post
- à noter que mettre au moins une image dans son post augmente le nombre de clics dessus, et donc, dans une certaine mesure, le nombre de lecteurs dudit post
- il est important de mettre un titre pour que le post soit ensuite facilement diffusé (scripts networkedblogs de redirection automatique vers Facebook, Twitter...)
Si vous n'êtes pas déjà inscrit(e), voir chapitre suivant.
Comment s'inscrire pour poster sur le blog
Envoyer une adresse électronique à contact@camerasanimales.com en précisant que c'est pour participer au blog mutantisme.
Si on ne se connaît pas, un lien vers votre site, ou une présentation de 2-3 lignes est bienvenue.
Si ça le fait, une invitation Blogger vous sera adressée.
Comment inscrire une actualité dans l'onglet rendez-vous
Si vous faites une intervention qui a trait au mutantisme (lecture, performance, concert, action, expo, conférence, poirier, que sais-je), et que vous voulez que cela apparaisse dans l'ongle "rendez-vous" (à droite) : envoyer [date + lieu + titre + lien] à contact@camerasanimales.com
Si c'est pertinent votre date y sera inscrite.
mardi 14 octobre 2014
la jambe humaine...
la jambe
humaine flottante radioactive accusée de sodomie avait tué
auparavant plus de 5000 bébés chinois avec un nouveau cocktail au
lait frelaté et au césium
en
fauteuil roulant en décomposition la jambe humaine flottante
radioactive a asséné 49 coups de zizi dans la bouche de 600
travailleurs népalais étranglés et ce en direct
la jambe
humaine flottante radioactive a violé 6 hommes sauvagement les a
enfermés dans un conteneur d'entreposage de détritus sans hygiène
pendant plusieurs jours le remplissant de centaines de cochons
cancéreux et fluorescents morts d'arrêt cardiaque
la jambe
humaine flottante radioactive a coupé le pénis d'un stagiaire
infecté par ebola
ce
stagiaire une chaine de tronçonneuse coincé dans le cou fatigué
d'avoir trop travaillé tentait de se suicider à coup de marteau et
à coup de couteau et se finir par une balle dans la tête peut-être
ce
dernier voulait la violer à plusieurs reprises lui voler son
téléphone portable et sa carte bleue puis la cuisiner la manger
assaisonnée de fongicide de pesticide et de kérosène
biobactériologique
rappelons
que la jambe humaine flottante radioactive devait être sélectionnée
pour le championnat de monde de l'attaque suicide en juin prochain
la police l'a retrouvée
dans une poubelle.
dimanche 12 octobre 2014
vendredi 10 octobre 2014
Mathias Richard @ Festival MidiMinuitPoésie (Nantes) 10-11 octobre 2014
Mathias Richard est invité par le festival MidiMinuitPoésie#14 à Nantes
les 10 et 11 octobre 2014
Vendredi 11 octobre
de 17h10 à 18h
Altenantes FM 98.1 (Nantes) - 91 (Saint-Nazaire) / 17h10 à 18h
Dans les draps des mots. Une discussion en direct avec Mathias Richard depuis l’intimité d’une chambre de l’hôtel Pommeraye, animée par Michel Sourget et Laurent Mareschal.
Samedi 12 octobre
17h-17h30, Le Cercle rouge
Lecture-performance : "Vokal_02"
19h-20h
Entretien sur Jet FM (91.2)
suivi d'un enregistrement de la lecture-performance donnée dans l'après-midi
Minuit, Galerie de l'école des Beaux-Arts
Bœuf final, lectures, chansons, improvisations
--
Avec également : Anne Waldman, Claude Favre, Samuel Rochery, Anne-Laure Pigache, Jacques Sicard, et beaucoup d'autres.
Programme complet sur le site du festival :
A Nantes, les livres de Mathias Richard sont disponibles à la librairie Vent d'Ouest
jeudi 9 octobre 2014
EN FRANCE ON A UN PROBLÈME AVEC L'ARGENT. DIT-IL
EN
FRANCE ON A UN PROBLÈME AVEC L'ARGENT. DIT-IL ///// L'ARGENT
A UN PROBLÈME AVEC LA FRANCE. ON A UN PROBLÈME AVEC TA POSTURE
D'AGENT IMMOBILIER DE MERDE. AVEC FRIC DE MERDE. AVEC SE FAIRE DU
FRIC SALEMENT. AVEC PROFIT. AVEC ÇA COUTE LA PEAU DES ROUSTONS DE SE
TROUVER UN APPART POTABLE. AVEC TES COMMISSIONS TON COSTARD ON A UN
PROBLÈME MINABLE TÊTE DE FIENTE. AVEC MANAGEMENT. AVEC POSITIVER.
OUI. ON A UN PROBLÈME. TOUT À FAIT. POSITIVE OÙ TU VEUX DANS MES
PLANTES. JE BOUE NÉGATIVE ET M'ÉNERVE ET M'AGACE QUAND JE TE VOIS
TRAINER DANS LES PARAGES // D'ACCORD. DANS UN PREMIER TEMPS JE
VOULAIS ÊTRE SYMPA // PAS LE CHIEUR DE SERVICE ME DIS-JE // J'EN
VOIS PAS TANT PASSER DANS LE COIN. DES GENS // SUIS CONTENT. ON
DISCUTE BIEN AU DEBUT MAIS SOUDAIN TOI PARLER MOI ÉVENTUELLES
OPPORTUNITÉS POTENTIEL DE LA BÂTISSE // TU VA REPRENDRE TON SAC. AU
REVOIR. TRACE. PESTILENTIEL // JE PENSAIS T'OFFRIR À BOIRE MAIS TU
JACTES LE CADAVRE // SUIS PAS VENU ICI POUR ENTENDRE TA QUINCAILLERIE
SONNER DANS TA BOUCHE D'EGOUT. DÉGAGE ///// GUÊPES SANS VIE
FLOTTANTES DANS LE JUS DE POMME ET LITIÈRE DU CHAT. TRACE TON CHEMIN
PUE-TA-MORT. ON VEUT TROUVER AUTRE CHOSE. JE SAIS PAS QUOI. JE FAIS
N'IMPORTE QUOI. MOI ETRE BOHÉMIEN. TOUS LES SENS. PLEIN LES BOTTES.
JE FUIS JE FUITE J'ECOURTE. ROULE ET TRAVERSE EN SANG DES VILLAGES
ÉTEINTS BOIS DE LA BIÈRE FADE ET POSE LE PIED À TERRE. ET PRIERES.
ET FORÊT. ET FORÊT. ET RIVIÈRES. ET FORÊT ENCORE. TRUITES
DÉCÉDÉES ET SACS PLASTIQUES / FRIGO ÉVENTRÉ DANS UN RUISSEAU
///// JE SAIS PAS MOI. DEJA VEUX PLUS VOUS. PLUS TOI. PLUS MOI. JE
VEUX : AUTRE. JE CHERCHE : AUTRE. JE NE SAIS SI LE TROUVERAIS. AUTRE.
JE NE SAIS PAS QUOI. QUEL TRAVAIL. JE N'AIME PAS TRAVAIL. J'AIME LE
CHÔMAGE. JE SUIS UN PEU LIBRE. JE LE SAIS BIEN ÇA NE DURERA PAS
LONGTEMPS. MAIS J'ARRIVE ENFIN À RESPIRER POUR UNE FOIS. SOLEIL SUR
LA TERRASSE. COQ. VILLE PORTE QUI S'ÉVEILLE / J.E. V.E.U.X.
A.U.T.R.E. TROUVER : AUTRE. JE CHERCHE JEU // RIEN À FOUTRE DE VOTRE
TRAVAIL. GARDEZ-LE VOTRE TRAVAIL. FUIR LARBINAT. AU MOINS UN TEMPS
//// EN 6 HEURES A PATTES SERAI OÙ ? ET AVEC DES AILES ? ////
MURS DE GOUDRON. RESPIRATION. UNIVERS. RAPACES. DÉPARTEMENTALE. EN
RETRAIT. RETRAITE A 20 ANS POUR TOUTES ET TOUS : VOILÀ LE PROGRAMME.
EN AVANT. HURLER DANS LES DESCENTES LE NOM DES LIEUX DITS AUX
SONORITÉS ECLAIRANTES. TRAVAILLER. OUI. À LA FIN DE VOTRE TRAVAIL
CALIBRÉ. CALIBRÉ PAR VOUS. POUR NOUS. INTERIORISEES CASES
ADMINISTRATIVES REGULE-VIE. JE SORS. JE VEUX SORTIR D'ICI. JE VAIS
SORTIR. JEU : VOEU : NE PLUS RAMPER. CRIS ET RITES ET RIRES. VENEZ.
ON REFAIT LE MONDE. LES CRÂNES EN FEU ET EN FÊTE. GRINCEZ LES
GRINCHEUX / FLEUR-VENIN SERS-MOI ENCORE // NOS RÈGLES COULENT //
DÉSTRUCTUREZ DE LA STRUCTURE // SOUFFLER. GRIFFER. COUP DE
PINCE RETOURNÉ / JE ME LÈCHE LA QUEUE ET LE FION ET MONTE SUR LA
TABLE EN GESTICULANT /// DORMEZ-SOUS DES CHÊNES EN POLYESTER ///
MACHEZ VOS LIMACES /// PUB - PUE – TUE /// MALAISE
T'AS
UNE IDÉE ?
QU'EST
CE QU'ON VA FAIRE ALORS ?
TOUT
DEFAIRE
INTERNÉS
SUR INTERNET
COMBIEN
DE TEMPS USÉ À S'ENCRASSER DEVANT L'ÉCRAN
ÉCRASÉS
AGGLUTINÉS ALLUMÉS ÉTEINTS CASTRÉS ENCASTRÉS
GLISSEZ
NUES POIRES POURRIES
URINANT
DANS LES TRÈFLES ET LES CAPUCINES
CARESSES
DE L'ANCESTRAL LEZARD VERT
VA
TE FAIRE DYNAMISER
SPÉCIFIQUE
TA RACE
TOI
ET LES SALES HONORREURS DE TON ESPECE
mercredi 8 octobre 2014
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