dimanche 30 septembre 2012
mercredi 26 septembre 2012
Finnegan's Wake
Tant pis.
Je suis bon. Je suis plus génial que je ne le suis réellement. Je ne supporterais pas qu'on me dise le contraire.
Je tuerais. Je fais comme je veux.
Je n'arrête pas de faire comme je veux.
Je n'aime rien que le soleil, l'étoile. Scientifiquement parlant, on partage beaucoup :
composés d'hydrogène (74%), d'hélium (24%), nous représentons 99,86 % de la masse du système solaire, constitué par notre seule présence.
Nous t'offrons l'eau, et le climat.
Le sang jaillit.
Erupte.
Forme des tâches.
Rien de reconnaissable, cependant,
à moins
que le caillou
dans ma tempe
tombe
tempe tombe
Il ne tombe pas.
Je suis bon. Je suis plus génial que je ne le suis réellement. Je ne supporterais pas qu'on me dise le contraire.
Je tuerais. Je fais comme je veux.
Je n'arrête pas de faire comme je veux.
Je n'aime rien que le soleil, l'étoile. Scientifiquement parlant, on partage beaucoup :
composés d'hydrogène (74%), d'hélium (24%), nous représentons 99,86 % de la masse du système solaire, constitué par notre seule présence.
Nous t'offrons l'eau, et le climat.
Le sang jaillit.
Erupte.
Forme des tâches.
Rien de reconnaissable, cependant,
à moins
que le caillou
dans ma tempe
tombe
tempe tombe
Il ne tombe pas.
samedi 22 septembre 2012
Mon père tremble et meurt, comme la saison qui voit sa fin, comme la saison qui
n'en peut plus.
Mon père tremble et meurt. Ses chats tremblent et meurent, l'or tombe dans leurs yeux, à peine ont-ils vécus. Et il les jalouse, il devient fou d'avoir peur, tout le temps, alors que le vent emporte tout dans son regard.
Aussi dois-je m'éloigner et suivre la bourrasque. Il y en avait une, elle s'appelait Suzanne et dirigeait mon père et son château, dans les bourbiers d'Ecosse, dans la tempête.
Ils avaient tout acquis en avril 1850, alors que leur amour déberluait, alors que leur amour nous mangeait tous.
Daphné, la premier née, fit les frais d'une ruine soudaine. On donnait son coeur pour trois sous, dans les cafés, à l'heure des femmes. Daphné, on donnait sa peau, pour trois sous, à l'heure des commis. Pour leur maîtres, ils s'arrachaient la douce, et ne la lâchait plus.
Daphné grandit, de sa peau ne suintait que son sang. Pour la voir, il fallait prendre rendez-vous au château. Suzanne prenait notes.
Suzanne faisait tourner son jupon toute la journée dans le château, en en prenant bien note. Elle a les dents qui se gondolent, Suzanne, et quand elle sourit, elle se prend pour une déesse. Rien à faire. Pour elle, elle n'écrit rien. Toute la journée, ses cheveux de jais lui sourit, et elle leur parle à son tour.
Henri est au grenier.
Henri, sort de là, le grenier est un lieu ou on range des affaires. Henri, sueurs, balaie la poussière. Il y a plein de vieux sommiers, de ressorts, qui, jadis, leur appartenait. Maintenant Suzanne n'en veut plus, elle les a fait tombés par terre, pendant que lui montait. Et ils ne sont jamais revenus.
Quelle joueuse cette Suzanne.
Pourquoi Daphné ?
L'homme ne répond pas. Si ! Si, il hausse les épaules, se couche sur le flanc ; et ses jambes, et son cou, n'ont plus rien de vivant. Je renverse le lit, et le fait dévorer par ses chats, lui, l'empâté.
n'en peut plus.
Mon père tremble et meurt. Ses chats tremblent et meurent, l'or tombe dans leurs yeux, à peine ont-ils vécus. Et il les jalouse, il devient fou d'avoir peur, tout le temps, alors que le vent emporte tout dans son regard.
Aussi dois-je m'éloigner et suivre la bourrasque. Il y en avait une, elle s'appelait Suzanne et dirigeait mon père et son château, dans les bourbiers d'Ecosse, dans la tempête.
Ils avaient tout acquis en avril 1850, alors que leur amour déberluait, alors que leur amour nous mangeait tous.
Daphné, la premier née, fit les frais d'une ruine soudaine. On donnait son coeur pour trois sous, dans les cafés, à l'heure des femmes. Daphné, on donnait sa peau, pour trois sous, à l'heure des commis. Pour leur maîtres, ils s'arrachaient la douce, et ne la lâchait plus.
Daphné grandit, de sa peau ne suintait que son sang. Pour la voir, il fallait prendre rendez-vous au château. Suzanne prenait notes.
Suzanne faisait tourner son jupon toute la journée dans le château, en en prenant bien note. Elle a les dents qui se gondolent, Suzanne, et quand elle sourit, elle se prend pour une déesse. Rien à faire. Pour elle, elle n'écrit rien. Toute la journée, ses cheveux de jais lui sourit, et elle leur parle à son tour.
Henri est au grenier.
Henri, sort de là, le grenier est un lieu ou on range des affaires. Henri, sueurs, balaie la poussière. Il y a plein de vieux sommiers, de ressorts, qui, jadis, leur appartenait. Maintenant Suzanne n'en veut plus, elle les a fait tombés par terre, pendant que lui montait. Et ils ne sont jamais revenus.
Quelle joueuse cette Suzanne.
Pourquoi Daphné ?
L'homme ne répond pas. Si ! Si, il hausse les épaules, se couche sur le flanc ; et ses jambes, et son cou, n'ont plus rien de vivant. Je renverse le lit, et le fait dévorer par ses chats, lui, l'empâté.
jeudi 20 septembre 2012
A droite, il fait noir,
à droite, la lune m'éclaire. La lune,
que les herbes envahissent, dont les chats se repaissent.
Les chats ne se repaissent de rien, ils
ont beau pululer.
Je respire la santé, la seconde
d'après, ma tête est ensanglantée.
Ma tête ensanglantée, j'arrive à
voir le monde.
Une église à côté de ruisseau fait
battre à mon cœur la chamade.
Mon cœur la chamade, ma tête un étau.
Mes pieds bruissent,
traversent,
et je frappe à la porte. Je ne réponds
pas, déclame à voix haute :
« La crasse, au hasard. » « La
crasse, au hasard. Je n'ai pas arrêté de croire. « Je n'ai
pas arrêté de croire.
Du clocher, les chats meurent par
centaine,
par centaine de milliers, par –
disons- vingt ou trente, ils tombent sans arrêt.
Je noie les gens qui passent, je
craquèle leurs os, cou, masses branlantes, cela ne fait rien.
Je brûle la prairie à l'aide d'un
tison, tout plat et tout ardent, cela ne fait rien.
A mon cerveau je dis : je
t'arrache l'hypophale. Cela ne fait rien.
Du clocher, les chats meurent par
centaine,
par centaine de milliers, par –
disons- vingt ou trente, ils tombent sans arrêt.
mercredi 19 septembre 2012
Samedi 22 septembre, 20h - Bistrot 82, Paris
Rendez-vous le samedi 22 septembre 2012
au Bistrot 82 (Paris 18e)
à 20h
pour des lectures-perfs avec
Antoine Boute
Mathias Richard
Thierry Théolier
+ une projection d'un film de Martine Doyen et Antoine Boute
Entrée libre
Dans le cadre du "Nouvel An Belge"
L’évènement sur Facebook :
Le site du Nouvel An Belge :
>
lecture,
performance,
poésie,
rendez-vous,
vidéo
Je dédie ce post à Mathias Richar qui m'a vraiment beaucoup inspiré...merci de mettre des mots sur ce que certains ont toujours pensé sans pouvoir l'exprimer tout à fait....
J'offre mon oeuvre à Mathias.
http://www.nostressnetlabel.net/NN_LP003_08_11.html
Mathieu alias MutaNn aka TritoNn
mardi 18 septembre 2012
lundi 17 septembre 2012
samedi 15 septembre 2012
jeudi 13 septembre 2012
Scatgirls from Space
Dans le film navet « Scatgirls from Space », Saya dit à un moment qu'il n'y aurait que la mort qui pourrait détruire son amour pour la scatgirl from space. Un amour en stand-by de la mort. Alors la scatgirl from space shoot au laser Saya qui oublie tout ce qui s'est passé dans le film « Scatgirls from Space » et elle oublie tout l'amour qu'elle vouait à la jeune extraterrestre. C'est terrible parce qu'il ne reste qu'une étrange impression dans l'esprit de Saya et on voit la jeune extraterrestre pleurer dans son vaisseau qui repart aux confins de l'univers et on la voit se remémorer des moments trash de leurs étreintes forcées qui se muaient en amour malgré toutes la cruauté des mutants et malgré le froid des confins de l'univers, parce que le Japon est le pays des Mouchettes du Luxe, parce que le Japon est un terreau rêvé pour les paraphilies et parce que le Japon est le premier producteur mondial de chair paraphile. Ce n'est qu'un hasard de l'univers que les paraphilies japonaises correspondent aux catégories pornographiques des films pornographiques japonais. C'est Agnès Viard qui dit que le pays où la pornographie est considéré comme un anti-stress est aussi le pays où on réalise autant de films pornographiques par an qu'il y a d'habitants au Japon et où on réalise les films pornographiques d’une qualité supérieure et inégalée. C'est pourquoi Saya naît au Japon. C'est pourquoi dès la naissance Saya a suivi la pente du luxe pornographique. C'est pourquoi une ligne lumineuse court du maillot de bain d'écolière à l'amitié profonde pour le labrador noir. On se souvient de Saya comme d'un accroc indispensable dans le tissage luxueux de la production locale. Saya était considérée dans le métier comme la « ritournelle altermondialiste ». C'est le corps de Saya qui mettait en orbite les autres corps dans la ronde pleine et sans arrière-monde de la production du cul nippone. L'exemple de Saya est lumineux, de même qu'une phrase n'existe pas isolément. Saya naît au Japon. Saya est à peine enfant qu'on lui photographie les téguments capillaires, avec l'accord de sa mère, et on lui photographie dans la foulée les téguments pileux que son frêle maillot de bain ne dissimule plus. Saya connaît les révolutions du business de l'eau. Elle monte sur des vélos qui ont subi des sortilèges : la selle n'est plus que radio-commandée. Elle n'est pas dans Jules Verne mais un Poulpe Géant l'attaque. Elle se rend en Afrique. Elle se rend dans un taudis pour pauvres. Elle ne meurt pas de froid. L'exemple de Saya est lumineux, Saya vieillit, on la filme en train de déféquer son histoire, comme une scatqueen from space. La vie de Saya est exemplaire. Observons la vie de Saya à la loupe x10. Observons-la bien. Comme toutes les vies exemplaires, la vie de Saya est un égocide de la forme Saya. Par exemple, Saya, à vingt-deux ans, a tourné dans un navet intitulé « Scatgirls from Space ». C'est une histoire d'amour impossible et émouvante. La trame est l'arrivée d'extraterrestres dans le ciel de Tokyo provoquant à Tokyo la fin du luxe. Une fois que le vaisseau extraterrestre des scatgirls from space s'est positionné dans le ciel de Tokyo, le luxe prend fin, les boutiques de luxe de Ginza et de Omotesando s'effondrent comme des châteaux de cartes, Chanel et autre Louis Vuitton s'embrasent dans une fin du monde du luxe. Autant dire que dans les rues de Ginza et de Omotesando c'est la panique et le bordel. On se demande même si la fin du luxe importée par les extraterrestres ne serait pas le début d'effroyables paraphilies inconnues des humains. On pense cela en regardant les premières images du navet « Scatgirls from Space ». On est doublement surpris de constater que la prédiction se réalise dans les images suivantes de l'œuvre cinématographique de Saya. Pourtant Saya, qui a officiellement vingt-deux ans, est « humaine ». Elle tombe amoureuse d'une scatgirl et devient alors une scatqueen. La magie de l'amour fonctionne. Le film Scatgirl from Space, mieux que E.T., est la preuve que l'amour entre deux scatqueens habillées en tenues fluo est impossible dans cette univers. L'égocide serait une étape obligée de la vie de Saya, et dans les grandes lignes ce serait un collage d'émotion diverses, contradictoires, exoparaphiliques. On se souvient encore du textile en crise de la culotte de Saya dans le film « Augmentation du chiffre d'affaire ». Les scènes ont été tournées dans un magasin de 2 150 m². Reprenons l'analogie de l'appareil de radio. On se souvient de Saya mimant de longues structures de dominance. Son rôle dans ce film était celui d'un orifice « multi-modal ». Dans le magasin de 2 150 m², Saya est entourée par une meute d'« organismes antérieurs ». Le film « Augmentation du chiffre d'affaire » n'est pas seulement un petit événement consumériste s'étant développé dans des conditions environnementales les plus courantes, c'est aussi un film navet de science-fiction entrant dans la catégorie « dystopies politiques ». C’est vrai, les « organismes antérieurs » ressemblent à des zombies. La différence avec les zombies traditionnels est que les organismes antérieurs entrent en résonance morphique avec le grand magasin. Ils ne déambulent pas tous azimuts. Des femmes sans noms s'offrent sur trois étages, mais là n'est pas le plus important pour décrire les organismes antérieurs. Ils ont les yeux rouges acidulés et ils sont venus sur Terre dans le grand magasin pour donner un coup de pied dans la fourmilière qui va, qu'on le veuille ou non, affecter le chiffre d'affaire des « Grands Messieurs », au moins jusqu'à la fin du film. Saya joue le rôle de la grande, malgré son âge, parmi les orifices « multi-modaux ». Elle a trente ans dans le film et elle est la fourmilière qui reçoit des coups de pieds. Il semble à première vue que l'idée voulant que les formes des organismes antérieurs soient stabilisées par la résonance morphique avec le grand magasin au niveau des escaliers où défilent en rouge acidulé les mots « sauvage », « alter », « hybride », « multi-modal », « d'ores et déjà ». Saya est une cible extrêmement large pour la meute des organismes antérieurs. Le corps de Saya est basique et décliné dans une gamme de paraphilies et de formes qui font que tout le monde va y trouver quelque chose selon ses besoins. Reprenons l'analogie de l'appareil radio. Le grand magasin de 2 150 m² est en temps normal un poste de radio qui ne capte qu'une station à la fois : la station consumériste capitaliste. Mais si la radio capte simultanément deux stations (Saya et disons un organisme antérieur fortement membré représentant des ondes consuméristes capitalistes), le « son » qui en résultera dépendra de la puissance relative de leurs signaux : si l'un est très puissant et l'autre faible, le dernier n'aura que peu d'effet ; mais s'ils sont de force égale, l'appareil radio-grand-magasin diffusera un mélange de « sons » provenant des deux sources, d'où l'embrasement final du film, l'explosion morphogénétique (car l'explosion suit exactement les contours du grand magasin), la résultante fulgurante des étreintes vicieuses des protagonistes, rendant toute idée sur les images du film éphémères. On se dit alors que l'explosion dure trop longtemps par rapport aux scènes d'amour physique. Dans les flammes rouges acidulées les corps deviennent des corps probables, on se dit « c'est l'endroit dont tout le monde parle », on voit dans les flammes les jeans à 10 euros, les pulls en cachemire à moins de 50, les coloris sont agressifs, les cris sont agressifs, Saya joue à fond la carte du désir, Saya montre qu'il n'y a pas de place pour de nouveaux acteurs sur ce segment du porno-terrorisme même si l'on nous dit depuis la nuit des temps que les chiffres des ventes baissent et remontent, puisque la dernière image du film la montre à l'arrière d'un autobus parisien. Il est évident que le film « Augmentation du chiffre d'affaire » marque un tournant dans la carrière de Saya, c'est le film-pivot de la carrière de Saya, qui a alors officiellement trente ans dans les films. Sa maîtrise rectale est à son apogée et on remarque d'emblée que son talent s'épanouit au prix d'une lutte contre son « ancien style ». Avant de tourner le film « La mauvaise réputation » (une fresque historique sur la lutte contre l'introduction de la roulette mécanique à lisser les peaux) qui la fera connaître des cinéphiles américains, on la sait fébrile quant à la tournure que prend sa carrière. Sa mère déclare à l’époque : « Ne me demandez pas d'expliquer ça. C'était l'époque où elle avait ses violences spontanées. Elle ne sortait plus de sa chambre. Elle ne sortait de sa chambre que pour aller dans une chambre de love hôtel. Quand j'ouvrais la porte de sa chambre, je la trouvais avec des bris de machines dans les mains, parfois même des bris de machines érotisées dans les mains ; parfois non. On aurait dit une petite fille de trente ans perdue dans les entrailles d'un HLM, perdue dans son quart-monde affectif de philosophe gay, et puis elle répétait toujours les mêmes phrases, on aurait dit un livre, elle avait ses terribles « remontées verbales » et elle répétait : Je suis la fille de la honte et de l'injure de classe. Ne demandez pas à une mère comment on fait un monstre. »
mardi 11 septembre 2012
lundi 10 septembre 2012
Je
tremble, j'entends la pluie, écrasée sur mon toit. C'est un bruit,
entre le pas et la chute.
Je tombe
du canapé, debout aussitôt, je marche vers le deuxième étage. Les
chambres sont silencieuses là-haut.
La
pointe de mon pied se tord contre une marche, de la tête, je tape la
rampe de l'escalier. Mon bras se rattrape, mon corps se relève.
J'accélère.
Du
débarras, je tire l'échelle. De l'échelle, je parviens à la
trappe qui donne sur le grenier.
Si mon
cœur continue à battre, mon trépas s'annonce.
J'accélère.
Des
nuées de poussières s'ébattent à chacun de mes pas. J'attrape la
tuile fendue, je la laisse tomber sur le côté, je sens le vent sur
mes côtes.
J'accélère.
Dehors,
la lune fait pâlir mon chemin, entre la gouttière et la nuit, que
j'essaye d'attraper vainement, j'ai donc deux bras, deux.
J'accélère.
Le toit
est mon domaine ; la campagne, au loin, m'attrape. Un vent
menaçant me précipite contre la cheminée ou je m'éclate la
mâchoire.
Tout
tremble.
J'essaye
alors de crier, de crier que ma mâchoire se décroche, elle le fait.
Tout
tremble.
Un
ramdam bruyante, une odeur nauséabonde s'élèvent de la cheminée
pour retomber sur moi.
Les
chambres.
Les
chambres sans verrous.
A
travers les tuiles fendues, on m'attrape et me tire.
Ma peau
s'en va, je crois. Mes ongles s'en vont, je crois. Mon nez s'en va,
je crois. Mon regard tombe.
dimanche 9 septembre 2012
lundi 3 septembre 2012
dimanche 2 septembre 2012
Filmutantiste
The Wizard of Oz experiment from Dennis Neuschaefer-Rube on Vimeo.
d'autres expérimentations sur son site : http://www.stilledfilms.com/
jeudi 30 août 2012
Histoire d'une réplicante [court-métrage]
Loom, court-métrage de Luke Scott (fils de Ridley Scott) prenant place dans l'univers de Blade Runner.
(Même si l'on semble ici plus proche de la création de clones biologiques à la croissance accélérée, que d'entités biomécaniques-IA).
(Même si l'on semble ici plus proche de la création de clones biologiques à la croissance accélérée, que d'entités biomécaniques-IA).
Manifeste du Mur Bruitiste (HNW) (2008)
"L’individu n’a plus d’autre alternative que de refuser en masse la vie contemporaine promue et prônée. Le comportement juste se trouve dans le bruit et le repli, dans un refus de capitulation à la manipulation, à la socialisation, au divertissement.
Le Mur Bruitiste ne promet pas de redonner un sens et des valeurs à l’existence vécue. Le bruit opaque, morne et continu permet une réduction phénoménologique totale, un moyen contre l’interpénétration existentielle: désengagé dans l’apaisement bestial pur et inaltéré.
Le Mur Bruitiste est pro anomie, l’anomie volontaire. Il remet en question l’institution de toute relation, annihile tout ce qui survient dans un repos menaçant.
Le Mur Bruitiste est une récusation sociale. Il récuse toute notion de groupe, communauté, organisation et admet l’alternative de la claustration postmoderne hikikomori. Le refus est dans le repli car tout acte –qu’il soit considéré futuriste, dada, situ, anarchiste ou straight edge- est devenu inapte. L’actionnisme du délabrement ne peut faire face à la récupération factice, à la prostitution, de notre civilisation dérivative.
Observer l’extérieur abject ne doit être qu’un dernier rappel du non-sens humain avant l’épochè contestataire. Toute chose et tout être deviennent sans signification.
Le Mur Bruitiste est la perte de conscience du temps pour vivre en abîme et se laisser couler dans l’instant.
Le Mur Bruitiste est la perte de conscience physique.
Le Mur Bruitiste est la pratique ininterrompue du bruit mental.
Le Mur Bruitiste est la pureté militante dans la non-représentation.
Vigilants des derniers soubresauts, adoptons une nouvelle posture dans le repli – ni soumission, ni fuite, ni fléchissement – afin de pouvoir affirmer « je n’ai jamais été là » dans le désert créé par l’effacement de notre environnement. Perdre tout espoir est la liberté.
Dans l’isolement du mur bruitiste, le néant cellulaire, devenir son ombre - impassible meurtrier de soi - et ainsi devenir l’ombre de l’homme, inconnaissable, impersonnel.
Dans le Mur Bruitiste, aggraver son être, se tenir ignoré et ignorant de tout ; le repli exige l’élaboration d’une indétermination pure qui se forge dans l’oubli des éléments contraignants émotionnels et intellectuels.
Le Mur Bruitiste, obscurité d’un calvaire spirituel, est la non-opposition entre l’être et le néant, une berceuse sans fin.
Le Mur Bruitiste répand ses vertus occultes par les vrombissements et les bourdonnements de ses formules hermétiques, il désagrège et appelle à la désintégration irrévocable."
Je ne suis pas vraiment d'accord sur le fond, avec l'isolationnisme hikikomori, le côté pro-autisme, le nihilisme "délabré", mais bon, je trouve le texte très bon en lui-même, et toute personne tripant sur la musique a un moment ressenti (et donc comprendra) ce qui est dit ici. La jouissance souveraine du bruit/son pour mettre à distance une civilisation à chier, un monde à vomir.
Ce manifeste "Vomir" daterait d'octobre 2008, si j'ai bien compris l'auteur est Roro Perrot. Son site : www.decimationsociale.com
Cela m'est arrivé via Lucille Calmel, elle-même via Cdrik Croll, merci à eux.
Molmot : "Brainwashed" (suite)
"Brainwashed" par Molmot
cliquer sur l'image pour l'agrandir
Molmot est à sec de peinture donc ça devrait s'arrêter là !
Molmot est à sec de peinture donc ça devrait s'arrêter là !
mardi 28 août 2012
lundi 27 août 2012
dimanche 19 août 2012
Ichtyor Tides :: Mortisle Elytrion (noisy & gritty poetronica)
Premier LP d'Ichtyor Tides, projet expé/noise/poésie de Nikola Akileus.
Edition limitée de 100 CDr en digipack + version numérique (mp3, FLAC, etc.).
Disponible ici : http://ichtyor-tides.bandcamp.com/album/mortisle-elytrion
[dessin de couverture : g.cl4renko]
>
# son,
glitch,
invidation,
noise,
poésie,
radioactive
samedi 18 août 2012
A l'autre bout du monde
- C'est
dans ces moments-là qu'on aimerait trouver un billet de cinquante
euros à côté de soi, m'a-t-elle dit.
On
habitait ensemble depuis six mois déjà, et on s'entendait bien. Il
y avait des disputes. Dès fois, c'est moi qui ne disait pas grand
chose, dès fois, elle.
Elle
était vindicative, fière, apeurée, comme ce point de scission
entre deux mers qui se rencontrent, loin dans l'océan.
J'étais
amoureux, j'étais nul en maths, je n'essayais pas d'être fier et
j'essayais d'être fier.
J'avais
presque fini la faculté. Je m'étais courageusement décidé à
faire sept premières années et arrêter. Puis je me suis installé
avec elle, et nous nous promettions, nous nous promettions de courir
le monde. L'avantage de courir le monde avec une nana comme ça,
c'est qu'elle est belle. Je veux dire, quelles grandeurs peut ne pas
manquer à son sein ? Laquelle, dites-le moi, je n'arrêterais
pas de la dévorer.
Elle
est une descente vers le vieux port et une pêche à l'espadon. Alors
je n'ai rien appris que pour elle.
Un jour de haut soleil,
nous prîmes le train et partîmes, dépassant Pancho Villa,
Lausanne, Mexico, Singapour, faisant l'amour dans le train, sur la
couchette du haut, car la couchette du bas, prise par mille chats.
En
dépassant Singapour, nous fîmes la rencontre d'un vieux monsieur,
dans le quartier attenant à la gare. Il nous expliqua être seul
depuis l'âge de ses 20 ans. Tout a commencé lorsqu'il s'en alla de
chez ses parents pour rechercher la vraie vie. Il loua un appartement
dans l'Upper East Side, et le jour d'après, le soleil lui semblait
le même. Pestant que cela n'était pas possible, il se rendormit
mais devant sa fenêtre. Pestant, pestant, il ne dormait pas. Et il
roucoulait quelque fois vers les femmes, quelque fois vers lui-même.
Trompant le temps, il allait dans les mines de charbons pour y
travailler. Mais ce travail ne durera pas toujours. Et ce travail ne
dura pas toujours. Nous l'écoutions attentivement, et le soleil
perdura encore un peu sur la gare, sans que ça ne devienne trop
sentimental.
Puis
il s'est endormi dans l'herbe, et nous sommes allés chercher un
hôtel. Ce n'est pas que nous en avions marre de lui, il était juste
tard, et vers Singapour, seuls les hôtels servent à manger le soir.
Il n'y a rien sinon.
Traversant
les rues qui, d'entrefilades en entrefilades, se retrouvaient
elles-mêmes, nous fûmes forcés d'atterrir, et ce fut devant un
bâtiment dont l'éclairage invitait au sourire. L'hôtel San Diego ;
eh oui, de grosses lettres le proclamait.
A
l'intérieur de l'hôtel San Diego, à l'intérieur, un chaton me
regarde. Ce chaton appartient à une maîtresse, qui a une maîtresse.
C'est la patronne de l'hôtel, Odessa. Elle a soixante ans, et
déploie une chevelure abondante, brune et bouclée partout partout.
San Diego et Odessa ne serait rien l'un sans l'autre. Et Odessa
voisinait avec les voyageuses qui passaient par là, et qui ne
s'ennuyaient pas. Car, oui, en effet, elle pouvait être très vite
énervée, et ça n'allait pas sans déboires. Mais ça les
prenaient, et de leurs témoignages, ça les faisaient voyager.
Alors, oui, elle avait des maîtresses, mais comprenez bien que ça
n'en faisait qu'une.
Je
ne l'ai pas reconnue en ouvrant la porte, mais Odessa était une de
mes camarades de lycée. Jadis, quand elle parlait, elle poussait de
grosses vapeurs. Mais c'est fini maintenant, je la trouve plus
raisonnable. Elle nous prêta et nous conduit vers une chambre de
l'hôtel Odessa. En chemin, nous fîmes la connaissance d'enluminures
particulièrement baroque.
Au
sortir de la nuit, au réveil de la chambre, nous vîmes des dizaines
de gangsters parcourant l'hôtel. Certains buvaient du thé. Des
gangsters buvant du thé ? Mais à chaque fois que nous tendions
l'oreille, ils parlaient meurtre, ils parlaient décapitations, ils
parlaient tendons à l'oreille et couillons de cou. Je ne pris aucune
peur, cela non, je ne suis pas de ce genre là. Je protégeais mon
amie, pour tout dire, en lui bouchant les oreilles. Nous descendîmes
vite fait bien fait entre enluminures baroques et nœud papillons
tachés de sang, jusqu'à la sainte Odessa.
A
la question, la réponse fut qu'elle louait ses salles, ses chambres
et ses allées aux nécessiteux, et une confrérie de gangsters ne
devait pas faire exception. Ces gens avaient un énorme besoin
d'attention, alors pour discuter affaires, ils allaient chez la plus
aimante. Odessa leur fournissait du temps pour parler. En ce moment,
le chef et ses sous-fifres étaient empêtrés dans une affaire
d'assassinat, assassinat fait sans l'autorisation du parrain.
On
avait mis à mort deux frères, sur le sable du désert. Ils avaient
trichés au jeu. Normal, donc. Mais aucune élimination ne peut être
réalisée sans l'accord du parrain, du parrain vous dis-je !
Odessa vint nous faire part de leurs problèmes. Mon amie leva sa
main très haut. Je ne connaissais plus mon amie, vous dis-je !
Et elle eut la permission de parler. Car Odessa nous avait
accueillis, accueillis et nourris, et aimés, peut-être, un tout
petit peu ; mon amie sentait en elle le besoin impérieux de lui
rendre la pareille. Après en avoir discutés, nous décidâmes
d'aller parler au parrain pour elle et pour eux. Les gangsters
étaient apeurés.
Nous
traversâmes un parc, sur un petit chemin le serpentant. Le reste
était gorgé de fleurs, et le soleil tombait à pic à travers les
falaises. Au beau milieu du merveilleux, une question : quelle
stratégie ? Elle veut lui apporter quelques bières, ouvrir la
porte, lui expliquer. Il est prévu qu'il pleure. Arrête, arrête,
même le lecteur trouve que c'est de la drague ! Tu te fâches ?
Je te laisse toute seule. Tu ne te fâches plus ? J'arrive, mon
amie, j'arrive. Pour ma part, je pensais plus à une opération
mêlant politique et militaire : nous le forçons à sortir,
nous allons avec lui sur les chemins. Une fois loin, un choix
cornélien s'offre à lui : soit il accepte nos conditions, qui
sont celles des gangsters transmises par Odessa, soit nous le
frappons à mort. Je ne lésine pas sur mes mots. Tu as déjà
frappé ? Je t'apprendrais, je t'apprendrais tout.
Dring,
driiiiiiing. Qu'est-ce qu'il y a ? Je suis occupé, et non, et
non, et non, revenez plus tard. Nous sommes ici pour un problème. Le
dernier problème, c'est vous. Et là, ce connard sort son flingue,
il me le fout sur la tempe. D'un geste rapide, j'éjecte le flingue
vers le haut. Le parrain repère le flingue et s'apprête à le
rattraper – spectacle de cirque. Je tape le flingue du plat de la
main – engagement de basket, et le parcours de celle-ci se finit
sur le nez du patron, qui craque.
Enfin,
nous entrons. C'est un estuaire empli de femmes mortes. Je frissonne,
le gars a des problèmes. Mon amie ne dit rien en tordant le nez. Je
la reconnais, je vois qu'elle ne voit pas bien. Elle pleure, elle l'a
connue. Au centre de la pièce, un rideau, des traces de pas. D'un
geste de la main, elle m'emmène là-bas. Il y avait toute ma peur,
elle me l'a montrée sans chichis. Elle ne voulait pas me tuer, et
moi je ne pensais à rien en refermant le rideau. Mieux :
j'envoyais le parrain ad
patres
en lui brisant le cou. Il ne pouvait plus bouger après.
Un
mot de résolution : la main-mise du parrain sur ses employés
se termina avec la mort de ce dernier. Je n'en suis pas mécontent,
même si la péripétie est trop volatile en soi pour être discuté.
On peut s'engoncer dans un blabla-blabla métaphysique, on peut s'y
perdre, si les résultats sont là, pas de problème. Nous avions
résolu une crise de la pègre, et aujourd'hui les Thompson
1928
chantent encore nos mérites.
Nous partîmes, de
l'hôtel, de la ville, vers Oulan-Bator.
Il y avait un petit
train, du genre scintillant et résistant, qu'il fallait prendre pour
traverser les montagnes. La neige tombait avec le soir et l'altitude,
et nous étions gelés. Je ne pouvais comprendre le tracé de ce
train, dusse-je mourir en essayant. La carte que j'avais sous les
mains ne correspondait rien aux balancements du voyage. Mon amie
sentit que cela, je ne le contrôlais pas, alors elle me serra contre
ses seins, et tangua de plaisir, comme elle l'a toujours fait.
Même maintenant, je n'en
peux plus de me demander pourquoi nous nous arrêtâmes en pleine
nuit sur un col venteux et fouetté par la neige. J'invente, je
n'invente pas et je n'y crois pas un mot.
J'étais le premier à
ouvrir l’œil. Dans le noir du wagon, je vis mon amie, tombée
endormie, et tous les autres voyageurs, en position fœtale tout
autour d'elle. Afin de me dégourdir les jambes, j'allais jusqu'au
wagon-bar en écluser deux, trois. Comme une araignée, je passais à
travers les wagons. A peine arrivé au wagon-bar, à peine servi par
un barman plus réveillé que mort, je pris ma première motte sur
l'arrière du crâne. Effet boule de neige. Le grognement de dieu. Je
suis croyant. De la neige de la neige de la neige nous fend tous le
crâne. Les wagons sont projetés dans la montagne. Le chaos nous
rapproche mon amie et moi, je la plaque sur mon sternum et l'entraîne
dehors. Une minute après, le train se casse en deux, laissant chaque
partie descendre la montagne vêtue d'hurlements triomphants. C'est
alors que le froid rampe dans nos inconscients pour y éclater.
Elle était belle la
neige. Ah, elle était belle la neige. Elle faisait un bel éclat sur
nos crânes endormis. Nous dormions malheureusement, et sans la
faculté de se projeter à l'extérieur de son corps, à ce moment
précis, nous n'étions plus rien. Le vent se pointa avec le soleil
et nous réveilla. Je réussi à m'extirper de la neige crasse, pour
ensuite en tirer mon amie. Autour de nous, tout était escarpé et
blanc. Le soleil n'était pas si loin que ça. Un moment de plus
là-bas l'aurait inciter à se rapprocher encore et encore, nous ne
pouvions nous le permettre. Nos deux personnes, prenant le relais du
train aujourd'hui disparu sur les rails, descendirent la montagne.
Cheminant, nous nous parlions : la haine de la mayonnaise, la
haine du ketchup, les condiments, voilà, voilà, c'était elle, et
je ne pense qu'à elle. Je la voyais vivre dans tous les lieux,
parler dans tous les arts, et de toutes les langues, c'est la mienne
qu'elle tenait par le bout du nez. Nous passâmes grognements sur
grognements avant d'atteindre le premier village.
Dans ce gris et tendre
village, nous passâmes pour des agressifs des montagnes. Je rudoyais
les habitants alors qu'ils m'offraient, qu'ils pansaient des
blessures que je n'avais pas. Mon amie leur parlait une langue
gutturale, mais elle parlait comme eux ? Nous fûmes conduits
chez le chef du lieu. C'était la seule solution, vu la tournure que
cela prenait. Dans une hutte, à l'orée du village, se trouvait le
quidam qui ne se trouvait pas là. Alors sa maison était emplie de
fleurs ; alors, nous entrâmes et les gens refermèrent la porte
brutalement. Les cailloux commençaient à pleuvoir de toutes
fenêtres. Mon amie, se touchant nerveusement le front, commençait à
pleurer. Deux cailloux me touchèrent consécutivement les tempes, si
bien que ses pleurs devinrent un supplice. J'enrageais, j'enrageais.
Je sorti dehors par une des fenêtres brisées, l'orée du soleil
touchait la terre. Ils étaient en rond, tous en rond autour de la
maison. Je ne pensais pas mourir, mais je savais pertinemment que je
n'avais pas beaucoup de temps pour les convaincre. J'inspirais un bon
coup et levai une soudaine voix :
« Enfants, faut-il
s'apaiser ? Pourquoi déposer les armes ? La paix n'a
jamais été une option, ni pour vous, ni pour nous. Nous devons
conquérir, et pour cela, il nous faut enflammer nos conflits, et
pour cela, il nous faut enflammer nos cœurs. Je vois bien que ce
mouvement est en train de se ternir, que cette flamme s'efface comme
les vingt ans d'un octogénaire qui eût une santé de fer encore et
encore. La vie m'a offert cette santé de fer, je l'ai. Je la
sacrifie pour vous, pour vous. Une condition, alors, combattez
l'ennemi, n'acceptez rien. Mourez pour vous, pour vous, votre santé
de fer, vos enfants. » Je pense :
« C'est somptueux.
Que faire ? Après moi, l'acné. »
Ils m'ont poussés. Je
suis tombé. Et, quatre heures durant, ils m'ont examinés, là,
gisant sur le sol. Je n'ai pas sourcillé, pas moi, je n'ai pas
souri. Ils sont partis, penauds. Mon amie s'est précipité vers moi,
et, d'un même mouvement, nous nous sommes précipités plus
profondément la vallée. Ils faisait noir, noir-disparaître, mais
mon amie nous guidait, elle nous guidait.
Avec la nuit, la montagne
pleurait ses éboulements. Avec la nuit, nous tombions de sommeil
dans un refuge fait de bois et de pierres, trouvé au bord du chemin.
Nous n'avions rien mangé. Oulan-Bator était encore loin ; je
pleurais Oulan-Bator mais mon visage ne le montrais pas. La lueur du
feu fait de feuillages éclairait nos regards. Je l'aime. Elle
s'était couverte de pierres et de feuillages, car elle voulait se
cacher de la vallée dans la vallée, non. Elle se dévêtit, dévêtit
devant moi. Moi non, moi si. Moi oui, et nous avons profité de la
nuit dans la vallée de la vallée.
Je me suis réveillé à
six heures cinq. J'avais mal à l'épaule – ma position
chien-de-fusil toute la nuit. A la jambe, le rocher pointu. Accrocs
de nuit, tendons meurtris, on ne peut rien y faire. J'en ai marre de
ces nuits de merde. Alors je me lève, je suis pépère, je suis
tranquille, désespéré. Soulevant la tête de mon amie pour déposer
un baiser sur ses lèvres pourpres et endormies, je vois un voile
laiteux et transparent tomber sur ses yeux. Ses paupières, elles
tombent mais elles ne tombent pas.
Elle me dit d'une voix
claire et forte : « j'ai mis du rouge à lèvres cette
nuit », folle, elle est folle. Je la prends en la sortant
dehors. Soulevant ce jolie visage, j'imagine que le soleil qui naît
dans la vallée saura réveiller ces paupières endormies. Elle
s'effondre en hurlant dès que le soleil éclate. J'hurle à mon
tour, j'hurle, je n'en peux plus. Je la hisse sur mon dos, très
rapidement, comme un sac à patates, et me met à courir vers le bas.
Le paysage s'éparpille autour de moi. A chaque seconde, je risque
d'exhaler mon dernier souffle. L'onde de son corps frappe sans
ménagement la rivière qui serpente au fond de la vallée ; au
contact de l'eau froide, elle réapparaît. Ouf, c'est déjà ça, si
ce n'est ce problème de paupières. Sa vue s'altère et elle n'aime
pas ça. Descendre vers l'aval, vers l'aval, vers l'aval.
- Un remède, un remède,
je veux trouver un remède. Y en a-t-il dans la grande cité
d'Oulan-Bator ?
- Je ne sais pas si je
tiendrais jusque là, mon amour. Mon état empire d'heure en heure,
je ne vais pas tenir encore longtemps.
- Que faire, alors ?
Je suis désespéré. Pourquoi mentir ? Le blanc de tes yeux
m'inquiète. Si tu meurs, je te suis, sans m'inquiéter de demain.
- Misères.
Au loin, un nuage de
poussière prend la rivière dans son panache, et remonte vers nos
deux héros. Une cohorte de cavaliers apparaît devant leurs yeux
ébaubis. Ce sont des mongols aux visages graves et aux moustaches
serpentantes. La richesse de leurs parures fait savoir qu'il ne
s'agit pas de n'importe qui, et qu'ils ne sont pas ici pour n'importe
quoi. Ils s'arrêtent devant eux, et le plus âgé parle :
- Nous venons chercher la
princesse. Mais qui êtes-vous, vous ?
Un soldat s'exclame :
- Je le reconnais, je le
reconnais ! Il y a cinquante ans, il est venu dans notre cité.
Il se disait voyageur.
Mon amie :
- Alors tu as déjà
voyagé ?
Moi :
- C'était pour te voir.
Le soldat continue :
- Il l'a prise, et
enlevée. Mon grand père l'a vu et l'a conté. Et c'est lui, c'est
lui, c'est bien lui, c'est le voyageur aux traits saillants qui a
enlevé à Oulan-Bator sa princesse.
Mon amie :
- Tu es un crétin,
soldat, avant encore, nous étions ensemble.
Le plus âgé parle :
- Ton infection oculaire
disparaîtra là-bas. Suis-nous. Nous te soignerons en chemin.
Nous nous fîmes quelques
signes, elle accepta.
Les soldats ne
m'autorisaient pas dans le cortège, je la suivais de loin.
Après quelques jours de
traverse, nous arrivâmes à la fière cité que j'avais ravi
plusieurs fois par le passé.
Après le couronnement de
la reine, elle disparut de la chambre royale pour se retrouver dans
la mienne, à l'autre bout du monde.
jeudi 16 août 2012
Le sacrifice de l’apparence. L.Vazquez.
Dans tes corps
vertes
Tu es si près de la mort
Et
C’est être race de l’homme.
C’est être dans.
Si.
Toujours.
Si.
Et si de.
Dans.
Et
Si.
Toujours.
Il tombait, comme toujours il
tombe
parce sans raison.
Chaque journée.
C’est être.
Si.
Et
Celui qui.
l’espèce.
Il tombait. Celui.
Qui corps.
Qui. Celui.
Invarié.
Qui se.
Livre.
Qui sale.
Sait.
Le, qui s’
élire
Corps
espèce.
Et
Celui qui.
Sans raison.
Large.
Et
Celui qui.
Se résout.
Consommé.
Celui qui
serait tout.
Celui qui
toujours.
De veille et de sommeil.
La veille et de sommeil.
La veille et le sommeil.
Et
De soi.
Déjà.
Sommet.
Tu
sais bien.
D’être.
l’Homme.
Qui
Tué.
Et
aujourd’hui.
Parce si.
Habitude.
Et
Parce sans raison et si vraiment large noire et profonde. Celui qui.
Parce sans
raison morceaux
morts qui jambes
qui voulaient toucher quelque chose en dehors même.
De soi. Comme
il tombe celui qui. Comme il. Tu sais bien
sans raison.
Et
Au début de toute expérience de l’humanité. sans raison.
Parce.
E Et
quelque chose.
Âpre de.
Fureur
corps.
Et
s’écroule.
Bouffie,
fatigué.
corps.
Et
Tu sais bien.
De parole
comme il, au fond.
Tous les jours.
Parce.
Corps.
Et
être de l’humanité.
corps.
Et
terre
Et
Jusque.
Et
Cette terre jusqu’à parole, c’est homme de race d’homme.
Cette terre jusqu’à
parole, c’est mammifère qui sait bien se tuer.
Tout à fait prêts à mourir. Nous sommes.
Et
Cette terre, qu’il retourne avec sa langue.
Qu’il amasse comme au fond ses organes.
Nous sommes tout à fait prêts à mourir.
Et
Cette terre, comme il a, c’est une homme cette volonté.
Cette terre, comme il mastication, c’est espèce.
Nous sommes tout à fait prêts à mourir.
Et
Cette terre, tu sais bien, tu sais bien que nous ne
l’avons jamais dite encore.
Sans raison, sans raison si
peu semblable.
Nous sommes tout à fait prêts à mourir.
Et
Cette terre à retourner avec la force petits muscles d’une langue.
Humaine, tu sais bien, qui sait bien mourir tue. Cette image.
Cette terre, tu le sais, qui sait bien,
cette image.
De cette terre dedans d’être humanité, il y a histoire d’un homme qui
veut mourir et qui cette terre, qui sait bien, cette image.
Nous sommes tout à fait prêts à mourir.
Et
Il y a un homme qui est un homme qui est un homme qui est.
Cette image
une tête
rouge.
À force. Sans raison.
Nous sommes tout à fait prêts à mourir.
Et
Cette tête, si peu,
cette tête, à force, tu sais bien.
Nous sommes tout à fait prêts à mourir.
Et
Si peu semblable aux routes, abris, soi.
Si peu semblable à la première feuille de l’arbre.
Si peu semblable à lui-même et depuis si longtemps.
Imaginée.
Inscription à :
Articles (Atom)



















