mercredi 11 janvier 2017

Synapses Attack ! =!-(

Synapses Attack ! =!-(

https://waveland.bandcamp.com/album/solaris



Quelque part en Afrique, dans la décharge d'Agbogbloshie, un message tourne en boucle sur le moniteur d'un ordinateur devenu paranoïaque.


« Ben pote regarde ce qu'il y a ce que l’Amérique à offert aux gens tu vois comment ce que l’Amérique à offert aux gens voilà et maintenant c’est devenu des obscènes des obscènes parmi les obscènes ils n'ont rien à foutre de leurs fils rien à foutre de leurs filles tu vois comment ils baisent ils mangent ils boivent voilà pote c’est la vérité »

L’ordinateur murmure le fil de sa pensée, un miroir-brisé. Un écran lumineux, une intelligence artificielle et enfermée dans un cocon de métal.

« Ils n’ont rien à foutre de leurs copains ils n’ont rien à foutre de leurs amis c’est la vérité pote regarde la preuve pote ils n’ont rien à foutre ils n’ont rien à foutre ils mettent des gens dans des situations voilà et après ils se demandent pourquoi ça leurs est arrivés à l'avance dans d'autres contextes pas que dans le contexte de la barbichette blanche ou le spectre lumineux ou l’histoire de la monnaie »

Charabia à sens unique. Métronome déréglé. Bug dans le système. Charivaris du sable contre le vent

« Tu vois comment pote c'est ça que je veux leurs faire comprendre ben pote regarde ce qu'il y a ce que l’Amérique c'est  des obscènes des obscènes parmi les obscènes »

Un écran noir et lumineux dans le délire d'une nuit d’été.

« Ils n'ont rien ils baisent ils mangent ils boivent voilà pote c’est la vérité ils n’ont rien à foutre de leurs copains »

L’écriture automatique défilait. Projetée sur un panneau signalétique, elle débitait un flow de mots-pixels comme les dernières paroles d'un homme condamné aux limbes d'un formatage automatique.
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« Ils mangent ils boivent voilà pote c’est la vérité ils n’ont rien à foutre de leurs copains ils n’ont rien à foutre de leurs amis c’est la vérité pote regarde la preuve pote le FN pas content pote bleu blanc rouge pote et badaboum bada… »

Sur le panneau rouille et lumière, il y avait cette avertissements, ces quelques mots :

Surveillance par BodyCam.
Loi du 30 décembre 03 après l'I.A.F. ( Intelligence Artificielle Forte )
Zone Police d'Agbogbloshie
100003 Agbogbloshie
Tel : 01 / 01 01 01 00

Des mots-avertissements aux accents oxydés.

« Viens près de maman, on va lire. » murmure une mère à son fils, dans le contrebat de la méga-décharge.

« Halte la ! » hurle un BodyCam face au miroir éclaté de sa chambre d’adolescent.

« Et la colle, tu l as snife aussi ? » rêve le voisin de l'ordinateur paranoïaque.

« Iloveyouiiiloveyou » nous dit Dieu.

« 1+1=3 » nous martel les Hommes.

« Demain, je reviendrais » rie le clown drôle-pas.

« Hier j'ai vu le président se faire shooter dans le dos » discutent 4 gosses dans le château « Azerty ». Château de claviers. Le cimetière de la langue des anciens, celle des premiers mammifères avec des jeans «  Levi’s ». « Sick Sad World » Gravé sur la surface striée de l’hémisphère gauche. « En direct de Bagdad, Mickey mouse pour DisneyChanel ». « La conséquence ou la cause, qu'importe ». « Humain, trop humain ». « Qu'est-ce que ça fout, combien ça coûte, le meilleur sinon rien. Etes-vous sur d’avoir la meilleur assurance ? Que deviendra cet héritage ? ». « Ce soir, sur AgbpgbloshieTv©, la rediffusion du 11 septembre en HD Audio et Visio Cam ».

Le BodyCam arrive par la face-nord de la décharge. L’ordinateur paranoïaque fait trop de bruits. Vote-populaire : mise à mort par rétrovirus. La leucémie dans le chargeur. Insuffisance médullaire, anémie, fièvre, septicémie, hémorragie, il y a assez de balles calibres-lymphocytes-B-en-mutation pour créer l'explosion d'une centaines de bombes atomiques dans les nervures sanguines de son organisme de fer. « La mort sera lente » pense-t-il derrière sa visière holographique. « la m-mort sera b-b-b-brutale » bégaye-t-il d une voix-erreur404. L'arme à feu est braquée dans le vide. Une simple danse mécanique. Ce besoin de bouger, faire quelque chose, qu’importe. Regarder devant lui. Rien, le vide, juste un minuscule rectangle de lumière bleue dans le ciel, sans lune, d’une nuit d’été. Un pas après l’autre. Flash ! Les flammes d’un feu a ciel ouvert. Celui du plastique de milliers de fils électriques brûlant à l’unisson. Le regard braqué sur le sol noir gorgé de plomb, d'arsenic et de cadmium. Ratures sur papier griffé d’un sol en damier. Un pas après l’autre. Case noire. La jambe droite. Case blanche. Deux pieds sur le sol foulé. Un simple jeu, la mécanique d’une habitude bien huilée.

 « I’m singin’ in the dust. Just singin’ in the dust » chante-t-il d’un sourire poussière d’ange avant de lever la tête vers un ciel sans lune. Un pas a gauche, les bras levés et les semelles claquant le sol noir toxique et blanc de plastique, « I’m laughing at clouds » chantonne-t-il en faisant tournoyer son arme autour de l’index. La visière holographique replacée au dessus de sa tête, à la manière d’un chapeau melon, le BodyCam lève la jambe droite avant de tourner sur lui-même et s’en retourner enfant de la nuit. « In the dust... In the dust... »

Du bas de la colline, le BodyCam pouvait entendre la chose parler à son reflet déformé.

« On peut dire t’es chez moi t’es chez toi tu vois je suis chez nous voila je peux dire je mange je bois tu vois comment mon argent ton argent l’argent des autres les gens ils peuvent dire il est fou elle est folle tu vois comment ça me plait ça me plait pas tu vois comment l’Amérique pense qu’on travail pour eux c’est ça que tu dois te mettre en tête ils croient qu’on travail pour eux ils croient que c’est leur argent que c’est de leur poche tu vois comment c’est pas des conneries ce que je dis crois moi pote crois moi » Supplie-t-il aux fantômes, l’écran baissé comme face à un torse de métal, de plastique et de chair fantasmée.

mardi 10 janvier 2017

prenssée q

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Tente de quitte la tête en kit de qui t'es. Quitte la tête de qui t'es. T'es vraiment très mauvais comme être humain. (Prends-le comme un compliment.) Tu m'as donné l'espoir, d'un jour peut-être, avoir de l'espoir. Tu as bien fait de partir : tu m'as manqué. On t'appelle tellement peu que tu crois que ton téléphone est cassé. 

Parfois on dirait que t'es vraiment comme un brouillon de personne, comme une sorte de répétition générale pour une autre existence.
Je sais pas encore écrire.
Je sais pas encore penser.
Je sais pas encore parler.
Je sais pas être une personne.
Je sais pas être moi.
Serais-je un prêtre ? Même ma mère m'appelle "Mon Père".
Je pars en vélo mais j'oublie de le prendre. (Au milieu de la rue, je pédale, mais je m'aperçois que je n'ai pas de vélo). Quand tu ne sais rien faire, chaque journée
est une aventure.
(Ce texte risque d'endommager votre ordinateur.)
(Elle note des phrases, secrètement, en espérant que je ne les entende pas.)
Être né c'est obligatoire pour ce métier. Sur ta pierre tombale, cette épitaphe : “Pfffiouh ! C'était compliqué !”

Toute réelle augmentation de savoir se paie dans sa chair. J'ai plein de problèmes et de force. Tout me paraît difficile. Sauf quand je suis dans l'action. Sortir avec toutes ces nanas qui sont à l'aube de leurs dysfonctionnements. Une thérapie par le vertige, une thérapie par l'oubli.
Je vois bien comment ça marche. Les gens meurent et il ne reste rien. À part quelques affaires dans la rue vite dispersées. On fait table rase. Et on monte dessus en hurlant. Un quart d'heure de quart de gloire et dix qui font cent. Il ne reste plus qu'à revendre les moments précieux.
Je fume des sabliers.
Chaque minute, je la sens.
Chaque minute se divise et redivise.
Chaque seconde est une goutte qu'est un pied qu'est un pas.
Chaque seconde se divise et se redivise, et se microdivise et se redivise puis se divise encore et se redivise en plein de petites secondes.
Cette seconde explose en plein de micro-secondes comme des gouttes d'eau sur le plus grand de tes organes sexuels : ta peau. Il pleut ! Ça veut dire qu'il va pleuvoir.

Quand une vie est placée sous le signe de vents contraires, elle doit développer plus de force, pour être à peu près au même endroit que les autres vies. Le jour où ces vents s'arrêtent, cette vie contrariée s'aperçoit qu'elle est du coup plus forte que la plupart des autres vies.

Lutter contre l'algorithme qui te fait voir toujours la même chose. 
Lutter contre l'algorithme qui te met toujours avec les mêmes gens.
Quand tu sors, tu comprends pourquoi tu ne sors pas. Tout t'apprend que tu connais déjà la réponse. Tes pas sont un verrou. Tes pas sont un nœud. Qui serre et serre. Parfois, des forces assemblées ensemble s'annulent les unes les autres. Ce soir, vous buvez pour oublier cette soirée. Quand il te parle, tu n'écoutes pas vraiment les mots qu'il dit, plutôt le ton de sa voix. Ses yeux sont des divisions lunaires. Son sourire est une lampe tordue. Le jour il tue, la nuit il bavarde. Tu essaies de prendre un peu de sa douleur, pour qu'il puisse survivre.



jeudi 5 janvier 2017

Sortie d' "Histoires Anéanties", mon dernier livre

Salut les potes,

Un mot - rapide - pour vous signaler la sortie d'Histoires Anéanties, mon dernier bouquin chez les Éditions Vermifuge, que vous pourrez commander en cliquant ici.

C'est un recueil de nouvelles que d'aucuns qualifieraient de très chouettos, et dont vous pourrez voir la couverture ainsi que la 4e de couverture ci-dessous.






















Cerise sur le gâteau ! Outre votre serviteur, on retrouve au fil des 110 pages du livre les mains de personnes exceptionnellement sympathiques et doué(e)s.
À savoir : Pauline Raguin (à la couverture), Le Tigre, Perrine Le Querrec, Mike Kasprzak, Gregory Puech, Lucien Suel, Olivier Noel, Serges Cassini, Guillaume Siaudeau et Perrin Langda !

Cette publication me fait bien plaisir parce que j'ai vraiment eu l'impression de réaliser un bon truc. La preuve : j'avais publié quelques histoires anéanties sur le blog Mut.

Alors voilà, n'hésitez pas à commander l'objet, à l'offrir, à le garder ou tout simplement à en parler autour de vous.

Sur le bulletin de souscription, il y a écrit que la souscription se terminait le 30 décembre. Mais comme elle a eu pas mal de succès, vous avez encore quelques jours pour commander votre bouquin issu du 1er tirage.

Bonne journée à tous !

mardi 3 janvier 2017

Quelque chose d'autre


Il faut qu'on s'en sorte
même si y a pas de porte.
Il faut qu'on s'en sorte
même si y a pas de porte.

Les portes, on va les dessiner.
Les portes, on va les creuser.
Les portes, on va les créer.
Les portes, on va les forer.
Les portes, on va faire des trous.
Les portes, on va faire des trous dans les murs.
Les portes, on va faire des trous dans le sol.
Les portes, on va faire des trous dans la tête.
On va faire des trous dans les trous.
On va faire des trous pour faire des portes.

Les portes on va les créer.
Les portes on va les percer.
Les portes on va les découper.
Les portes on va les exploser.
Les portes, on va les dynamiter.
Les portes, on va les forer.

Je suis
avec vous.

Vous êtes
avec moi.

Il faut que quelque chose d'autre l'emporte.
Il faut que quelque chose nous emporte.
Il faut que quelque chose d'autre nous emporte.

On sent l'air, on sent la vibration, on sent l'air, on sent la vibration.

Ça n'existe plus d'aller bien ou d'aller pas bien, ça n'existe plus ; ça n'existe pas d'aller bien ou de n'aller pas bien, ça n'existe pas.

Un truc qui tournoie, un truc qui pense pas. Un truc qui sent. Un truc qui vibre.

Il y a tant de merde. Mais il y a des petites chasses d'eau partout (elles sont remplies à ras bord), il faut les tirer, il faut juste trouver un moyen de les tirer, pour que toute la merde, elle parte, mais à l'envers, dans l'univers ! Très loin.


lundi 2 janvier 2017

ZAPPOLOGIE 2.0 / Vous avez vraiment l'intention de transmettre le message d'un fantôme ? (5)

(...)



20
> Je suis désolée de vous appeler aussi tard.
> Ravi de vous revoir.
> Où êtes-vous ?
> J’étais à l’hôpital à 8 heures.
> Comment allez-vous ?
> Je me suis senti très mal
> J’ai cru devenir fou
> Ca semble quand même quelque chose de normal…
> Mais comment vous le savez ?
> Ecoutez, voilà le genre de monde dans lequel nous vivons ;
> Alors je vous écoute
>Faut pas trop le dire mais c’est désormais officiel,
> dans le monde matériel, il faut changer,
> faire travailler ses sens à travers
> un défi pied au plancher…
> C’est totalement interdit
> On ne vous a pas mis au courant ?
> J’avais l’intime conviction que
> pointé sur ma tempe,
> vous veniez me tuer…
> Est-ce qu’on peut essayer d’oublier ça ?

> Tout de suite après, elle va remettre le scalpel à sa place
> Vous croyez que des individus nous suivent ?
> Sans être paranoïaque, on ne savait pas à quel accueil s’attendre.

 (...)

ParanoïdAndroïd


dimanche 1 janvier 2017