mardi 4 octobre 2016

POP CULTURE




« Le propre de la hype est de flasher, flasher la masse, flasher aussi l'élite - cercle vicieux - à travers les médias achetés par les annonceurs (les marchands de soupe ou de soda dégueu), flasher par un flux stroboscopique sur certaines productions dites "2merde" - "producfions" donc - afin de drainer la propagande au buzz de celles-ci sans souci de plonger par là, les autres artistes talentueux, iconoclastes (et parfois médiocres tout autant que certaines stars millionnaires subventionnées par l'argent du peuple) dans l’underground2merde, cet underground2merde oui car maudit qui sur-vit par du travail le plus souvent au black, misérablement doublé d'aides de la CAF issues du progrès social, toujours plus humiliantes quand il faut prouver que l'on ne vit pas avec un demi SMIC par mois à P.A.R.I.S. De ce fait crèvent desséchés (car la création mouille de recevoir un peu de buzz et se dessèche quand elle en est privée) tous les espoirs qui ne prennent pas leur source à ces producfions privilégiées des médias "hype-r-commercial" (x2). Ne peuvent plus profiter que leurs "suckers" (courtisans-approbateurs, faux amis hypocrites, journaleux ignorants-petits bourgeois sédentaires, producteurs achetés par les grosses entreprises dans ces open bars et autres fêtes du string). Le nombre des producfions bénéficiaires de ce buzz que dispensent la hype et ses suckers via les canaux de la culture branchouille - snob d'une autre décennie ou ignorante du siècle en cours : le siècle 2000 WTF - des vrais enjeux politiques,  esthétiques, est forcément restreint, cependant que les "actes artistiques" - de résistance éthique, de vie dissidente - sont légions, seraient légions, du moins, si la hype ne leur interdisait de recevoir aucun buzz ou couverture médiatique. C’est par où la hype, au contraire de ce qu’on croit, est restrictive, castratrice du champ couillu-mental de certains artistes, génératrice d'obscurité, de nuit (pas forcément Blanche pour certains...). Ce qui manque à la hype est le goût de la prolifération anonyme, innombrable. La hype est éprise de dénombrer - les tops - de mesurer - les notes - en approbations/désapprobations verbeuses ou en argument binaire (in/out) ; l’innombrable de l'underground qui quand il surgit, héroïque, la délocalise de son territoire de séduction et l’incommode ; ses efforts sont au contraire à restreindre en tous domaines les noms et les nombres // comptez sur ... les tentacules d'une pieuvre. La hype est essentiellement éliminatrice et par là, appauvrissante et extermine l'art dans la culture populaire car l'élite suit les héros du peuple : les artistes.»

Nobody after Jean Dubuffet Asphyxiante culture, Minuit, 1968, p. 15-16)

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