mardi 25 mars 2014

[Machine mutantiste Espaces libérés] Texte théorique


“Les mutantistes sont des réplicants, c'est-à-dire des humains découvrant qu'ils sont des robots. Ils veulent échapper à leur destin de réplicant et à l'uniformisation de la masse. Ils recherchent la liberté au sein d'une société de vendeurs, de publicitaires et de consommateurs.”
- Citation du manifeste mutantiste.
“Les graffitis apportent une certaine grâce aux métros si laids et aux monuments publiques si rigides - le Terrorisme Poétique peut également servir dans les endroits publiques : des poèmes gribouillés dans les toilettes des palais de justice, de petits fétiches abandonnés dans les parcs et les restaurants, des photocopies artistiques placées sous les essuie-glaces des pare-brise des voitures en stationnement, des Slogans écrits en Caractères Enormes collés sur les murs des cours de récréations ou des aires de jeux, des lettres anonymes postées au hasard ou à des destinataires sélectionnés (fraude postale), des émissions radio pirates, du ciment humide.“
- Hakim Bey

Constat
Les messages ont pris possessions de tous les espaces publiques et privés, dans une quasi totale acceptation et/ou résignation des individus. Il s’avère impossible de vivre sans être interpellé par un flux incessant de signaux, d’informations, d’interdictions et de publicités.
Objectif
Il n’est pas seulement question de passer ces messages sous silence ou de les substituer par de nouveaux messages tout aussi invasifs. Le but est de changer (spatio-)temporairement les règles, révolutionner sa propre réalité, transmuter les messages pour révéler l'indifférenciation entre messages publicitaires, politiques et informatifs. Des ces conditions, des messages poétiques, prophétiques, symboliques et oniriques venus d’une autre réalité pourront alors se manifester ; ouvrir de nouveaux espaces dans la ville et dans la conscience tout en cherchant, paradoxalement, à boucher chaque espace encore non occupé pour concurrencer les publicitaires, les marchands, les moralistes, jusqu’à l’absurde, jusqu’à ce que l’édifice bugue, se crashe et s’écroule sous son propre poids.
Les objectifs de cette machines montrent de nombreuses similitudes avec les développements de la machine “Bombes pop et boîtes noires” et en particulier le chapitre “Appendices explosion de conscience” ; avec des moyens d’actions différents et un terrain de jeu limité aux zones urbaines et péri-urbaines.
Dispositif et diffusion
Les plugins déjà développés ou en cours de développement sont un indicateur de la diversité des réponses possibles à cette machine abstraite.
Le champ d’action est grand ouvert, voici quelques pistes et contraintes pour la création de plugins :
  • Le terrain d’action est la ville au sens le plus large possible.
  • Les moyens d’actions seront avant tout graphiques/visuels (affiches, pancartes, peintures, collages, sculptures, installations…) mais aussi performatifs, sonores et olfactifs.
  • Le discours et les concepts développés inviteront à la mutation dans l’esprit du manifeste.
  • Chaque plugin fera l’objet d’un rapport photographique et éventuellement un descriptif théorique détaillant les conditions d’utilisation.

Rappel des objectifs
Les objectifs de cette machine pourraient être résumés ainsi : interventions dans le cadre urbain en vue de libérer les espaces informationnels et dérouter leurs usagers.
En soi l’idée n’est pas nouvelle (cf activistme anti-pub et streetart), mais ici l’action n’est pas politique, bien que cette machine interroge la notion de “polis” et de vie en commun. Nous proposons une recherche réclamant plus de subtilité et de sensibilité qu’un activisme revendicatif bas du front, c’est un projet de libération au sens large : provoquer un bug dans le quotidien des habitants, s’attaquer directement au public, en le bousculant dans son carcan de sujétions quotidiennes normalisées.
Cette intention passe par la création d’ouvertures sur d’autres mondes, des disruptions dans la normalité et des ambiguïtés de perceptions, à la fois dans le média et le message. Faire du beau ou de l’humour n’est pas incompatible avec le propos, mais ne suffira pas en soi. Dans cette optique, le créateur est invité à expérimenter ces ruptures avant tout sur lui-même afin de cheminer dans son processus de mutation personnel.
La question de la légalité de l’action
L’utilisateur de cette machine jugera en premier lieu de la pertinence de son action avant d’en considérer les aspects légaux, accessoires dans le cadre de notre action de libération. Dans tous les cas, le champ d’action restera toujours borderline avec les lois et les normes.
La question du rapport aux institutions
Les créations issues de cette machine ne doivent pas être exposables et ne doivent pas être récupérables par les galeries d’art et des institutions culturelles. Il n’est pas question de produire du streetart de salon à la chaîne. Cette restriction coupe court à toute marchandisation et mise sous tutelle administrative des créations issues de cette machine.
Le jeu est hors jeu
Du streetart hors des sentiers battus / du streetart non exposable / du streetart indépendant des manifestations labelisées “arts de rue”. Les productions sont mutantes, sans signature. La finalité ne réside pas tant dans la qualité plastique ou conceptuelle que dans la trace ou la mémoire d’une mutation, par le sentiment généré à la rencontre d’un espace libéré. On ne s’attaque pas à la réalité tant que l’on ne travaille pas directement dans les espaces de la réalité.
Plugin(s) déjà développé(s)

Quelques exemples de plugins en cours de développement :
  • Fragments d’incertitudes
  • Votre message ici
  • Itinéraire secondaire
  • Disruptions

Aucun commentaire:

Publier un commentaire