dimanche 11 août 2013

Chaos / KO



Chaos / KO
A Jean-Jacques Kupiec
L’organisme ne peut exister que dans et par sa relation à l’environnement qu’il intériorise dans son milieu intérieur.
              

Particularité Potentiel d’attraction  des ondes Partenariat assumé entre des éléments neutres ou positivants  Monde Permissivité tendance laxisme de la jurisprudence Ainsi en l’état   sa matière juridique absolue radicale opérante à vif  compresse un sujet de droit à l’éthique étroite Aléatoire effective  Portance maximale des propos relatifs à l’en-soi Tenue Maintien Equilibre portée Dispositif d’adéquation  Promesse de variabilité  dans  l’échéancier du commun convenu comme épisodique Par défaut prise en charge du connu  par telle  grille de lecture oblique du réel   Griffure Anesthésie Greffe Pontage Coma Relevé des cotes Réorientation des valeurs incidentées Processus endémique Ablation des sections les moins apparentes Sexus abitam Activité des leurres à la surface des eaux Ligne de flottaison Portance Situation Dérive Illusions Résonnance Perte d’identité Choix / Absence de Choix Partie / Partie adverse Sensation / Sensation d’échec / de manque /  Eloignemanque /  Résilience Culpabilité Garantie Une conversion des index indique que des éléments actifs – extérieurs au système – contribuent au développement du texte  Comment Pourquoi À quel degré Selon quelle loi ?
Latitude exonérée d’attributs Sexe bas Voyage Perte de connaissance Ni savoir Ni acquis A cru Passage à vide Montée en puissance Oubli Santé débordante  Oppressante des individus à l’échelle – Google Maps- du topos logos jusqu’à  l’os Leur facteur réductible à l’abscisse  reportés sur l’ordonnée constitutive du plan développe une harmonie postulant  que la relation au différent s’accompli en creux Forme fixe assiégée par le multiple  qui la réitère en abime Absolu psalmodié encore par les rituels du corps agité Agencement des productions sensuelles Prendre l’univers à revers Les protections usuelles  pour éviter  la contamination par la mélancolie  sont : Duplication Expansion Action Mouvement Retrait Jeu Stratégie Etalonnage Changement de paradigme L’architecture du sens est  démultipliée par  une vitesse fonction du  gain du couple hétérotextuel opérant  dans la matrice sémiotique  Synthèse des sentiments Amour  Infection In/Affection Désir Point de vue sur l’OPACITE Avatar ainsi réduit à son épisode syntaxique SEANT- QUE-FAIRE-DU-NEANT Le plus modeste modulateur commun échappe à la problématique des flux organiques –dit la femme -  Sa dialectique est arrêtée sur le schéma liminaire d’une transe textuelle itérative Elle évolue sur un axe – arbre de différenciation des structures – placé dans une sphère topique  Tel satellite cellulaire mâle permet de coder  les phéromones oscillatoires sur ladite courbe de matérialisation des ondes Partant d’un spasme réductible à sa valeur émotionnelle dans l’expérience il faudrait à un homme normalement constitué un   temps égal à sa masse infantile pour s’inscrire dans des valeurs acceptables et permettre durablement sa survie en mode adulte Géniteur Actrice Possibilité d’une apparition Surgeon Valeur Milieu Gène extractible de sa glaise initiale Les mêmes   Droides Capture
Lecture de l’irrésolu mouvant /  mutant / mourant Un volet  optionnel  réside dans la combinatoire de l’inclinaison et de la vitesse Soit une fiction projetant la  trame narrative sur un mur blanc une échelle des valeurs les plus attendues – caractère-  psychologie – durée – costume – trajectoire – éclairage – entre en relation avec une structure inédite née de  l’organisation de la pensée créatrice Une faille Aporie Néozome Excédent Le résidu d’un cheminement individuel de l’esprit Un repli sur soi Niche Nietch Refuge Trajectoire sans repentir Les phénomènes (rupture – danse – liaison pos- traumatique – rejet - ) sont à classifier dans « inadaptés à  la situation »  On ne peut pas TOUT expliquer MAIS on sait pourquoi La preuve de l’ignorance vaut elle pour un savoir ? Cet homme ne rencontrera personne pourtant la nuit trace son ombre et le nombre de ses pas Il apparait ainsi par jeu de la duplication de l’espace un autre facteur   admissible comme ouverture vers une continuité déréglementée où le hasard promeut des éléments / des événements / des masses astreintes à l’altérité fonction d’une attente qui n’est servie par aucune prévisibilité grandement ouvertes sur une impatience qui la dévore Chiffres entrés en action par leur inconnue révélée / collusifs ou perte de valeur d’un axiome par soumission à des forces révolues / inaptes voir inopérantes Index Clades Arbres Cartes Classifications Codex Bulletin Taxon Recensements Rétrocessions Valences Propension Minerai de texte Brouillard périphérique Référencement Embolie
Strates Parler-Par- les-mots Nous émettons Nous mettons en émoi des particules érogènes qui qualifient des mouvements  dans la danse stellaire Pulsar Ebullition Dôme Erection Vulcanolgie Appréciation ambivalente Flexibilité des modèles Apparitions Effacements Par l’esprit nous pouvons accéder à une dématérialisation des organes reproducteurs  Accepter l’amour comme liant les êtres   alors que sa négation n’ altère en rien  la survie de l’espèce - voir   contrainte à la libre circulation  des caractères dans le génome Une charte préconisant les différentes dispositions morales compatibles avec la qualité des individus  selon leur sexe indiquera les évolutions susceptibles d’opérer un renouvellement du genre homo darwinus  Il revient au législateur de spécifier les termes du contrat qui liera les éléments reproducteurs dans  l’aire spécifiée afin que les présentes décisions  ne soit versées au compte de spéculations hasardeuses Commentaires Ajouts Interprétations  Gloses sont recevables sauf  à méconnaitre l’esprit du texte Pour tout ou partie de celui-ci les extraits seront dûment  récolés à l’original  Les commentaires seront distingués par  leur effet inductif sur l’énoncé principal Toutefois le cadre qui régit l’expérimentation
est mobile La rigidité du concept est à mettre en phase avec l’absence de normes originelles Une  seule question Un seul état Un seul champ Un seul être aux multiples paraîtres  En quoi rien est-il le support de quelque-chose si l’on suppose que rien s’impose à nous comme une forme prescrite dans l’opérateur qui la conçoit   Thèse jointe à la théorie impartiale du monde partiel Kant Lupasco Saint Augustin Bayern de Munich Les gestes simulent des restes / des  attitudes /  des choix / des possibilités narratives indexées sur le champ des similitudes Dante Gatti Lors des rapport  consentis - le viol la pénétration par dol   ou l’absence de volonté dûment qualifiée sont traités en exergues - l’intentionnalité n’est pas  prescrite comme antérieure à la formation des mots donc les phénomènes physiques agissent en marge des équations linguistiques Une rigueur est à la tache qui est  en peine de résultats Passer du verbe à l’action demande des moyens illimités qui dépassent la vertu des nombres Comptabilité paralytique Le passage au crible des notions les plus admises confère aux résultats une ambivalence quant à son exploitation en terme d’objet J’anticipe  la naissance  de l’autre par la solitude qu’il m’impose Chacun/e  est une création du désir En vivant je tente de  répondre à une question qu’on ne m’a pas posé Toi non plus tu n’est pas sain  et sot Tu sais
 Le Savoir alimente le champ de l’ignorance   Economie parallèle du doute Mafia Milieu Rituel - Savoir est une défense Ne pas savoir est une fuite Apprendre : n’ est-ce  que par  le chaos ? La force de l’étant est d’étendre sa fiction a un degré d’irréalité tel que nous en concevons la perte à chaque instant  La peur L’anxiété La névrose L’amour  La violence L’attente La résistance Les émotions L’amour L’identité La solitude Le rire aigu franc presque un cri L’amour  La culpabilité L’échec Le manque L’amour L’histoire de l’enfant qui se réveille la nuit  dans la maison  Le bruit Plusieurs voix en même temps La radio La route Les phares En de ça de sa présence le réel gonfle un ballon d’hypothèses L’ascension par niveau procède  d’ identités intermédiaires qui prévalent sur les formes fixes Peu à peu la norme  associe  l’anormalité La mutation s’impose  comme fin en soi Par quelle évidence (le réel est simple) est agie la complexité et pourquoi    comment défaire les liens Restaurer les similitudes Lever des images mentales Reproduire les phénomènes Paraître  Associer Appairer Unir La cause en est à la respiration interne  du vivant qui sert de mesure à notre ignorance On ne sait rien On ne voit rien On ne sent rien pour autant que devant nous le réel se branle  Agir Tout n’est qu’apparence par avance écrite sous forme de facteurs révocables à volonté ayant pour seul constante l’incidence d’un espace indéterminé balayé par les méta-stars d’ étoiles éteintes Atomes atterrés Cellules scellées Protons prostrés Orbite habitée Pharmacopée astrale impropre à prédire   le sens des formes  car soumise à l’équation préliminaire de son intelligibilité Aucune connaissance n’est connaissance de soi mais d’un monde en soi et l’ignorance du monde n’est que le produit de la méconnaissance de soi Il n’y a d’autres mondes qu’en vertu d’un alignement sur soi La distance d’un astre  à l’autre a peu  d’intérêt car cette distance n’est réductible qu’a sa partie mesurable en dépit de l’impact relatif à la nature même de l’astre dont on pressent l’effet par interrogation sur le manque à signifier autre chose  que ses modalités physiques objectivées dans une mise en équation irréductible  issue d’un système extérieur  comme de réduire un être à l’oppression d’une existence létale  Mantes-la-jolie 1995 ne permet pas d’élever le corps à l’exigence d’une norme honorable  ni  qu’une expertise de l’homme en tant qu’ « étant »  facilite l’accès à la permanence de l’être autrement que par l’abandon des postulats mêmes qui conduisent à l’en éloigner Tournant Variable Sonde Distribution des hypothèses Langue étrangère Production de modes de façons de cassures de lignages d’effets d’affects  Hors mathématique rien n’est égal car le réel ce n’est pas ce qu’on  dit  ni ce qu’il se dit de lui Le réel ça pleut de chemins / de voies déviées / de  traverses / de comblements / de voutes  / de  lignes de fuite / d’extase / de réticences / de permission d’exister d’impermanence  à cesser  /  d’excès par accès /
de cessation d’abandon / depuis toujours infondées infidèles impitoyables  / de plaie en plaisir / que  ça agace cet agencement des choses ça é/innerve le monde Abuse de l’être Use les lèvres à causer la langue du sens des sans parler / des ça va sans dire / des  espacés/  des rescapés  / des seuls avec du sens dedans multiples / LA POESIE EST EN DESSOUS DE TOUT / ceux qu’on le sensitif   extensif  exhaustif   maladif palliatif / Signalement  Empreintes / Fichiers / Biopsie / on sait aujourd’hui que le vivant s’apparente à une forme de délinquance ontologique Spinoza  
Althusser  Etude du taux de reproduction des populations exposées à l’amour physique  Les groupes fécondés libèrent des humeurs translucides Le programme prévoit une interpénétration  par voix naturelles Quelques pratiques abusives subsistent Particulièrement improductives  Les sujets semblent conscients pendant l’acte Crispation Elévation de la température Ventilation  Relâchement Abandon   Juxtaposition des corps Volet relationnel ouvert Communication Un échantillon des textes est tenu à disposition des veilleurs « Terminus. Wagon. Tampon.  Cheminée. Event. Elle souffle ! Baleine. Harpon. Jet. Sang. J’ai. Ventre à terre. Retournée. J’ai chaud. Sortir. » 
De près De loin aucune éthique ne discerne le bien du mal du nécessaire de  l’accidentel de  l’absolu de l’anecdotique étant donné que rien ne désigne les tertres langagiers qui fluctuent sous la banalité des phrases Bubons Renflements Cartilage  Broches Fracture ouverte Segmentation Protubérance Approche cognitive Cartographie Repères Signaux Amers Station
Station debout Défenseur détenteur de l’hominidé Probabilité Caractère non déterminant  Prélèvements Coexistence des aptitudes males et femelles Ambivalence Réciprocité Absence  d’identification Norme en attente de qualification Postulats divergents sur la notion de sexe Emission de flux contradictoires Espèce en voie d’espacement dans la lignée Taxons toxiques Rapports  vécu  sous forme d’abstinence dolosive Frustration Vacuité   Névrose Aucun repère Il capte au hasard des incidences / des occurrences / des tropismes / Partenaires sans affectation précise / Vacants / Agents séquencés par la souffrance / embryons séquestrés dans le génome /  survenir /   déplacements / contrôle / recherche un insecte incestueux … un insecte … un insecte … un insecte … un insecte …


Chaos est un poème. Chaos est un  phénomène de phonème. Chaos peut s’écrire KO mais se dit toujours chaos. Chaos ne s’arrête pas, ne demande pas, ne prévient pas quand il change de direction. Chaos est oppressant et oppressif. Chaos n’est pas une solution. Chaos est un repère, une signalisation, une balise,  un marqueur. Chaos n’est pas fini.

Panneaux (20)


samedi 10 août 2013

[1.2 – alpha-test] Pour un déclin du mot « roman »

Introduction

Vient un moment où certains mots ne semblent plus correspondre aux choses qu'ils désignent. C'est d'abord une impression, un mouvement instinctif, avant d'être un mouvement intellectuel, articulé.
C'est, pour moi, le cas de l'usage du mot « roman ». Ce dernier, apposé aux travaux les plus divers, semble aujourd'hui être vidé de sens. Sinon celui d'une logique de vente (rassurer le lecteur sur le potentiel de distraction de l'écrit en question), qui est certes une logique puissante et que l'on aurait tort de négliger (celle de l'argent), mais ce n'est pas une logique liée à la réalité des écrits.
Je pourrais, comme tout le monde, m'en satisfaire, m'en foutre, m'arranger avec cela comme d'un pis-aller.
Mais je trouverais plus juste 1/ de ne pas utiliser ce mot ; 2/ sinon de ne l'utiliser qu'en certains cas précis ; 3/ de créer et utiliser d'autres mots. Cela s'origine dans une recherche, celle de ne pas être pris dans le langage et la culture comme de simples passagers qui ne questionnent rien. 
La littérature devrait être l'école de la liberté, sa pratique (ce qui fait qu'elle ne peut être dans une position confortable, elle doit toujours être lutte, échappement, recherche, questionnement, doute, remise en question, pied de nez, déplacement), or elle est constamment menacée par l'académisme et le conformisme social.
Pour moi, la lecture, l'écriture, les livres, les textes, furent une école de la liberté, de la compréhension du monde, un lieu de partage des cerveaux et sensations entre corps isolés dans l'espace et le temps, permettant de ne pas être complètement prisonnier de ses origines et déterminismes.
La littérature est une école de la liberté, une ouverture à l'autonomie de pensée, un mode de connaissance, et je suis sensible aux mots qui emprisonnent, ou détournent de, ou faussent, ce à quoi ils sont censés référer.



Constat : omniprésence

On constate un choix (des éditeurs, auteurs, ensuite repris (vectorisés) par les journalistes, les bibliothécaires, les professeurs, les lecteurs...) : apposer, sur les couvertures, pour des raisons extérieures à la littérature, le mot « roman » à tout et n'importe quoi. 
Il s'agit d'une véritable épidémie. Le mot roman est un mème qui a réussi. En littérature, il sert de mot-valise, alibi, talisman, placebo. C'est un mot que tout le monde fait rouler dans sa bouche par imitation et pour avoir un impact social.
Remplaçons le mot « roman » par « bouloutch » :
- je suis en train d'écrire mon dernier bouloutch
- alors dans votre bouloutch
- la théorie du bouloutch
- le nouveau bouloutch
- devenirs du bouloutch
- le bouloutch en question 
Etc. 
On se demande si le signifié du mot « romancier » n'est pas essentiellement un « homme bourgeois en chemise et veste posant assis à la terrasse d'un café de centre-ville ».



Hypothèse 1 (version officielle) : le roman est un genre vaste, immense, protéiforme, indéfinissable et insaisissable.

Il y a une théorie, une supposition : celle que le roman serait un vaste genre protéiforme, une forme blobesque illimitée qui engloberait, absorberait, intégrerait, amalgamerait tout.
Le roman, « catégorie littéraire la plus vaste et la plus indifférenciée au point de vue du marché du livre », est une forme, un genre, qui ne peut être défini. Il tolère en son sein toutes les formes possibles, tous les discours, ignore ses propres frontières : il n'a pas de dehors.
Cet ensemble disparate résiste aux propositions synthétiques : hyperplastique, polymorphe, transformiste, omnivore, de tout pour peu que cela raconte quelque chose, c'est de tous les genres le plus flexible, le plus changeant, multiforme (il a pu prendre pour principe sa négation même, ou l'aberration volontaire de ses codes). « Le propre du grand roman moderne a été de se vouloir un genre total absorbant en lui tous les autres. » Il n'est le lieu d'aucune spécificité : aucun langage, aucun registre, aucun objet, aucune poétique ne le qualifient, n'en sont le propre. Mais tout est lui.

"spirit" de g.cl4renko


Hypothèse 2 (version mutantiste) : le roman n'existe pas.

Mais alors, si le « roman » est sans contrainte, si l'on peut tout y mettre, tous les contenus... pourquoi garder ce mot ? Comment quelque chose qui est sans contrainte peut être opératoire ? Si c'est opératoire, c'est qu'il y a de la contrainte, ou au moins un cadre, des règles. Si c'est la liberté totale, il est alors bizarre de garder ce mot « roman », d'y tenir.

On en vient parfois à cet étrange argument tautologique : le roman est parce que le mot roman est. Le roman est parce que le roman est. - Un roman ? C'est un roman. 
Cet « argument », assené comme une évidence indémontrable, est le signe et le vecteur d'un dressage par les mots.

Nous concluons plutôt ceci : le roman ne peut être défini, car il n'existe pas.

Le mot « roman » n'est pas opératoire pour définir, rendre compte d'une partie de la littérature placée sous cette appellation.

« Roman » est un mot-valise que l'on agite et appose à des formes diverses et qui n'ont guère en commun.
A certaines époques il a pu signifier quelque chose de précis. Ce temps-là n'est plus. Cette appellation a des justifications historique et économique mais n'a pas aujourd'hui d'existence formelle objective.

Le terme de roman devrait être remplacé par celui de livre ou de texte (à la rigueur : littérature).

Tenter de définir le roman relève de la théologie ; cela revient à discuter du sexe des anges.
Il suffit de lire les ouvrages qui lui sont consacrés. Des milliers de pages et pas une seule définition claire.

Balayons certains arguments : le multifocal, la polyphonie et le rapport au « réel » ne sont pas une spécificité du « roman ». Le théâtre, la poésie, le document, l'essai, peuvent tout autant avoir ces caractéristiques. 
Tout mettre sous le nom de roman est juste une vieille habitude.

Cette appellation est principalement un argument de vente. Sur les couvertures, la mention générique « roman » est une simple convention éditoriale et commerciale.
L'usage de ce mot apparaît souvent comme absurde, tournant à vide (vidé de sens). La standardisation de cette appellation laisse perplexe ou semble peu pertinente.

Le roman a certes une existence historique, mais n'est pas une forme pouvant être aujourd'hui définie selon une série de critères objectifs : un flux de conscience, des jeux sur le langage, une description de 100 pages sans personnage, des collages/montages de documents, tout cela est allègrement mis sous la même bannière « roman ».
La phrase du roman n'est pas différente dans ses caractéristiques de certains vers. La phrase du roman n'est pas différente en intensité de la phrase de la poésie. Et inversement. La poésie fictionne, explore, utilise toutes sortes de voix et voies.
Un certain « roman » recourt à ce que le poème traditionnellement mobilise (fragmentation, art de la coupe et du montage, souci du mètre, spatialisation du texte, surdétermination typographique, etc.), tandis qu'inversement le « poème » ne rechigne ni à la prose -chose entendue par lui depuis longtemps- ni à la narration, ni même à la construction d'intrigue.
De scénario à récit à poésie, à conte à théâtre à pensée, à essai à article à roman, à biographie à historiographie à document... : mélanges, alchimies. Des romans sont des poèmes, des essais sont des écrits mystiques, des articles de critique rock sont des épopées. Avec le « Nouveau Roman », il y eut abandon de l'intrigue, du personnage, de la psychologie, de l'omniscience. Il arrive que le texte entier d'un « roman » ne soit plus que langue et rythme, ou document, ou description, créant un rapport « désintrigué » (sans intrigue) au temps et au sens.

Le fait de déclarer aujourd'hui que le roman est en perpétuelle évolution et renaissance, indéfinissable, cannibale et multiforme, plutôt que de simplement constater qu'il n'existe objectivement pas, et que la réalité devrait être découpée autrement, témoigne d'une difficulté (peur, méfiance) des gens à penser hors des catégories qui leur sont données, à penser out of the box (hors de la boîte, hors des cases) pour reprendre l'expression anglaise.

Aujourd'hui, le roman est : 
- un concept éditorial (un mot que l'on met sur des couvertures) ;
- une fiction sociale (il y aurait quelque chose que l'on appelle le "roman"). 
Dans la réalité, il y a des textes, avec des compositions, des structures différentes, et si l'on voulait les classer, il faudrait inventer, utiliser, des genres et des catégories différentes de celles existantes.

La littérature a craqué de partout, tout est mélangé, recomposé.
Ce n'est pas le roman, ou la poésie, qui absorberait l'autre, ou les autres genres ; c'est l'ensemble de la littérature qui a peu à peu pris ses aises, découvert sa liberté, et comme des peaux mortes les catégories qui lui étaient apposées (qui la vêtaient) sont tombées.

"protoforme" de g.cl4renko


Croisée des chemins

Après le design/graphisme du support/objet (forme, couverture, format, tranche, 4e de couv, couleur, image, photo, épaisseur, papier, disposition, maquette, type d'écran/affichage...), le genre est le premier échange implicite entre le texte et le lecteur.
Sur les couvertures des livres, le mot « roman » m'emmerde.
Je propose donc de changer de paradigme et de changer les mots (les appellations) pour décrire les travaux littéraires.

Si les études herméneutiques (herméneutique = art de la lecture/explication/interprétation des textes) concluent que les distinctions roman/poésie ne sont pas valides, alors il faut appliquer ces conclusions et arrêter d'utiliser ces distinctions dans l'édition, la bibliothèque, la librairie, etc., car ces catégorisations faussent et limitent la perception des œuvres, et la production d'œuvres libérées de ces délimitations artificielles.

Passé d'erreur-errance sympathique à rouleau compresseur aveugle, le mot « roman », en français, n'a pas à se coller à toute chose écrite sous prétexte qu'elle comporte des éléments narratifs. 
Le champ littéraire a évolué et il ne faut pas l'enfermer dans des mots anciens et mal adaptés (des mèmes triomphants mais vidés de sens).
Le mieux à mon avis (les deux solutions me conviennent et ne sont pas incompatibles) : 
1/ soit on évite de nommer un texte de création par un genre et on garde simplement la catégorie « texte » (ou « littérature ») (= table rase) ;
2/ soit on crée des nouveaux mots, genres, catégories, on redécoupe le langage pour l'enrichir (et du coup enrichir toute la réalité, puisque le langage structure notre vision du monde), y créer de nouveaux plis. (= reconstruction)

Dans le vocabulaire existant sur le sujet, seuls les mots "texte" ou "livre" signifient quelque chose 
C'est à partir de la restriction à ces mots qu'il est à nouveau possible, dans un second temps, de définir des formes et des genres.
C'est le parti pris mutantiste, qui propose la table rase des genres existants, et une reconstruction à partir de cette table rase. 
Cet acte tire conséquence de la littérature des siècles passés.



Restriction du terme

Est-il souhaitable que l'infini de la créativité soit toujours mis sous la même bannière d'un seul mot ? Nous pourrions avoir 1000 mots à la place de ce que l'on nomme « roman ».

A défaut de pouvoir détruire immédiatement ce mot (ce qui me semble bien plus simple et souhaitable, destruction que j'ai appliquée dans mon cas personnel, tant en tant qu'auteur qu'éditeur), mais pour atteindre cet objectif ultérieurement, on peut stratégiquement le réduire à son cliché et éviter, refuser de l'utiliser pour d'autres textes plus inventifs ou simplement différants.

A défaut de pouvoir se débarrasser immédiatement et totalement de ce mot (son ancrage social étant trop fort pour cela), nous proposons de circonscrire le mot « roman » à une définition stricte, et laisser les textes qui ne veulent pas être appelés « roman », les laisser libres de toute définition générique, ou créer des mots et termes et genres supplémentaires pour les formes infinies que prend l'esprit humain sous forme d'écriture.

Nous pouvons resserrer le sens du mot, réduire cette appellation standardisée à sa forme la plus standardisée et schématique.
Cette catégorie textuelle correspond alors à ce que l'on pourrait appeler l'industrie de la fiction, ou la fiction industrielle, ou encore la littérature de compétition commerciale. 
Sa définition est une narration, disons de plus de 80 pages, organisée de façon claire et distrayante en chapitres mettant en scène des actions et personnages (intrigues, événements, psychologie, histoires...), construite avec un début et une fin.

Cette catégorie textuelle est un peu le spectre de ce que fut le roman triomphant au XIXe siècle.
Nous serions tentés de dire que, d'un point de vue « plaisir de consommation de fiction » / « shoots fictionnels », aujourd'hui les séries télévisées, les films, les mangas et les jeux vidéos racontent de meilleures histoires que ne le font les livres, et ils le font mieux : l'ignorer, c'est se condamner, comme nombre de romans contemporains, à ne produire que des décalques de films ou de sitcoms, des synopsis.

Il ne s'agit pas ici de nier le plaisir et l'intérêt de la fiction industrielle, mais de rappeler que cette forme dominante circonscrit en fait un tout petit champ en regard de l'étendue du possible, de l'imaginaire, de l'immensité sans limite des galaxies écrites.

"mutagène" de g.cl4renko


Vers la machine [réinitialisation/exploration/reconstruction]

Si l'on enlève la fiction à la littérature (le malentendu est tel que certains ne voient la littérature que comme un réservoir à scénarios), il est intéressant de voir ce qu'il en reste : la spécificité littéraire, l'écriture, sismographie et boîte noire de la conscience humaine.

L'écriture est un instrument de recherche, un moyen d'investigation de l'esprit, de l'homme. Les textes n'ont pas de limites, ils sont à la fois philosophie, épopée, psychologie, histoire...

La littérature peut être considérée comme un outil neurobiologique et éthologique de témoignage de conscience et système nerveux des grands singes, une notation, un relevé sismique d'intensités (hautes, basses, médiums...), prenant toutes sortes de formes (et non pas trois ou quatre).

Nous tenons avec la littérature l'occasion de formuler des hypothèses divergentes, de faire des expériences, d'éprouver de nouvelles façons d'être.

Dans tous les domaines de la création, des expérimentations effacent délibérément les repères, transgressent les codes, inventent des modes hybrides d'effectuation, rénovent et amplifient leur efficace.

Beaucoup de textes tendent aujourd'hui à des formes plus proches de ce que l'art contemporain appelle installation, c'est-à-dire une juxtaposition d'éléments entre lesquels on puisse circuler, un texte préparé comme le sont les pianos, bref, une machine.

Tout comme la poésie classique a créé les rondeaux, les sonnets, les fables ou la poésie en prose, l'écriture d'aujourd'hui peut créer des formes et des formats. 
Cette réinitialisation dans le champ littéraire est un schéma qui peut être appliqué à d'autres champs, en particulier le champ politique, et le champ religieux.
Les catégories actuelles n'y ont plus de signifiance.
Tout doit y être repensé, réorganisé, reconstruit.
Au lieu de reprendre des formes socialement répandues, mais en réalité périmées, j'encourage chaque écrivant à développer, créer, ses propres formats et formes.

***

- Chérie, c'est quoi une "machine mutantiste" ?


- Ce sont des outils créant des formes qui créent de nouveaux genres et catégories, mon amour.

Tant de choses sont à renommer et repenser aujourd'hui... Les mots des siècles passés ne nous sont pas d'une très grande aide ! 



Conclusion 

- Mais, Monsieur Mutantiste, pourquoi est-ce tellement important pour vous cette histoire de roman ou pas roman ? On s'en fout non ? Il y a des choses plus importantes dans la vie !
- Ce n'est certes pas le seul usage de mot que je critiquerais. Il se trouve que, dans la culture française, il est exemplaire et révélateur d'une frénésie de conformisme s'emparant de formes initialement anticonformistes. 
L'usage de ce mot me semble révéler une acceptation sans questionnement du monde tel qu'on nous le donne à la télévision, à l'école, l'université, à la radio, dans les journaux, dans l'édition, sur internet, dans les bibliothèques et dans tous les relais de la culture : un dressage par les mots.
L'usage des mots révèle notre pensée, et constitue un positionnement. On peut se contenter de reprendre le monde des autres. On peut tenter de le modifier et/ou de l'enrichir.

Un jeune homme ulcéré m'a dit un jour : « mais tout ça on le sait déjà ! » (il évoquait ma critique des catégories littéraires constituées) mais après m'avoir déclaré cela, j'ai constaté qu'il continuait de plus belle, au quotidien, dans ses actes, ses paroles, ses créations, à évoluer dans cette distinction poésie, roman, essai, etc. Conclusion : il ne suffit pas de « savoir » quelque chose, il faut l'appliquer dans les actes, les pensées et le langage.

Je suis persuadé si 1/ aucun genre (solution 1), ou 2/ une multitude de genres différents (solution 2) étaient indiqués sur les couvertures et circulaient dans les bouches, cela bougerait peu à peu quelque chose, tant dans la position et l'attente des lecteurs que dans le mental et la production de ceux qui écrivent. 

Panneaux (19)


vendredi 9 août 2013

LES ORTOLANS (MASSACRE SONORE DES INNOCENTS)

LES ORTOLANS "Petite chanson gastronomique sur la grande humanité..." Où sont passés les Ortolans ? Ces petits oiseaux Qu'on aimait tant Voir s'envoler Tout'eureux Nous Captivés Par tant de Beauté Vers des pays lointains Insoupçonnés De nos voisins Les indiens Où sont passés ces petits oiseaux ? Les Ortolans qu'on aimait tant Voir s'envoler Tout'eureux Nous Captivés Par tant de beauté Vers des pays lointains Insoupçonnés De nos voisins Les Indiens Les Ortolans qu'on aimait tant Ils ont fini par être capturés dans nos filets Puis gavés-marinés dans du Grand Marnier® Ces petits oiseaux Les Ortolans qu'on aimait tant Ils ont fini tout simplement DANS NOS BOUCHES Les Ortolans ces petits oiseaux ont fini Devant les caméras de la télé Les socialos et les gauchos Ils ont savouré Le grand sucker d'ortolans qu'on aimait tant S'est envolé.

Panneaux (18)


mercredi 7 août 2013

mardi 6 août 2013

Panneaux (15)


Témoignage de la fin du monde #8 - L'élu involontaire



Témoignage de la fin du monde #8 - L'élu involontaire

Reçu un courrier. Une lettre.
Une vraie lettre. Pas un email.
Et - je suis reçu au programme.
Elu : le terme exact.
Les membres du programme en ont décidé ainsi après une longue nuit de délibération.
Seule autre information : prié de me rendre dans un lieu bien précis, à une date bien précise et à une heure bien précise.

Sont tous présents, cercle autour d’une table d’émeraude.
A ma grande surprise, ils m’attendent sans empressement. Sans presque aucune considération. Le temps n’est pas encore venu,
de déchiffrer la source.

La résolution de l’équation se révèle d’une facilité déconcertante.
Ouvre de nombreuses portes, voiles se soulèvent, voilent se succèdent, craignant de les déchirer, de me fendre par inadvertance et m’ouvre juste à temps pour le cérémonial.
Je se suis livre, suis lumière, suis ouvert.
Le cercle déchiffre quelques archaïques vérités à nouveau découvertes.

Reposés en paix - tous reprennent leurs chemins.


[txt Yuri Kane img Doubles V]

"Vokal_02" Mathias Richard (20 juillet 2013, Marseille) - quelques autres images















Mathias Richard @ Asile 404 (Marseille)
Première (sauf radio) de la lecture-performance "Vokal_02"
Soirée "Into the Krash"
Samedi 20 juillet 2013

Sélection images (capture d'images sur vidéo) : Claire Cailliez

lundi 5 août 2013

dimanche 4 août 2013

samedi 3 août 2013

MUTANT HOBO CODE 5

Fraktur, Hobo Code, langue française


     Le code Hobo était utilisé par les travailleurs pauvres des USA, qui, à partir de 1920 participèrent à établir les voies ferrées.
     Nomades, vivant le long des voies, dormant dans les wagons,  ils utilisaient ce code pour se donner des indications telles que : eau potable, maison vide, chien méchant etc ... lorsqu'ils devaient chercher ailleurs leur abri. Ils le traçaient à la craie ou au charbon.
     Ce code, ou ses variantes, existe toujours chez les nomades européens et chez les voleurs, qui s'en servent pour marquer les maisons qu'ils souhaitent "visiter".
     Photocopié, ce code se transmet dans les villes de la main à la main par les habitants, qui tentent de décrypter ces hiéroglyphes modernes. 
     Plus récemment, ce code a évolué, il sert par exemple à indiquer les zones de wifii libre aux nouveaux travailleurs pauvres : ceux d'internet ! 
      Le Hobo Code existe à présent  sous forme de flash code : 




Et aux USA il est utilisé par les enfants lors d' Halloween : c'est le candy code ... 

(gum)

(toys or stickers)



Archilux / 2013

MUTANT HOBO CODE 04

MUTANT HOBO CODE 04

O? DOT?


Panneaux (12)


vendredi 2 août 2013

mercredi 31 juillet 2013

mardi 30 juillet 2013