samedi 22 septembre 2012

Mon père tremble et meurt, comme la saison qui voit sa fin, comme la saison qui
n'en peut plus.
Mon père tremble et meurt. Ses chats tremblent et meurent, l'or tombe dans leurs yeux, à peine ont-ils vécus. Et il les jalouse, il devient fou d'avoir peur, tout le temps, alors que le vent emporte tout dans son regard.

Aussi dois-je m'éloigner et suivre la bourrasque. Il y en avait une, elle s'appelait Suzanne et dirigeait mon père et son château, dans les bourbiers d'Ecosse, dans la tempête.
Ils avaient tout acquis en avril 1850, alors que leur amour déberluait, alors que leur amour nous mangeait tous.
Daphné, la premier née, fit les frais d'une ruine soudaine. On donnait son coeur pour trois sous, dans les cafés, à l'heure des femmes. Daphné, on donnait sa peau, pour trois sous, à l'heure des commis. Pour leur maîtres, ils s'arrachaient la douce, et ne la lâchait plus.
Daphné grandit, de sa peau ne suintait que son sang. Pour la voir, il fallait prendre rendez-vous au château. Suzanne prenait notes.
Suzanne faisait tourner son jupon toute la journée dans le château, en en prenant bien note. Elle a les dents qui se gondolent, Suzanne, et quand elle sourit, elle se prend pour une déesse. Rien à faire. Pour elle, elle n'écrit rien. Toute la journée, ses cheveux de jais lui sourit, et elle leur parle à son tour.
Henri est au grenier.
Henri, sort de là, le grenier est un lieu ou on range des affaires. Henri, sueurs, balaie la poussière. Il y a plein de vieux sommiers, de ressorts, qui, jadis, leur appartenait. Maintenant Suzanne n'en veut plus, elle les a fait tombés par terre, pendant que lui montait. Et ils ne sont jamais revenus.
Quelle joueuse cette Suzanne.
Pourquoi Daphné ?
L'homme  ne répond pas. Si ! Si, il hausse les épaules, se couche sur le flanc ; et ses jambes, et son cou, n'ont plus rien de vivant. Je renverse le lit, et le fait dévorer par ses chats, lui, l'empâté.

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