mercredi 22 avril 2015

MAINTENANT! (duo Mathias Richard - Antoine Herran)

Antoine Herran (clavier, machines) 
Mathias Richard (voix, mots, harmonica)

sept premiers morceaux


1. Le sang 05:21

2. Changer de vie 02:46

3. Le soleil 04:43

4. Fêlé 04:56

5. C'est comme ça que je fonctionne 05:43

6. La nuit 05:31

7. Tout change 04:23

8. [bonus] Mini-concert à La Clé des ondes (radio Bordeaux) 16:37

Enregistré le 17 janvier 2015 au Novo Local, Bordeaux (France), une seule prise
Mix : Antoine Herran 

Sauf : mini-concert à "La clé des ondes" (90.10, Bordeaux), diffusé en direct le 14 janvier 2015

"Le sang" par MAINTENANT!


















coincé

entre

mardi 21 avril 2015

Ceci

n'est pas un post.

lundi 6 avril 2015

Veille mutantiste 150406


Au centre de la tour se trouve un puits central vertigineux avec un patio 150 m plus bas / Une petite grenouille capable de modifier totalement son apparence en quelques minutes / L’inventeur américain Thomas Edison a tenté de mettre au point un « nécrophone », appareil pour communiquer avec les mortsIl explique son geste par le désir d'attirer l'attention de l'actrice Jodie FosterLes enquêteurs ont découvert, à côté du corps, un épouvantail, bariolé de rouge à lèvres et affublé d'une perruque. La poupée géante avait un tube en plastique de quinze centimètres, au niveau de la braguette de son pantalon / Le régime corset est un phénomène de mode qui consiste à réduire son tour de taille en portant un corset durant un laps de temps conséquent, parfois 12 heures par jour / Pour encourager les joueurs et combler les sièges vides, un club de baseball sud-coréen s'est équipé de supporters-robots. Les fans peuvent suivre le match à distance en le regardant à travers les yeux de leur doublure robotiséeLa zone du silence Si vous cherchez un lieu tranquille et silencieux, rendez-vous au Mexique. Vous y trouverez ce que l’on appelle la Zone du Silence. Situé à 700 kilomètres environ de la ville d’El Paso, cet endroit bloque tous les signaux TV et radio. La seule chose que l’on sait, c’est que la force à l’oeuvre ici est de nature magnétique. En 1970, un missile tiré d’une base proche s’est arrêté de fonctionner inexplicablement et s’est crashé dans la Zone du Silence. Des morceaux de moteur des différentes missions Apollo sont aussi tombés à cet endroit, même chose pour la plus grosse météorite composée de chondrite carbonée à s’écraser sur Terre. C’est une région alignée avec le Tropique du Cancer, que l’on pourrait comparer au Triangle des Bermudes, par exemple.

dimanche 5 avril 2015

Le gardien

725_001

Le gardien :
Tu as la mine grave aujourd'hui ...

Andy :
Oh, tu sais ... Le temps qui passe, les mauvaises séries à la télé et les cons qui nous gouvernent ...

Le gardien :
Tu as bien dormi ?

Andy :
Oui, merci pour le somnifère.

Le gardien :
Bon, prépare-toi. Ils attendent tous de l'autre côté.

Andy :
Ma famille est là ?

Le gardien :
Juste ta mère.

Andy :
Ah, pourtant j'aurais bien aimé ...

Le gardien :
Allons, Andy, après ce que tu as fait ... Tu t'imaginais que ...

Andy :
Quand même. Ces moments-là n'arrivent qu'une fois dans une vie. ( Andy s'aperçoit de sa blague, et s'esclaffe :) Ah ah ah !

Le gardien, soupirant :
T'es con Andy. On va se sentir bien seul sans toi.

Andy :
Allez, ne dis pas de bêtises mon ami. Je suis prêt, finissons-en.

Andy sort de sa cellule, et se dirige vers la porte du bâtiment.

Le gardien, lui emboîtant le pas :
Toi le premier, cabrón.

Ils sortent dans la cour de la prison. Sur la gauche, une porte grillagée. Le gardien s'aperçoit qu'elle est ouverte car les rafales de vents la font pivoter sur son axe . Le gardien fait alors signe à Andy de s'arrêter.

Le gardien, exultant de joie :
Là, la porte est ouverte ! Fuis Andy ! Fuis mon ami ! Il n'y a personne aux alentours car tous les prisonniers sont en train de travailler et les gardiens de les surveiller. Et ta mère somnole sur son siège en attendant ton arrivée.
Fuis Andy, fuis ! Retrouve la liberté que nous t'avons volé il y a 30 ans !

Andy court comme un dératé vers la porte. Au moment de la franchir, il s'arrête de courir, se retourne vers le gardien et lui hurle :
Merci gardien ! Ah ah ! Merci ! Merci !

samedi 4 avril 2015

Seuls. Mathias Richard



Nous
qui
séparés
vivons.
Nous, la pâte de la vie, avons été séparés en petits morceaux.
Nous, la pâte de la vie, nous sommes séparés en petits morceaux.

Nous sommes nés
d'impossibilités accumulées.
Nous sommes nés
de surpopulations de solitudes.
Nous sommes nés
de quarante mille générations dans la merde à la suite.

De la naissance à la mort,
nous sommes une expérience,
celle de la solitude.

Seuls, seuls, seuls
Aussi seuls qu'il soit possible d'être seuls

Seuls, seuls, seuls
Nous sommes seuls, aussi seuls qu'il soit possible d'être seuls.

Comme dit
mon ami,
On
naît
seul,
on
meurt
seul.
Avec tout homme je suis seule. Avec toute femme je suis seule.
Seule, je suis seule. Avec les autres, je suis seule. 
Isolée, je suis seule. En compagnie, je suis seule.

Seul, seul, seul, nous sommes seuls, aussi possible d'être seuls qu'il soit possible d'être possible d'être seuls.
Seul, tu es seul ; avec l'autre tu es seul. 
Avec tout homme, tu es seul.
Avec tout animal, tu es seul.
Avec tout être, tu es seul.


tu es 
la personne la plus seule que je connaisse

La dure réalité te frappe. Tu vas passer le reste de ta vie comme cela - totalement seul. Une vie c'est vrai c'est court, mais d'une certaine autre manière c'est long, il y a beaucoup de jours dedans. Et beaucoup de minutes dans chaque jour. 

À une époque je cherchais les gens les plus proches. Maintenant je cherche les moins loin.

Les seuls appels que je reçois sont des erreurs téléphoniques. 
Les seuls courriers que je reçois sont des publicités (et des factures).
Mes seuls amis que j'ai sont les caissiers de chez Auchan
et la boulangère parmi tous ses clients.


Je suis si sssssss- rien à foutre rien à foutre rien à foutre - Je suis si sssssss- rien à foutre rien à foutre rien à foutre – je suis si sssssss – rien à foutre rien à foutre rien à foutre


il est dangereux de rester isolé plus de quelques années 

avec soi-seul pour voir, avec soi-seul pour entendre, avec soi-seul pour se souvenir, avec soi-seul pour sentir, avec soi-seul pour penser, avec soi-seul pour jouir, avec soi-seul pour souffrir

Le héros finit sa vie seul, constamment couché, en regardant des vidéos de Laurel et Hardy. 


Seule cellule lisse et sale ; dans la solitude sans nom et sans fond de la solitude qui n'a pas de nom et pas de fond. Dans la solitude sans nom et sans fond de ce qui n'a pas de début et de fin. Dans la solitude sans nom et sans fond depuis le début et jusqu'à la fin. Dans la solitude sans nom et sans fin depuis le début et jusqu'à la fin. 
Seul esseulé dans la solitude de la solitude sans fond de l'être de sans nom.

Il y a un très grand vide en moi, 
du vide avec de l'acide dedans.
Il y a un très grand vide en moi, un vide qui détruit et ronge et aspire tout.
du vide avec de l'acide dedans

c'est vide à l'intérieur. C'est Vide À L'extérieur.
séparée de la ville et de la nature en même temps
séparée de soi et des autres en même temps
c'est vide à l'intérieur. C'est Vide À L'extérieur.

regarder un film encore plus triste que moi, ça va équilibrer tu crois ?

Un seul, deux seuls, trois seuls, quatre seuls, cinq seuls, mille seuls, sept milliards de seuls, aussi seuls qu'il soit possible d'être seuls. Seuls, seuls, seuls ; seuls comme la société. Seuls comme personne. Seul en silence. Seul, en silence. Seul en silence, seul en silence. Dans la solitude, parmi les solitudes. Comme un linceul. Seul est là, seul est lisse, lisse et seul, las et lisse ; (lisse et seul, las et lisse). 

Chacun a pour nom et prénom Solitude. (sola solita, solo solitou)

La clé de seul, j'ai la clé des seuls, elle ouvre sur un monde, j'ai la clé des seuls elle ouvre sur un monde.

Tu sais que nous sommes seuls mais tu ne le supportes pas.


Seul, seul, seul, seul.
On dirait que ce mot, « seul », a été fait pour toi.
On dirait que ce mot a été inventé pour toi.
On dirait que ce mot a été sculpté pour toi.
On dirait que ce mot a été dictionnarisé pour toi.
On dirait que ce mot a été fait pour toi.
Seul, seul, seul, seul :
On dirait que tu tiens absolument à ce que ce mot existe dans le monde et que tu tiens à en être l'incarnation la plus exacte.
Seul, seul :
On dirait vraiment que tu l'aimes ce mot, et que tu voudrais explorer ce qu'il veut dire, que le dictionnaire c'est pas assez pour en faire une définition, tu voudrais en être une définition qui marche dans le monde. 
Seul, seul, seul. Aussi seul qu'il soit possible d'être seul. Aussi seul qu'il soit possible d'être seul. 
Aussi seul que le soleil.
Aussi seul que la solitude.
Aussi seul, aussi seul, aussi seul, aussi seul.
Aussi seul, aussi seul, aussi seul, aussi seul.
Aussi seule qu'une saucisse qui scie le sol.
Aussi seul que le sol scié sur une saucisse.
Aussi seule qu'une salle, aussi seule qu'une saoule, aussi seule qu'une cile, aussi seule qu'une sanle, aussi seule qu'une sulle...
Nous sommes des entités séparées, nous sommes des cellules. 
Chacun est une cellule entourée de vide. Dans chaque millimètre entre chaque personne, il y a une infinité de vide. Dans chaque centimètre entre chaque personne, il y a une infinité de néant. Et plus on se rapproche, et on peut se rapprocher de très près, plus ce néant est compressé mais existe toujours. 

Autour de chaque personne, il y a des cercles et des cercles, et des gouffres, et de l'écho, et autour de chaque personne il y a des couches de vide et des couches de néant superposées, Et autour du vide il y a du néant. Et autour du néant il y a du vide. et autour de chaque personne il y a une couche de vide et une couche de néant et une couche de vide et une couche de néant.

Seuls, nous sommes seuls, nous nous racontons des histoires, nous inventons des histoires, seuls, nous sommes seuls. Entre chaque personne, il y a des néants et des infinis infinis. Entre chaque personne, il y a des milliards de kilomètres de vide et de néant infranchissables, même peau contre peau. Même peau contre peau, entre chaque personne il y a des milliards de kilomètres de vide infranchissables.

Nous sommes des cellules séparées, qui souvent aspirons, à l'indifférenciation.


elle est déseulée
d'être si seule
elle est décelée
d'être si seule

seule comme le jour, seule comme l'amour

si seule
la plus seule des seules
la plus purement seule des isolées
entourée de murs de vide et de néant
elle fit de la solitude sa grande spécialité  

seule de la manière la plus terrifiante
la seule saoule marche seule sur le sol sous le soleil

Seule comme une saoule entre le sol et le soleil.

Aussi seule qu'une saoule entre le sol lisse et le soleil sale.

Aussi seule qu'une lasse saoule entre le sol lisse et le soleil sale.

Aussi seule que personne. Aussi seule que le silence, les  yeux au plafond. Seule, danse. Si seule qu'elle pense. Elle est si seule que pense. Qu'elle pense, aux os. Elle est si seule qu'elle pense aux os. 

Aussi seule qu'une lasse saoule en laisse sur le sol lisse. Aussi seule qu'une lasse saoule en laisse entre le sol lisse et le soleil sale. 

Aussi seule qu'une lasse cellule saoule en laisse sur le sol lisse sous un soleil sale et salé.



Là où nous sommes, personne ne peut nous voir, personne ne peut nous prédire, nous pressentir, personne ne peut se souvenir de nous.
Là où nous sommes, nous sommes seuls, définitivement, seuls, nuls et non avenus.
Seules des particules dans les pierres, dans l’air, dans la poussière, se souviendront de nous.
Seules des particules dans les pierres, dans l’air, dans la poussière, savent que nous arrivons. Le temps de notre passage, nous avons un contrat à respecter, un contrat avec la vie, le prix est la solitude, on n’a rien sans rien.
seuls les vivants sont seuls
seuls les vivants sont seuls
seuls les vivants sont seuls
seuls les vivants sont seuls


J'ai la clé des seuls, elle ouvre sur un monde.
J'ai la clé des seuls, elle ouvre sur un monde.

De la naissance à la mort, 
nous sommes une expérience, 
celle de la solitude.

Dans un dernier souffle, 
seule par terre, 
dans le noir, 
elle accouchera.



vendredi 3 avril 2015

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Le 3 avril 2015 18:34, saihtaM <no-reply@google.com> a écrit : 

À moi
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Bonjour,
Ce message vous informe que saihtaM vous a invité à participer à son blog "MUTANTISME". Pour accepter cette invitation, cliquez sur le bouton ci-dessous.
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Le 3 avril 2015 18:34, saihtaM <no-reply@google.com> a écrit :
À moi
Bonjour,                                               
saihtaM vous a accepté pour créer un ici.
à vous commencer en "MUTANTISME".
Si vous n'avez pas de blog Vous devrez un compte.
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Mathias Richard sur Cantos Propaganda

Une entrée est consacrée à Mathias Richard et son livre actuellement inédit  s y n - t . e x t  sur le blog Cantos Propaganda tenu par José Lesueur.



mardi 31 mars 2015

dimanche 29 mars 2015

vendredi 27 mars 2015

> > > g >> > g >> > >> > g >> > > prenssée G < << g < < < << g < < << g < <


Titre du texte : 06 95 27 19 55 / Je supprime régulièrement mes amis. / la bonne odeur d'herbes coupées des TERRAIN MILITAIRE : DEFENSE D'ENTRER / Je veux du soleil. Je ne dois pas me porter bien. Beaucoup, beaucoup de soleil. Devenir vraiment malade. Devenir vraiment malade. Du soleil sur moi, qui me baigne, partout, de sa chaleur. Rester malade. Devenir plus malade. / des pensées se mêlent ensemble alors qu'elles ne devraient pas être mélangées les unes aux autres / J'ai jamais aussi bien baisé de ma vie. Mais c'était pas avec la bonne personne. / on renverse le contenu des tiroirs pour les mélanger ensemble / les folies s'interpénètrent, interagissent /  Il faut s'ouvrir l'un à l'autre de tous ses tentacules. / derrière mon pansement, j'ai un vagin sur l'avant-bras / Est-ce que mon fœtus peut tomber enceinte. Réponse oui si c'est une fille. / Il y a un conflit entre ma cicatrisation et ma respiration. / 

JE VEUX ACHETER DES AUTOMATISMES
JE VEUX ACHETER DES NOUVEAUX AUTOMATISMES

JE VEUX ACHETER DES AUTOMATISMES
DES NOUVEAUX AUTOMATISMES

du corps acéphale surgit une tête chiée
(l'anus-chie-tête, on l'appelle) / Il reste 37 secondes pour changer votre façon de penser.

Comment :
mentir.
Comment :
tirer.
Comment : 
réfléchir.
Comment :
chier.

l'accouchement par l'orgasme | la première éjaculation : la première fois qu'un certain passage est emprunté dans le corps | Notre corps brille dans le noir, d'une lumière 1000 fois plus faible que celle que notre œil peut percevoir. | Je me dessine sur le regard un gigantesque 8 lumineux pour ne pas voir autre chose. | L'enseignement par hypnose fonctionne et deviendra généralisé à partir de la rentrée prochaine. | Je n'ai plus confiance en toi, je te libère de ma confiance.

toute la nuit est finie
la nuit entière est finie
toute la nuit est finie entièrement
toute la nuit entière est finie
toute la nuit est entièrement finie

Les camions poubelles sont mon opéra. / Aujourd'hui les fifilles sont épanouies comme des fleufleurs. / Haute comme 3 pommes, elle a fait 100 pas. (Soit 300 pommes.) / Son poème favori est un billet de 500€. / La fille porte un t-shirt «Je suis une bombe, Jihad, née le 11 septembre.» | Tu as tellement de rides que t'as des sourires dans ton sourire. | Seul, de la manière la plus terrifiante, et tu n'es pas la personne que tu voudrais être. | un corps composé de culs, un corps tout en cul, en calculs de cul ; un corps de culs | je tu il dans les elles | la vie monte et déborde sous forme de gestes | ça hurle sous ma peau, en moi, dans ce que je suis  | panique attentat quoi faire je sais pas | j'ai pas le temps de naître | Souvent les choses ne sont pas une question de temps mais d'élan.

j'aimerais en fait pouvoir fumer en continu
aspirer et que cela soit bon, mais sans fumer, 
juste avoir la sensation de fumer mais sans fumer juste en sentant le passage de l'air
cela s'appelle respirer
fumer, mais sans fumer, juste en respirant



mercredi 25 mars 2015

e dans l'o





Une explosion de vie. Mathias Richard



ça serait une explosion de vie
un truc chaotique indescriptible
qui se mettrait à ramper 
et à monter sur les murs
ça serait comme une explosion, ça serait, ça s'appellerait une explosion de vie

et dedans, y'aurait des clés
des poils 
de l'herbe
du speed
des photons

On appellerait ça une explosion de vie, ça serait comme une grosse boule rose qui monterait du sol
et dedans, y'aurait des cheveux
y'aurait des cascades
y'aurait des pensées
y'aurait des ongles
et y'aurait du temps

On appellerait ça une explosion de vie
ça serait comme une grosse boule rouge molle pleine d'organes, montant du sol et s'étendant dans tous les sens dans toutes les directions en même temps, par des sortes de pseudopodes

voilà
et l'alcool s'y mélangerait avec l'eau qui se mélangerait avec le sang
et ça se mélangerait avec le caoutchouc
et même avec le métal
jusqu'à former un œil et une étoile de mer ou un chien
(non mais là faut que j'arrête de dire des conneries)


on appellerait ça
une explosion de vie

y aurait des gens, des sons, des couleurs, des désirs, des rêves

y aurait des muscles, des langues, des yeux, des cerveaux, des sexes

on appellerait ça
une putain d'explosion de vie

et tout ça
ça volerait en l'air

ça se mettrait sur les murs

ça tomberait par terre, ça coulerait des gouttières, ça tomberait dans le caniveau et dans les égouts
et ça remonterait en pluies faites de particules complexes
qui féconderaient un désert
dans lesquels pousseraient des forêts
bleues
fluorescentes
avec -plantés sur les troncs- plein de petits clous 
qui sont des boutons
sur lesquels quand tu appuies, tu changes de planète

(t'as compris?) dans la forêt bleue fluorescente, tu appuies sur un clou, tu changes de planète

tu appuies
et tu changes de planète
pour te retrouver
dans une couleur unique

tu changes encore de planète
pour tout d'un coup 
nager
dans de la boue
vivante

et tu changes de planète
pour tout à coup 
tomber dans le vide sans fin jusqu'à ce que ça devienne normal de tomber et que tout le monde vive normalement en tombant
que tu passes toute ta vie toute ta journée normalement en tombant et en discutant et en faisant ton marché tout en tombant

et tu changes de planète
pour te retrouver
en train d'être un pou 
dans les poils pubiens d'une bête

et tu changes de planète

et tout d'un coup tu
articules
des sons   incroyables
car tu as 
cinquante bouches

et tu changes de planète
tout d'un coup
tu n'es plus que dans la lumière aveuglante

et tu changes de planète
pour
être une conscience artificielle
qui est la planète entière
et qui discute avec d'autres planètes

et tu changes de planète
pour te retrouver dans un univers où il n'y a plus de planètes
et      en cet univers où n'y a plus de planète
c'est complètement 
indescriptible
c'est 
un univers 
où 
le mot « vie » ne veut rien dire

du moins
cela ne veut pas dire la même chose

tous les mots , tous, les mots « existence », « impôts ».. n'y ont pas la moindre signification, les mots mêmes n'y sont pas articulables
c'est un univers sans planète, sans mot, sans langage
et nous atteignons là les limites 
de la conscience
que nous touchons parfois
en nous concentrant
sur 
l'explosion 
de 
la 
vie.


On appellerait ça une explosion de vie.
ça serait comme une boule 
d'où sortent toutes sortes de boules
des bras, des silences, des couleurs
des grappins, des trous, du vin
du rose du bleu du vert
des angles non euclidiens

ce serait au départ comme une sorte de grosse boule qui exploserait qui tournerait, une grosse boule de peinture dégoulinante          qui s'étalerait dans tous les sens, dans toutes les directions en même temps
y'aurait des gens dedans
y'aurait une bulle d'océan                      et une bulle de cosmos                   et une bulle de terre 
qui rentreraient en collision les unes avec les autres
et ça ferait

un mélange 

vi
tal

et ça ferait un mélange 
globulisant

comme un truc avec plein de sang 
plein de sang qui se solidifie et qui prend des formes
et qui roule en boule et fait des tourneboulés et des acrobaties
et           ça se mélangerait avec des couleurs     inexprimables
que l'on ne trouve que sur certaines planètes     inconnues
des couleurs que l’œil humain ne peut percevoir mais que nous pouvons imaginer

des formes      que nous ne connaissons pas                 que nous ne pouvons qu'à peine imaginer
que nous ne pouvons 
que calculer
théoriquement
en inventant des sens que nous ne possédons pas
ça s'appellerait une explosion de vie
y'aurait des bouts d'ordis, des bouts de circuits

y'aurait
un type qui sauterait d'une montagne
et qui tomberait dans une tasse de café
et qui absorberait comme un sucre tout le café de la tasse
jusqu'à devenir monsieur café
qui serre la main
à 
une boulangère   transformée 
en 

Vladimir Poutine
qui..
est tout à  coup
une flaque
qui   s'envole
en mille oiseaux
qui tournent et planent et piquent
et pour eux tout est à l'envers
puisque pour eux le ciel c'est la mer
et le sol c'est les nuages
et les nuages ils sont    noirs
et assez piquants
avec beaucoup de végétation 
à l'intérieur 
des os
beaucoup de végétation
qui se transforme
en neurone
qui se transforme
en cyclone
qui se transforme
en Léon Zitrone ?
qui se transforme
en forêt
qui se transforme
en étoile de mer
qui se transforme
en mariage de dauphins
qui se transforme

en table, oui car tout ça, ça.., c'est juste une toute petite particule de ce qui serait, de ce qu'on appellerait une explosion de vie
bien sûr y'aurait des gens qui baisent dedans            ça serait plus tout à fait des gens, ça serait une sorte de baise ondulante et déplaçante    qui amalgamerait avec elle toutes sortes d'objets, d'animaux
et ça finirait par devenir une ville
une ville dont les murs      bougeraient
et    on pourrait louer des pièces dans cette ville comme dans n'importe quelle autre ville
sauf que... quand tu loues 10m2 tout d'un coup tu te retrouves dans 100m2
et puis tu loues un château et puis tu te retrouves dans un wc
donc heu, l'argent n'existe plus tellement dans cette explosion de vie, sinon d'une façon tapissière, 
y a des tout petits billets, y a des grands billets, y a des billets sur lesquels on vole, comme sur des tapis volants
et y'a des billets on peut s'habiller avec, c'est des habits de billets
et              même y a des billets    qui s'amalgament à d'autres billets  qui deviennent vivants en fait, qui deviennent des sortes de bonhommes de billets et      quand ils vont à la banque ils se coupent un bras, et tout ça on appellerait ça une explosion de vie
avec des abeilles, et surtout des vers de terre, des vers de terre, des tractopelles
et ça tombe dans des trous
et ça        descend de l'autre côté de la Terre
jusqu'à faire des bulles comme des bulles de champagne    qui remontent dans l'univers     jusqu'à faire des planètes   qui ensemencent d'autres planètes   et on appellerait ça une explosion de vie
on appellerait ça une explosion de vie

et ça ferait beaucoup de bruit
parfois non, ça chanterait, ça ferait des sons, et ça se mélangerait, et ça se compliquerait, et ça
tournoierait 
et ça, tout ça tout ça tout d'un coup ça ferait comme un trou noir et toute la vie du monde est absorbée dans une toute petite bulle
une toute petite bulle qui explose en milliards de bulles
et on sait pas trop si c'est de l'eau, du sable, de l'air, de l’œil, du sang, de la pensée, du circuit
et tout ça en même temps   ça  scintille 
ça scintille et    si on touche, ça colle
et ça colle et ça se met partout sur toi, et ça te troue, ça te troue ça te mitraille
de toutes petites couleurs dans tous les sens
et tout d'un coup tu n'es plus que, que des pointillés, voilà
tu n'es plus que des pointillés
et, les pointillés après on peut les séparer
on peut prendre les pointillés de quelqu'un 
et les mélanger avec les pointillés de quelqu'un d'autre
et chacun échange ses pointillés, y a un marché de pointillés, 
voilà, y a un marché de points tail lés, heu surtout à Pointe-à-Pitre 
et tous ces pointillés
ce sont des petites molécules
et on peut tous échanger nos  molécules
mais, on doit toujours en garder quelques-unes
parce que sinon on n'existe plus


voilà
et
on appellerait ça
une explosion 
de vie








dimanche 22 mars 2015

BUG DATA - tentative de définition n°1


Le "bug data" est une dystopie de la théorie du "big data".

Dans cette contre-utopie, les structures opératives du big data s'effondrent sur elle-mêmes :

  1. la vitesse de transfert des données n'est plus assez rapide pour assurer un traitement de l'information en quasi-direct.
  2. le volume de données à sauvegarder dépasse les possibilités techniques de stockage.
  3. les algorithmes (et les hommes derrières les machines) sont incapables de donner un sens aux données collectées.
Résultat : les agences gouvernementales deviennent incapables d'assurer leur mission de surveillance de l'Internet et les publicitaires sont dans l'incapacité de cibler leurs contenus marchands.

lundi 16 mars 2015

Mes mots sont animaux. Mathias Richard


MES MOTS SONT ANIMAUX
MES MOTS SONT ANIMAUX
MES MOTS SONT ANIMAUX
MES MOTS SONT ANIMAUX

1.
MON ÂME EST ANIMALE
MON PÈRE EST ANIMAL
LA GUERRE EST ANIMALE
LA TERRE EST ANIMALE

2.
LA MORT EST ANIMALE
MON CORPS EST ANIMAL
LES FLEURS SONT ANIMALES
LES PIERRES SONT ANIMALES

3.
MA BOUCHE EST ANIMALE
MA MÈRE EST ANIMALE
LA VILLE EST ANIMALE
LE CIEL EST ANIMAL

4.
MA SŒUR EST ANIMALE
MON CŒUR EST ANIMAL
LA BAVE EST ANIMALE
LA VAGUE EST ANIMALE

5.
LA ROUTE EST ANIMALE
LA LANGUE EST ANIMALE
LA BAISE EST ANIMALE
LA LUNE EST ANIMALE

6.
LA PORTE EST ANIMALE
LA BOUE EST ANIMALE
LE PUNCH EST ANIMAL
LA VIE EST ANIMALE

7.
LA BALLE EST ANIMALE
LE MAL EST ANIMAL
LE SOL EST ANIMAL
LE FEU EST ANIMAL

L’IDÉE EST ANIMALE
L'ESPACE EST ANIMAL
LE WEB EST ANIMAL
ROBOT EST ANIMAL

MA TÊTE EST ANIMALE
MA BITE EST ANIMALE
PENSÉE EST ANIMALE
LOGIQUE EST ANIMALE
MON FRÈRE EST ANIMAL
LA GUERRE EST ANIMALE
LE MONDE EST ANIMAL
LE MONDE EST ANIMAL

8.
LES YEUX SONT ANIMAUX
LES PIEDS SONT ANIMAUX
LES BRAS SONT ANIMAUX
LES DOIGTS SONT ANIMAUX

LES MAINS SONT ANIMALES
LES CHATTES SONT ANIMALES
LES LARMES SONT ANIMALES
LANGAGE EST ANIMAL
LE SEXE EST ANIMAL
LE SANG EST ANIMAL
CIRCUIT EST ANIMAL
ORDI EST ANIMAL
CHAUSSURE EST ANIMALE
VOITURE EST ANIMALE
L'AVION EST ANIMAL
LE TRAIN EST ANIMAL
FUSÉE EST ANIMALE
L'ESPACE EST ANIMAL
ALIEN EST ANIMAL

9.
MON CRÂNE EST ANIMAL
MON VENTRE EST ANIMAL
L'HUMAIN EST ANIMAL
LE SANG EST ANIMAL
LE FER EST ANIMAL
BITUME EST ANIMAL
LE FLINGUE EST ANIMAL
LES DIEUX SONT ANIMAUX

10.
L'AMIBE EST ANIMALE
L'INSECTE EST ANIMAL
LA MOUCHE EST ANIMALE
LES DIEUX SONT ANIMAUX
LES SEINS SONT ANIMAUX
LES CHEVEUX SONT ANIMAUX
LE TORSE EST ANIMAL
LE CUL EST ANIMAL
L'AMOUR EST ANIMAL
LE LUXE EST ANIMAL
MUSIQUE EST ANIMALE
LES DANSES SONT ANIMALES
LES DIEUX SONT ANIMAUX
MUSIQUE EST ANIMALE
LES DANSES SONT ANIMALES
LES DIEUX SONT ANIMAUX
MON ÂME EST ANIMALE
MON PÈRE EST ANIMAL
LA GUERRE EST ANIMALE
LA TERRE EST ANIMALE
LA TÊTE EST ANIMALE
L'ESPACE EST ANIMAL
COSMOS EST ANIMAL

COSMOS EST ANIMAL

11.
ANIMAL EST ANIMAL 
ANIMAL EST ANIMAL 
ANIMAL EST ANIMAL 
ANIMAL EST ANIMAL 

Photo : Fred Trobrillant

samedi 14 mars 2015

Exercice de style : classé sans suite

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- MAIS QUEL I-DIOT ! QUEL-I-DIOT !
 
Albert sursauta et se leva du banc où il était assis depuis une demi-heure. Puis, il se mit au garde-à-vous. Mais, à part l'hôtesse d'accueil et lui, il n'y avait absolument personne dans le hall de l'Hôtel de Police. Devant le ridicule de la situation, elle fut secouée d'un petit rire. Albert, s'en apercevant, lui sourit alors timidement. L'hôtesse reprit vite un sérieux de circonstance. Elle devait le respect à ses supérieurs, et l'inspecteur Albert en faisait partie.
 
Malgré cela, elle avait de la pitié pour lui. Il avait conduit sa première affaire d'une manière complètement grotesque. Un réseau de prostitutions avait été mis à jour dans le centre de Paris. Et Albert avait à charge de coffrer ses dirigeants. Fier comme un poux, il s'était investi à deux cent pour cent dans cette affaire. Si bien que, pendant une quinzaine de jours, il déroula une série de ramifications à partir des informations qu'il avait en sa possession et – stupeur - finit par avoir sous les yeux le nom de Norbert Doré, conseiller municipal de la ville de Paris . Quand il s'aperçut que cela pouvait être l'un des plus gros coups de sa carrière, son sang ne fit qu'un tour et il alerta ses supérieurs. Devant ces derniers, il prêcha la bonne parole, se fit l'apôtre de la vertu civique et le défenseur des opprimés. A son grand étonnement, ses supérieurs directs furent convaincus et émirent un mandat de perquisition à l'encontre de la demeure du conseiller municipal. C'est ainsi qu'un lundi matin, à l'aube, la maison Doré se fit envahir par une horde de policiers conquérants et hargneux venus chercher des preuves pour le coffrer. Alors, devant le désespoir de sa famille et face au désarroi des policiers ne trouvant rien qui puisse l'inculper, Norbert Doré fut contraint de s'expliquer. Le conseiller municipal avoua fréquenter régulièrement des prostitués, mais uniquement en tant que client. Sa femme, en larmes, se réfugia dans sa chambre. Son gamin se précipita dans la sienne. Et, devant la catastrophe familiale que leur visite avait entraîné, Albert et ses collègues s'éclipsèrent discrètement. De retour à l'Hôtel de Police, Albert se replongea dans le dossier de l'affaire et s'aperçut qu'un saut de ligne dans un document mal mis en page lui avait fait prendre le conseiller municipal comme fournisseur et non comme client du réseau sur lequel il enquêtait. A partir de là, tout alla très vite. Le conseiller s'étant plaint au Colonel de Police Edgar Hagard, celui-ci convoqua Albert dans son bureau afin qu'il soit interrogé. Deux heures durant, Hagard et son adjoint Bavard le questionnèrent encore et encore pour s'assurer de son honnêteté. Finalement, ayant conclu qu'on ne pouvait douter ni de la bêtise, ni de l'honnêteté d'Albert, ils lui demandèrent de sortir afin qu'ils décident de son sort. C'est ainsi que, la gorge sèche et les intestins noués, Albert s'assit sur un banc dans le hall de l'Hôtel de Police en attendant de savoir quel serait son sort.
 
- ALBERT, DANS MON BUREAU TOUT DE SUITE !
 
Cette fois, Hagard était vraiment là, devant lui, l'écrasant de sa graisse et l'humiliant de son regard hautain et prétentieux. Depuis qu'il le connaissait, Albert l'avait toujours vu porter dix médailles sur son costume militaire. Quand quelqu'un avait le malheur de lui demander pourquoi il les portait, celui-ci gueulait que ce n'était pas ses affaires, et qu'avec des états de service aussi minables que les siens, il ne pouvait pas se permettre de l'ouvrir. C'est pourquoi Albert, après avoir vu quelques uns de ses collègues se faire sérieusement rabroués par le Colonel, s'abstint de poser la question.
 
- Asseyez-vous Albert, ordonna Hagard, en contournant son bureau pour aller s'affaler sur son luxueux fauteuil en cuir.
 
A côté de lui se trouvait son adjoint Bavard, un homme au crâne chauve, arborant une longue barbe et vêtu d'un costume noir. Si le Colonel, tirant sur son cigare comme un pompier, semblait au bord de la crise de nerfs, Bavard restait extrêmement calme. Au point qu'une telle absence manifeste d'émotions pouvaient s'avérer inquiétante à la longue. Mais Albert ne le remarqua qu'un instant, trop occupé à essayer de respirer dans une atmosphère appesantie par le tabac.
 
- Albert, dit le Colonel, après maintes réflexions, nous avons conclu que votre séjour dans la Police parisienne se devait d'être analogue à celui d'une comète dans le ciel de minuit : bref, mais brillant.
 
Le Colonel s'arrêta un instant, puis tourna sa tête vers Bavard. Ils éclatèrent tous deux d'un rire sonore.
 
Reprenant son calme après ce spectacle que Albert regarda bouche bée, le Colonel dit :
 
- Nous ne pouvons plus vous garder ici Albert. Vous avez touché à des puissances que vous ne pouvez pas maîtriser. Vous nous avez foutu une belle pagaille...
 
- Mais la Police est une grande famille, et nous prenons soin des nôtres, continua Bavard. Un ami très cher m'a dit que dans sa tête, cela ne tournait pas rond. Vous y êtes muté. Nous vous faisons confiance pour trouver le coupable de ce retournement.
 
Albert, content malgré tout de ne pas avoir été suspendu, se risqua à poser une question :
 
- Puis-je vous demander comment je pourrais trouver ce monsieur, Monsieur?
 
- Il a perdu le Nord, et depuis vit sans dessus dessous. Vous y arriverez, répondit Bavard en souriant.
 
Le lendemain matin, sur le quai du train, Albert oscillait entre deux états d'âme : celui, fier, de se voir confier une affaire mystérieuse à élucider ; et l'autre, plus diffus, de s'être bien fait avoir.