lundi 22 septembre 2014

samedi 20 septembre 2014

mutantisme 1.2

go, go for it




mutantisme : PATCH 1.2
livre collectif (30 participants)
en préparation
Editions Caméras Animales

jeudi 18 septembre 2014

#999microscripts / 081 - 090



090/ John Edgar Hoover décontracté en dédicace FNAC pour son livre La conspiration des chemisettes à carreau et des chaussettes de sport blanches
 
089/ Qui a planqué le saucisson sec dans le frigo ? - Première réplique de "Panique en Nissan", un roadtrip sanglant sur l'Autoroute des Anglais.
 
088/ Zihong Chen, chinois infécond devenu américain sans le savoir, viendrait de trouver un job de prêtre dans la chapelle du Complexe Commercial
 
087/ A force de subversions, Mickey Mouse était devenu chroniqueur à Télédrama, le crâne décoré de coulures ornementales et dorées, invasives, nu
 
086/ Karlheinz Kettlebell s’enferma il y a cinquante ans dans un HLM pour résoudre le mystère des nombres premiers. Nouveau printemps à Göttingen
 
085/ Un architecte spécialisé dans la destruction de villes sans objet. Il enchaîne les pompes de bon matin devant un portrait street art de Mao
 
084/ La Gibson SG du fils d'un urbaniste communiste marche sur les traces de Marco Polo. Encore une de ces sales affaires de dynasties décadentes
 
083/ Sort de l'expo d'Art avec l'envie de voir Transformers au ciné. Plan coupé sur la commissaire prise de crampes à force d'écarter les cuisses
 
082/ Incultes de la Lune. Incubes sur les rayons tristes de la hune. Avis de détresse. Foncer vers ses sombres auras où tout le monde se presse.
 
081/ 11 premiers jours de septembre. Un groupe secret (global et mystique) s’apprête à ouvrir les portes de l’enfer. Il/ça pousse son premier cri






https://twitter.com/doubles_v

mardi 16 septembre 2014

Murs (50)

mutantisme 1.2

go, go for it




mutantisme : PATCH 1.2
livre collectif (30 participants)
en préparation
Editions Caméras Animales

lundi 15 septembre 2014

chanson

L’État veut faire des économies
L'Unédic veut faire des économies
EDF veut faire des économies
Les entreprises veulent faire des économies
Pôle Emploi veut faire des économies
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES

Agence immo veut faire des économies
Ministère veut faire des économies
Quick Assurance veut faire des économies
Optic Center veut faire des économies
GDF, Auchan et la Mairie veulent faire des économies
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES

samedi 13 septembre 2014

vendredi 12 septembre 2014

ZAM #10 - Un grand mécanisme bouge à l’intérieur. La simulation d’une simulation d’une simulation d’une ... [Machine mutantiste Espaces libérés]

[Plugin] ZAM (Zone Mutantiste Autonome)
Machine mère : Espaces libérés
 
Plugin ZAM :
http://mutantisme.blogspot.com/2014/03/machine-mutantiste-espaces-liberes-zam.html
Espaces libérés :

Le gardien (Yuri Kane Simulator 2)



Messe tous les mardis et samedis à 18h15
Lecture du livre des morts tous les soirs à 19h30. 
Une affichette annonçait sobrement le programme devant un pavillon type du lotissement. Ce genre d‘églises fleurissaient avec les vagues de migrations et l’évolution de la maladie. Les camps dans lesquels nous vivions ne portaient plus les noms des lieux-dits ou des villages de l’ancien temps. Nous étions des communautés suburbaines migrantes attachées à d’autres conglomérats urbains aux frontières définies par le front de la peste. Le culte se déroulait partout dans les sous-sols, sans exception. 
23H53 - les adeptes tapent encore dans leurs mains sans ressentir les effets de la fatigue, dansent autour d’une cascade de cire grimpant jusqu’au plafond où une forme prenait vie à force de prières, d’incantations et de transes climatisées. C’est un enfant qui se matérialisait et s’échappait dans le réseau de couloirs et de galeries, notre poursuite n’était qu’un grondement de tambours et de crécelles conglomérés en une ombre bien plus maladroite que dangereuse. Capturé et apprivoisé, le petit allait nous livrer ses secrets. Encore fallait-il que le sorcier soit à la hauteur. 
Au retour de son séjour, Yuri n’était plus le même. Son accident l’avait déjà sacrement abîmé, mais là, ce n’était pas la même chose. 
Il nous parlait les mains posées sur le béton noir.
— Je suis ici depuis toujours… je vous ferai perdre toute illusion… je vous ferai affronter la mort en face, le suicide du monde n’est qu’une première étape, car la vie et la mort n’existent pas… je porte au cou le chapelet des points passés et des futurs...
Sa bouche claqua une nouvelle fois, il passa sa patte sur ma main, oui, une patte, comme le pelage rêche d’un renard ou les plumes d’un jeune corbeau. Il se leva et serra la main de cet enfant qu’il semblait déjà connaître sans jamais l’avoir vu. Toute sa vie, il fût connecté, il avait reçu un message dans le futur ; c’est ce qu’il nous répétait régulièrement.
— J’ai toujours été ici… et pour y revenir je dois lâcher prise, totalement, comprenez bien que nous devons tous lâcher prise… d’ailleurs… tout ce à quoi vous vous attachez est déjà détaché de l’arbre de Vie et ce ne sont pas vos possessions matérielles qui vous sauveront de la chute... comprenez bien que vos morales, vos valeurs, vos lois, vos outils et votre fuite devant la maladie ne sont pas des parachutes. De l’autre côté de la frontière... la zone… c’est une prison à ciel ouvert qui n’offre comme seule évasion que des camps de réfugiés, une prison qui possède toutes les caractéristiques antithétiques d’une prison. C’est une réserve. Le dispositif le plus perfectionné d’un camp en total liberté, sans gardien, sans surveillance, sans aucun système de coercition… et tout de même la possibilité de s’échapper. Pas de tache à accomplir, pas d’horaires, pas de travaux, un camp hors du temps, retourné à l’état de nature, sans loi ni ordre dont la seule issue est une mort certaine… oubliez les mensonges… de là où je suis... il vous est impossible de me contredire… si vous tenez à en avoir la preuve, écouter moi attentivement… ce monde n’est pas une prison, mon corps n’est pas une cage, mon corps est mon sanctuaire, un microcosme pour communier avec le macrocosme…
Aucun des adeptes n’aurait remis en cause sa parole bien que la plupart prenaient ces cérémonies pour un divertissement ou une forme de folklore dissident. Si le message n’était pas pris à la lettre, l’effet de catharsis, lui, tournait à plein régime
— Il n'y aura pas de sauveur… c'est faux… vous êtes vos propres bourreaux ou vos propres sauveurs, c'est selon… vous avez le choix de rester gentiment dans le camp ou alors de saisir la chance de vous envoler...
Moi, je cherchais à oublier. 
La journée, je me baladais dans les maisons, un chapeau d’aventurier sur la tête. Je ne quittais jamais mon journal intime. Je le partageais avec un jeune homme d’un autre âge dont je ne connaissais que les souvenirs, ses petites joies, ses peines. Il contenait des émotions perdues et des scènes de la vie quotidienne que je m’amusais à répliquer chaque jour dans un décor différent. 
Le petit déjeuner, le repas du midi, du soir, le papa, la maman, le fils, les copains… et l’amoureuse secrète qui habitait à quelques pas d’ici dans le quartier voisin. Je rejouais sa vie en changeant chaque jour un détail, ajoutant un personnage ou un accessoire, révisant l’ambiance selon les vibrations du lieu. Les plus belles pièces étaient celles encore vierges de tout relogement, totalement baignées de poussière où chaque objet déplacé avait le pouvoir de transmettre un souvenir vivant de ces familles qui changèrent de zone en n’emportant que l’essentiel, c’est à dire à peine plus que le contenu d’un sac à dos. 
Je cherchais à oublier ma vie et à redevenir ce garçon qui rêvait encore de pouvoir noircir les pages de son carnet et de sa destiné. 
— Quand vous aurez écris votre passé et que vous l'aurez réduit en cendres vous pourrez peut être concevoir le futur… mais dépêchez-vous… le futur est déjà là… le temps d’écouter cette phrase et j'ai déjà choisi le possible. Et il ne sera pas forcement du goût de tous… je l'ai assez répété, vous ne trouverez pas de solutions à vos problèmes dans des notices d’utilisation… les problèmes sont des cellules de prison, tout ce qui est perceptible peut être placé dans une boite… l’illusion que vous nommez réalité physique est un savant assemblage de boîtes les unes dans les autres… on passe d’une cellule à une autre… et passé la nouveauté, on rumine, on gâche, on fait des tours dans la cour pour se changer les idées, parfois on reçoit des paroles qui nous libèrent, et parfois… quand on croit pouvoir s’affranchir des règles du jeu, un gardien se manifeste pour vous remettre dans les rangs avec toute la violence nécessaire. Votre cellule… il faut la vider de son contenu… n’en garder laisser que le matelas… une couverture à la limite… y dormir les volets ouverts en attendant le lever du soleil. Ne quittez pas votre cellule... et demandez-vous ce que vous voulez… ce que vous voulez vraiment… point barre. Cette seule pensée doit vous occuper… alors… à la tombée de la nuit… vous pourrez quittez la zone. Sortez. Et dévoilez votre nouvel être. Rejoignez moi dans la forêt.
Quand je suis revenu pour en parler à Yuri, les horaires n’avaient pas changé. Le portail en fer forgé n’avait pas bougé de place, mais il ne restait de la maison que des poutres carbonisées surnageant d’un tas de cendres. Une grosse dame sortie. Elle criait en bougeant les bras dans toutes les directions. Elle logeait dans la maison voisine, sans doute, et je compris qu’il fallait que je parte sans attendre, qu’il n’y avait rien à trouver dans les ruines, qu’ils en avaient assez des rituels et de tout ce tralala mystique, et qu’à force de jouer avec le feu ça finit toujours par mal finir. Le vent lui aussi me poussait vers le retour, dans une brume de cendre se lovant dans tous les interstices de mes affaires. 
Je ne devançais le désert que d’un pas.

jeudi 11 septembre 2014

extract



mutantisme 1.2

go, go for it




mutantisme : PATCH 1.2
livre collectif (30 participants)
en préparation
Editions Caméras Animales

dimanche 7 septembre 2014

mutantisme 1.2

go, go for it




mutantisme : PATCH 1.2
livre collectif (30 participants)
en préparation
Editions Caméras Animales

samedi 6 septembre 2014

jeudi 4 septembre 2014

La Centrale - Chapitre 3 - Elliott

 
La Centrale - Chapitre 3 - Elliott
Moi. Elliott. Chauffeur du président. Attente hors de vue. Réunion genre haute sécurité comme ils disent. Comme si ce monde n’était pas déjà haute sécurité. Le genre où même les repliflics dans mon genre n’ont pas le droit d’assister. Alors je me grille une blonde. Privilège section 1.
Parking aérien. Dernier étage. Plein air. Pas autre surveillance que la mienne. Assez rare pour être noté. S’il n’y avait cette fuckin’ histoire de psychovirus tout irait comme dans le meilleur des mondes surtout de ce coté ci de la frontière. Attente sortie du président. Caresse mon arme. De là-haut : le réseau suburbain révèle la férocité de son découpage arbitraire et sécurisé. Les conditions climatiques changent. Lueur pourpre prend possession du ciel. Lumière verte - elle - annonce l’ouverture de la porte. Le voila qui arrive avec son directeur de cabinet ce gros lard de Roger-Louis. Cent kilos sur la balance.
— Direction la Capitale, et que ça saute nous sommes déjà en retard.
— On va où au juste ?
— Roger-Louis est au courant, veuillez donc aider ce pauvre à porter cette caisse et ne me dérangez plus, voulez-vous.
— Qu'il se démerde, Ro-ger-Lou-is.
— Ménagez-vous mon cher Elliott. Une longue soirée nous attend.
— Genre tournée des grands ducs ?
— D'une certaine manière vous aurez la possibilité de laissez libre court à votre programmation naturelle à la violence. Maintenant. Mettez là en veille.
Sur la route. Ciel éteint. Plus une seule lueur ici-bas. Si ce n’est le spectre phosphorescent de l’éclairage suburbain. Il persiste jour et nuit une forme d’énergie dans l’atmosphère. Je romps le silence. 
Demande si réservation OK. Si destination précise. Quel protocole ? Si toutes les checkpoints sont avisés de notre virée nocturne ?
Pas de réponse.
J’attrape le regard de Roger-Louis dans le rétroviseur. Détourne la tête pour réponse.
— Dis donc gros lard. Je rentre sur le ring dans moins de 2 minutes 40 secondes. T'as intérêt d’avoir une idée précise du trajet.
— Hum, j'y réfléchie.
— Tu m’entends bordel ? 
— Laisse couler… pour le moment.
Je stoppe la bagnole. Net. Sur bande d’arrêt d’urgence. Il n’a pas le temps de broncher que je l’ai déjà sorti de la caisse. Je le claque aussi sec devant. A la place du mort. Un papier annoté au stylo bic. C’est quoi ce bordel. Surprise. Visite quartier rouge. Remets col de chemise en place. Clin d’œil à Roger-Louis.
— Ce soir ça va être chaud.
J’ai parfois ce genre de poussée de violence avec mes clients. C’est aussi pour cela qu’ils me payent. C’est ma programmation. Je ne suis ni médecin ni majordome - configuration Conduite Agressive. Garé dans une petite ruelle. Sombre et rougeâtre. De sorte d’entrer par l’un des axes les moins animés. Aucune enseigne. Quelques clochards. Une paire de festifs déjà bien entamés. Lueur rouge diffuse. Dans les moindres recoins de cette ville dans la ville.
— Nous sommes attendus.
Première phrase prononcée par le président depuis notre départ. S’en suit un ordre. Porter cette putain de malle. Elle pèse une tonne. Vraiment. Une rue à traverser. Voila ce qui nous attend. Pas plus. Seule chose à l’esprit : danger permanent. A peine traversé la route que l’un des marginaux se rue sur le président. Je lâche la malle. Le bras levé du clochard s’arrête net quand je lui explose la tronche avec la crosse de mon flingue. Ce con me fait trébucher. Flingue reste plantée dans la bouche. Ressors l’engin. Des dents. De la bave odeur d’alcools. Du sang. Ombre blafarde passe au loin. Autre clochard fixé. Remets un dernier coup. Pour l'exemple. Dans la purée qui servait de figure à ce pauvre type.
— Ce n’est pas le moment de vous adonner à vos loisirs, me rappelle le président, nous avons une mission à remplir.
Reprendre mallette en main. Porche du numéro 2012. Long corridor. Toujours éclairé par la radiation rougeâtre émanant du sol. Type assit sur une chaise. Scan corporel en cours. Seul ? Le président me fait un signe de la main. Invitation à poser la mallette. Le type me fait non-non de la tête. Désigne ma veste. C’est le flingue qu’il veut voir à terre. Le président me fait oui-oui. Ne suis alors plus qu’un porteur. Cela en dit long sur l’espèce d’interlocuteur qui nous attend derrière les murs de cette friche. M’exécute avant que le gardien ne prenne la parole.
— Bienvenue par ici. C’est un tableau, tu crois que c'est un tableau, mais tu veux faire quelques retouches sur ton œuvre et là tu t'aperçois que le tableau est vide, rien ne tient… les mecs ? vous ne comprenez pas ? Ca ne m'étonne pas.
Je laisse le gardien divaguer. Se lève. N’avais pas vu son visage. Ne le vois toujours pas. Est masqué. Se remet les couilles en place. Se levant avant de nous interpeller à nouveau.
— Est ce que l'on peut me considérer comme vide ? Prenez-moi et lancez-moi dans une cage sombre et fétide, au fond d'un puit sans fin, aux entrailles de la terre…et voyons ce quel genre de monstre en sortirait.
Observe mes acolytes. Ne crois pas qu’ils s’attendaient à ce genre de comité d’accueil. Président prend l’initiative d’arrêter le délire du fêlé. Qu’est ce l’on peut bien foutre ici dans ce trou à rat au lieu d’écumer les bars et les bordels de ce maudit quartier ? Question qui tourne en boucle dans mon cervo.
— Des perturbations sont à prévoir, des fractales, un langage, sort de mes yeux, ce serait perturbant comme situation, si je ne connaissais pas la raison pour laquelle tout cela agit en moi.
— Nous avons rendez-vous avec un certain Yuri Kane… Nous sommes les...
— …les émissaires, précise Roger-Louis.
— Parfait. Alors portez cette malle au milieu de la route. Ouvrez là et rejoignez-moi.
Marche arrière avec la malle. Roger-Louis et le président sont pris d'un doute. Comme pétrifiés. Comprends la situation à l'ouverture de caisse pleine d’armes scalaires au milieu de ce quartier blindé de tarés en tous genres. Il ôte son masque grossier. Se retourne en haut de l’escalier. Yuri Kane. Impossible de louper son visage de chairs brûlées reproduit sur tous les supports possibles et imaginables depuis 48 heures. N'a pas perdu de temps pour se faire remarquer. Pourquoi nous ? Pourquoi nous installons-nous dans cette pièce ? Pourquoi ce monologue ? Connexions en cours.
— Je vais renaître. Je serai un ange. J'agite mes ailes profanées au milieu de vos lumières.
Il nous invite à regarder par la fenêtre. Explosion ténébreuse. Rouge comme la nuit. Rouge cauchemar.
Une vision à travers la vitre : une face. Le visage de la mort. Se forme dans la fumée d’un champignon de nature atomique. Otages de nos illusions incapables de déterminer s’il s’agit d’une véritable déflagration. D’un mirage. Ou d’une épiphanie. Impossible de bouger. Ne serait-ce qu’un seul membre. 
Zéro négociation à l’ordre du jour.
— Je resterai à vos cotés. Le fantôme du monde marchera à jamais dans vos pas. La fin c'est maintenant.
Sur ces mots - seuls que j’ai pu saisir - Yuri Kane s’éclipse. En reprenant le contrôle de ma main je cherche mon flingue réflexe au creux de mon bras. Eclair traverse cortex. Forte intuition que cette arme est inutile. Certitude d’être déjà contaminée. Prendre le choix en mode autopilote. Prendre l’une de ces armes. Dehors. Me battre comme un être humain. A coté d’autres êtres humains. Pour une cause d’êtres humains. Aussi mutants soient-ils ?
Accepter ce don ?
La lumière parcourt ma peau réclame à révéler mon essence. Mon point dans le cœur. J’accepte et chute. Les particules de mon corps se détachent dans le ballet électrique de la spirale. Elle irradie tout sur son passage sans aucune forme de distinction. Perception totale de l’univers. Autant avouer qu’il n’y a aucune chance d’échapper à cette vague.
A cet instant précis. C’est ce qui en fait toute sa beauté.
Fin provisoire de transmission des données.
La fin c’est maintenant.
______________________________________________
Texte complet (3 chapitres) disponible en livre numérique (fichier EPUB) en cliquant ici : YKS2_La-Centrale_Walter-Van-Der-Mantzche_2014.rar / Compatible tablettes, liseuses et pc (via logiciel Adobe Digital Editions)

dimanche 31 août 2014

Secret South :: Retrospectral


J. Kemp est la moitié du duo cyberpop/IDM culte Flatline Skyline (dont 1 morceau est présent sur la compilation Sonopsies du label musical Caméras Animales). Retrospectral, le 2e album de son projet solo Secret South, sort sur le label Invidation le 18 septembre. Entre folk ambienté et americana hantée, drones et reliquats électroniques s'immiscent subtilement, le tout sublimé par la voix toujours si unique et émotionnelle de Kemp.



Retrospectral est dès à présent disponible en pré-commande

vendredi 29 août 2014

THE OCCULT SOURCES

La Centrale - Chapitre 2 - Mère Supérieure

 
La Centrale - Chapitre 2 - Mère Supérieure
— Messieurs ! Bonjour à tous ! Saluons nos nouveaux arrivants ! Nous voici réunis dans cette salle des célébrations en ce beau dimanche de septembre pour élire l’homme du mois.
Yuri esquisse un sourire dérivant vers un rire psalmodique au fil du diaporama - des portraits de morts défilent sur l’écran. Dans la salle, nul ne murmure, juste une harmonie de grincements de toutes sortes. Et du tissu que l’on arrache des accoudoirs. Des macchabés tout frais s’exposent en cinémascope avec leur plus beau visage, celui d’une mort captée en direct par les systèmes vidéos de la Centrale. Je surplombe ce groupe d’hommes attentifs à la moindre saute d’humeur du personnel encadrant.
— Avant d’entrer dans le détail de notre programme de divertissement mensuel, j’aimerais introduire notre réunion par une minute de silence en hommage à certains membres de notre établissement. Ces hommes qui nous ont quittés dans des circonstances tragiques durant l’été.
Chaque mois, nous sommes réunis dans ce que certains de nous appelons la Salle des Célébrations. D’autres emploient le terme de Salle des Exhibitions, ou La Salle, plus simplement, avec tous les sous entendus que cette simple formule implique. Des hommes dans le public, mais aussi des mannequins, nous ne faisons qu’une distinction de principe entre ce qui respire et ne respire pas. Ici, ce sont nous, les femmes, qui décidons de tout. Les rares hommes avec un peu de pouvoir son issus de ce lot de sacs à viande qui attendent sagement la mort ou rêvent d’un ticket de sortie entre deux tortures et humiliations. Regardez-le se pavaner, le Yuri Kane, là-haut sur son estrade, juste un mutant parmi tant d’autres. Si l’on ne les tenait pas par les couilles, ils seraient capables de former une nouvelle caste. Et pourquoi pas faire la loi ici ? Ou encore pire, dehors. Mais comme j’aime bien le rappeler à mes copines de jeu : la loi c’est moi.
— La coutume veut que l’on explique les règles du jeu pour les nouveaux arrivants. Même s’ils ne sont pas nombreux ce mois-ci. Le principe ? Des volontaires sont appelés sur l’estrade pour participer au concours de l’homme du mois. Les règles sont simples. Première règle : tous les volontaires peuvent participer, le gagnant intégrera le personnel encadrant. Seconde règle : si nous n’avons pas un minimum de trois participants, comme d'entendu, nous désignerons de gré ou de force les participants. Troisième et dernière règle : les règles du jeu seront fixées au fur et à mesure du déroulement du jeu.
Toujours avoir l’œil. En voila un qui se lève, hésite un instant, le regard torve, et se rassied. Je vais le ramoner. Trop tard mon p’tit gars. Il en faut toujours un pour l’exemple. Comme si j’allais laisser filer un détenu sans en profiter pour travailler mon jeu de matraque. Le spectacle se joue autant à l’écran que dans le public. Tu seras le premier volontaire. Je le traîne sur l’estrade. Il crache ses dents au pied des marches. Mes deux chéries auront l’honneur de désigner les autres volontaires dans la salle et l’équipe sera au complet.
Dans notre Centrale, chaque volontaire occupe une case du panoptikon. A la fois surveillé et surveillant de l’ensemble du dispositif - nous c’est lui - lui c’est moi. Chacun veille sur la mort de son voisin.
Les moteurs crépitent dans le couloir. La surprise du jour.
Le personnel encadrant. Ce sont nous, les femmes. Nous sommes immunisées contre cette altération génétique dont souffrent les volontaires. Et ici nous pouvons laisser libre court à notre imagination. La mort plutôt que la détention. Cela vaut mieux que la dégénérescence qui les attend. C’est prouvé scientifiquement et approuvé démocratiquement par le Comité de Recolonisation. Vous voyez le monde se transformer et le monde se met à vous parler ; d'après ce que disent les rares mutants à avoir survécus.
— Je lance le premier de nos jeux. Sur une idée originale de Maria, chaque volontaire va prendre place sur une moto pilotée par l'une de ces charmantes créatures.
L'écran se sépare en trois parties, chaque moto porte une caméra directement reliée au système vidéo interne. Le bourdonnement des moteurs envahit la pièce alors que les bécanes ne se trouvent encore que dans le dédale de couloirs du sous sol.
Apparition sur l'estrade : les filles jouent de l’accélérateur. Les odeurs d’essence et d’huile fumante annoncent un après midi brûlant. Les volontaires prennent place. Je sors de mon uniforme des colliers rilsan pour neutraliser les passagers les mains liées dans le dos. L'un d'eux réclame un casque. Tu rigoles ou quoi ? Chaque mois nous testons de nouveaux jeux. Aujourd'hui place aux plaisirs motorisés !
— Mademoiselle, me laisserez vous le plaisir de conduire l'une de ces motos ? Je me dois d’être au cœur de l'action. Qu'est ce que je risque au final ? 
Je fais signe à l'une de mes assistantes pour qu'elle laisse sa place à Yuri. Qu'il s'amuse lui aussi, avec un peu de chance, il finira par se planter comme un con. Pour toi, chéri, ce sera sans casque. Rassurez-vous, nous sommes un personnel agréé avec autorisation légale d'utiliser la force si nécessaire. Nous n’avons aucun tabou à la Centrale.
Etat d’urgence sans répit.
— J'ai l'intention de prendre tous les risques, ma belle.
Quels risques ? Laisse-moi rire ? Nous n'avons aucun compte à rendre ni aucune statistique à fournir sur la mortalité en ce lieu. Car au bout du compte nous atteindrons toujours notre objectif de 100%. Ici ou dehors, personne ne veut savoir ce qu'il se passe. Depuis la manifestation des symptômes le monde est bien content d'avoir trouvé nos vieilles cliniques à l'abandon et un personnel féminin autant dévoué à la cause qu’immunisé à la mutation.
— Maintenant, chers amis et chères amies, il est temps pour moi de donner le départ de ce nouveau jeu. J'en profite pour vous remercier, tous, je dois vous quitter mais je vous assure que je ferai tout mon possible pour assurer le spectacle.
A voir les trois motos s’engouffrer dans la gueule du minotaure j'ai le sentiment que quelque chose est sur le point de m’échapper. La retransmission audiovisuelle des acrobaties de mes consœurs réveille en moi un désir d'accident. Mes doigts picotent : adrénaline en intraveineuse, comme une poussée de sève à l’aube d’une équinoxe. Dans ces moments j'ai toujours l'impression de renaître.
Les trois motos se suivent. Enchaînent les virages. Yuri tient la tête de la course sur la roue arrière. D’un poil. Anna reprend la seconde position en perdant son passager encastré dans un garde corps. Quel dommage. L’objectif se fixe sur cette scène de crime où les deux motardes s'occupent de finir le candidat malchanceux en le jetant par dessus la rambarde direction l’étage du dessous. Le bruit sourd des craquements d'os et de cartilages transpercent le bruit des machines. Je ne me lasserais jamais d’observer la rigueur et l’obstination dont mes filles font preuve au travail. Tous observent la mise à mort lente et savoureuse du premier candidat.
En arrière plan, Yuri Kane se plante, secoué de spasmes, porté par son épilepsie, projeté dans tous les sens - le signal vidéo se coupe brutalement - une vague d’angoisse immerge la salle avec l’attente du retour du programme. Comme j'accours en direction de la salle de contrôle une voix résonne dans les couloirs.
— Chers amis, le jour est venu pour nous de recevoir un message. Un message en provenance des profondeurs de la réalité. Nous portons en nous une clameur, une vibration qui ne demande qu'à voir le jour. Cette lumière en nous va jaillir !
J’accepte une double dose d'adrénaline pour affronter l'électricité concentrée dans l'air. C'est tout le bâtiment qui gronde lorsque la tronche de Yuri Kane refait surface dans le cadre de l’image en format cinémascope.
— Comme vous pouvez le constater, il semblerait que notre charmant personnel de surveillance ai perdu la main. 2 à 1 pour l’équipe des volontaires ! Je compte sur votre engagement pour assurer le score.
La porte de la salle de contrôle entrouverte, il ne fait aucun mystère de ses intentions, deux gardiennes dévisagées baignent dans leur sang les yeux grand ouverts bloqués sur la frayeur d’un phénomène qu’elle n’aurait jamais du approcher. Ma main se pose sur le pod par réflexe et je défonce la porte avec détermination, pour lui sauter dessus en mode valkyrie. Avant toute chose, avant le cri guerrier, avant de me réserver le droit de lui infliger la punition la plus créative de ma carrière : lui administrer une décharge électrique non létale, le bloquer, lui faire craquer les os un par un histoire de faire durer le plaisir. Avant de passer la porte je suis paralysée par une sensation inconnue. Sûr qu’il m'a brisé la colonne - aucune douleur dans mon corps - silence radio en provenance de mon système nerveux. Yuri se débarrasse de sa puce de contrôle en croquant sa propre chair.
— Tu seras heureuse d'apprendre que j'ai de grands projets pour toi.
J'aurais du pouvoir bouger. J'aurai du pouvoir le maîtriser. Le mettre plus bas que terre. J'étais tout simplement hors de mon corps. Ou hypnotisée. Une lumière s’empare de lui. Un fluide orange iridescent suinte par tous les pores de sa peau. Il est nu. La puce sanglante vulgairement abandonnée dans le tas d’effets personnels maculés de sang. Et j’étais toujours autant incapable de me déplacer, ne serait-ce qu’un doigt pour presser l’écran tactile.
Yuri regarde le désert par un écran de contrôle. Nous recevons en direct les images d’une émeute en cours. Ici ou ailleurs. Dans cette Centrale ou une autre. Il suffisait d'une étincelle pour mettre le feu à ce magma de désirs de destruction refoulés. Tous les prisonniers ont cette lumière dans les yeux.
— J'ai toujours connu cet endroit. Toi aussi jeune femme. Ta réalité n'est qu'une projection fade et sans saveur. Une illusion sans profondeur. Là où je suis je lève le voile sur un monde empli de vibrations interdites à vos sens. L'écran a totalement disparu. Brisé. Le monde me parle de nouveau comme il a toujours su le faire. Il est temps pour notre espèce de mettre les pendules à l’heure.
Il prend congé de mon corps marinant dans le sang de mes sœurs. J'observe sa progression sur les dizaines d'écrans qui me font face comme un montage de plusieurs réalités concurrentes. Il retrouve une moto au palier numéro deux. Remonte par tous les étages souterrains pour transpercer un sas de sortie ouvert à la tempête de sable. Le désert lui ouvre les bras. Stop devant la dernière caméra de surveillance pour m'envoyer un ultime message. Je ne peux pas entendre ce qu'il dit mais ses lèvres me parlent comme s'il utilisait un langage connu de tous. Un groupe d'hommes apparaît dans l'écran de contrôle de l'escalier. Je ne retrouve l'usage de mes sensations que pour goûter une dernière fois à la douleur.
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Texte complet (3 chapitres) disponible en livre numérique (fichier EPUB) en cliquant ici : YKS2_La-Centrale_Walter-Van-Der-Mantzche_2014.rar / Compatible tablettes, liseuses et pc (via logiciel Adobe Digital Editions)


Mahmoud Amazigh Gnawa negh 2014 (Clip Officiel)

This song deals with the amazigh roots of Algeria. The topic is the culture, history inherited from our forebears (forefathers). The video is shot in Boudjellil and neared villages in the region of Bejaia (Algeria). The music is shaped from native ones both in the north and south of Algeria. 

CONFUSED WORLD / IT WAS A TRAP / ALYENS

jeudi 28 août 2014

Mathias Richard & BlondBlondBlond & Ed Mudshi vendredi 29 août @ La Salle Gueule (Marseille)


Ce vendredi 29 août 2014, Mathias Richard donnera la lecture-performance "Vokal_01"
(8 rue d'Italie, 13006 Marseille)

Il y aura aussi des concerts de ces deux groupes complètement barrés

(free punk rock fusion jazz)

(cartoon raï new orleans cabaret)

Début de la soirée à 20h30
Participation aux Frais : 5 Euros

L'événement sur Facebook :


mercredi 27 août 2014

Veille mutantiste 140827

Retranscription de l'interview de Dinos Chapman (Frères Chapman) dans Tracks du 25 aout 2014 :

"On ne s’intéresse pas aux tabous. On s'intéresse aux points de faiblesse. Aux endroits où les idées peuvent un peu muter, où elles peuvent faire des choses qu'elles ne sont pas sensées faire, où elles pourrait être incomprises. Tous ces endroits où le langage se brise, où il cesse d'être utile, où il devient un peu moins fonctionnel."


"Je ne suis pas nostalgique, et je ne crois pas au progrès. Il n'y a que le présent, le passé c'est des mensonges et le futur n'a pas encore eu lieu."


"Ce sont les réalités de tous les jours, on ne fait que décrire le monde qu'on voit. L'objet n'exprime rien. c'est le spectateur qui exprime quelque chose."



"Les mannequins c'est pratique. ils ressemblent tant à des gens que les gens oublient qu'ils ne sont pas des gens. Ils sont drôles. Ils font des choses que tu ne peux pas vraiment contrôler. Ils ne sont pas très rationnels. "


"Il n'y a pas de message. Il n'y a que des questions. Ca c'est politique. L'art pose des questions, et c'est un acte politique. Tu entres dans une galerie et tu es en sors avec des questions plutôt qu'avec un sentiment de bien être."
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