mercredi 18 septembre 2019

kratoievski




kratoievski 

/ KHALID EL MORABETHI

vendredi 13 septembre 2019

Grenouille


Du feu dans les cheveux,
Une grenouille
Déboule dans une flaque.
Mon malade a l’œil
Betterave.
Le cœur toujours proche
De l'arbre qui tombe,
Un nombril cancre
Qui ne veut pas sortir.
Les prunes sur la lune,
Envoi de miel
Par mail.
J'ai perdu une partie de moi
En jouant aux billes.
Exister face à son miroir
Et à cette machine bancaire.
Je danse avec un nuage jaune
Et joue au foot
Avec mon troisième pied.
Le silence distribue
Du pain aux ordinateurs.
Cimenter ses organes
Pour vivre une vie stable.

lundi 9 septembre 2019

MANUEL DESTINE AUX NOUVEAUX ARRIVANTS DANS L'ENTREPRISE








Bonjour,

je suis courte sur pattes. J'ai les hanches arrondies, le bas-ventre légèrement gonflé et une tête minuscule. Je me déplace en crabe.

Je me précipiterai vers vous chaque matin pour vous faire la bise, et un sourire, que vous reverrez sans doute.

Ensuite, vous aurez droit à un temps calme au cours duquel un épouillage collectif sera proposé. Facultatif, il permettra par la suite de faire le tri entre ceux d'entre vous qui auront droit à quelques jours de répit et ceux à envoyer à fond de cale.

Puis, ce sera la distribution des tuyaux en plomb. Ne les perdez pas. Sinon, vous entendrez de mes nouvelles.

Le reste de la journée sera dédié à l'utilisation d'interjections comme « génial ! », ou alors « merci beaucoup ! ». N'hésitez pas à faire des notes de services vantant les mérites de vos collègues, de façon à multiplier les dej' lors des prochains mois, oùvous me reverrez sans doute.

Regardez dehors. Le ciel est bleu. L'air est frais mais pas étouffant. Je vous propose d'aller déjeuner au parc. N'oubliez pas votre tuyau de plomb, n'oubliez pas, vous êtes en période d'essai. Et si la journée se termine bien, alors vous vous reverrez sans doute.

vendredi 30 août 2019

Signet


Tu veux bronzer mais t’es raciste ? Pas cool Pascal, c'est très très traître. Punition : t’as roulé mille kilomètres mais y a tellement de monde sur la plage que tu vois pas la Mer. Pour te consoler, on parle par vagues. On se met des vêtements de sueur. On explore comme on respire. On explire comme on respore. Tout est culte. L’espoir fait vivre et je vis. Je me sens seul parce que je suis seul. Vivre mieux : ce produit n'est plus disponible.
Peut-être se suicider serait plus facile que de déménager ?
Peut-être se suicider serait plus facile que de devenir quelqu'un d'autre ?
Peut-être se suicider serait plus facile que de changer de vie ?
Tour de magie : se faire disparaître soi-même...
Cependant, une chose simple que j'ai apprise de toutes ces années : je veux vivre. Je veux vivre, pas mourir. Je veux vivre le plus intensément et le plus longtemps possible. (Profitez de la vie, il est plus tard que vous ne pensez.)
Je ne milite pas pour la rupture entre les êtres, je suis obsédé par ce qui réunit, ce qui « nous » réunit, ce qui peut nous réunir. Le temps entre le temps. (Le temps passe entre les jambes, entre les gens.) Le temps est partout. Le temps entre le temps est partout. Nous perdons du temps. (Calcul en cours.) Tombeau d'idée, passé cassé. Le cauchemar de l'indécis : avoir accès à tous les moments, toutes les époques, simultanément. On est plus longtemps vieux que jeune ! L'argent me gagne. L’argent me dépense, me gaspille. L’argent me jette par la fenêtre. M'habille pour que je sois nu ensuite, contre ma femme. Son cul est ma joie (équation). Ma religion -le rock- a disparu mais j'y crois tellement que je pense qu’elle peut renaître à chaque moment, à chaque instant. Vraiment. C’est comme une éclaboussure d’essence multicolore et impalpable qui teinte et aquarellise tout ce qu’on voit et irradie et intensifie, et place des petits traits vifs d’intensités (roses luminescents) autour de chaque chose. 
Quand une personne n'arrête pas de se demander ce qui ne va pas chez elle, et qu’elle finit par s'apercevoir qu'en fait elle va bien ! Et que c'est les autres gens qui vont mal ! Et, ce n’est pas une si bonne nouvelle, car être différente, même en bien, c’est une solitude, une coupure, et, au final, une souffrance… Cette personne est condamnée à se chercher des semblables, qu’elle ne trouvera peut-être pas.
J’écoute de l'Electro Body Music en mi bémol mineur, de l'EBM en Ebm. Au loin dans la rue je vois cette femme qui se regarde longuement dans une vitrine. Elle part. Je m'approche et regarde dans la vitrine, pensant que son reflet y est toujours. 
J’ai mis du temps à comprendre que ce que je pensais, vivais, ressentais, les autres ne le pensaient pas, ne le vivaient pas, ne le ressentaient pas. Je pensais que ce que je pensais, tout le monde le pensait, que c’était une banalité, une chose entendue. J’ai mis du temps à comprendre que je n’étais pas comme tout le monde, ou que tout le monde n’était pas comme moi. 
Free fight : goutte d’eau contre océan. Les paris sont ouverts. Dans un monde fait par d’autres, et qui disparaîtra bientôt. Historienne de l'avenir, avec mes collègues les prophètes, on a déjà mangé demain. Les fleurs devraient survivre sans nous. On se ressource dans l’ailleurs, le dehors. On se ressource dans ce qui n’est pas nous. On se ressource dans ce qui n’est pas maintenant. On se ressource dans ce qui n’est pas ici. Ce qui nous sauvera, si quelque chose le peut, c’est quelque chose de complètement à l’envers de tout. On vit à l'envers de quelque chose d'autre.



mardi 20 août 2019

lettre d'hypermotivation


balise les zones glissantes parachève la broderie approvisionne les engins d'exploitation sélectionne les outils lames de scie couteaux identifie et diagnostique les difficultés des personnes
pilote les audits qse applique des gammes de peintures vernis enduits ou laques

encadre définis conçois actualise cuis des viandes dose épluche mélange cerne accompagne informe sensibilise définis développe un portefeuille propose rassemble rédige identifie les motifs de tension les dysfonctionnements les dégradations les risques de conflit

postule intègre collecte complète prépare questionne désinfecte décontamine pose assemble contrôle détecte monte positionne règle retire colle

renseigne les supports de suivi d'intervention et transmettre les informations au service concerné

teste et contrôle les systèmes de sécurité et ajuste les réglages des éléments mécaniques électriques électroniques hydrauliques

repère les éléments défectueux et procéder à leur changement lors d'interventions de dépannage ou de maintenance

contrôle les organes de sécurité

travaille dans la sécurité et l'éthique suis adaptable volontaire autonome curieux apprécie le travail d'équipe aime le contact clientèle ai une bonne présentation et fais preuve de discrétion possède une capacité d'écoute un esprit d'initiative le sens de la collaboration et le sens de la communication créativité ai de l'expérience de la rigueur un intérêt pour les animaux suis minutieux dynamique autonome ai le sens du service et de l'écoute une expérience significative véritable ambassadeur de la marque

service rapide

souriant ponctuel dynamique curieux motivé volontaire et organisé doté d'un excellent relationnel d'une bonne élocution ai le souci du client force de proposition

diagnostique contrôle réglage plonge
ciblage modalité

traite recueille sélectionne traite nettoie dresse participe procède réalise rédige

applique les produits ascenseurs escalators trottoirs roulants et systèmes de transport horizontal
bride des masques barde des sérums vide des crèmes et tranche des visages maquille des rendez-vous manucure des mesures correctives
codifie les anomalies conseille la marchandise collecte les prototypages
positionne des armoires électriques fixe raccorde des régimes et des textures adaptés
encaisse les zootechniciens
conçoit des recettes de comptables
impute et valide des commerciaux

range les fissures
essuie la clientèle
téléconseille les moteurs
massicote les chefs de projets
répare les gestionnaires de recrutements
contrôle la géométrie des pizzaiolos
réalise une garniture de flux
ajuste les consultants en coupes glacées
tourne les sièges sociaux en pâte à crêpe
cuit la rigueur et mélange les profils
alarmes et embrayages ludiques
rayonne du coach
vaisselle de coques suspension de vitres
permis fuite obligatoire
écoute curative
détermine les besoins thérapeutiques des gaz traceurs
recense les symptômes des gestionnaires administratifs
déplacements nombreux dans les piscines et les toitures déformées
sur les tables de la beauté de la viande
cerne l'environnement de la vaisselle et des démarreurs de stockage

propulse techniquement des cocktails alcoolisés booste les déchets

accueille la cave des personnes
supervise les radiateurs esthétiques
inspecte la bienveillance le résultat l'enthousiasme et l'adaptabilité le tout dans la bonne humeur
boule
pétris
conduis la fermentation des agents de sécurité
détecte les viennoiseries
sourit aux boissons à la cire orientale
opère les fournisseurs
procède veille convivial efficace rapide
aspire aux réseaux enterrés
organise réalise prend en charge hygiène et polyvalence
Unique par son histoire son architecture de viande emballée éclectique sa situation en figure de proue rattachée à la gérante fraîcheur
dans un cadre alliant tradition et modernité téléphonique et physique
désossage courant exigé
prime bilingue salaires acceptés
aisance des données élocution des contrats
prospecter les méthodes
et réaliser les prospects
vendeur de vendeurs biologiques en prise de recul
esthéticien participant à la participation participative
critique et émet l'exploitation de critique aéroportée
sert les serveurs en service
enquête sur les enquêteurs
dessine les dessinateurs
questionne les questionnaires
formule des formulaires
chargé de non-conformité
conducteur de nuages
responsable du vent
déménageur de soleil
flexibilité horreur
procéder aux vérifications de la poussière
contemplateur de motte de taupes
secrétaire de rouille
rêveur
ne maîtrisant rien déjà pourvu
fracturation et frappe coquilles eriueirur syntaxique
rireur rieur rirateur risateur risationniste
appréciateur de pluie
goûteur de lentilles vous serez en charge de rien du tout
faites ce que vous voulez
vivez ou pas on s'en fout on s'en bat la race
marcheur
mou glandeur désordonné
ami de plantes vertes arroseur
caresseur de chiens
senteur de fleurs d'herbe de cailloux sous les pieds de terre
sentateur sentationniste sentationnaire sentonisateur
expériencateur
connerisateur
connerisationniste
regardeur de comédies italiennes japonisateur
danseur sur linoléum méditateur
yogi
ronce
plantain
riz
œufs
jeûneur
ortie
écrivailleur écrivassier écrevant éréveur érévant écrevasse érieur émuet esseulé éheureux écalme écaille ériant évoilà échercheur etcaetera
décousateur décousationniste
cherche du travail à travasamuser travajouer travarire travapprendre travacréer travadormir travaaimer travadormir travarespirer
respirateur
musclateuteur
coureur courateur
frigogisationiste
mangeur mangeasionnaire
souriateur
calmateur
soleilleur
pluieur
venteur
cuisinoriste
écriviste
écrivateur
appreneur
bordelier
apprenassier
joyeur
juteur
jouteur
joureur
chercheur chercheureur cherchereuriste cherchateur chachateur
joueur

bisous


dimanche 18 août 2019

VORTEX AVRILLÉ



"Ce n'est ni la banlieue de Moscou encore moins le Pérou, juste un petit coin angevin qui s'appelle Avrillé. Ce bled paumé en Anjou, donne c'est vrai, parfois envie d'aller toozer à Saint-Tropez ou faire le malin à Berlin. Alors avant les Replays des films de Mocky à la télé comme Agent Trouble avec Borhinger, on va se promener dans les environs, donner des croutons à des bourricots aux poils longs ou ramasser les mûres à la fin de l'été. On peut jouer au jokari près des chantiers, situés à l'orée des bosquets. En allant aux Rosiers, la résidence des mémés, on achète des crumbles et des romans faciles comme Le manuscrit retrouvé au Carouf city. On passe devant le café bondé le dimanche après la messe et alors ma foi, il suffit de recentrer l'instant, là où il est, celui d'être vivant avec ses parents à cinquante ans et profiter de ces petits riens à Avrillé."

samedi 17 août 2019

30%




La dalle bien avancée. J’ai un immeuble en bois bien avancé. Les veines sont plus fortes que les bras. Des graines bien avancées. Le pavillon fait la tête. Je n’ai pas le souci du détail. Sur la plage arrière, j’ai des mille-pattes bien avancés. L’accélérateur n’existe pas. J’ai des batteries bien avancées. Un cœur bien avancé. Je n’ai pas la rage, il n'y a pas d’animaux par ici. J’ai un sang-froid bien avancé. Je prédis l’avenir sans le savoir. Je ne perds jamais, il n'y a pas d’humain par ici. Je parle par le cou de la grande gorge de la belle blanche crâne.  
Khalid EL Morabethi

vendredi 9 août 2019

Naples 3.0


Sur les murs de Naples,

Dieu dégoulinait à chaque coin de rue.
Dans les regards absents,
Dans les vitres brisées,
Dans le béton noirci,
Dans une détresse solennelle détournée en fierté,
Au creux de la poitrine des femmes,
Jusque dans leurs ventres vides.

De partout,

Sauf dans le cœur des gens.
Comme lorsque l'on évoque trop une chose demeurée absente.
Un souvenir perdu
Un vacarme qui perdure
Un silence mort né.
Dans ce carnaval sans substance,
Certes
Sans peur,
Mais sans amour,
Il partent ouvrir leurs courtes vies,

Pour de la merde.

lundi 5 août 2019

"La vie allongée"

"La vie allongée". Mon premier court-métrage expérimentalo-poétique.


vendredi 2 août 2019

Venus in a garden

Au début c'était un texte… Sitting Pretty
sur la relation Muse/Peintre

Puis une performance dansée de 6 minutes
sur l'objectification du corps féminin à partir de tableaux de la Renaissance italienne

Pis c'est devenu un solo de 15 minutes
performé en Toscane il y a deux ans

Et finalement, c'est un poèfilm expérimental

en ligne


Venus in a garden from Oddinmotion on Vimeo.

jeudi 1 août 2019

Maintenant

Plus tard, ça n’existe pas. Plus tard, c’est maintenant.
Avant, ça n’existe pas non plus. Avant, c’est maintenant. 
Plus tard, c’est maintenant. Bien plus tard, c’est encore maintenant. Et maintenant, c’est maintenant.
Maintenant, c’est là. Là, c’est ici. Ici, c’est proche. Ici, c’est ce qu’on sent. C’est ce qu’on sent à cet instant, précis, dans cet air, cette vibration, cette présence, cette co-présence, ensemble. Là, c’est nous. Et nous, c’est toujours. Et toujours, c’est maintenant. Et maintenant, ça nous tient. Et maintenant, ça se défait, et se refait, et se redéfait, et se fait d’une autre manière. Maintenant, ça bouge, ça nous tient, c’est ici, pas pour longtemps, mais pour toujours. Maintenant, c’est pour toujours. Et pour toujours, ce sera maintenant. Maintenant c’est pour toujours, plus tard ce sera maintenant. 
Nous continuons. Nous allons de l’avant, partant d’un avant qui n’en finit pas. 
Et t’en fais pas, on est là. On est là, maintenant, pour un petit moment, un bref moment. Mais ce moment, c’est pour toujours. C’est pour toujours, quelque part, même quand on ne sera plus là. Maintenant, c’est là, c’est en toi et c’est en moi. C’est pour toujours. Quelque part. Car le temps a plusieurs sens. Dans le maintenant, il y a quelque chose qui part, qui disparaît. Dans le maintenant, il y a aussi quelque chose qui est là pour toujours. Car le toujours est dans chaque instant. L’éternité est dans chaque instant. 
Dans chaque petit maintenant, il y a quelque chose qui part, et il y a quelque chose qui est pour toujours. L’éternité, c’est quelque chose que nous vivons à chaque seconde. Dans chaque seconde, il y a de l’éternité. Dans chaque seconde, il y a quelque chose qui ne sera jamais pareil, qui disparaît à jamais. Et dans chaque seconde il y a une éternité.
Nous pouvons sentir l’éternité, elle nous frôle. Nous pouvons sentir l’éternité. Dans notre courte vie, nous pouvons la sentir.



jeudi 18 juillet 2019

On n'a plus de lit


On n'a plus de lit. On est perdu, y a plus de forêt, y a plus de maison... y a plus de fenêtre. Y a toujours un téléphone. Mais y a plus rien d'autre. Y a plus de draps, y a plus de chaleur, y a plus de repos, y a plus d'arbre, y a plus de soleil, y a plus... Y a plus de femme. Y a plus de joie. Y a plus de nourriture. Mais y a des mites, et y a des téléphones. On est perdu. Y a des volets. Y a des volets mais y a pas de maison. 

Se réveiller est une aventure. Ce moment où on se réveille et on ne sait plus qui on est. Tu te sens décalée, larguée, mais souvent quelque chose d'intéressant naît des décalages. Tu t'es longtemps engagée dans des activités psychiques interdites, inédites. Seul ton monde a créé une simulation dans la simulation. À force d'être née. Tu commences à comprendre. Quelque chose. Conviction personnelle : la réalité est réelle. Ton visage est découpé, redessiné, par les contours d’un autre visage en face de toi. Tu distingues nettement toutes les cellules de ce visage. Sa pensée dans ta pensée, ta pensée dans sa pensée. Une femme plusieurs ambiances.

S’ennuyer est mieux que mourir. Faire des cauchemars est mieux que pas dormir. Chez soi angoisse, dehors libère. Fumer nuit, la nuit te fume. Parti pour rester, tu perds un père. Triste à mourir de rire. Même si c’est vrai t’y crois pas : tu le connaissais juste assez pour savoir que tu le connaissais pas, à part que pour le pire c’était le meilleur, aussi barré qu’un drogué mais sans drogue, tellement doué, mais encore plus con qu’il était doué, la tête de Turc des Turcs, un nazi néozélandais, une alien malienne lesbienne. Il y a pire que perdre, il y a gagner quand on aurait voulu perdre (il est des victoires honteuses), mais tu ne peux pas annuler l’annulation… (Si tu le tues, il devient encore plus puissant.)

Surnommé l'homme alphabet, obsédé par le crime et le langage, son corps est entièrement tatoué de lettres. Son cerveau est fait de pièces détachées. Des mécanismes entrant dans la formation de l'appareil à « penser les pensées ». Son pas pense, ses pas pensent. Au point de se prendre le pied avec la langue. De se coucher de plus en plus tard, de se lever de plus en plus tôt. De se lever avant de se coucher. De fauteur à auteur. Tu voulais étudier la vérité, eh bien tu es servi. Tu ne vois personne. Tu t’amuses avec toi-même. Tu ne vois plus, tu n’entends plus, tu ne marches plus. Mais dans ta tête ça va très bien. La bière est un bon livre. Ton héros c’est Hitler, et tu me prends dans tes bras en me disant en allemand que je suis « Envoyé par Dieu ». Je me demande comment le prendre. Le problème des attentes c'est qu'elles sont souvent déçues. Le mieux est de n'avoir pas d'attente (jamais, en toute chose). Mais c'est difficile. Comment être indifférent ? Une fois acquis le fait que nous sommes seuls, il s'agit de relever le défi de nous relier. Et je suis cartésien à lier. 

En ouvrant les volets et regardant dehors, quelque chose (parmi d'autres choses connues ou moins marquantes) attire mon attention en bas de mon immeuble, et me rassérène, me fascine, me fait du bien aux yeux et à la tête :
L'eau qui coule en plein soleil sur le trottoir, le caniveau, la route. Les reflets du soleil, de la lumière, sur l'eau en mouvement. Sur un trottoir bitumeux, hybride, plein d'irrégularités, déchiqueté, en milieu urbain (et pauvre, pas entretenu).
Aucun mot, aucune photo, aucun film, ne pourra remplacer cette sensation, en être l'équivalent. Le numérique peut capturer cela pixel par pixel, micron par micron, mais au final cela n'a rien à voir. La réalité est irréductible. La captation de la réalité n'est qu'une illusion, un pis-aller, une distraction.
Conclusion : il faut vivre la réalité, directement (sans médiation, représentation), le reste est secondaire. NO-FI.

Tu es la première personne qui a eu Internet.
C’était dans les années 80. Tu n’as voulu le communiquer à personne car tu savais ce qui arriverait, mais il y a fini par avoir une fuite et c'était foutu. Tout le monde a eu Internet, et personne ne se souvient de toi.

Attends. Chuis d'accord avec ce que je viens d'imaginer que tu penses que t'as pas dit. De temps en temps tu prends ton téléphone et tu parles dedans pendant des heures (il est éteint), ça te fait du bien. Tu as perdu l'odorat, mais t’as encore le souvenir des odeurs. À mi-chemin entre tout : ta fille ressemble à ta mère. Ta fille est ta mère. Tu randonnes à l'intérieur de ta propre tête. Jusqu’à tomber dans le trou qu'il y a dans ta gorge. Ça éternue, tu t’envoles. Trophécie neuroplastiquée. Comme une barque échoue, détruite, sur une grève après une tempête, Marseille est une ville sur laquelle on échoue. Quand une vie sombre, les jours ne comptent plus. Quand une vie est maîtrisée, chaque jour compte. Si on la laisse faire, la tête aide à survivre. On tatoue les feuilles, on tatoue le papier avec de l’écriture, des trucs. L'ignorance nous protège d’un tas d'émotions. Les endroits qu’on a habité habitent en nous. T’arraches la tête de la poupée pour en faire une balle ! Trop feignant pour te suicider, tu célèbres la Terre, la vie. Quand t'as un soleil comme ça qui te tombe sur la figure, tu peux pas t'empêcher de sourire (même si t'es triste). Courir est une joie. Il faut que le corps l'emporte. Il faut que l'instant, le toucher, le corps, l'emportent. Il y a quelque chose de triomphal en toi. Qui lentement s'éteint. La vibration est ce qui nous sauve, ce qui sauve nos vies. Face à ce concert, les gens ne savent pas s’ils veulent pogoter ou méditer ! Ils décident de méditer par le pogo. Ton cerveau commence à danser par l'intérieur. Ton cerveau met en application toutes ses pensées, tout ce que tu sais, quand tu danses. Tu écrases les moustiques sur ta peau, ils deviennent des grains de beauté, tu ne peux pas refuser cette mutation. L'insecticide de l'un est le nectar de l'autre.

- Y en a ils ont tout, tout de suite, puis ils meurent vite. Y en a ils ont rien, jamais, et ils ne meurent pas. Choisis !
- OK la deuxième. Mais qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire de tout ce temps gagné ?
- Eh bien on va le perdre !

La nourriture : on fourre ça dans un grand trou dans son visage. Et ça met un peu de lumière dans les entrailles. On met de la pâte dans son corps pour continuer à vivre. On a vraiment une passion pour la matière corps. Le problème c'est que c'est souvent précisément ce qui soulage qui nous fait du mal. Souffle, répétition, identité, reproduction, mariage, temps. Dans le trou du cul du monde, on peut péter autant qu'on veut ! (Ce poème est en cours d'adaptation chez HBO.) Émergeant du sel des océans morts, on roule dans des sortes de grosses lunettes de soleil motorisées. Mon nouveau groupe : Bad Trip Bruel. On prévoit de percer vers l’âge de cinquante-cinq ans. Comme je serai majeur à cent piges (de toute façon, tout ce qu’on fait avant soixante-dix ans c’est de la merde), pile pour ma mort en 2074, on pourra donner juste avant, pour l’occasion, un jubilé, lors des fameuses révoltes de spectateurs en robes qui montent sur toutes les scènes du monde, prennent le contrôle des théâtres, des opéras, des salles, des lieux, mais aussi des places et des rues, pour fouetter les acteurs, les mettre en ligne pour leur faire faire la queue, au garde-à-vous, les congédier, et imposer des performances bien plus fortes et supérieures, à la lueur des flambeaux dans une ambiance de bûcher, antique et révolutionnaire, une fièvre vraie. 

En savoir encore plus : OK. Gravement dépendant à la conscience humaine (« addicted to human conscience »), Google est mort. Overdose... Du coup, par mesure de précaution, on doit tous changer de cerveau.

Google est mort ! On doit changer notre cerveau !

Mise à jour du Monde.

Chantier.             Chant entier.

Veuillez réessayer ultérieurement.

(Mets pas la souris dans la chatte.)

Comment envoyer un mail au monde entier ?
(Contrainte : sans internet).

Mise à jour du Monde.

En savoir beaucoup plus :

OK.

Veuillez réessayer ultérieurement.

Vaut mieux du flou qu'une mauvaise précision. 

Vous pouvez vous retirer en toute sécurité.

Tu te sens comme un poisson dans l'eau ? Jette-toi dans le port ! Ambitieux même dans la dépression totale, chuis la personne qui vit un enfer pour que d'autres puissent faire la fête. Ils doivent me tuer pour vivre mais ils sont pas méchants. C'est comme si un chien avait clamsé dans ma tête, un Tchernobyl psychiatrique, une vague que j’ai retenue toute ma vie mais là j'y arrive plus. Ras le cul. Pète un plomb. Ras le cul, ras le cul... J’arrête d'avoir un avenir. Après m'être informé sur tout, j’en conclus que : ce. monde. ne. m'in.té.resse. p.a.s. Tout ce que je veux, c’est des pilules. Une pilule pour le deuil, une pilule pour dépasser les peines, une pilule pour la douleur, une pilule pour ressentir la joie, une pilule pour sourire, une pilule pour faire de beaux rêves... 
- Il y en a une pour moi stp ?? Une pilule anti-pensées sinon ??
- T’inquiète pas, des ouvriers s'occupent de tes souvenirs. On t'amène à croire que le mode de pensée que tu cherches à défendre est en fait une maladie ou un handicap mental, une forme d'anomalie. Regarde mes dents. En rangées concentriques. J'ai tué ton père, j'ai tué ta mère, vote pour moi. Si t'étais un robot je dirais que t'es mal réglé. Ton incompréhension des choses est quand même assez développée. Même le jour de ta mort tu seras inquiet pour ton avenir. T'as fait quoi comme cauchemar ?
- J'ai rêvé de toi. J't'aime bien mais tu vénères des merdes humaines, c'est un peu gênant. Toi, l'homme qui ne sait pas dire « Je ne sais pas » ! Chaque fois que tu regardes un truc ça s'éteint. 
Dans un Marvel ils tuent le cinéma.
En Antarctique, les frigos sont chauffés. 
À Singapour, les chewing-gums sont interdits.
Sur les plages de Djerba, plus de cadavres que de vivants. 
Entretien : cette vache snob ne regarde pas les trains 
« mais les grafs sur les trains ».

Mettre ses textes sur internet, c'est comme jouer dans le métro. Certes c'est moins bien qu'une salle de spectacle mais y a plus de chances que des gens vous entendent. Pow ! Pisser en bandant ça en fout partout. De la délicieuse liqueur de chiottes. Une lumière de vin rouge. Ma voix est aux  objets trouvés (une voix poilue). La substance et la logique ne sont pas sorties de mon système. Les livres écrits pour des résidences ou des bourses sont des livres sans nécessité – en conséquence sans intérêt. Je n'ai plus de série ou de film à regarder. Je n'ai plus rien à regarder. Enfin. Cela faisait des années que cela ne m'était pas arrivé. S'il te plaît, ne me conseille rien. La « Fête de la Musique » en gros c'est des DJ qui veulent te vendre de la bière ! Formule de protection : Cybercrust_initiate.exe. Malgré toute sa merde, cette ville est si belle que ça rend triste. Peu commettent des suicides, mais presque tous s'autodétruisent. Lance-pierre contre drone. Cet hiver est un crime. Des très grosses gouttes, très lourdes, éclatent comme des bombes au contact de ta peau sur vélo. Des araignées qui tissent ensemble peuvent emprisonner un lion, des gouttes peuvent t’assommer...

Œil-ciel (ciœil) : soirirréelle, harêve inversexe, hypnothèses. C'est l'histoire d'un chat pacha, qui allait au Panama. T'aimes quand les choses font les gens pour toi. Les filles se branlent sur tes jambes. Ça sue ça c'est sûr. Ton visage est baigné de la pisse des morts. À ce point-là c'est plus du perfectionnisme, c'est de l'égarement. On est tellement bio qu’on est pourris, les postillons sont des chicots. Gagner les matches qu’on mérite de perdre, perdre ceux qu’on mérite de gagner... J'ai l'impression qu'on entend le beau temps. M’accroche aux branches de tes hanches. Coiffure énergénétique, chinafriquaine. Déesse de compagnie. Une surfemme ? Une extrémofille ? Elle me trompe avec des putains de papillons. Rien qu'avec la masse de ses fesses on pourrait façonner un corps. (Un pays ?). Jours d'extase. (Days of extasis). On porte la vie comme un flambeau. Joie boit. Brûler, en harmonie, en feu et en fleur. Mutation / variation / transformation / développement / devenir / Protection contre les exploits. TENIR. Nous sommes tous des déclencheurs. Tu as compris de la vie ce que tout le monde a compris. (Si tu lis cette phrase je t'aime, passe une super journée.)




it's like eating chocolate cake with the devil's aunt




it's like eating chocolate cake with the devil's aunt

mercredi 17 juillet 2019

Un jour on tombe malade


Un jour on tombe malade, et tout s’arrête soudainement. On ne peut plus sortir, faire des courses, des activités, voir des amis, voir des gens, faire du sport, aller à des concerts, dans des bars, chanter, travailler, se promener… Tout s’arrête, on n’est plus qu’une carcasse qui se traîne, une respiration douloureuse, qui vit respiration par respiration, non pas « au jour le jour » mais « à la respiration la respiration ». Cela arrive d’un coup, tout s’interrompt, se fige, on n’a très rapidement presque plus personne à qui parler, et le fait de souffrir en continu rend le caractère mauvais, ce qui fait fuir les dernières personnes attentionnées. On fait le vide, la vie devient un grand vide, avec juste des actions de soulagement, et la pensée de plus en plus omniprésente de son butoir, de sa fin concrète, et la volonté de mettre ses affaires en ordre en préparation de sa mort, et ne pas y arriver car on n’a plus de forces, s’inquiéter de cela. La vie a complètement changé. Les soulagements ont disparu. Il n’y a plus de tabac, il n’y a plus d’alcool, il n’y a plus de sorties, de grandes discussions joyeuses, de danses, de projets. Le sexe paraît plus difficile, moins intéressant. On doit tout, absolument tout, annuler. Il n’y a plus rien. Tout s’arrête, le monde n’est plus le même, le monde s’est entièrement remodelé, la vie apparaît très différemment, avec beaucoup de recul, la plupart des choses paraissent inutiles et superficielles, c’est étonnant qu’elles aient pu exister, il paraît évident que ça n’intéresse plus personne, que personne ne peut continuer à vivre comme cela, que la vie c’était juste une machine emballée, absurde et que maintenant tout le monde a compris. Plus rien ne sera jamais pareil. On vit dans un nouveau monde, un autre monde, lointain, plus sage peut-être, dépouillé, débarrassé, dans laquelle on sait que chaque journée est possiblement la dernière, que chaque geste, chaque action, est important, un miracle, quelque chose de rare. 
Et un jour, après des mois comme cela à l’écart, on sort enfin dans la rue, marcher quelques minutes. Et alors frappe quelque chose de terrible, de bouleversant, de froid, de tranquille : le monde a continué comme si de rien n’était ; rien n’a changé ; tout a changé pour soi, mais rien, absolument rien, n’a changé pour les autres, qui ne s’en rendent même pas compte. On est étonné d’en être étonné. On voit tout comme une sorte de machinerie infinie, absurde et indifférente, qui continue avec ou sans soi, sans sens particulier. Tout s'est immobilisé pour soi mais pas pour les autres, qui continuent et vivent comme si de rien n'était. Comme un pilotage automatique. On est tel un mort (un absent) qui se promène au milieu des vivants, et les vivants semblent doucement mécaniques, répétitifs, inconscients, prévisibles, dans leurs buts, préoccupations, actions, discussions, façons de parler, projets, plaisirs. C’est un sentiment très étrange d’être au milieu de cela et de l’observer. Puis de rentrer chez soi.

Quand tout change pour soi, c’est uniquement pour soi, rien ne change pour les autres.
Quand tout s’arrête pour soi, c’est uniquement pour soi, rien ne s’arrête pour les autres.
C’est une évidence, mais c’est une évidence qui reste étonnante, troublante, quand on la vit. On voit, on sait, on constate, que l’on n’est rien, que soi-même n’est rien, n’a aucune incidence, que nous sommes tous séparés dans des vies et des espaces-temps irrémédiablement différents.







mercredi 10 juillet 2019

Titre




Ruissellement ou ass ou fainéant ou sans dent ou jupiter ou sculpture ou sans titre ou constellation ou on assume ou résidence ou bientôt malade des poumons ? ou subvention ou moisi ou quel parfum ! ou matelas palette champi ou poésie contemporaine ou hutimidité ou quotidien ou solitude ou instant ou installation ou barricade ou on progresse ou untitled ou
champignons ou origine inconnue ou 87 ou Nouvelle-Aquitaine ou Alain Juppé et Barbara Cartland ou Art'Lokal ou Frac F(r)acture ou Rires ou Vuitton ou gazinière ou 2019 ou «ou» ou arrêtez-le bon sang de bonsoir ou que la joie éclose ! ou il est fou, il est fou ! ou ça schlingue le
traceur ! ou psychomagie ou blague sérieuse ou Avant et pendant la canicule ou Joie ou Fin des
humains ou après la piscine ou Matelas palette planche pourrie boites de sardine plante morte et ses feuilles cadres vides bout de ferraille ficelle poème à deux euros tronc de bouleau tuile brique pot en plastique couverture de livre ayant pris l'eau marteau brosse et javel traces d'encre dessin traces de moisi fusain stylo planète haïku pour l'humidité marc de café v'la la tondeuse polaroid enregistrements sonores ou Apprentissage ou Elle a eu son CAP ou Intimité ou Sans xylène sans toluène sans plomb extrêmement inflammable ou de la musique pendant le naufrage ou Concrétiser, enfin ou Assistanat ou envoyons le dossier ou  donnez-moi un titre ou etc ou bises ou tout ça à la fois ou … 

mercredi 3 juillet 2019

Puésie



Quoi de plus pénible et chiant que la poésie que ce qu'ils appellent la poésie
que la mauvaise poésie
que ta mauvaise poésie à toi en particulier qui n'est pas sans doute pas de la poésie
mais bien plutôt
de la
Puésie dégueue dégoulinant de l'ego

Qui voudrait naître et être
et n'est jamais
ne décolle jamais
se scratche à chaque phrase
(et, même pas, si seulement...)

Quoi de plus pénible souvent qu'un poète aux grandes poses sophistiquées ou au petites poses rachitiques
ou un poète tout court d'ailleurs

qui se définit comme poète
qui veut éclairer et qui n'éclaircit rien du tout
qui n'enfonce rien du tout
qui geint et qui pérore
qui ouvre sa bouche qui pue grave du bec le pourri la plainte le raté le ratatiné le taré

Quoi de plus pénible qu'une maison de la poésie
ou qu'une revue de poésie qu'une exposition de poésie qu'un centre de poésie qu'un festival de poésie

Suffit de dire son nom juste de l'écrire pour qu'elle se tire
Pour qu'elle aille se cacher pour gerber un bon coup dans un buisson rachitique

Elle fuit telle une fusée qui va exploser en partance pour l'espace

Ou comment tirer sur l'ambulance en feu et ses amputés.





dimanche 30 juin 2019




Le tentacule sous mes yeux de son ventre est née avec un moteur à l’intérieur de mon ventre sous ses yeux tu plantes des centimètres au milieu du ventre sous les yeux tu as descendu et tu te montres presque convaincu par l’idée et par toute l’existence, tu me laisses toujours insister et chaque jour tu me laisses te guider jusqu’à mon existence dans ton ventre sous mes yeux tu es illustré sous mon ventre dans tes yeux tu me trouves sublime, tu me critiques, tu fais le montage de toute la mécanique et tu découvres l’essentiel dans le ventre derrière les yeux tu m’observes, tu fais les paupières et tu t’habilles dans la nature qui dépasse le ventre dans les yeux tu me nourris, tu as menacé la mort, tu as pu échapper à la mort, tu m’as sauvé, tu te sens en sécurité et tu ne demandes pas combien de temps tu vas rester dans le ventre de tes yeux tu …
Khalid EL Morabethi

jeudi 27 juin 2019

Je suis en stand by


Je suis en stand by et je n'ai pas le temps.
Je compte les angles morts. J'observe leur raideur. Je différencie les parallélismes. Je regarde les trois sphères de lumières de ma vie. Je n'ai plus de temps à moi. Est-ce la création ? Suis-je sincère maintenant que je ne suis plus dans ma zone de confort ? L'étais-je avant ? Je suis en stand by tout en prenant le temps. Grâce à ce trou qui laisse entrevoir les pierres empilées de ma vie. Cimentées, on ne découvre d'elles que leurs extrémités des extrémités pointues, des extrémités qui coupent. Elles tranchent. Parois de l'intérieur de mon âme s'élance, enlace, prend le temps. Je ne sais pas où est ma zone de confort. Ne plus savoir comment dire, comment faire. Ne plus savoir quoi écrire. J'aimerais être seule parfois, pour p
ouvoir écrire, pour pouvoir ne rien faire, ne rien dire. Observer. Dormir. Rêver. Sombrer. Fumer. Je crois que cela ne se dit pas. Ces angles morts qui me surplombent, je dois continuer à les lire. Mais cela ne se dit pas. On ne dit pas cela. A l'intérieur, ça boue. Le bleu des flammes l'a emporté sur la froideur de l'eau. Je me suis extraite et c'est normal. C'est cet extrait de moi qui l'emporte sur le bleu cette fois. Le silence est la mort. On ne dit pas ces choses là, elles ne se disent pas. Ne sont pas politiquement correctes. La politique là, elle déraille. Il faut que je m'en aille, je n'ai plus le temps.
Je suis revenue cette fois. J'en suis pas revenu de cette odeur qui commence à tout embaumer. Elle scratch, elle claque, elle enlève, le blanc coton et remet la protection. Elle se talc et se met de la crème pour sentir bon. Elle est partout, elle marche au plafond. Je suis en stand by et je n'ai pas le temps. Pas le temps de lui courir après, pas le temps de l'attraper de la carreler au sol.
Ces âmes airent elles ont un goût amer de terre mais, ce sont des guerrières, on fait des rimes en ère pour omettre que c'est nécessaire de taire l'horreur des Hommes. On rimère pour être dans la monstration de l'ordinaire, du populaire et laisser passer la lumière à travers nos chairs. Je suis en stand by mais je prends le temps. Je prends le temps de remplacer le temps par la vie. Je caresse et je souffle. J’insuffle aux poumons l'oxygène. J'oxygène même en stand by.
Y'a des trous et des pics en plastique qui frottent le fond de l'Entre-deux-Mers en verre.
Y'a des bouts de seins en silicones qui restent là sans avoir la hantise de l'effroi.
Y'a des machines qui font des bruits incessants.
Y'a des sentiments de solitude qui prennent de l'amplitude et leur sollicitude en prennent trop l'habitude.
Y'a des instants accueillants mais qui trop incessants en deviennent lassants.
Y'a des absurdités dans ce que je recherche qui n'ont pas encore vu le bout de leur nez.
Y'a des boutons, des situations des conversations qui montent en pression
Y'a des arrêts nets qui imposent une cigarette
Y'a des diagnostics qui mériteraient plus d’acoustique.
Y'a des aboiements

Je suis en stand by.
Est-ce que j'ai le temps ? Me donnes tu du temps ?
Ils ne sont pas en stand by eux, ils sont actifs eux.
Ils ont des compagnons de route solides !
Ils sont solides malgré les dents qui les ruminent.
Ils sont en duo en trio, en quatuors à cordes, ils cherchent la magnificence des carreaux de leur colonne vertebrale.
Ils vertèbrent leur vie.
Ils penchent sur le côté pour trouver leur bout de terre.
Ils confidencent leurs maux avec des mots dont ils se servent pour toucher.
Ils tactilent les veines pour mieux entrer en eux-même.
Ils n'arrêtent pas de sprinter.
Ils y vont.
Ils foncent.
Ils crachent la force antérieur.
Ils arrachent leur écharpes et les enroulent autour de leur cœurs.
Pour les autres, ils tournent tournoiement des sens.
Là je liquide.
Je me liquide.
Je me liquide de la pudeur qu'il faudrait que je molarde à mon tour .
JE LIQUIDE.
Je lis.
J
je
j
je je
J'ai décidé de ne plus être en stand by.
Ca yé cette fois j'y vais.
Je vais faire comme eux.
J'y vais.
Je fonce. Quitte a tomber dans les épines de ma colonne je continuerais.
Cette fois j'y vais.
                                                                                                                             
                                                                                                                                       

Bûchette



extrait de "la commission"

...

Non là je suis égoutté
c'est pas vrai
j'aurais tellement aimé ce sale fric de l'état
ça m'aurait bien aidé ça m'aurait encouragé
vieille commission en décomposition
allez crever
bande de vieilles tiques

là donc
c'est plutôt pour me décourager
c'est un peu t'es nul qu'elles te disent les statues défavorables
c'est trop nul pas intéressant tes livres que t'as envoyés
t'écris mal
pas bien
retourne à autre chose porc
tu sais pas faire une phrase un vers
retourne dans ta caisse avec les araignées
c'est pourri ton écriture truie
tout pourri vraiment tout pourri
la grosse commission a décidé c'est acté fini fisté
t'es moisi c'est naze
la grosse commission aurait pu au moins me te laisser un petit mot pour t'm'expliquer tocard
ou te me proposer une formation du bien écrire comme eux qui la composent
ou ceux qui la reçoivent leur bouse

je pue du poète
je suis pas poète je sais je sais bien je le sais
je sais bien je sais pas écrire bien pas du tout pas non c'est sûr
je sais c'est mort depuis le début c'est périmé
mais bon j'écris

je devrais pas je sais bien je sais je sais mais bon j'écris j'ai que ça à faire ici bas
j'aime bien

je voulais du fric du sale fric ça m'aurait bien aidé j'ai besoin dead moi
je sais bien que
poète c'est Hölderlin
poète c'est Rimbaud
mais eux devaient pas demander de bourses
et toi tu te demandes parce que
justement
t'es pas poète t'es un cafard d'escroc de paresseux de bon à rien
et t'as besoin de fric
de sale fric
pour t'acheter des bûchettes de chèvres
mais pourquoi pourquoi
je la méritais
vraiment
je la méritais je crois je conteste je conteste totalement je proteste
je me suis renseigné et j'ai lu des trucs de ceux qui la reçoivent
et je suis tombé sur certains bouquins c'est quand même vraiment à chier
à chier comme moi je veux dire
c'est pas pire et pas mieux
je saurais pas vraiment juger mais j'ai vraiment trouvé çà aussi indigeste et nul
aussi autant nul et inutile que moi rien de bien flamboyant
alors pourquoi pas moi je me suis dit pourquoi pas moi
je veux
je veux du fric j'y ai droit je suis français comme les APL et les ASS je suis un assisté moi bordel
c'est mon mode de vie
donnez moi donnez moi
après j'aurais pu me la péter et trouver un éditeur la classe les salons comme ça cubi de champagne
mais vous ne voulez pas j'ai bien compris j'ai bien compris le message
faut que je m'énerve un bon coup sur plusieurs jours
et qu'après je décide ta gueule
décide d'arrêter de tartiner comme les autres
ou que je tartine juste dans mon coin après cette baffe
fini de flinguer les arbres pour se torcher avec de l'encre
déjà que j'arrive pas à vendre 3 bouquins
ça me fout un coup de commode sur les noix et sur doigts là quand même
je tire la langue couverte d'aphtes et en plus on se les gèle

au départ je savais pas que ça existait c'est un copain qui m'a dit
qui lui est balèze en aides
j'avais fait un super cv amusant pour se foutre de votre gueule et aussi vous séduire intelligemment qui parlait de pizzas de caravanes rafistolées de lacrymogènes et d'hélicoptères et de vitrines cassées
c'était hyper créatif j'ai pensé
c'est sûr c'est pas minimaliste mis en page galerie artistique c'est sûr
je viens de la province télé en jogging et ça vous n'en voulez pas vous pouvez pas blairer vous faites tout pour cracher sur ça
je peux difficilement faire autrement
merde merde!

j'ai l'impression de mettre salement couché devant vous d'avoir mendié là sans fierté
je me sens sali à poil sur le carrelage avec une odeur d'alcali
je me suis fait enfoncé par vous là ordures
caliméro tu fais jamais les affaires comme il faut

pourtant
j'avais un super super projet qui était de pisser dans la soupe très bien explicité je vous avais fait un super résumé à toutes et à tous alléchant non quoi?
juste ridicule chiant minable?

un machin subversif mais pas trop non plus faut pas exagéré qui parle de la rance morte
ça méritait ça méritait amplement complètement
mais non
tant pis
bon
je retourne me coucher
je suis hyper jaloux triste vomi dep schlingue
énervé contre vous larbins
contre moi le larbin

!allez
MOURIR!

samedi 22 juin 2019

C’est quoi le mutantisme ? [RELOADED]


C’est quoi le mutantisme ?
(Réponse à mon cousin)


Salut H.,

Le « mutantisme » ce sont des livres poétiques qui ressemblent à des manuels techniques : ils disent que l'humanité est en train de traverser une crise évolutive. Et qu’il faut s’adapter avec des analyses et des stratégies. Développer des outils mentaux pour créer et survivre.

Le mutantisme parle de plusieurs choses : de civilisation, de société ; et de poésie, de création.

Le mutantisme propose des programmes d'action, de création, de comportement, à appliquer.
C'est un moyen de construire.