vendredi 18 janvier 2019

French poem 5 : Chaos



Kings from Queens from Queens come Kings ! Ice ice baby.
Bloody Sunday, Sunday morning : a hard day's night.
Wake me up. Bring the noise. Break on through. The sound of silence. 

Black dog. Blackberry. Black hole sun.
Great balls of fire : you can't touch this.
It's like that. It's a lot. 

Papa was a rollin' stone.
Papa don't care. Sex crime. 
Mama said knock you out. Like a virgin, like a prayer, like a dog without a bone.

Shiny shiny, boots of leather.
Shiny shine to shine ehy ha.
Sha na nananana sha nana nana.
La la la la la. [air de “Life is life”]   

Hey how ya doin'. Sorry ya can't get through.
Yo. Clic clic. Bang bang. Boom boom boom boom.

Hoogie boogie
The boogie to the bang bang boogie.

Tchicatchicatchica Hallelujah ! Ay ay ay. Cha cha cha. Kalimba de luna. Tchiki boum. Yop la boum.

Wop bop a loo bop a lop bom bom !
Wop bop a loo bop a lop ba ba !

SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ ! 

Wap wap wap
Doo wop, doo wap
Choubidou wap

And it's a whoah oh oh oh oh
Baby whoah oh oh oh oh

Doup, chewap, pouh.

Didou didouda.

Ski ba bop ba dop bop
Skibby dibby dib yo da dup dup
Ski-bi dibby dib yo da dub dub
Yo da dub dub

Miaouh miaouh.


She says, sh-sh-shhh.

(Where have they been ?
I'm waiting for my man.)


May all your dreams come true.




lundi 14 janvier 2019

Prométhée

Prométhée.
Prométhée dans la mythologie grecque c'est le titan qui a volé le feu aux Dieux pour le donner à l'humanité.
Pour ce geste, il est punit par Zeus, qui l'attache au sommet du mont Caucase afin qu'un aigle viennent lui dévorer le foi. Chaque jour.
Chaque jour son foi renait.
Chaque jour l'aigle revient.
Prométhée, j'aime ce nom. On dirait comme une injonction à la promesse. Promettez !
Promettez quoi qu'il en coute !
Prométhée me réconforte. C'est la promesse d'un feu.
Prométhée en grec, cela veut dire celui qui réfléchit avant.
Et beaucoup ont pensé celui qui réfléchi avant d'agir. Mais je ne pense pas.
Je crois plutôt que c'est celui qui réfléchit la lumière avant le feu.
Et ce n'est pas tant son foi qui est dévoré, mais sa foie qui repousse chaque matin. Comme pour rappeler que toute reflète la promesse du premier incendie.



 PROMETHEE
L'enfance est remplie de mage et de démons qui vous transpercent le cœur.
Arrivé à certain moment, il ne reste plus que des cendres.
Pourquoi les gens se ressemblent ? Je veux dire de cette manière ?
Une histoire secrète, creuse nos visages vierges. J'en suis convaincu.
Elle dégouline de générations en générations, remodèle la chair au gré de ses stigmates, perfore des crevasses au contour de nos folies.

Comme ça. Paf. Sur la gueule.

La psychose

Ils ont dit que c'était la psychose.

J'ai essayé de découpé mon visage avec une paire de ciseau. C'était à l'époque. C'était le temps du chaos.
Mais je ne pense pas. Pas que la psychose.

Je voulais échapper à ça. Il y avait autre chose.

Je pensais que si j'enlevais cette histoire, étrange, étrangère, que la vie avait dessinée sur ma peau, mon visage,
Je pourrais être libre.
Je ne sais pas pourquoi je me suis mis à penser ça. Je ne pense pas que l'on puisse être libre en fait.
Je pense que l'on ne peut rien faire. Qu'on est piégé comme des rats dans cette chose qu'on appelle la vie.
Tu réalises ? Tant ce truc n'a aucune fin, et nous sommes condamnés à vivre, et à revivre, mourir et renaître pour un temps qui n'existe pas.

Pour qui ?
Pour quoi ?
Je voulais sortir de ça.
Parce que vivre. Et répéter la fin. Sans fin. Sans repos.Sans cesse. Sans répit. Tout cela me semblait être la pire torture qui soit.

Mais les gens étaient prêt à mourir pour ça. Je veux dire.
Avoir de l'argent,
faire des gosses
Et leur faire subir, à leur tour, les stigmates, le visage qui dégouline, les crevasses, la merde en plastique, tout ça quoi.

Alors j'ai commencé à marcher. J'ai fui.
Et je me suis paumé. Je ne sais pas comment.
Dans une forêt. Un truc du genre.
Et je ne sais pas si c'est la folie, mais là. Tu vois.
Là.
J'ai vu cette grotte, perdue au milieu de nulle part. Et j'y suis rentré.
Et il y avait des peintures.
Des animaux,
Des trucs fait à la main, avec de la poudre.
Et je ne sais pas si c'est la folie.
Mais là j'ai eu un flash.

J'ai vu ce gars,
Une sorte de singe dans la vie,
Au milieu de truc qui le dépasse.
Perdu dans une jungle qu'il ne comprends pas.
Et les trucs en feux dans le ciel, et les machins qui veulent te bouffer
Et tous ces autres étranges qui te regardent mais qui n'en savent pas plus que toi sur la vie.


Je l'ai vu comme je te vois,
Essayer de parler,
Mais il n'avait pas les mots. Les mots n'existait pas.

Je l'ai vu essayer de crier, mais il ne pouvait pas.
Il n'y avait rien à crier.
Je l'ai vu.
Je l'ai vu tomber, tomber à genoux, prendre de la terre,
Prendre de la terre et l'étaler sur la roche pour dessiner.
Pour dessiner quelque chose.
Quelque chose de ce chaos fumant qu'il ne comprenait pas.
Et que personne ne comprends.
Son agonie. Notre agonie.
Et que personne ne comprends.

Je l'ai vu.

Et il m'est venu un mot pour décrire ça.
Un mot qu'il n'a pas eu, qu'il n'a pas pu dire. Un mot qu'il n'a pas pu voir.
Un mot.

Profane.


Je ne pense pas que c'était la psychose.
C'était autre chose.
J'ai vu une lumière. Un feu dans la nuit. Quelque chose d'aveuglant.
Et j'ai su.

Je n'étais plus aveugle.

Je n'étais plus profane.

Je suis sorti. Dehors. Annoncer la nouvelle.
Mais les gens n'écoutaient pas.
Ils me prenaient pour un fou.
Il ne voyait pas la lumière.
Dans laquelle il baignait. Tous.
Tout autour d'eux.
Il ne voyait rien,
Rien d'autre que
La folie.

Ma folie.

Notre folie

 

Et que personne ne comprends.

samedi 12 janvier 2019

"Tape recorder", un livre de Patrice Cazelles

A propos du livre Tape recorder de Patrice Cazelles
(par Mathias Richard)

J’ai lu le livre Tape recorder, du poète et performeur Patrice Cazelles, paru aux éditions Tangerine Nights.
A noter tout d’abord que la maquette de l’ouvrage est belle et simple, très lisible, ce qui facilite l’accès aux textes. Puis l’excellente illustration de couverture de Philippe Desclais. 

Ce bref ouvrage (66 pages) est constitué de trois textes. Trois textes très différents, explorant, traçant trois formes, trois directions.

1/ « Chaos = KO »
Les lecteurs de mutantisme : PATCH 1.2 le reconnaîtront, car un large extrait de « Chaos = KO » était présent dans ce livre collectif.
Il s’agit d’un chaos dense de phrases-pensées-sensations : des éléments de langage morcelés, de sources, techniques et natures variées, mélangées (sensibles, informationnelles...) ; des énoncés sur de multiples sujets, assemblés.

2/ « Ceci est mon corps »
A l’inverse, ce texte fait d’un seul bloc et d’un seul élan sans ponctuation est une variation (interrogations, affirmations, répétitions) sur un unique sujet, le corps. 

3/ Si les textes de ce livre méritent tous le détour, mon réel gros coup de cœur est le premier (et plus long) texte éponyme : « TAPE RECORDER (Lecture pour l’oreille) ». Celui-ci est à mes yeux (dans la mesure de ma connaissance de son travail) le chef-d’œuvre de Patrice Cazelles. 

« Tape recorder » (anglais pour « magnétophone») se présente comme la restitution, la transposition écrite, d’un enregistrement audio. L’enregistrement de la parole d’une femme, que l’on comprend être la mère de celui qui enregistre. Une femme plus toute jeune, de la campagne (de Franche-Comté est-il précisé sur le quatrième de couverture), qui manie un langage très vif, attachant, imagé, ancien, singulier, régional, « terroir ». 

Les choix stylistiques de transposition oral-écrit (points d’exclamation, points de suspension, peu de majuscules, abréviation/compression de mots/expressions) sont réussis et donnent la sensation du parlé. 

Ce qu’on lit est une voix, une parole fixée. Le résultat est extrêmement émouvant, saisissant, puisque cela témoigne d’un parlé en voie de disparition, d’un parlé du passé (cela rend vivant ce qui est révolu, véhicule une mémoire), et ce qu’elle communique est fort, sensible, énergique, drôle, intelligent, direct, une sorte de sagesse populaire, mais aussi personnelle, originale, le tout traversé de gouffres et vertiges avec beaucoup de naturel, tout est là très simplement. 
Qui n’a pas connu ou croisé une vieille bonne femme parlant comme ça dans le bourg d’un village ? On sent la maison de bourg, on entrevoit d’autres époques. Des guerres, des drames, des amours, des morts, des trahisons, de routines, des petits riens, des naissances, des maladies, des souvenirs légers, des joies, de la solitude, de tout.
Ce texte rend hommage, donne corps à ce parlé croustillant, cette torsion sur la langue par l’image et l’expression, charriant une expérience de la vie.

Si cela m’a tant touché, c’est peut-être, qu’au-delà du cas de la (supposée) mère de l’auteur, nous avons tous connu, et parlé avec, des personnes âgées qui nous ont communiqué, apporté, quelque chose de fort et vrai, et dont la parole a fait surgir pour nous, l’espace d’une discussion, des temps et personnes, et façons de parler, oubliés. 
Ici le pouvoir de la littérature de Patrice Cazelles est de savoir rendre cela au plus juste. Ce texte rend justice, au-delà de son cas particulier, à ces paroles sincères qui font la beauté, la valeur des rapports humains. Si on écoute les gens parler, on constate que la poésie est partout. De façon très contemporaine et fécondante, sans verser dans la littérature régionaliste. Et sans sensiblerie, de par le dispositif textuel (sobre, épuré) proposé, ce livre nous fait découvrir Patrice Cazelles comme un authentique travailleur de la langue, qui utilise les racines pour tâtonner vers l’inconnu.

MR

Tape recorder, Patrice Cazelles (éditions Tangerine nights, 2018)
https://tangerinenights.com/p/tape-recorder





EXTRAITS



Chaos = KO

« Le Savoir alimente le champ de l’ignorance Économie parallèle du doute Mafia Milieu Rituel – Savoir est une défense Ne pas savoir est une fuite Apprendre : n’est-ce par le chaos ? »

« La peur L’anxiété La névrose L’amour La violence L’attente La résistance Les émotions L’amour L’identité La solitude Le rire aigu franc presque un cri L’amour La culpabilité L’échec Le manque L’amour L’histoire de l’enfant qui se réveille la nuit dans la maison Le bruit Plusieurs voix en même temps La radio La route Les phares »

« Tournant Variable Sonde Distribution des hypothèses Langue étrangère Production de modes / de façons / de cassures / de lignages / d’effets / d’affects »



Ceci est mon corps

« le corps qu’a pas fait ses devoirs le corps qui t’informe qui s’inquiète de ta santé mentale le corps qui ferait bien un footing pendant qu’t’es chez le psy »

« le corps qui fait du tourisme sur le corps des autres qui fait le point qui cartographie qui évalue qui soupèse qui compare qui anticipe qui débriefe »

« le corps qui vient de plus en plus tard le corps qui s’égare qui se goure dans les horaires le corps qui répond à la question qu’on lui a pas posée qu’on lui posera plus le corps qui revient de loin qu’on croyait perdu le corps qui se fait sans qu’on s’y fasse le corps qui s’efface pour nous laisser passer... »



TAPE RECORDER (Lecture pour l’oreille)

« C’était dans sa cuisine, dans sa maison à Morsang. Ce jour-là j’ai pu l’enregistrer. Je peux en parler. Voilà. J’écris comme elle parle. » 

« dans la tête… c’est l’impression comme d’être arrivé quelque part mais c’est qu’une impression seulement… on sait pas trop ce qu’on est ni où on est… c’est vague tout ça… mais on y va, c’est sûr… hé oui, c’est l’mystère d’la vie comme on dit… on a bien les sacoches un peu vides au fond... »

« hein ? si quoi… ce que je pense de la vie moderne? oups ! là ! c’est dur comme question ça, moi je parle que de c’que je connais… je suis de mon temps, tu sais... »

« c’était quoi la question ?… ben disons qu’un jour c’est différent… tout’t’pèse… les bruits sont plus les mêmes… c’est sourd… on s’empègue dans des riens… t’es des heures sur des trucs qui vont pas bien… un évier… une clenche.. un nœud d’ficelle… un papier à remplir pour une date tu comprends même pas c’qu’i veulent… tout est plus lourd… tout !… non, c’est sans raison… t’as des bouffées… tu vas t’mettre à chouiner à l’arrivée d’un train… c’est même pas ton train… sais pas pourquoi… tu vois un gosse dans la rue et t’as peur… tu r’vis tes morts ça ça m’arrive surtout l’matin, du coup j’me lève plus vite… pas envie d’traîner là-dedans !… ça dure pas mais y’a quelque chose de planté !… t’es dans l’tube quoi !… si c’est important ?… ce qui est garce, c’est que tu contrôles pas les manettes… ça t’échappe… y’a quelque chose qu’a pris… qui t’as emprisonné… comme si le temps était devenu dur !… les jours sont épais, c’est l’idée que j’ai de la vieillesse… une glu… et ça vaut ce que ça pèse, va… (elle réfléchit)... »

« Y’a des gens c’est des légendes… ils vont parler d’eux comme si c’était des autres… avec légèreté… c’est déboîté d’eux-mêmes… moi tout m’touche… la pluie, les enfants, les allés/rev’nirs... »

« « Tu prendras du pain en r’passant ? »… Tous les jours je le disais sauf une fois et il a dit « Pourquoi tu le dis pas ?… ben depuis le temps tu devrais le savoir ben oui mais j’aime bien quand tu le dis »… avec l’habitude, on parle pour autre chose que ce qu’on dit… les autres ne savent pas ce qu’on dit… on dirait qu’ils nous entendent seulement... »

« T’es repassé des fois ? je sais pas ce que c’est devenu… y’avait des lilas qui dépassaient dessus la porte… ah ?!… c’est dans les papiers, faudrait tout rebouiller, j’ai pas le courage, tu verras ça bien assez tôt… tu vas faire quoi de tout ce que t’enregistres dans ta boîte, là ?…. tu mettras pas mon nom, ça regarde personne tout ça… j’en ai pas tant dit à mon Henri de tout un an !... »

« et alors, il est resté, c’est ça qui compte !… ce que t’es rosse !… comme toi avec tes « peut mieux faire » dans tes cahiers d’école, le souci que j’avais d’ça, mon Dieu… les hommes… vous restez des enfants, vous comprenez rien… toutes, on sait tout suite de quoi vous êtes faits… c’est pour ça qu’elle m’aime pas bien ta Fabienne… elle sait que je sais… qu’est-ce que tu veux… on est capable de ça et ça l’insupporte… tu lui feras pas écouter ton truc là, sinon ça fera un pataquès !… hein ? promets !… même si j’ai rien à cacher c’est pas toujours bon à entendre… y’en a là-dessous (elle montre par terre) des secrets de gens que la terre elle en est grosse... »

« tu vas dire que je radote encore mais… l’autre nuit j’ai refait le rêve… avec tout le tintouin que j’ai dans la tête, j’aimerais bien faire mes nuits quand même… ben non… c’était pas ici, je remettais pas les arbres ni le pays d’ailleurs… du connu et de l’inconnu, comme des gens que tu connais mais avec d’autres habits… et c’était pas leur voix non plus… j’en étais toute estomaquée… ah ça ils parlaient bien, mais je sais plus de quoi… ça m’effarouche ces étrangetés-là… pour quelle raison c’est là… c’est de la manigance… on sait pas si ça vient nuire ou quoi… on est déjà bien assez embarrassé avec ce qu’on sait… pour moi c’est du chinois... »

« (long soupir) t’en reveux une goutte ?… ça te réveillera pendant la route… il te fera pas de mal çui-là, c’est du déca avec de la chicorée… à la guerre on avait qu’ça !… même après c’est resté, tu vois… (elle réfléchit un moment)… on est la dernière génération à avoir connu la guerre… non… c’est pas tant les privations, mais de mourir pour rien… oui, de pouvoir être tué comme ça.. clic, vite fait, sur le pouce… (silence)… après la guerre ?… après la guerre on a compris quelque chose de la vie que vous comprendrez jamais… c’est ballot ce que je vais dire mais… c’est comme une femme qu’a eu des enfants qui cause de rien avec une copine qu’a pas pu en avoir… ben « le rien » c’est tout… c’est totalement différent… ça change tout… alors, après la guerre on a vécu, oui… avant la guerre on était jeune… tu sais quand t’as quinze-seize ans et que cinq ans après t’as plus que la moitié de la classe qu’est là… c’est un bonheur bien lourd à porter… c’était plutôt disons un « appétit de vivre »… le mot bonheur, tu vois, ce mot-là j’ai jamais vraiment pu… peut-être que d’autres si…  du plaisir, certaines fois oui… c’est tout… je m’dis des coups que je suis passée entre les gouttes... »

« ouais… dans l’temps c’était pas pareil… et puis on était jeune, on s’arrêtait pas à des broutilles… qu’est-ce que tu me regardes !… j’te sens penser là, tu vas l’dire à la fin ?… t’es toujours taiseux, toi… quand c’est pour faire ton malin d’écrivain ça va bien mais là tu gâches du silence garçon… tu crois qu’on m’a appris à savoir les choses, moi ?… c’était là et on faisait avec… ah ! c’est sûr qu’on a rien inventé… on faisait ce qui se faisait… déjà bien heureux de pouvoir durer… les gosses i’ suivaient, c’est tout… on avait déjà assez de mal à comprendre les choses pour se poser des comment et des pourquoi… on nous a rien donné, tu comprends ?… c’est pas comme entrer dans du tout fait… tu m’énerves avec tes questions… si ! t’as une manière de te taire qui pose des questions… comme quand t’étais gosse, la même… fallait en suer pour te tirer trois mots à toi… (elle souffle)... »

« c’était les vacances aux Sables… mais si t’étais là… t’avais même trouvé une petite au camping… ah ben tu vois !… c’est vrai qu’on était heureux avec le recul… ou c’est de se souvenir qu’on se voit heureux, je sais pas… j’ai l’impression d’une éternité comme si c’était pas nous... »

« les hommes ont des trous dans leur vie, même eux i’savent pas... »

« Des fois je m’fais l’impression d’être un poisson dans une flaque… avec du sec tout autour… tous les jours y’a moins d’eau… j’me tasse… l’autre matin j’ai oublié de me coiffer en sortant… dans la vitre de chez Morel, je m’ai vue « quelle tête t’as ma pauvre fille, tu peux pas croiser du monde comme ça »… j’ai rebroussé chemin… (silence)… »



Tape recorder, Patrice Cazelles (éditions Tangerine nights, 2018)

dimanche 6 janvier 2019

Mathias Richard live @ cipM (1)



Le 23 juin 2018, Mathias Richard a donné une lecture-performance au cipM (centre international de poésie Marseille), en plateau avec Boris Crack, dans le cadre de la Soirée des Usagers du cipM organisée par le poète Nicolas Tardy.

Voici une vidéo d'extraits cette performance (captation : Jessica L.) : https://youtu.be/y2rwYYo7mTw

(À suivre : captation vidéo complète fournie par le cipM.)

Bonne année !


 



























lundi 31 décembre 2018

jeudi 27 décembre 2018

J’y étais


Étriqué
    l’espace ici
    trop petit pour moi

Les battements de mon cœur
frappent la peau tendue
de la caisse claire

résonnance insomniaque

Des nuages ultra-violets défilent dans la nuit grise
¿ mais que cherche-t-on à cueillir en position cuiller ?
dans la béance du tant, les heures s’écoulent
les douleurs pleurent et tambourinent

Même les yeux clos
la pensée ne s’assoupit pas
les souvenirs font leur loi

Envie de scintillement
d’éclats radieux
dans l’anthracite de mon esprit

E n v i e S. enfouies ?
en suie ?

Je ne sue plus
je ne suis pas
mais j’y étais

Ça je le sais


vendredi 21 décembre 2018

"C'est la folie infinie..."

C'est la folie infinie.
C'est la révolution infinie.
C'est la vie infinie.
C'est pas fini.
Je me tire une balle dans la tête en gagnant ! Trou speed… Mais c'est comme cracher un mollard quand on porte une cagoule, le cerveau n’était qu’un bouche-trou : on va beaucoup plus vite sans idée. (Ils mettent les idées dans des mots qui te font réfléchir, c'est comme ça qu'ils te piègent !). Les portes te frappent, l’heure te poursuit. Il y a tant de forces dans ce monde, tant de forces qu'il faut constamment distraire, occuper, détourner, contrôler, endormir. La transe OUI, l'hypnose NON ! Pour une brèche dans l’espace-temps ! Pour des brèches dans l'hypnose collective organisée, pour des éveils ! Est-ce que t’es bien queer ? Est-ce que t’es bien bio ? Est-ce que t’es bien polyamoureux ? Oui ? C’est bien tu t’es bien conformé aux mots d’ordre soi-disant subversifs (quelle époque subversive nous vivons !) qui te font croire que tu es quelqu’un et qui endorment ! Contre l’immersion, contre l'immersion collective qui vient. Je bugue et freeze devant les écrans qui réfléchissent. J'ai perdu l'odorat, l’ouïe, le goût, le toucher et la vue, mais j'ai toujours le souvenir des écrans. Mon corps, mes muscles et mon souffle, sont mon véhicule, mon moyen de déplacement. Ça serait bien de ne pas perdre cela de vue. (Avec Gérard on dissémine des bières à travers la ville pour faire des bonnes surprises à ceux qui tomberont dessus.) Je sais tout mais j’ai rien, quand je suis seul je suis invivable. Je tombe dans des trous à l'intérieur de moi. Passe ma vie devant des compteurs de temps. Regarde les séries et les films en accéléré (vitesse x1,5 ou x2). Quand une chose en entraîne une autre qui en entraîne une autre… Une sagesse que je dois acquérir : apprendre à ne pas connaître la fin de l’histoire, accepter de ne pas savoir la suite. (J’y suis pas). Avis aux scénaristes : j'ai pas besoin de faire le deuil de putains de personnages imaginaires. Les footballeurs sont millionnaires et les poètes des clochards. Jdis ça jdis rien ! À quoi ça sert d'avoir du pouvoir si on n'aide pas les autres ?
Aujourd'hui on ne peut plus écrire "autonomie" tranquillement sans que cela l'écrive à notre place. On est tous plusieurs : par exactitude, on devrait tous se vouvoyer. On pogote en silence. Un coucou cool. - Et pan sur la nouille ! On se prête au bizarre jeu de rôle qui est de ne jouer aucun rôle. Me souviens de toutes sortes de bouffées d'air différentes – de toutes sortes de goûts, d'ambiances, de lumières, de températures, d'odeurs, de bruits, d'humidités, de pressions atmosphériques, d’éclats. Toutes sortes de bouffées. Jouer avec un clavier qui contrôle le corps de quelqu'un. Chaque touche, une position différente. C'est comme une guerre dans laquelle chaque phrase est une bataille. Créer c'est assembler un puzzle qui n'existe pas et que personne ne nous a demandé de faire. Chaque texte, chaque création, m’achète un droit de vivre pour quelques jours, puis ce droit s’évapore, et il me faut à nouveau le regagner (inlassablement). Le jeu est souvent de trouver quel est le jeu. Mais quand on a trouvé, c'est trop tard. Alors si on doit jouer à des jeux, autant les créer non ? Je compte les gouttes de pluie. Les gouttes sur les vitres. Les gouttes sur les pare-brise. Les gouttes de sueur. Les gouttes d'eau dans les vases, dans les piscines. Les gouttes sur les rideaux de douche. Les gouttes de pisse, les gouttes de sperme, les gouttes de sang, de sable. Je compte les gouttes je les compte. La pluie nous indifférencie. Tout à coup, on est tous mouillés, tous pareils, tous dans le même état, unis dans la même expérience existentielle, temporairement rapprochés. (Les formes, c'est de la pluie concrétisée.) J'ai même trouvé ton empreinte sur une flaque d'eau. Avant tu n'étais personne, tu n'étais rien. Et la souffrance t'a sculpté, a fait de toi quelqu'un. Une personne. Une singularité. Il se passe dans ce monde une tête impossible. Dans ta tête tu vois une tête coupée. Dans ta main tu tiens une main coupée. (silence.wav). Tu te voles trop. La seule chose qu'on peut se voler à soi-même, c'est pas un objet, mais du temps, ou des idéaux, "sa propre vie", se voler à sa vie, se voler soi-même de sa propre vie. T’as pourtant des idées pour plusieurs vies – mais n’en accomplis que très peu. Le déclinisme c'est enthousiasmant ! Cet immeuble : un écosystème fait de blattes, de mites, de cafards, de moustiques, de mouches, de punaises, de poissons d’argent et de puces, de rats, de chats, de pigeons, de geckos, de rampants et ailés, volants, glissants en tout genre... Les murs en sont liquides, ils courent et roulent et se répandent. Un chaman chute dans une tête, qui la passe à une autre tête. Ça part loin, près, partout, ça parle partout. J'ai rêvé que je ne dormais pas, me réveille crevé. On est allongés debout. Au loin, les derniers salariés manifestent dans un monde de chômeurs. Ma digestion fait tellement de bruit que j'ai l'impression qu'un truc vivant se fraie un chemin à travers mon ventre. Les boutons sur le crâne sont pleins de petites cornes. Je rêve de piquer un moustique. À chaque réveil j'écrase un moustique gorgé de mon sang. Les moustiques sont de plus en plus intelligents. Les moustiques me piquent le front et la tête et aspirent mes pensées. Puis je les éclate sur le mur. Suis entouré de pensées écrasées, ou bourdonnantes hors de moi. Ça finit en psychose, mes propres poils me piquent et sucent mon sang, j'écrase des moustiques mais c'est de la poussière. 

"Si t'étais acteur dans une série, même si la série était nulle, je la regarderais quand même." C'est la plus belle chose qu'on m'ait jamais dite ! Suis tellement bien dans mes basques, tellement heureux d'être moi, d'être vivant, putain. I FEEL BIEN. Maintenant que je te connais, j'ai envie de vivre plus longtemps.
Tu es une femme-fontaine
de bonté. Toute la journée est un prétexte pour être l'un contre l'autre à la fin. Tu es venue au monde pour que je te caresse.
C'est la difficulté de mon chemin qui me permet de voir pleinement ta beauté. Mon chemin me permet de t'aimer. 
Aujourd'hui mon job, c'est d’être heureux.    

Rêver sans plafond. (C'est un de mes rêves préférés.) On regarde loin devant soi les yeux fermés. Puis on se réveille dans les cris d'enfants et les pépiements de centaines d'oiseaux en migration vers l'Afrique. Les chats aboient. Ma tête est verrouillée, je suis prêt à shooter. Ici y a que des chauffards : même les piétons ont une marche dangereuse ! But bête : drague / drogue. Une mythomane te dit qu'elle est mythomane. No excess veuve noire. J’ai 44 ans. « 44 » c’est SS. Et « SS », c’est double sexe. Explosion logique junkie. Ces pensées sont des poissons qui nagent en nous. Il est six heure six dans le 66. Lorient c'est à l'ouest. Les centenaires se tournent vers l'avenir. Inventé masque anti-pollution avec trou fume-cigarette. J'aime pas les conflits (mais j'ai rien contre une ptite baston de temps en temps). Pochette mélange de drogue-surprise : t'achètes une boîte de pilules neutres sans savoir quels mélanges y a dedans. Et les fausses prescriptions se mangent comme des cacahuètes. 77kg d'artères bouchées. Y a des matins où faut vraiment pas boire sa pisse. Si un jour vous me voyez et que je ne sue pas, vous pourrez réclamer un remboursement. Il fait nuit, les gabians volent au-dessus des toits, leurs ventres éclairés par la ville. Le visage et l'identité des piétons traversant hors des clous sont affichés sur écran géant jusqu'au paiement de leur amende. Un homme est retrouvé découpé en morceau avec son visage pelé cousu sur un ballon de foot. Le monde est à nous. Sauf que parfois ils éteignent la lumière. Mais j'ai ma lumière avec moi, elle est une femme, et ma lumière a elle-même une lumière. La justesse m'importe plus que le succès. Cela ne veut pas dire que je ne souhaite pas le succès, mais y a un ordre de priorité. 
- Le troisième orifice est un tunnel spatio-temporel ?
- Désolée, je ne révélerai rien, mais la chrono-baise vient d'être expliquée.
Dis tout ça d’un coup, c’est parti : Madonna, Maradona, John Cage, John Cale, JJ Cale, Cali, LL Cool J, JJ Goldman, ZZ Top, KK Null, TOTO, Talk Talk, U2, Tété, Tonton, Dee Dee, Bibi, A-Ha, Gaga, Yeah Yeah Yeah, Oui Oui, Saï-Saï, tchic-tchic-tchic, Wet Wet Wet, F.F.F., The The, Gus Gus, Duran Duran, Dong Dong !
Mon fils a lu ça il est devenu mon père mdr. (Pizzarerie modifiée.) On ne peut pas ne pas réagir négativement. Quatre et quatre qui font dix. 1er suicide robot. Suis pas d'humeur à avoir des chaussettes trouées. Une pensée c'est comme un fil. Il peut être coupé. Ou plein de fils peuvent s'emmêler. Il y a des fils épais, de la grosse ficelle, et des fils tout fins qui cassent facilement. Et le fil peut vibrer, se déformer, onduler, si on le confronte à des vibrations (autres pensées, musique, son, bruit, couleurs...). La nuit à WARseille les putes opèrent dans le parking de l'hôpital psychiatrique. Cinq mètres. Cinq mecs. Cinq maîtres. Le seigneur des anus nourrit ses trous du cul. Y a de la lumière mais pas d'interrupteur, du coup on doit visser et dévisser les ampoules pour allumer et éteindre. Descendre en dominant, et remonter en gagnant la coupe intertotale. - Papa, si y a des transhumains, alors y a des transoiseaux ? Des transchiens ? (Des transporcs ?). Merci de m'avoir menti. Ça y est j’ai pigé. T'es méchant mais c’est juste pour m’ouvrir les yeux. Chaque nouvelle génération est plus aliénée que la précédente. Après l'âge d'or, l'âge dort. Prophète des temps éteints. On est tous vieux de 4 milliards d'années. Tes idées sont ridées yo. Ta vie est une insomnie. Et faut souvent une vie entière pour une toute petite avancée. Heureusement tu t’es perdu. Si on bloque le blocage ça débloque bien ? Le bruit de la respiration ressemble à des voix qui me parlent. C'est pas un hélicoptère juste la bouilloire ! Je dors et rêve à des textes bien meilleurs que les miens, je les vois noir sur blanc. (Du coup, c'est tout de même mon esprit qui les produit, quelque part !). Dans un train y a ceux qui regardent à la fenêtre, et ceux qui la couvrent par un rideau. Une lampe UV permet de savoir si vous allez mourir. Tu veux savoir ce que je pense ? Que "bizarre" est un mot inventé par les gens pour rabaisser les personnes super intéressantes. Tranquillement, le business tue l'émotion. Y a comme un bug dans la gratuité. (Être pauvre c'est un boulot à plein temps.) Chez toi c'est dehors mais avec des murs. Ce qui est terrible, c'est que c'est maintenant que j'ai terminé ce texte, que j'aurais la compétence pour le commencer. Cf. le futur. Quand tu commences à trouver que Radio Nostalgie passe de la meilleure musique que les autres radios… "La vérité n’est pas la vérité." (la suite du texte est payante). Des fois tu as gagné mais tu ne le sais pas. Du coup tu as perdu (tu vis ta vie comme si t’avais perdu). Bref il ne faut pas seulement avoir les choses, il faut savoir qu'on les a. 
Forever rêveur. Le monde est réveillé, il t'attend. Rends honneur à la vie qu'on t'a donnée. Quand tu fermes les yeux, la journée est finie. Tu ne la verras plus jamais. Tragictoire. Je t'embrasse de ma part,

Conversation # 2



Conversation # 2 / 


SUFMARENDA & KHALID EL MORABETHI

mercredi 12 décembre 2018

Demain jeudi 13 décembre 2000 WTF : projection DIS d'Adrian Corona - STATION




Bonjour, 

Fans parisien.e.s d'horreur subtile  ou d'art contemporain, qui ne dit pas son nom pour s'émanciper de sa corporation soumise à la violence mentale, économique des « institufions »  tenues par des managers dont « l'âme » n'est pas reliée à l'art PUR mais à la gestion d'un art marchand, décoratif  au mieux, illustratif des enjeux, des actions, des rassemblements de l'homme et de la femme au siècle "2000 WTF".


Et ceux ou celles qui pourraient se déplacer à La Station - Gare des Mines, je propose demain jeudi 13 décembre, une projection du film DIS d'Adrian Corona.

Je remercie
au passage Tinam Bordage du Sadique-Master de m'avoir fait découvrir cet OVNI qui est d'une classe Bataillienne. 



Bonne journée ! Et peut être à demain.

19 h. 

Toutes les infos sont ici.

Projection DIS d'Adrian Corona - Station - Magnétique Nord 5.

RAPPEL CON.TEXTUEL SOCIOLOGIQUE2MERDE :  « A notre époque de gavage Netflix de séries ineptes, de films formatés pour endormir, divertir le bobo moyen pour supporter sa vie2merde et l'empêcher de foutre sa vie en danger (qui reviendrait à vivre ses passions sans penser à sa retraite en EPHAD). Je propose pour la 3ème fois après "atmo horroX" et "KUSO", un film OVNI un antidote à base de mandragore visuelle, un torture porn contemplatif à la façon Georges Bataille... Si vous pouvez m'aider à communiquer la bonne nouvelle. Merci de votre aide précieuse. »

 
 OH YEAH MOTHER SUCKERS!

PS préparez moi une caisse de CORONA avec de la tequila .


dimanche 9 décembre 2018

wwv

Ri1 qu'un automate mitard,
E d'étoupe, MtE d'sapotille
Hanté par la data sous
Retour dans l'baby food,
Un bidaou chez les p'tit-gris
Woaawuuyaa ki s'envenime,
Débranche l'wood wide web
De bois d'(if) pas zen
A'ec l'rétro d'l'OWSS
On transcrip.taz une
Asneeiibiaedou au flanc du
Léthé souteille, t'sailles,
Le clickstream hoquette
Cont' les falaises craquées
D'kuiper, une moût prune
Ceint les glaces XVI de ses
Petits corps étranges
Ki s'reprotoxent, hics
De sexes secs - patatrac
Des nuages flambés,
Grande fainée zétwèl
Infrarouge hespéride
Où s'mêlent poison e eaux.

vendredi 7 décembre 2018

"French Poem #4 : Politics". Mathias Richard [vidéo, texte, photos]


Now you do what they told ya. 

Everybody wants to rule the world. Master and servants. Money. Such a shame.

My generation :
Fucking youth,
Happiness in slavery.



I wanna be anarchy - it's the only way to be.
We will we will rock you,
We are the world, we are the people.
Imagine, all the people,
Insane in the brain,
Shout :
Fight the power. Take the power back.
Get up, stand up, stand up for your rights.
Know your enemy.
Don't believe the hype.
That's the sound of da police.
Show 'em what you got.





































site Mathias Richard -ici-

Merci à Jessica L., Tina Hype, Nora Neko.