jeudi 24 mai 2018


Le contre-chant des idoles-cobayes - Soliloque sous terre d'un rétro-gamer


mercredi 23 mai 2018

lundi 21 mai 2018

Débobinez



Débobinez Rembobinez
            le fil de l’araignée
Elle piétine Elle pédipalpe
Elle se maintient
     méfiante
             prête à l’attaque

Débobinez Rembobinez
     il n’y a plus rien à voir
le spectacle est terminé
Elle a remballé son marketing
la félicité pour gens friqués

Cut Cut      Coupez      le fil
la batterie s’est arrêtée
   me reste plus qu’à recharger
   ou espérer
              que cette aragne, chère
sécrètera encore
         des filins délicats
sans le goût du tracas

          des filons argentés
sans la fièvre des années

          des partitions de rosée
                  dont les notes s’animeront
                        au gré des ondes du vent
avant que le cygne chante
avant que le coq pleure
      les disparues de sa basse-cour
      les bien-aimées envolées
                                    en miettes
                   éperdues d’avoir trop attendu
                   sur un banc berlinois détrempé
                  devant une affiche sordide 
vantant les jambes interminablement nues
            et les seins balivernablement pleins
de la prochaine taupe modèle

qui voudra bien faire accroire
qu’elle est heureuse d’être BELLE

Allez, s’il vous plaît !
Débobinez Rembobinez
            mettez un terme 

au ravage ordonné de cette société

samedi 19 mai 2018

Performances collectives à Reillanne (Haute-Provence) : vidéos

Le 16 septembre 2017, des performances collectives "Ungemütlich" (= "incomfortable" en allemand) ont été organisées par le performeur berlinois Frederic Krauke au "Labo Novo - Station Internationale Art Performance" (village de Reillanne, Alpes de Haute-Provence) dirigé par Maria Mouriès.

La vidéaste américaine Laura J. Lukitsch a filmé ces performances, et créé les mini-films ci-dessous.

Les performeurs sont ici : Marko 1katharsix (son), Tina Hype (son), Frederic Krauke (corps), Nora Neko (texte, son), Anaïs Poulet (danse), et Mathias Richard (texte).


Résumé vidéo général, par Laura J. Lukitsch


1 : "Dans le village"

2 : "Dans la cour"

3 : "Dans la salle du haut"

Playlist (in progress) des performances collectives Ungemütlich : https://tinyurl.com/yae3m5p8












jeudi 17 mai 2018

ÉNORME BLAGUE la poésie 😊




ÉNORME  BLAGUE  la poésie 😊

mercredi 16 mai 2018

VBNM,. 2


LA MORT DE LA P2SIE

Certains rient d’autres pleurent
Mais personne ne nie
L’ampleur du siècle

INFOGRAPHIE – Comment reconnaître à coup sûr un moustique tigre

Fuis le Monde
dans ton océan de Pages Blanches
Assèche le champs des idées
A coup de fixes d’héroïne

Etats-Unis: des chercheurs ont maintenu en vie des cerveaux de cochons sans corps


Vivre ou mourir
Il y a toujours un sens

L’intersexualité ; le casse-tête des instances sportives.


Je m’endors devant les ‘’chevaliers du ciel’’
Et j’atteins l’apogée de mes désirs
Avec un paquet de céréales.

Macron a "passé une nuit" à écrire son hommage à Johnny Hallyday

Le périodique ‘’60 Millions de consommateurs’’ révèle la liste des aliments du quotidien qui nous empoisonnent !


Si tu crois que dieu existe
Ou si tu crois qu’il n’existe pas
Tu crois.

Si vous buvez plus de 5 verres d’alcool par semaine, vous vivrez moins longtemps

Pour leur éviter la maison de retraite, ces familles accueillent les personnes âgées

Vous êtes un couche-tôt ? Tant mieux, vous vivrez plus longtemps !


Et puis nous sommes rentrés
Dans le flous habituel des ruelles
Sans prendre le temps de bifurquer
Tristement en fait.
RBACHER RATURER PARTIR ALLER REVENIR
VOLER CROIR PERDRE ATTENDRE REPENDRE

Cambodge : l’horrible ferme aux cochons mutants

D’abord il a mit sa tête dans son téléphone
Un peu plus tard il a mit son sexe dedans
Et aujourd’hui y’a plus qu’une main qui dépasse du truc
Pour appuyer sur l’écran tactile
Évidement
Évidement tout le monde s’en fout
Évidement
GUEULE CRIS PLEUR CRIS COURS
ARRACHE RABACHE CRAVACHE
SACHE ________________ CHASSE

Gavez-vous de gluten et d’OGM et bannissez les probiotiques : de nouvelles études bousculent les idées reçues

Et les mystiques auréolées
Tu aimes le sexe anal ?
Danseuses du Zéphyr
Passe moi les chips bacon
Souffle de mes nuits
Il lui ont marave sa gueule
Ton petit corps si doux
Et matte moi ce cul !

samedi 12 mai 2018

OUI UNE DISCUTIONS SOURDE MAIS NON



GA : KHALID EL MORABETHI 

SUF : SUFMARENDA


https://sufmarenda.tumblr.com 
https://secicrexe.tumblr.com 

Mathias Richard le 23 mai à Paris

Le mercredi 23 mai 2018 à 20h, Mathias Richard sera à la Maison de la Poésie de Paris, pour donner des lectures-performances.
Cela sera suivi d'un débat avec Gaëlle Théval et Fabrice Thumerel.


- L'événement sur le site de la MPP :
- Sur le site Libr-critique :

Réservation conseillée, ici

Alors... on se voit là-bas :)

mercredi 9 mai 2018

Extrait

Le ça pense foutrement bien.

Après mes insomnies répétées, et après le fort sentiment de déréalisation -  se rendre compte avec horreur du poids de son existence, je me décidé à lire "Routes de nuit" de Clément Rosset.

Je m'aperçois alors que ces symptômes sont ceux d'un état dépressif. D'accord.

S'apercevoir que je suis ma première et dernière compagnie. En somme, ma compagnie de toujours.

Je lis "Fight Club", sans penser à mes problèmes. Et maintenant je m'aperçois que "Fight Club" parle de la même chose.

Le ça pense foutrement bien.

Lors de mes vacances chez mes parents, la chose s'est un peu calmée. Peut-être est-ce du au repos.

Mais quelque fois, je regardais ma mère et je lui parlais et elle me parlait.
Et je lui disais : "je ne suis pas ton fils. C'est ma propre vie qui m'enfante". Mais je ne lui disais pas.

Je ne suis pas porté sur le tragique. Je préfère le fantasme de la chute que la chute elle-même. Et à bien y regarder, je préfererai ne pas avoir de fantasme du tout. Mais je crois que ça va pour l'instant.

(S'apercevoir avec horreur que mon être est déséquilibré par ma propre personne - Me scinder maladivement du tout - S'apercevoir de toute la locomotion qu'exige mon corps - Me prendre pour une machine tout à coup surprise par sa propre existence - Être assis au bord de soi comme au bord du monde).

VBNM,. 1


dimanche 6 mai 2018



J'ai envie d'être dans la vie, je veux être dans la vie.
J'ai envie d'être dans la vie, je veux être dans la vie, je veux vivre.
(début de chanson ou poème)


Je te parle à travers le plafond.
À force d'être née. Je suis là. Très propre et très fraîche mais à quoi bon. En ma présence il n'y a que moi.
Je perds beaucoup de poids le soir à cause de mes pensées. 
J'entendrai plus jamais le silence de ma vie. 
Je voudrais apporter de la joie mais j'ai mal au crâne. Avec parfois l'impression d'être beaucoup trop simple pour toi. On est toujours trop quelque chose, et pas assez autre chose. 
Chuis pas sûre que non. C'est pas faux qu'il ne faut pas. C'est un oui pour refuser.
Je t'aime. C'est la conclusion de mes calculs.

Sous nuage de cheveux : tes yeux extraterrestres. Ce soir on se rencontre.
Tu n'es pas une personne, tu es un projet collectif.
Tu étudies la partie profonde du cerveau qui combine émotions, gestes et pensées.
Tout ce qui est faux, tu élimines. (Réponse simple pour réalité complexe.)
La discipline est notre seule liberté.

T'aimes pas la lumière, et t'aimes pas les lunettes de soleil ? 
Les films porno ça te terrifie, les films d'horreur tu te branles dessus ? 
Bon, chacun ses particularités hein !

Selon certaines catégorisations, tu serais hypersensible. De mon point de vue, tu es normale, et c'est beaucoup d'humains qui sont des brutes.
Oui t'es pas « étrange », c'est l'inverse. Tu es la première personne « normale » que je rencontre. Et maintenant que je te connais, j'ai l'impression que tu m'as manqué toute ma vie. 
Il faut que tu vives. J'en ai besoin. C'est un ordre. 

Il est 16h du matin. Job : sexophoniste au pornhôtél. Pssst, Mathias, la poésie, c'est par là !

Je ne suis pas un meuble. (chanson hystérique)
Je ne suis pas un meuble
Je ne suis pas un meuble
Je ne suis pas une chaise
Je ne suis pas un pied de micro
Je ne suis pas une table
Je ne suis pas un potiron
Je ne suis pas un meuble
Je ne suis pas un meuble
Je ne suis pas un bureau
Je ne suis pas un stylo
Je ne suis pas une étagère
Je ne suis pas un pouf
Je ne suis pas une armoire
Je ne suis pas un comptoir
Je ne suis pas un tabouret
Je ne suis pas un cabinet
Je ne suis pas un meuble
Je ne suis pas un meuble

Et chuis pas une pouffe OUF.

Tu fais d'abord et t'apprends après.

Éduqué à mort, la folie est ta valeur refuge. On te dit que tu es malade, tu protestes : « je suis fou, pas malade. »

Tu te réveilles comme une prison. C'est un lieu tout petit. Mais plus il y a du monde dedans, plus il paraît grand. Les secrets de l'univers sont imprimés dans les cellules de ton corps.
Tu inventes une machine pour trinquer avec toi-même.
Et ton prénom est un couvercle qui te protège de la schizophrénie. 

- alors en fait toi c'est moi ? pendant tout ce temps ?
- C etait exactement ce que j ai pense en te lisant
- t'es une sorte de reverb amplificateur bizarre de mes pensées ???
- Et moi c etait toi
- une créature que j'ai créée en croyant qu'elle me créait ???
- Yep
Fightclubiserait tu
- t'es dans tes pensées tu suis pas la mienne - il faut dire que les tiennes sont bien
- Radio Fréquence Merde, c'est Radio Merde dans ma tête ! Je ne suis pas un robot chanté sur l'air de "Je ne suis pas un héros" !

Le son et la pensée ont partie liée. Le son peut bloquer la pensée, lui nuire, l'annihiler, la mettre en souffrance ; et  inversement, l'amplifier, la créer, la fertiliser, la développer.
Son et sein, mmmh.

La musique terrienne est un miracle. Une mémoire non acquise par des moyens conventionnels. 
Mais si vous connaissiez les artistes que vous adorez, vous n'écouteriez ou ne liriez plus rien.

Je cherche une machine à silence, un walkman à silence. En bas de chez moi y a tellement de gens bourrés qu'on dirait une zone de guerre. Le pays de celles et ceux qui se lèvent à 15h et commencent l'apéro à 16. C'est la Fête Forcée, la Permanente Fête Forcée, à vide. « Jpeux sniffer ta narine steuplaît ? » Être entouré tout en n'ayant aucun soutien. Une curieuse envie de poignarder un mur. C'est le pus le plus pur. 

Le gouvernement tente de faire passer l'obéissance pour un jeu.

Si ça ne vous plaît pas, sortez immédiatement de ce texte (et de la salle où vous êtes), je veux qu'on soit entre gens motivés.
Qui que vous soyez, où que vous soyez : formez une meute. 
D'humains, se prenant, pour des humains.

Maintenant marcher dans la rue, ou faire du vélo, consiste principalement à éviter des débiles penchés sur leurs téléphones. I know that you know that I know !
Tu bois de l'eau en plastique. Chacune des tes pensées est un sms. Ton lit c'est ton chargeur. 

Prophète au polaroid, j'écoute. Chuis loin du feu mais comme y a pas de feu ça va. Je suis un putain de rêve qui marche. Une enzyme mutante. Dévoreuse. Créatrice. Mes cheveux ont des problèmes de peau. Mon écharpe est un polochon. J'entends certaines personnes mieux que d'autres. 
C'est bien, je ne suis pas allergique à ta salive, ou à ta sueur. Nous pouvons continuer. 
Voir ma bite c'est comme voir un chaton, bébé. T'es ma nouvelle série préférée.
Avec mes postillons ta barbe va tomber enceinte. (Mon shampooing c'est de la terre.)
Demain dreaming. I am you. You are me. De plus en plus de gens, de plus en plus d'histoires. Tout le monde fait des choses que personne ferait pas. Quand une journée est foutue faut penser à sauver le lendemain. Les gens qui attendent, à 8h20 du matin, devant les portes du Lidl et du Casino, l'ouverture. Immobile, sculptural, suis vêtu de câlins, de caresses, de petits baisers. Aujourd'hui je me ressemble plus qu'il y a dix ans. L'étoile molle du cerveau, la zigounette des doigts. 

Élégie à tous les morceaux de musique disparus, à tous les poèmes disparus. 





mardi 1 mai 2018

Dans la diZZtanZ




J’aimerais prendre des pilules
           pour ne plus rien sentir
Ni mon vide intérieur
Ni ma déception
       ke c'te non-relation
          se distend

J’aimerais retourner dans la forêt
                 écouter le vent
      souffler
           si fort
qu’il étoufferait mes pensées lugubres
       et mes chants élégiaques

J’aimerais encore enlacer
              cet arbre
      et sentir son écorce chaude sous mes doigts
Humer sa douce rugosité
Voir sa cime se balancer
           comme en réaction à mes caresses

J’aimerais encore me perdre
         pErdrE mon esprit intempestif
     le flAnquer à la mer
laisser les vagues faire le travail
et KE surtout
                  le ressAc
ne ramène aucun limbe
                     Zéro souvenir

Être vIde
         transparente
         en suspension dans l’aIr

D’Aplomb pourtant, je marche
                                 seule
Je fends les éléments

et suis dans l’expectation
           de baiser jusqu’à n’en plus pouvoir
pour me sentir vivante
                    vibrante
et sûrement pas déviante

alors en attendant

      Je DanSe


vendredi 27 avril 2018

Je n'ai pas d'endroit pour vivre


Je n'ai pas d'endroit pour vivre. Depuis toujours. Je n'ai pas d'endroit pour vivre. Je n'ai pas d'endroit pour vivre. Depuis toujours. Je dois. Me déplacer. D'un endroit. A l'autre. D'un endroit. Dysfonctionnel. A l'autre. D'un bruit. A l'autre. D'un inconfort. A l'autre. Je n'ai pas d'endroit pour vivre, je n'ai jamais eu d'endroit pour vivre, j'ai toujours dû, me déplacer, d'un mal, à un autre, d'un problème, à un autre, d'un inconfort, à un autre, d'un manque de sommeil, à un autre, d'un voisin chiant, à un autre, je n'ai jamais eu d'endroit pour vivre, je n'en ai pas, je cherche, je cherche toujours, je me promène dans le monde, je regarde autour de moi, il y a des logements partout, des maisons, des immeubles, des propriétés, mais aucune, n'est pour moi, n'est à moi, je n'ai pas d'endroit pour vivre, je n'en ai jamais eu, je vais d'un endroit à l'autre, je vais d'un endroit, dysfonctionnel, à un autre. Je continue. En déséquilibre.

Pas d'endroit pour vivre, n'en ai jamais eu. N'ai eu que des endroits. Pour survivre. Je cherche, je continue à chercher. En déséquilibre. Sans illusion. En dynamisme. En désespoir. En errance. En tourment. En exploration. En quête. En tâtonnement. En poursuite. En lutte. En recherche. Entre. En déséquilibre.

dimanche 22 avril 2018

Anti-Eros


Αντι-Ερος is on the beach
      paski faut pas confondre
jelly fish & plastic bag                                                              


sur la plage graveleuse
des milliers de galets     prennent leur pied
               épousent la forme des légumineuses                                  
       étendues grassement en splash

revOlting

et dans le temps qui s’étire goulûment
la fin de la rôtissoire s’annonce
lorsque la boule de feu bascule

au loin

très loin derrière les hautes-bandes grises signalant une civilisation certaine

Pendant ce temps, of course, l’imperturbable turquoise bat des cils et de l’écume, fait rougir les baigneurs tant sa température évoque celle d’une citerne en surchauffe ou d’une piscine jolie où les voiliers et vedettes de riches côtoient hors-bords et sportives grisées d'extrême vitesse nautique.

Il faut le chercher profond, mais Αντι-Ερος est là.
Tapi dans la quarantième déferlante à gauche, juste après la bouée imaginaire.
Vautré entre deux sillons sableux, il attend son moment pour sortir, dégainer sa flèche puissante et dégommer des sentiments à la noix qui ne vont que dans un sens. Il aimerait aider le malheureux épris de la damzelle aux seins nus (héliothérapie oblige) et qu'elle ne le repousse plus si rudement.

V'la-t-y pas d'ailleurs que la damzelle se dirige vers le fluide réparateur afin de calmer ses ardeurs déclenchées par un crabe endiablé qui dansait sous sa serviette - et massait sa poitrine à travers la gravelle irrégulière remuant comme un tétard tête en bas tête en l’air.

  Or à peine lessivée par la cinquième vague à droite, un morceau plastifié vint lui caresser le mollet. Et là ! damzelle s’en amouracha sur le champ. Il s’imprima sur sa peau à la moindre impulsion des gambettes. Sa présence se faisait pénétrance... Ce morcelet pétroleux, c'est écrit, fera un bon bout de chemin à ses basques, choiera ses pores une à une et la menera à la jouissance intégrale tandis que le malheureux épris n’aura plus que ses larmes à offrir à la mer, sa salinité aux vaguelettes rieuses qui – en échange de bons procédés – lui livreront des méduses fort mignonnes.

Tiens, en voici une qui s’agrippe à son membre pendant. Elle l’enserre joyeusement, astiquant bien la peau lisse de sa membrane élastifiée, gluante, 100 % bio et pas même parfumée à la fraise and

all is well that ends nearly as well

but

Αντι-Ερος peuple nos plages
et il faut s’en méfier comme de la braise
car plastic bag & jelly fish
n’ont rien à fricoter ensemble
si ce n’est l’anéantissement
dudela touriste infernal·e
sur les côtes sacrées par les dieux grecs
et les décadent·e·s noircissiques