samedi 24 janvier 2015

Déclaration sur Libr-critique

Le texte "Rien ne nous empêchera d'être malheureux", de Mathias Richard, vient de paraître sur le site Libr-critique.


vendredi 23 janvier 2015

On doit réussir


On va réussir à le faire. On va réussir à le vendre. Il faut le vendre. On va y arriver. C'est pas difficile. Les gens appellent pour acheter. On doit leur répondre et s'accorder. Ça se fait, les autres arrivent à le faire. Ils disent : j'y arrive toujours. On va y arriver à chaque fois et pour toujours. Il le faut. Vendre est le meilleur moyen de garder la vie. Il faut de l'argent et on aura de l'argent en vendant. Il faut beaucoup d'argent donc il faut beaucoup vendre. Il faut être le bon agent immobilier qui arrive à vendre vite facilement gros et beaucoup. Il faut réussir vite et facilement. Il faut avoir le plus d'argent à donner pour sauver ma vie. Ma vie est précieuse. Il n'y a que moi qui ait ma vie. Ma vie abrite mes neurones. Mes neurones savent des choses. Ils savent des choses que les nouveaux neurones dans les nouveaux gens ont oublié. L'oubli n'est pas bon. L'oubli c'est la mort pour tout le monde. Mes neurones sont très vieux. Il faut les garder en vie. Ils sont l'inverse de l'oubli : ils sont la vie. Tant qu'ils sont vivants il faut écrire ce qu'ils ont vu et qui a disparu et faire comprendre que c'est la vérité.  Ça fait qu'il faut du temps de vie. On doit donner la vie à l'argent pour gagner du temps de vie avec l’argent, garder les neurones le plus longtemps possible et revoir la terre. La vie est difficile à garder, mais il le faut. Il faut garder la vie pour dire avant. Ce qu'il y a eu. La mémoire a besoin de vie. Il faut vivre avec le avant en mémoire tant qu'on peut et faire ce qu'on peut pour revivre dans le avant. Avec la terre. La terre c'est dans le avant. On doit vendre les appartements pour garder la tête en vie et la terre en tête. On doit sauver la terre qui est dans la tête. Sauver les derniers neurones emplis de terre. Les prairies dans les neurones. Un jour on trouvera un moyen. Un jour on arrivera à montrer ce qui est. À se faire entendre. La terre est là-dessous. On le sait. La terre est sous les appartements. Sous le goudron. Il faut l'argent, garder la vie, dire la vérité. Le trésor est là. On veut voir ce que les autres feront quand ils comprendront. Est-ce qu'ils creuseront sous les appartements ? Est-ce qu'ils détruiront tous les appartements et les routes ? Et eux-mêmes ? Je ne peux pas faire ça, moi. Il faut que ce soient les nouveaux neurones qui fassent ça. Ceux que je n'ai pas. Qu'ils découvrent la vérité. Les nouveaux neurones dans les nouveaux corps. Parce que je ne peux pas abimer davantage mon corps. Il ne supporterait pas. Tout ce que je peux faire c'est vendre et dire l’avant. Garder la vie jusqu’à ce qu’ils comprennent. Je suis vétéran de la terre avec mes neurones. Je veux voir ça. Je veux revoir l’avant. Je dois vendre. Réussir.

jeudi 22 janvier 2015

mercredi 21 janvier 2015

prenssée e


C'est très difficile de réussir à ne rien dire. | Je couvre de noir uni les mots et toutes leurs significations. | En combinant tous les discours du monde, on aboutit à une voix qui articule quelque chose. 

Notre service est indisponible tous les jours de 00:00 à 24:00.
Nous vous invitons à nous contacter ultérieurement.
A très bientôt.

La Terre est un gibet. | animhomm | pur vide | 1 million d'années pour se rendre à la planète habitable la plus proche. | La seule vérité à laquelle on accède par une conscience aiguë, c'est l'urgence et la nécessité du suicide. | Il n'y a pas de lumière. | Il y a toujours pire que pire. | Le héros finit sa vie seul, constamment couché, en regardant des vidéos de Laurel et Hardy. | Le monde pullule de sous-merdes et petites raclures protégées par la civilisation. | Il n'est pas possible d'être un héros quand il n'y a personne qui vaille la peine d'être sauvé. | Conçu et né dans des films X : un corps étranger à son propre corps : sort de son propre corps

Un homme se penche, haut d'un kilomètre. Il force à lire des livres traitant de l'évolution des espèces, de sociologie et d'anthropologie, de mythologie et de biologie. | Il y a des morceaux qui s'ajoutent. Je ne suis pas fini. Je veux un livre sur le genre d'animal que je suis, une fois qu'il est terminé. | Dans une revue, on dit que la prochaine étape de l'évolution chez l'homme est psychique plutôt que physique. | Etre capable d'extraire ses rêves et les mécaniser.

Les services secrets, les agents de surveillance, eh ben moi je prends ça comme un public.  
Les services secrets, les agents de surveillance, tu sais ceux qui écoutent les conversations téléphoniques, qui lisent les mails et regardent ton ordinateur, eh ben moi j'aime bien, je me dis que ça me fait un public (un public captif, même).

Je me méfie un peu des gens qui veulent avoir des rapports sexuels politiquement corrects. | On a une belle manière de pas être ensemble. | Ici, je suis un sous-sous-locataire. | Toi qui dis ne pas m'aimer, tu m'aimes mieux que celles qui disent m'aimer. | Je voudrais que mes amis soient comme le soleil, la mer, ou la montagne : des certitudes, des choses solides. | maman me lavait les oreilles avec sa langue parfois | papa léchait mes blessures aux genoux parfois | Des corps dans les rues. Des corps sur les marches d'escalier. Des corps dans les photographies de journaux. | 48 décapitations à 13. Le vainqueur est... | Est-ce que je peux être plus en vie que ça svp ? | Je suis né quelque part et j'ai poussé comme de la mauvaise herbe, comme j'ai pu, en regardant ailleurs. | On confond sa tumeur avec une pensée. | Une sensation d'intimité avec les chiens m'envahit, quand le vent porte l'odeur d'une merde à mes narines. | Déjà fait, de dire : « déjà fait ». | Il articule "Quand est-ce qu'on baise ?", puis meurt.



lundi 19 janvier 2015

Adieu Bertrand




vendredi 16 janvier 2015

Mathias Richard & Antoine Herran. Mini-concert à La Clé des ondes (Bordeaux)


Antoine Herran (clavier, machines) et Mathias Richard (voix, mots) 
invités à l'émission "L'Autre parloir"
(consacrée aux prisons et aux messages aux prisonniers)
sur la radio "La clé des ondes" (90.10, Bordeaux)
le 14 janvier 2015

Trois morceaux joués en direct :
"Le soleil"
"Il faut changer de vie" (coupures dans l'enregistrement)
"La nuit"

Merci à Tony, Jane, Laszlo et Christophe pour leur accueil !


mardi 6 janvier 2015

lundi 5 janvier 2015

Mathias Richard. Cours de physique

1. Le Monde


2. Chaque point de l'espace


3. Est-ce que l'espace va craquer ?


4. Mireille


Lancer la playlist Youtube avec les quatre vidéos s'enchaînant à la suite
en cliquant -ici-

"Cours de physique" de Mathias Richard
est un ensemble de quatre textes pour la lecture-performance
créé à l'occasion de la résidence "L'espace entre"
à l'Asile 404 (Marseille) en octobre 2014


Photo : Thomas Pailharey

"Cours de physique" fut donné :

le 24 octobre 2014 à l'Asile 404, soirée "Space is the place" en compagnie d'une dizaine de musiciens !

le 28 octobre 2014 à l'Asile 404, en compagnie du très original guitariste électrique Jean-Sébastien Mariage

le 23 novembre 2014 à la Villa des Cent Regards (Montpellier)


Ci-dessus : "Algorithmes2", par Hypsis



Photo : Thomas Pailharey

dimanche 4 janvier 2015

entropisse





a
b
y
s
s


a-bis
a-b-y-s-sale salive balise base bible blabla bile babil bise bave lave village à jamais là déjà gisant tigeant gitant s'a-gitan g i t g t t t

to live the dash - ash
shit hit it - - - - - tas
@ la hâte

vire vais virulence véhémence virgule anse immense virgulense aimance danse adulescence vie urgence urgensce visce vite vit oui

vide
con
fusion
cha
os
s
s

'dis-
perce piss
'per-
mitraille aïe ail
y


en.trop.y prosopo.pee
ec.lectic frene.tic lec tic

pic
hic

hoc
hac

HACKAOS

vendredi 2 janvier 2015

jeudi 1 janvier 2015

MIREILLE. Mathias Richard


Mireille
par Mathias Richard 

Ce texte (enregistré fin décembre 2014)
fait partie d'une série de 4 textes pour la lecture-performance
série intitulée "Cours de physique"
créée à l'occasion de la résidence "L'espace entre"
à l'Asile 404 (Marseille), en octobre 2014

Playlist des 4 "Cours de physique" enchaînés :


"Mireille"
fut lu-performé par Mathias Richard
lors de la soirée "Space is the place"
le vendredi 24 octobre 2014
à l'Asile 404 (Marseille)
en compagnie d'une dizaine de musiciens

puis le mardi 28 octobre 2014
en compagnie du très original guitariste électrique Jean-Sébastien Mariage

et à Montpellier
le dimanche 23 novembre 2014
à la Villa des Cent Regards !



mercredi 31 décembre 2014

mardi 30 décembre 2014

samedi 27 décembre 2014

prenssée d (- Je suis OK pour tripler ma vitesse de lecture.


- Je suis OK pour tripler ma vitesse de lecture.

ENTRACTE
reprise du film dans
00:03

On est forcé d’agir à l'intérieur d’une personne. | La tête est libre de droits. | je suis piraté donc je suis | compressez les codes militaires extraterrestres | Le corps, comme une pieuvre, absorbe tout ce qu'il rencontre. | chaque seconde goutte en souffle | je bois dans les pas des cafards | je m'étonne en moi-même le courage que j'ai | D'après des études anatomiques, un corps debout est capable de plus de violence. |

Je pense beaucoup.
Toute la journée.
Du matin au soir.
“Tu penses beaucoup, tu penses trop” on m'a dit parfois.
Je produis 30000 pensées par jour. J'exsude plutôt, c'est une sécrétion, c'est comme de la transpiration, de la vie qui pousse.
Avec le temps je développe des moyens temporaires de ne pas penser : s'abrutir, se saouler, faire du sport, baiser si l'on peut, se plonger dans la musique (mais ça en suscite aussi), regarder des séries à la chaîne pour arrêter toute activité mentale personnelle.
Je suis quelqu'un de très présent. Je suis quelqu'un d'extrêmement présent.
Ma qualité principale est la présence. 
Je ne suis pas absent.
J'ai envie de parler à personne alors je t'appelle.
Dur constat avec le temps : personne n'est à la recherche de ce que je recherche.
La vie parmi les humains est un long racket.
Tout le monde rêve d'être mort.
C'est une réalité qui existe, mais de justesse.
Ce que je considère comme de l'espoir, tu le considères comme du désespoir.

Quand je te vois, je ne comprends pas que tu es beau. C'est en regardant les photos que je m'en rends compte.
Je ne comprends pas ce que me disent mes yeux. Je suis obligé de prendre des photos pour comprendre ce qui m'entoure.
Je ne sais pas ce que je vois avec mes yeux. Je suis obligé de prendre des photos pour comprendre ce que je vois.
Je ne comprends pas ce que je vois. c'est pour quoi je prends tout le temps des photos : elles sont un périscope, des caméras remplaçant mes yeux, et ce sont les seules informations visuelles sur ce qui m'entoure, que je comprends.

Chaque jour sera un nouveau jour, jusqu'à épuisement. | son visage énorme, aux yeux globuleux, suant, alcoolisé, m'assène fiévreusement, en très gros plan, répétant plusieurs fois yeux dans les yeux : "LES MARSEILLAISES, SI TU LES BAISES PAS, ELLES T'ENCULENT !" | j'aime aussi faut dire, faut pas croire faut dire faut faire quoi elle a dit?!!! | j'ai failli, j'ai pu faillir mais j'ai pas fait | j'écricacajouis, chère Suzy | C'est simple : soit ça marche, soit ça marche pas (ça serait plus simple si c'était plus simple) | faites le signe « cœur avec les mains », puis les guillemets avec les doigts | J'aime la lumière. Mais le problème c'est qu'avec la lumière, y a des gens aussi. | 
Aujourd'hui c'est la Journée de la Nuit | On va voir les arbres
jouer dans le parc.
créer langage qui rend :: l'impossibilité de toute communication :: encore plus palpable | : pour une poésie sonore intérieure | Mélanie
aime la nuit. | C'est une fille pleine de vide. | Elle est inquiète car sa vie est trop grande. | Elle est triste même quand elle rit. Elle est triste de ne pas être assez triste. | "Ne t'inquiète pas, c'est pas chargé" furent ses dernières paroles.

"je dois... 
parler...
aux extraterrestres..."

des pigeons jouent au ping pong | La ville est une mère. La pièce est un vagin, une matrice. Les murs sont du placenta. La foule est une matière, un décor, une notion intégrée. | L'intérieur de mes chaussures est tapissé d'insectes vivants et morts. Je les écrase lentement tandis qu'ils m'infusent leur venin et crochets. | L’objet que vous avez aimé ne peut plus être aimé. | Le numéro que vous avez composé n'est plus en service, et il n'y a pas de nouveau numéro. | Laissez-moi faire de vous un lecteur rapide. | En cas d'urgence, cassez tout.



jeudi 25 décembre 2014

mardi 23 décembre 2014

ULTRAVORTEX Saison 1


Compilation des cinq épisodes de la saison 1 d'ULTRAVORTEX, la série littéraire sans point final, polar contemplatif, manuel de rituel magique, catalogue de meurtres de masse, journal intime d'une psychose hallucinatoire, confession d'une intelligence artificielle d'un jeu de télé réalité géant, frankentexte, surscénario, cryptosyntexte, toutes les définitions se recoupent et se valident.

http://fr.feedbooks.com/userbook/34912/ultravortex-saison-1


Texte disponible en PDF, EPUB et MOBI

lundi 22 décembre 2014

samedi 20 décembre 2014

#camfiction SECTEUR 2 : Utilisateur(s) connecté(s) : Erik


#camfiction SECTEUR 2
Utilisateur(s) connecté(s) : Erik

Ce à quoi Erik devait s’attendre une fois la brèche ouverte : les sacrifices en direct, où se croisent sans entraves oracles et fidèles, dans un circuit cloisonné, presque en circuit fermé (bien que paradoxalement ouvert à tous). La première d’une série de shows où se mélangent à nouveau le sexe et la mort. Ce qui était au cœur du dispositif depuis son invention. L’image en direct ; l’imprévu ; l’attente ; la frustration ; le désir ; la jouissance ; et pourquoi pas la mort ? Et pourquoi pas ne pas penser à la place de la mort face aux sexes à portée de mains ? Suicide ou meurtre en direct, ou encore accident. Réel ou symbolique. Sacrilège ou simulacre. La technique avait métamorphosé corps et idées bien plus qu’Erik et ses amis virtuels ne l’auraient cru. Les âmes étaient prêtes depuis le départ. Ceci dit, il n’était pas question de détraquer l’engrenage. Pas plus vite que la musique, en accord avec le rythme, en plein dans le tempo des sonneries des annonces d’oboles sur l’autel. Rassasiée pour un soir, Alice ne manquera pas d’annoncer la prophétie. Elle ne réclame à ses fidèles que du temps, celui pour Erik de comprendre l’ampleur de son potentiel, là où se joue l’histoire en direct, sans rupture du contrat, sans filtre de la morale, des “attentes du public” ou d’un médiateur chargé de corrompre le sens du message. L’évènement avait ouvert la brèche, Alice ne faisait pas que se dévêtir devant des inconnus, ni se frotter des objets vibrants sur les zones érogènes, ni s’enfoncer les doigts dans tous les orifices, quand ce n’était pas la boule en laiton de sa tête de lit qui passait par là. Erik en voulait plus. La tentative de suicide loupée lui avait ouvert les yeux, sur la nature religieuse de la célébration, sur le précipice qui se tenait devant lui, lorsqu’il admit ce qu’il n’avait jamais voulu entendre au sujet de la Technique, sur une rumeur tenace en littérature, un mal que l’on n’arrive jamais à extraire du cœur des Hommes, le murmure d’un pacte que nous aurions tous conclu avec le Diable.

Pertubé par le flux continu d’images défilant sous ses yeux du matin jusqu’au soir, Erik vit pleinement l’époque (vivre pleinement, ce Graal moderne). Du plus loin qu’il se souvienne, il y a toujours eu un écran. Un écran le matin avant d’aller à l’école. Un écran dans la classe pour faciliter le travail du Professeur. Un écran le soir pour recevoir sa dose d’information, de l’entrée au dessert. Un écran pour la nuit où rayonnent les gestes imprécis d’une déesse à demi-visible, la tête coupée par défi, une résistance au reste du monde. Quand bien même sa tête érupte dans le cadre, nous n’en retenons qu’une imposante crinière brune arrimée sur un corps pris de convulsions, aux membres commandés par les vapeurs toute droite sortie de la grotte d’une pythie. Fait implacable de notre lente histoire d’extraction du monde sensible, Erik passe aujourd’hui plus de temps les yeux sur un écran que hors de l’écran. Le reste du temps, il cherche le sommeil en repassant les mains sur elle. Elle est en vie, vit en lui, lui donne une consistance, celle de l’irrémédiable béance de la chair. Il y aurait de quoi rester sur faim, quand les images nous prennent sous leur emprise, à demi-conscients, toujours une attention compulsive sur un fragment d’information à se planter dans l’œil - un téléphone ou une publicité. Que le lecteur ne se trompe pas de cible, l’addiction d’Erik aux écrans n’est pas un problème - si tant est que la véracité scientifique d’une telle dépendance soit prouvée - ses inattentions multiples et répétées n’étant qu’un symptôme de son incapacité idiosyncratique à traiter la masse d’information révélée. Là où des informations contradictoires se confrontent, s’évitent, se court-circuitent, dans un large éventail de domaines, de la mécanique quantique au choc des civilisations, du vrai au faux et dans toutes ses demi-mesures, jusqu’à ce qu’il soit impossible de suivre un événement sans prêter autre chose que la foi à la parole, bien incapables que nous sommes d’en vérifier le fondement par l’expérience. Ici, la raison n’a plus son mot à dire. Et les prêtresses entrent en jeu. Le jeu du direct, là où le mystère demeure.

Ce soir-là, il était très exactement vingt-deux heures quand Ellinor brancha sa webcam afin de montrer de quel bois l’on se chauffe dans la banlieue d’Helsinki. Ange ou démon ? C’était la question posée aux visiteurs de sa chaîne de show sexy, l’une des plus populaires du site, où cette Finlandaise de 25 ans s’exhibe plusieurs fois par semaine. A eux de décider de la réponse, s’il en ont encore la capacité, une fois leurs yeux posés les courbes plastiques du mannequin. (Voilà pour le décor) Si les visiteurs s’attendaient à tout, qu’elle grimpe au ciel ou qu’elle joue de son emprise pour faire durer le plaisir, c’est une surprise de taille qu’attendait ce soir-là un des spectateurs caché derrière un pseudonyme anodin. Après quelques secondes de flou où se dessinaient les contours d’une pièce vide, le buste d’une jeune femme apparut dans la vidéo diffusée en direct. En dépit du trouble de l’image, les habitués constatèrent rapidement qu’il ne s’agissait pas de la maîtresse des lieux. Si les esprits s’échauffaient sur la messagerie en direct qui accompagne les diffusions, ce sont des sueurs froides qui durent secouer la peau d’Erik en voyant son prénom apparaître à l’écran quand l’image retrouva de sa précision. Si le prénom était lisible de tous, écrit au marqueur sur le ventre de la jeune femme, il fallut qu’un Finlandais traduise la phrase entière pour que l’assistance saisisse le sens du message : « ERIK JE TE QUITTE ». Comme pour ôter toute forme de doute, Maaria, la petite copine, descendit la tête dans le cadre. Son visage masqua en partie son corps à demi-nu. Un ange à la peau laiteuse tout juste vêtu d’une culotte et d’un soutien-gorge venait d’envoyer son ex petit ami côtoyer les flammes de l’enfer. Erik ne pouvait plus croire à une hallucination lorsque elle prit possession du clavier pour s’adresser directement à lui, devant un nombre de visiteurs qui ne cessait de grimper. Sans réclamer son reste, le garçon se déconnecta. Maaria rendit son trône à Ellinor (qui n’était autre qu’une de ses anciennes camarades de lycée), non sans oublier d’attiser le feu en gratifiant les trois mille et quelque connectés d’un petit bisou soufflé.

Courte anecdote : enfant, Erik suivait des cours de catéchisme, comme tout enfant de la classe moyenne rurale. Les traditions familiales étant ce qu’elles sont, le jeune Erik n’eut d’autre choix que de se rendre une fois par semaine à l'Église où le curé de la paroisse présentait les coulisses de la messe - de la même manière que l’on aurait présenté l’envers du décor à des comédiens improvisés. Comme le prête ne semblait s’intéresser qu’à des détails d’ordre cosmétique (la couleur des écharpes, le choix des chants, l’inventaire de ses sachets d’hosties), se concentrant sur l’accessoire plus que sur l’indicible, oubliant d’évoquer au passage le caractère sacrificiel de l’Eucharistie, Erik posa une question embarrassante au religieux (que contient le Tabernacle ?), il ne reçut qu’un sophisme en guise de réponse (il est vide). C’est là le mystère. Comment le tout peut naître du néant ? Comment le vide peut tout contenir ? À l’image, la boîte est infiniment explicite. Cadrée, plate, sans échappatoire. En dehors, c’est l’inconnu, l’espace infini. Le direct s’arroge ce droit à la destruction. La prêtresse de la cam est la maîtresse du Temps et de l’Espace. Rien de ce qui existe au-dehors de son faisceau ne peut exister pour les spectateurs, et c’est là où j’aurais voulu en venir bien plus vite, aux spectateurs biens trop habitués aux distorsions de temps volontairement entretenues par les médias de masse, bien heureux de trouver un ancrage dans le cadre. Présent-futur, direct monté, temporalités superposées, tout est en direct, rien n’est vraiment vrai. Le présent est rendu à l’état d’échantillon, mixé dans un flux continu. L’homme, en ce qu’il se croit Homme, n’a pas vu, les yeux par trop occupés, que cet état de sample est avant tout le sien. En pièces. Un robot aux garanties mal imprimées sur la notice.

Culotte rose bonbon. Sourire bleu néon. Son prénom tracé au rouge à lèvres sur sa gorge. Et quelques lignes d’aphrodisiaques paniques. Son côté « j’attends le prince charmant dans ma chambre de jeune fille avec des posters de stars générationnelles ». Une journée à Disneyland, c’est deux heures dans les bouchons et trois de plus dans les files d’attente. Une nuit devant l’écran, c’est au minimum un orgasme visuel assuré. D’un point de vue purement statistique, la chanson Yesterday est diffusée à la radio assez souvent pour que l’on puisse l’entendre toute la journée, chaque jour de l’année, jusqu’à ce que l’anglais ne soit plus qu’une langue morte. Ce n’est qu’une statistique, répondit Erik, difficile de tomber sur la bonne radio au bon moment. D’un point de vue de l’expérience, il y a toujours une fille branchée sur sa webcam à tout moment de votre existence - Erik ne pouvait le nier - si l’une d’elle vient à se déconnecter dans la banlieue de Barcelone, une autre allume son ordinateur entre Berlin et Copenhague. L’exclusivité est un dilemme : s’il est facile d’écouter la même chanson au moment avec d’autres personnes à l’autre bout du globe, ou de regarder la même fille dans la même chambre, un véritable esthète cherchera l’exclusivité face à l’impasse de l’écran. La non-exclusivité est l’impasse des prétendants : même une session privative sera bien enregistrée dans quelque recoin d’un disque dur ou d’un serveur informatique pour une rediffusion ultérieure, c’est là où la chair et la parole se manifestent par leur absence, le dilemme, quand l’imagination entre en compte, l’histoire change, tout comme il serait difficile de lire le même livre qu’une autre personne, les mêmes mots au même moment, en synchronisation parfaite, sans lire la même histoire. C’est pourquoi Erik coupa le son. Les conditions d’observation étaient celles d’un scaphandrier bloqué dans la soute d’une sonde d’exploration du système solaire. Il n’en fallait pas moins pour supporter un coup de foudre sur Venus, porter le fer contre les orages aux quatre coins de l’univers, réveiller le démon de Maxwell dans les instruments de contrôle, jouer contre son propre camp avec les couleurs de l’arbitre. Noir. Blanc. Noir et blanc. La violence de l’instant.

INTÉRIEUR JOUR : La lumière clinique des centres commerciaux dont le but est de rehausser la réalité. Ce qui marche à merveille sur la surface des objets manufacturés en supprimant toute zone d’ombre marche aussi bien sur les êtres humains. Voir son reflet dans le miroir d’une armoire ou d’un élément de salle de bains s’apparente à un examen chez un spécialiste d’une médecine expérimentale. Toutes vos stratégies de camouflage et de déni s’effondrent. La corruption de la chair apparaît sous sa forme la plus crue. La peau grésille rose-verte-grise cadavre, les cernes gonflent, chaque bouton est un impact de la Mort en devenir, le début de votre calvitie prend des proportions inattendues. La vision d’un cutter au rayon quincaillerie est l’occasion d’hésiter entre se scalper le crâne et se trancher la carotide en esquissant des petits pas de danse. La radio diffuse le dernier tube des Daft Punk entre deux appels à la promo - le saviez-vous ? L’album dure exactement le temps de la durée moyenne d’une visite dans un magasin de bricolage un samedi après-midi en Europe du Nord. Le son est juste assez fort pour écraser le murmure de la foule, masquant les blancs pétrifiants entre les pas. Il ne faudrait pas qu’un ange ait l’occasion de passer entre deux sorties de secours. L’enfer venait d’envoyer un avant-goût de son service d’accueil par la bouche d’une hôtesse de rayon : « Bonjour ! En quoi puis-je vous aider ? ». Erik quitta cette lumière sans percevoir ce que disait la petite voix dans sa tête : « Une force qui révèle l’évidence à ce point possède un pouvoir plus diabolique que divin ». Le purgatoire est un supermarché. La bidoche humaine, sa marchandise sur les étals. Au sortir du magasin, Erik se prosterna sur le bitume. Les autres clients ne voyaient qu’un homme à la recherche d’une clé de voiture ou d’un jeton de caddie. Ce fut une salutation au soleil. Le témoignage de son adoration au pouvoir total de destruction de la Nature.

De retour au SECTEUR 1, Erik comprit que l’image et le son ne peuvent palier l’absence d’odeur, celle de la décomposition : d’un stère de bois abandonné sur un trottoir rappelant à ces sens la vie, l’infinie transmutation des atomes et des recombinaisons des formes, au cœur de la ville embaumée, parfumée de pollution. Une autre odeur, celle de la mort : les entrailles faisandées d’un animal écrasé. Retour à une réalité à laquelle il cherchait à échapper pour atteindre l’éternité. Sacrifiant son humanité (se délivrant de son enveloppe charnelle tel le Christ sur la croix), Erik devint à son tour cam model, d’un nouveau genre, d’un nouveau modèle de série, se contentant d’apparaître à l’écran, jusqu’à traverser l’image un jour prochain et devenir un échantillon de lui-même / Erik, Erika ou un(e) autre. Comment devient-on une icône ? Quelle est la part de simulacre et de chimère dans cet entre-deux mondes perdus entres les câbles sous-marins et les satellites géostationnaires ? Dans l’expectative, à l’instant zéro de sa nouvelle vie, l’utilisateur se contentera de prendre ses marques, de jouer l’assurance, torse nu sur son canapé, une clope à la main, visiblement androgyne, continuellement absent, trouvant le réconfort dans l’observation de son reflet sur son propre écran d’ordinateur, ne répondant à aucune des sollicitations du public, comme un Dieu-objet qui éprouverait une peur panique à la vue de ses sujets.

solstice




vendredi 19 décembre 2014

mardi 16 décembre 2014

r.o.s.e.


J'aime une rose. Elle mange des roses, elle fume des roses, elle se lave avec des roses, sa peau est couverte de roses, ses cheveux sentent différentes roses, elle chante des roses, quand elle chante des roses sortent de sa bouche, sa voix caresse le monde de roses.
Avec elle on fait l'amour parmi les roses, on se baigne de roses, on rit rose, on broie du rose, on brûle des roses, on éternue des roses, on a des roses dans les yeux, dans le blanc de l’œil, et dans le dos, et sous les pieds, et dans les mains, les lits explosent de roses, et les rues, les édredons, les enfants sont roses, ou presque, les paupières se closent, on sourit avec des langues roses derrières les bouches closes, tout se surexpose, la Terre est blanche comme une rose, sur tout le corps on a des pétales que l'on effeuille et que l'on sent, respire, renifle, partage, toute la peau est composée de pétales blancs, rouges, roses, même noirs, on les partage, on les lèche, on les mordille, partout sont des roses qui sont des sexes, la Terre est un sexe, la Terre est rouge comme une rose.
Faire l'amour avec une rose, parmi les roses, qui se lave avec des roses, parmi des cascades de roses, qui rit des roses, qui chante des roses. Des roses sortent de sa bouche et de sa voix. Avec elle on se met au rose, on crie des roses, on brûle des roses, on broie du rose, on parle de roses, on écrit des livres sur les roses, on élève des roses, on réfléchit rose, on caca rose, on voit la rose en vie, on a des sexes roses qui écrivent des mots roses, on rosit, on s'enrose, on ose, on a des rêves-sexes, des réflexes roses. 
Je connais une rose. Avec elle, on rit rose, on jouit rose, on brûle des roses, on broie du rose, on voit la rose en vie. Avec elle, la Terre est rouge comme une rose.

avec elle
on se rase rose, on se rise rose, on se rouge rose,
avec elle on saute de pétale en pétale, on s'effeuille, on se file,
on s'enfile, on s'affole, s'essouffle, se souffle, se caresse,
on se baise, s'arrose, se love, s'enlève, s'olive, s'
on s'
on ssssssssss'
on sent
on sexe
on sixe
on soze
on saoûl
on sou
on sou
on suze
on sensasose
on sensachose
on sent ces choses
partout 
de la mose
de la mouse
de louse
de milouse
de l'ose
de l'expose
de la sexpose
de la susurexpose
close n'ose se la chose

et

je vois rose

et

on crie rose
(on se câline de roses
on se chatouille avec des roses)

et

on boit des vins roses
on file rose
on panthère rose
on barbe rose

et

on chie rose
on voit rose
on crie rose

Avec elle on marche dans la rue, et la ville est une rose. On se fait des clins de rose. Même, on pleure rose.
Avec elle on crie des roses, on pleure plein de roses, on frit des roses, on grille des roses, on fait des pots aux roses, on croque des roses. On en crache, on en souffle, on les vaporise, on les déglutit ; le vent nous caresse de pétales, on les boit, avec joie ;
On désire, avec plaisir ; on sirote, des roses. On les mâche, on les digère, on les chie ; on les jouit, on les prie, on les crisse,

Je connais une fille, elle s'appelle Rose.
Dans un monde on l'on écorche des roses, où l'on étripe des roses, où l'on pend des roses, moi j'oseaime une rose dont je me couvre et que je couvre, qui m'arrose et que j'arrose, qui me boit et que je bois, qui me mâche et que je mâche, qui me mâchouille et que je mâchouille, on se terre, se terreau, on se roule, on s'engraisse, on se soleille, et ça brûle et ça pique et ça rit et ça sent bon : ça chose...

PASSION!


THE DAY YOU DIE IS THE DAY I SMILE


lundi 15 décembre 2014

dimanche 14 décembre 2014

samedi 13 décembre 2014

Yuri Kane Simulator 2 - 8 - Panoptik Homme

Mon fils reposa son bol de lait sur la table de la cuisine, renifla, et me demanda de son air le plus malicieux quel était mon rôle dans cette histoire. J’avais déserté le grand cirque pour écrire des romans noirs torpillant les lunettes roses. Mon voisin d‘en face choisit ce même jour pour me saluer. En deux ans de face à face, c’était bien la première fois qu’il daignait m’honorer de son attention. Il tenait dans ses mains mon dernier roman, « Plaisirs Nocturnes », et me confessa que mes mots avaient remplacé les siens. Quelle surprise de découvrir le son de sa voix. Dédicace en poche, il s’empressa de regagner son domicile, sans me perdre des yeux. 
Je relevais une déformation sur son visage, la bouche nerveuse, du genre à se bouffer secrètement les dents des nuits durant, et toujours ce chapeau en désaccord total avec sa ligne vestimentaire. Exactement le style d’homme d’un autre temps qui venait d’atterrir dans l’intrigue de mon prochain livre, au moment où l’histoire prenait une tournure inattendue. Il portait un de ces chapeaux des années cinquante dont la coupe me fascinait, sûr qu’à l’époque de la démocratisation de la robotique et des intelligences artificielles, il gardait une sorte de machine à écrire old school dans son grenier et s’amusait parfois à jouer aux écrivains de roman de gare, à l’ancienne, clope au bec, et mauvais bourbon dans les circuits quand sa femme le lâchait pour quelque visite hebdomadaire à son club de gymnastique ou une réunion sextoys avec les copines. 
Sur le chemin de l’école, une forme assez suspecte de synchronicité m’épingla sur ces traces. Je ne puis que lui emboîter le pas. L’absurdité de la situation ne me sauta aux yeux que bien plus tard. Cette filature avait la saveur d’une scène de polar en noir et blanc. Le réservoir était plein, l’autoradio alimenté en classiques rock du vingtième siècle, j’avais le temps de voir venir les choses, loin d’imaginer qu’il allait rouler en boucle tout au long de la journée, jusqu’à ce qu’il s’arrête sur le parking d’un hypermarché. L’ordinateur de bord de ma voiture afficha alors le tracé récapitulatif du parcours, la description d’une spirale, une forme de tourbillon à la précision presque malsaine.
Un manque d’audace me contraint à rester planté sur le parking au lieu de le suivre dans les rayons pour voir avec quel genre de produits il remplirait son caddie, examiner les livres qu’il soupèserait au rayon Culture, détailler les boutiques qu’il visiterait dans la galerie marchande, celles à laquelle il jetterait un regard intéressé et celles auxquelles il ne prêterait pas attention, ces paramètres auxquelles les intelligences artificielles du lieu sont si sensibles, des interactions sociales à classifier dans les répertoires adéquats, métasignes faciaux, stases comportementales, profilage extensif du vocable, la gamme complète de signes qui définissent sa singularité.
L’agitation du parking accélérait ma perception du temps. J’imaginais quels liens pouvaient se tisser entre les badauds, les familles, les pousseurs de caddies et mon voisin qui tardait à reprendre place dans sa Ford Focus. 
Un homme sorti du Centre, sans achat - l’erreur dans le programme - personne ne sort jamais d’ici les mains vides ; et si j’avais manqué l’essentiel ? Mon voisin rencontrant un espion. Je n’avais pas saisi l’opportunité, le trajet en boucle avait pour objectif de dérouter n’importe quel flic ou barbouze, sauf qu’il ne pouvait pas s’attendre à être suivi par une sorte d’écrivain enfermé à longueur de journée dans une petite maison bourgeoise réaménagée en centre de commandement opérationnel. 
Il fallut attendre la mise en marche de l’éclairage pour me sortir de la transe dans laquelle je nageais. Le temps se matérialisa par la vision d’un parking déserté. Ce n’est que lorsque le Centre ferma ses portes pour la nuit que l’homme au chapeau réintégra mon champ de vision, traînant une valise bruyante que l’on aurait pu suivre à l’oreille sur des kilomètres à la ronde. L’homme s'assit sur une poubelle, se désespérant du temps froid qui repoussait la faune habituelle des parkings nocturnes. Personne pour briser le silence par quelques dérapages ou bouteilles de mélanges vodka-Monster-Energy liquidées au cul d'une voiture tuning. Le fil Twitter de l’hypermarché affichait 23H57 en lettres vertes radioactives. L'immense logo de néon trônant sur la zone éclairait les pages de mon livre, il en lut quelques lignes à voix haute, de bien trop loin pour que le son porte jusqu’à mes oreilles, mais ce sont bel et bien mes mots que j’entendis vibrer dans mes neurones. Il déchira une feuille, deux, trois, par poignées, toutes, les arracha comme une bête que l’on dépouille de sa fourrure, s’agenouilla pour mettre le feu au manuscrit. Le monde en profita pour se dissoudre plan par plan dans le décor d’un jeu vidéo qui se déchargerait faute de mémoire. Le livre s’évapora en millions de milliards de molécules de carbone. Il ne garda qu’une seule page, découpée avec le soin d’un chirurgien, qu’il me força à lire : « Vivre cent vies sans mourir, c’est n’avoir rien compris. Mourir sans avoir aimé, autant vivre sans vie ». Mon autographe, transmuté en épitaphe. Effet immédiat : je disparus atome par atome sous mes propres yeux dans une douleur indicible. « C’est pourtant le seul moyen de te libérer, Yuri », me lança-t-il. 
Je réapparaîtrais dans une salle d'hôpital.
Livre à la main. Pages blanches. Fondu au gris. Mur sud. Nouvelle interface. 
L’homme au chapeau patienterait sur le bord de mon lit, ne se ferait remarquer que pour s’enquérir du sujet de mon prochain livre ; sous le chapeau, un Docteur.