samedi 25 octobre 2014

"NON MEC HOLLANDE N'EST PAS UN DUDE"



En réponse à cet article.

Non mec
Hollande n’est pas un Dude
Hollande est mou du genou
Il ne connait rien
Au système d’exploitafion GNU
Dites “gnou”
Hiboux, genoux et cailloux
Dans sa gueule
Car c’est bien le roi des “Enculés!”
Et rien ne rime avec ce mauvais lait

Non mec
Hollande n’est pas un Dude
Hollande est le totem banquier
Des übber-bobos
Un gros babar des feu socialos
A la lèche des patrons du MEDEF
Qui donnent pas beezef

Non mec
Hollande n’est pas un Dude
Même pas pour un kopeck
Et pour les habitants de Gros Land
C’est une lande

Non mec
Hollande n’est pas un Dude
Juste un vieux bandit
Pourri au service
Des dictateurs
De tous les vices

Non mec
Hollande n’est pas un dude
Hollande c'est Achille des gros talons
A la botte des winneurs
Comme feu Sarko et ses faux jalons
La Chine les dictateurs
Comme feu Chichi
Avec ses emplois virtuels
Pour des cons
Eux bien réels

Non mec Hollande n’est pas un Dude
Pas plus que feu Mité-rang
Qui suckait les ortolans
C’était festif pour les vieilles pies
Déjà Bétancourt & Cie
Mais pour les petits loosers
Les oiseaux aux fourneaux
Ils étaient marinés à la peur

Non mec
Hollande n’est pas un dude
Pas plus ni moins
Que le prochain président2merde
De la feu 5eme république2merde
De l’Europe2merde

La Merde
La Merde
ça rime seulement avec
Toute cette MERDE

Non mec
Hollande n’est pas un dude !
Et si il fallait faire dans le journalisme bobo
mou comme lui
Alors Danièle Conne-Bandit serait
plus un vrai faux Dude
Nicole-4$$ Hulot comme dit La BS
avec qui je vis dans un hublot

La politique n’est pas pour les Dudes
Cons-promis et tentafions
A tous les étages
A part l’Abbé Pierre
Mère Teresa
et Gandhi

Les autres tous
Des bandits
Des escrocs
Aux longs crocs
Suckers de l’Humanité
Cancer de la planète
Mère ils veulent la crever
En brûlant tout le blé

Non mec
Hollande n’est pas un dude
Et c’est TH en mode Walter
Qui te le spamme bien vénère.

Non mec
Hollande n’est pas un Dude

Non mec
Hollande n’est pas un Dude

Non mec
Hollande n’est pas un Dude...

Fist Thigh I

vendredi 24 octobre 2014

1 : De la nécessité de sauver le démon qui se cache au fond de chacun de nous (ULTRAVORTEX : Les dernières nouvelles du Vortex)



 
(ULTRAVORTEX : Les dernières nouvelles du Vortex)
1 : De la nécessité de sauver le démon qui se cache au fond de chacun de nous


« Je ne m'arrêterai pas avant d'être devenue aussi célèbre que Dieu » - Madonna
 
Le soleil avait frappé un peu fort à l’heure de l’apéro. Charlie Runkle, l’agent des stars, n’en cru pas ses oreilles. Le prochain concert de Madonna se terminera sous une douche de sperme, prodiguée sur la chanteuse bionique par une délégation de moines de Shaolin. ll fixait l’écran en ravalant des bulles de mousse à la saveur de Mojito.
 
Du côté Tokyo, la Gouvernement Toshiba/TDK/Toyota avait remplacé les concours de bite par des épreuves d’éjaculation en longueur. Avec un peu de chance et des valises de dollars placées dans les bonnes mains, la discipline deviendrait Olympique avant 2030, de quoi faire irradier la culture Nipponne à travers les âges et baiser ces enculés de Chinois sur leur propre terrain.
 
Dans le train de quatre heures quarante-quatre ; à côté de moi, une femme secrète. Une brune en noir et blanc sur laquelle se reflète la lueur de mes rétines. Elle m'envoie une cigarette à demi-éteinte sur le plexus et me lance : « Vous êtes morte ».
Je la regarde l'air interloqué.
De son sac, elle sort un certain nombre d'objets, dont la photo d’un souvenir de jeunesse, et surtout un tee-shirt rouge aux grosses lettres blanches. Je comprends pourquoi elle me donne ces reliques, et surtout pourquoi elle se fait si insistante. Il s’agit de Pamela Ebola, la célèbre actrice et chanteuse du groupe EBOLA BLASPHEMIKA.
Près de vieux entrepôts abandonnés et d’épaves de voitures - très éloignés de la ville, j’attends. Habillée d’une sorte de blouse blanche qui ressemble à une tenue d'infirmière, Pamela semble avoir des soucis pour installer je-ne-sais-quoi. Une femme qui passait par là a décidé de l'aider. Seulement, Emma se retrouve attachée sur une table d’opération. Son rôle : regarder la télé située sur le mur et prévenir lorsque l’image sera nette.
Emma - toujours attachée - commence à voir une femme nue sur l'écran (une vidéo enregistrée). Emma n'appelle pas immédiatement. Emma est intriguée par l'image, la femme de la télé a l'air d'être prisonnière, et, Pamela (toujours dans la vidéo) écarte les cuisses de la femme, commence à lui les découper dans le sens de la longueur. Emma se met à hurler quand elle réalise enfin le piège de l’image. Plus tard, bien après que Pamela ait fini son opération, je me réveille, je suis Emma, je ne l’ai compris qu’au moment où l’écran s’éteignit. Je ressors des bouts de métal cassés, un collier avec des perles et un tas d'autres objets de mon corps, son offrande à une morte.
 
La base du Jeu, c’est de rester en vie le plus longtemps possible.
 
Walter Van Der Mäntzche, barman au VORTEX, a entendu dire que les conductrices de Mini Cooper sucent en gorge profonde et avalent sans broncher. Son patron lui demande si un concessionnaire pourrait lui confirmer l’info. Et l’autre qui continue à hurler dans le carré VIP. « DON’T TRY DON’T TRY DON’T TRY »
(un coup de laser dans les yeux pour changer d’ambiance)
— Suffit pas d’se cramer les doigts, les foies, les bras, le fin fond du cervelas… hurla ce fils de pute de Kevin Bukowsky.
(une coupe de Champagne pour calmer la transe)
— Y’a que les anges qui peuvent se cramer les ailes !
— Tu n’écris qu’à propos du sexe, du suicide et de la difficulté de vivre dans un monde qui te demande de passer huit heures par jour derrière un bureau…
(un ange passe l’entrée de la discothèque)
Le poète répond : « Va te faire enculer ».
 
Ce n’est pas juste une question de culture, tout le Système tend à ce qu’une information soit comprise par tous les habitants de la planète. Ce n’est pas que le cheval soit un mauvais symbole, c’est que l’on ne pouvait quand même pas obliger les choristes à sucer un cheval sur scène ? Quoiqu’un compromis reste possible... l’Organisation Acapulco Gold propose de les faire chanter dans des micro-pénis de poney. Sans une solution choc, la carrière de Lady Gaga pouvait s’arrêter nette. L’OAG pouvait reprendre le fil de ses activités courantes, les paris sur les marchés financiers et le développement de son réseau d'hôtels de massage en Extrème-Occident.
 
BREAKING NEWS : Une équipe de chercheurs déclare avoir retrouvé une chaussette perdue par Elvis Presley le 29 Novembre 1976 dans un hôtel de San Fransisco. La Fraternité MEMPHIS PRIMA MATERA se déclare favorable à l’étude de l’authenticité de la relique lors de son prochain Congrès Annuel.
 
Il leva les bras vers le ciel tel un Ted Bundy interpellé par ses démons et enchaîna :  «  Et la conscience ? Qui êtes-vous pour dire que vous êtes plus conscient qu’un trisomique, qu’un chien, qu’un arbre ou qu’une pierre ? Vous êtes plus complexe sans doute, mais conscient, laissez-moi rire : HA HA HA  ». Le Dalaï-Lama avait totalement pété les plombs en répondant aux questions du robot-présentateur de CNN.
 
Situation délicate : Une femme (connue (dont nous tairons le nom (bien que personne n’ait eu l’occasion de lui demander son autorisation))) chez le Docteur. Secret médical oblige (nous ne parlerons pas de …).
La femme : il y a comme un antivol coincé dans ma cicatrice.
Le Docteur INTERPOL (impatient) : comme ceux des vêtements ?
La femme : trois points sutures, trois bons de réductions chez H&M.
Le Docteur INTERPOL : et vous pensez aux soldes ?
La femme (pleure) : j’aimerais surtout pas que ça sonne, j'ai essayé de retirer la puce de ma cicatrice mais elle est coincé dans une des sutures.
Le Docteur INTERPOL (inquiet) : je dois vous avouer une chose au sujet du rituel de la couture des bouches gonflantes.
La femme (en admiration) : !
Le Docteur INTERPOL : Voila, un garçon de ma connaissance s’approche et me coud le visage avec du fil de cuisine. Le front et les tempes. Je sais que ce qu’il vient de faire est grave. Ma secrétaire le chasse de la maison. J’essaie de retirer le fil tout doucement mais ça me fait très mal et le bas de mon visage gonfle à un tel point que j'ai du mal à parler. Je vous en dirais plus à la prochaine consultation.
 
Et soudain : des coups de feu. L’homme cagoulé veut prendre le bus en otage, prêt à se faire sauter la cervelle à coup de calibre 12. Les passagers descendent, tous, sauf moi. Il conduira le bus jusqu’à ce qu’il tombe en panne sèche, jusqu’à ce que le Monde oublie ses crimes, jusqu’à ce que je devienne complice de son érotisme de preneur d’otages.
 
Docteur INTERPOL doit prendre la fuite. Traqué par des bouchers réunis en un groupe de tueurs armés dans l’hôpital psychiatrique Nikola Tesla - un labyrinthe. Traqué comme un gibier dans son propre piège psychotronique, l’étau se resserre. Sur le toit, au dernier étage, des mecs avec des tenues blanches de mecs qui découpent la viande de mecs eux-mêmes en tenues blanches. Tous portent des lunettes noires, même les morts.
Surtout les morts.
- Détermination terrifiante et organisée.
Dans ces conditions, la défenestration devient un plaisir d’esthète. Pas le temps d’y penser qu’on lui enfile  un sac poubelle sur la tête. Une fausse ambulance l’attend en bas. Un spectateur nous raconte la scène, son coeur s'accélère et la dernière image du film se pose sur les lunettes des tueurs cherchant des témoins avec leurs regards précis et implacables. Le spectateur, lui, se fond dans les murs, se prostre dans la contemplation de son Moi profond,  s’explique explique que cette construction est vivante, dangereuse, qu'il se passe des choses qui font peur aux gens, c’est bien pour cela qu’on enferme les fous ici, personne ne croira ce qu’ils voient, pas plus eux que les médecins : d’anciens alcooliques en réinsertion habillés de blouses blanches.
« Ca n'existe pas », dit-il, dans le sens où ça n'existe pas signifie : «  La construction est vivante ». Même les significations divergent, il suffit de le dire pour que la porte se déforme comme une bouche et qu’apparaissent des bras qui l’aspirent.
ICI : Trou noir !
Nikola Tesla se réveille dans un lit, un lit qui bouge sous lui pour lui faire sentir qu’il est prisonnier. Le matelas, les draps, frissonnent. Il veut dormir, alors le lit le jette sur le sol. Il est inutile de lutter contre une prison qui ne cessera jamais de vous avaler pour mieux vous recracher.
Le Docteur vient à sa rencontre, en « ami », pour enterrer un truc sous le parquet, au pied du lit : un squelette de buffle portant encore de la chair sanglante sur les os. Sa tête est enroulée d'une étoffe noire et deux cornes d’or. Le trou ouvre la porte vers une tour, elle même menant au Puits aux Messages, un trou sans fond où s’accumulent des tas de livres et un parchemin enroulé avec de la peau. Nikola Tesla déroule le parchemin qui lui était destiné. Le message disait : « Tu vas mourir le 9 »
— Quel jour ? quel mois ? quelle année ?
— Le Rayon du Destin, vous connaissez ?
Une porte se ferme.
— Encore une de vos chimères, Docteur…
—  Et l’oeil de l’Ancêtre, vous ne pouvez plus dire que...
Une nouvelle planète violette tachetée de noir se tenait à côté de la Lune. La première du système. Une nouvelle lune apparaît au dessus du Soleil Noir (encore plus choquant). La rencontre provoque un faisceau lumineux violet avec une bande noir au milieu dans l'espace que l’on ne peut suivre qu’à une vitesse démesuré pour finir sur le Soleil qui se met à perdre ses flammes pour revenir à son état de cailloux grotesque. Du haut de la galaxie, l’explosion ne laisse aucune zone d’ombre.
—  Je crois qu’il était nécessaire de sauver le démon qui se cache au fond de chacun de nous.

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jeudi 23 octobre 2014

Je suis devenu la nuit même

Pendant des années, je vivais la nuit.
Je dormais le jour, je travaillais la nuit. 
Le matin c'était le soir, la nuit c'était le jour. J'ai vécu dans une longue nuit. J'aimais la nuit, je me baignais de nuit. Je connaissais des gens, de nuit. Je respirais la nuit. Je, recherchais la nuit. Je suis devenu la nuit, je suis devenu la nuit même. J'étais dans une longue nuit. Je vivais dans une longue nuit comme dans une cave. Une nuit sans fin, j'ai vécu dans une longue nuit sans fin de plusieurs années. J'aimais la nuit, je n'aimais pas la nuit, mais la nuit était là où je vivais, la nuit était, mon élément, la nuit était mon jour, la nuit, la nuit était, était la vie, la nuit était simplement ce que je pouvais vivre. Voilà, le reste n'existait pas, j'étais la nuit, j'ai vécu dans la nuit, et aujourd'hui je veux que ça s'arrête, je veux vivre dans le jour, je veux vivre dans le soleil. Je, je veux vivre dans la lumière, je veux que le jour soit le jour, et que la nuit soit la nuit. Je veux que le jour soit le jour, et que la nuit soit la nuit. Je veux que le jour soit le jour, et que la nuit soit la nuit enfin. Je veux que le jour soit le jour enfin. Je veux vivre le jour, je veux voir le soleil. Je veux, je veux respirer le matin, je veux...

Je sors de la nuit, j'ai vécu dans la nuit, j'ai vécu une longue nuit. Je me réveillais, c'était le soir, et la nuit était mon jour.
Pendant des jours, et des semaines et des mois et des années comme ça, toute ma vie comme ça, la nuit était mon jour, je vivais la nuit, je vis la nuit, je travaille la nuit, je rencontre des gens la nuit, je fais tout la nuit, je me couche quand le soleil vient, et ça pendant plusieurs années, j'ai vécu dans la nuit, la nuit était mon jour, la nuit était ma normalité. Ma peau était nuit, ma peau était nuit, mon cerveau était nuit. Mon sexe était nuit, tout était nuit en moi. Je suis devenu une nuit, je suis devenu une longue nuit, je suis devenu la nuit, je suis devenu la nuit même. Ma peau de nuit, mes yeux de nuit, mon écriture de nuit, mes mots de nuit, ma bouche de nuit, mon sexe de nuit, mes pieds de nuit, je marchais la nuit, beaucoup je marchais, je sortais, je marchais, j'écrivais, je vivais la nuit, je travaillais la nuit, je travaillais la nuit, je vivais la nuit, je mangeais la nuit, la nuit était très longue, je recherchais les nuits les plus longues, et j'ai vécu dans une nuit longue de plusieurs années, de plusieurs années, je sors, je sors, je ne sais pas si j'arrive à en sortir, d'une nuit, de plusieurs années, mais aujourd'hui je veux, changer, aujourd'hui je veux que, je veux que le jour, soit le jour, enfin, aujourd'hui je veux, que le jour soit, la lumière, enfin, aujourd'hui je veux vivre, dans la lumière, je veux laisser ma peau de nuit, derrière, voilà.

J'étais devenu la nuit même, je suis devenu la nuit même. Je me suis englouti, moi-même. Je me suis englouti moi-même. Aujourd'hui, ma peau, de nuit, est blanche, et je veux... Je sors d'une grotte, je sors d'une longue nuit, de plusieurs années, je veux en sortir aujourd'hui, je veux vivre, dans le jour. Je veux vivre dans le jour. Je veux vivre dans le jour. Je veux vivre dans la lumière. Je veux voir la lumière sur les feuillages. Je veux voir la lumière sur les feuillages dans le vent. Je veux voir le bleu du ciel. Je veux vivre dans le jour. Je veux vivre dans la lumière. Je veux vivre comme tout le monde. Je veux vivre avec les humains. 
Je veux,
devenir le jour.
Je veux,
devenir le jour même.
Je veux,
vivre dans le jour.
Que le jour soit le jour,
que la nuit soit la nuit,
que le jour soit le jour,
enfin.

mercredi 22 octobre 2014

mutantisme 1.2

go, go for it




mutantisme : PATCH 1.2
livre collectif (30 participants)
en préparation
Editions Caméras Animales

mardi 21 octobre 2014

Mutantisme dans la revue pédagogique Dialogue n°153



"Vers l'atelier mutantiste"
par Méryl Marchetti







"Rencontrer Mathias Richard, et le Manifeste mutantiste"
par Josette Marty




Textes parus dans la revue pédagogique Dialogue n°153 (juillet 2014)
(Groupe Français d'Education Nouvelle)


v.u. 073

Crise de tristesse et hurlements

  -je hurle dans la nuit, qui est terriblement sombre dans les coins
  je hurle pour tuer le noir dans les coins
  pour étendre mon son ma voix
  cartographier les murs
  connaitre tous les trous -that’s what she said-
  dénicher des interstices le mal le noir l'inconnu
  avec ma voix
  je fais la marée de son pour nettoyer la ville
  je hurle et on me demande ce que j'ai, si ça va
  on a l’air inquiet pour moi
  et je hurle que ÇA VA
  QUE TOUT VA BIEN
  qu’on me laisse hurler que je ne reste pas
  que je ne fais que passer
  je hurle et je me secoue comme un chien
  j'ébroue mon cri contre les murs
  je fais la carte de la ville
  pour purifier l’inconnu
  faire sortir les cafards des trous
  et les écraser en sautant dessus
  -en ce moment tout est juteux-
  that’s what she said
  et je laisse mes empreintes jaunes sur le sol
  et les murs repeints
  en bleu nuit-

samedi 18 octobre 2014

#camfiction SECTEUR 1 - De la mémoire élective à la cryptologie des sentiments


#camfiction SECTEUR 1
De la mémoire élective à la cryptologie des sentiments

Résurgence de V., première du nom, pour ses jambes, croisées dans la vignette miniature d’une collection des plaisirs éphémères. Deux arcs de tissus bleus tendus dans les airs sans visage. Dix touches de rouges ovoïdes en guise de couronne par dessus le calice. Ta peau blanche, telle qu’elle m’était décrite dans les artères échauffées des faubourgs de la Valette ou les rues glacées d’un est new -yorkais fantasmé. C’est d’une profane bénie dont je vous entretiens le souvenir. De rouge à rose, ignorant les pales imitations de tes rivales. Une bouche marquée au fer flou m’aurait fait manquer l’irrécupérable, goutte par goutte, tes mains s’élèvent aux prises dans ton filet fixé dans chaque coin. Enquêteur focalisé sur mes précédentes inattentions, sans voir défiler les lignes, sans que je ne l’eusse senti relever le buste, ni remettre les voiles en place, V. disparut du cadre en une poignée de flagrances. Incapable de garder son nom en mémoire.

Connexion : première image : une bite tendue en arc sur l’assise d’une chaise. Au second mouvement, le passage de ton corps nu pleine chair. Déjà nue, déjà vue, déjà tu t’affaires, l’huile coule le long de ton buste et file aux frontières de tes bas de coton rose, marques pareilles à des pois pop attaqués par l’acide. Tu nous quittes, une seconde sur le compteur, je retiens mon souffle - la voix de Lana échardée par tes soupirs grésillés - Dos à l’objectif, tu poses un préservatif rose fluo sur le bout et tourne autour de totem planté au bord des lèvres, tu luis, deux pieds au bord de l'abîme tu nous reviens pour mieux t’ajuster. Élisa, d’un seul geste de la main tu les atomises dans les profondeurs du classement. Les autres, rendues incertaines, et le sexe factice caché quelque part, entre tes cuisses ou en toi, ta douce exhibition se pare de mystère ; alternants indécisions et brefs retours aux certitudes. Tu me fais passer de l’envie d’en finir sur-le-champ à celle d’en garder l’impact derrière la rétine. Je ne résiste au désir de glisser sur toi, d’être le seul à accompagner ta balance et de guider les foules, je n’avais pas d’autres choix que de rester le dernier de l’autre côté du clavier.

Plan fixe interminable. Aussi étonnant qu’il puisse paraître, elle se glisse entièrement dans le cadre, assise à genoux les fesses posées sur les mollets tout aussi dénudés. Deux seins ronds que l’on devine lourdement chargés de dynamite quand elle les remue d’un balancement partant des épaules au nombril, là où pointe un sexe-objet d’une couleur chair qui fusionne en apparence avec celle de sa propre enveloppe dans la compression dégradée de sa webcam de mauvaise qualité. Le phale tient debout par l’assistance d’une ventouse ou d’un dispositif adéquat - se montre autant barrière que promesse, voire expédient. Il attend les centaines de membres connectés, avec sa consœur qui jette d’incessants regards vers son écran de contrôle, entre deux balancements, pour surprendre les allées et venues des anonymes sous pseudos qui ne tarderont plus à presser les touches du lancement des hostilités et des figures imposées. Quand elle se lève en tournant des jambes agiles par-dessus la figure, c’est au rang de doublures nostalgiques que se sentent expédiés ses apprentis contrôleurs en machines molles.

Zapping rapide, toujours sur la trace de la Salamandre. Tous les jours à la même heure : un couple : homme caméra dans les mains au point de vue dans ses yeux dans les yeux de sa femme (je suppose qu’il s’agit de sa femme, la mise en scène paraît claire) un regard pour la caméra, un regard pour l’écran posté à sa droite hors champ. Yeux noirs finement cernés de mascara et de régularité mécanique. Passe d’une interface à une autre en tactique chronométrée. Navigue façon rituel cybernétique sur tous les tableaux. Si bien qu’un utilisateur zélé - il y en a, assurément, partout, et surtout dans ces coins-là - dans un de ces coups de folie qui abolit le temps, serait capable, disais-je, d’établir des statistiques sur les répétitions de la séquence : appel de l’écran / retour dans le vague / iris focus dans le fond du visiteur caché de l’autre côté du process sexcam. Elle suce le sexe demi-flasque demi-dur de son mari. Pendant des heures. Jusque à ce que l’image se fige. Plan fixe sur l’absence.

Le jour où tout changera du tout au tout. Le jour où le vigile lui dira bonjour au supermarché. Le jour où Cindy arrêtera de se focaliser sur des choses tellement absurdes qu’elles en deviennent normales. Ou l’inverse. Le monde est tellement normal qu’il en est devenu absurde. Comme une guerre que l’on suit à la télé au jour le jour sans la subir. Du fond de la piscine, c’est l’atmosphère qui est floue. Vu du sol, l’univers semble plat. De ce côté du clavier, l’interface se rapproche plus d’un filtre mouvant que d’une stupéfaction spécifiquement mécanique, cette machine dont on dit qu’elle puise son pouvoir de la séparation : Acteur / Spectateur. Sujet / Objet. Maître / Esclave. Cette mince frontière affirme le nouveau postulat de l’époque ; son mystère d'indifférenciation. L’immortalité dans le viseur. L’amoralité sur le curseur. Un troisième terme s’infiltre dans l’équation : Éros, Thanatos et porno(s). Si les deux premiers sont des dieux, archétypes personnifiés (pour lancer une ébauche de prédéfinition dans les airs). L’un procède d’une fonction vitale de l’être, venue des profondeurs. L’autre, d’un point de vue forcément réducteur, nous rappelle l’existence du non-être, ou d’une absence, d’une béance, si l’on se réfère à une lecture de la chair, dans une chronologie et un destin ; une fatalité, pour tout dire. Porno - auquel il serait tentant d’ajouter un “s” ,pour se la jouer au divin - lui aussi, serait messager du non-être, mais en plus vicieux, moins sépulcrale, déterminé à la superficialité, car aiguilleur sur le chemin de la réification. J’aurais aimé lui dire autre chose, à Cindy, à ses jouets de métal, son sourire plastique, ses bracelets de perle, d’une plus terrible inspiration que mes habituels chuchotements indécis.

Après l’éloignement (ou l’absence), vient l’interdiction, pour que la transgression de l’interdit soit parfaite. C’est à ce moment que Bob (le méchant) interroge Alice (l’héroïne). Nous en apprenons davantage sur elle dans cet interlude au détour d’une galerie marchande qu’en dix lignes de descriptifs vestimentaires, de commentaires sur ses courbes et de confessions le monde caché derrière cette porte. Sûr qu’elle s’en laissera tromper, par duperie, ou par simple masochisme ; la séquestration étant totale, le mode opératoire rodé jusqu’au grotesque. Alice, la représentation de son univers. Alice incarnant l’idée autant que ses fruits. C’est dans son cœur que le bon Prince, le Charmant tout vêtu de blanc, fit son apparition. Nommons-le César. Vous connaissez la suite ? Le héros passe les épreuves, découvre ses pouvoirs, combat (le doute, un moment de doute avant chaque étape, le doute avant l’ennemi, le doute comme meilleur ennemi), quitte à recevoir sa part de blessures et de stigmates, autant de marques claires de réquisitoires au défi des imposteurs qui ne tarderont pas à se présenter au Château. Pour ce genre de héros, la clé se porte dans le cuir. Malgré les interférences - difficile d’être un message à l’époque de la communication reine - Alice saura toujours reconnaître le mot déroutant d’un champ de passes. Il en va de la cryptologie des sentiments comme de la morphologie des contes. Alice vie loin des caméras dans son fantasme de Princesse, l’œil n’y transmet qu’un signal, les élucubrations de la main des coupures, ma présence en direct un soupçon d’incertitude dans mon catalogue de débauches privées.




vendredi 17 octobre 2014

Mathias Richard @ Hors-Lits Marseille (photos)







"Vokal_01" de Mathias Richard
Langage normal : lecture-performance
Langage mutantiste : syntexte vocal
Photos : Sabrina Martinez


C'était à
les 30 septembre, 1er et 2 octobre 2014
au Théâtre La Casina (Martin Kimmel)
Marseille, France

Avec également :
Aliette Cosset & Duo Haïku (Vincent Lajus, Martha Polcaro)
Leonardo Montecchia, Lolita Morales
Lisa Reboulleau
Détachement international du Muerto Coco (Raphaëlle Bouvier et Maxime Potard)
Elodie Rougeot
Elsa Decaudin
Laurent Rodriguez, Sylvain Le Chanteur, Alex Riva



La touche espace et le salut


 J’appuie sur la touche espace                                             
 je reste appuyée dessus                                                                
 et le curseur avance                                                                              
 et les pages défilent                                                                                       
 blanches mais remplies                                                                                           


                                                    d’espaces 

 Il se passe ça 
 tous les jours 
 dans ma vie 


 c'est ce que je voudrais répondre à chaque fois qu'on me demande si ça va 

 je comprends jamais bien d'ailleurs pourquoi on me demande ça 

 si c'est pour dire salut 

 je préfère qu'on me dise salut 

 j'ai peur quand on me demande si ça va, j'ai peur 

 alors que j’ai pas peur quand on me dit salut 

 même, j’aime bien 

 ça réduit l’espace entre moi et les autres 

 mais ça va 

 oui 

 bien sûr 

 faut juste pas demander 

 juste 

réduire l’espace

lever mon doigt du clavier

et le tenir serré contre soi

pour qu’il n’y retourne pas

rabattre l’écran

et me regarder dans les yeux

pour me garder présente

 -vous savez, je peux arrêter de cligner des yeux pendant plusieurs minutes, je suis entraînée-