vendredi 21 novembre 2014

Caméras Animales à Montpellier


Dans le cadre de la 4ème édition de la ZONE D'AUTONOMIE LITTÉRAIRE (ZAL)
les éditions et label Caméras Animales
tiendront un stand (livres, CD, K7)
le samedi 22 novembre
de 14h30 à 23h

Salle Pétrarque
(2 place Pétraque)
à Montpellier
(entrée libre)


A cette occasion, Mathias Richard donnera sa lecture-performance de poésie "Vokal_01" à 19h (salle Pétrarque).


Mathias Richard
Photo : © Phil Journé

D'autres éditeurs seront présents, et de nombreux autres concerts, lectures, performances seront proposés tout au long de la journée (voir programme détaillé).

L'événement sur le site de la revue Squeeze : 
L'événement sur Facebook : 

Le lendemain, le dimanche 23 novembre à partir de 20h, une soirée complémentaire (lectures, performances...) aura lieu à la Villa des Cent Regards (toujours à Montpellier) :

***

Sur le stand Caméras Animales seront disponibles les ouvrages et disques suivants : 

Livres
CREVARD [baise-sollers], de Thierry Théolier (16€)
Danse-fiction, de Ly Thanh Tiên (12€)
La spirale de la parole, de Guillaume Bergon (12€)
Manifeste mutantiste 1.1, de Mathias Richard et al. (14€)
Musiques de la révolte maudite, de Mathias Richard (10,50€)
Raison basse, collectif (16€)
V.I.T.R.I.Ø.L., de Arnaud Pelletier (12€)
Anaérobiose, de Mathias Richard (13,80€)

Musique (CD, K7)
Sonopsies, 12 artistes/groupes, CD (10€)
Ga Garden, de M. Savant Stifleson, CD (4€)
Mortisle Elytrion, de Ichtyor Tides, CD (5€)
Eever Schapes, de Ichtyor Tides, K7 (7€)

Revues
Espace(s) n°10 "Obsessions et fascinations" (19€)
Freak Wave n°4 (18€)
Lieu Commun n°2 (Québec) (3€)

Le livre Machine dans tête (20€) de Mathias Richard sera disponible à la librairie de la ZAL.

A bientôt !

jeudi 20 novembre 2014

cervOlant




ULTRAVORTEX SAISON 1 Épisode 3 : Ouverture sur les roches, l’Art de la mémoire contre les caprices de la Nature


ULTRAVORTEX SAISON 1 Épisode 3
Ouverture sur les roches, l’Art de la mémoire contre les caprices de la Nature


« Le sens de mon existence est que la vie me pose une question. Ou, inversement, je suis moi-même une question posée au monde et je dois fournir ma réponse, sinon j'en suis réduit à la réponse que me donnera le monde. »
Carl Gustav Jung


L’expertise du drame occupait des dizaines de techniciens, policiers, secouristes, pompiers, dans le fatras de sombres roches éboulées et de troncs d’arbres éventrés. AL Zimmer venait de redescendre de la scène du crime, accompagné d’un embrasement interne analogue à celui d’un alchimiste venant de découvrir quelque codex disparu à la jointure entre deux siècles.


Observation du travail de fourmi de ses collègues, figé comme à son habitude dans le rôle d’une statue d'apollon le soir de la chute de Rome, des flammes traversaient le rideau impénétrable de la pluie, Zimmer faisait face, en pleine disparition de ses moyens, à son sosie en catimini, une histoire qu’il ne connaissait que trop bien, son propre héritage.


À rebours des origines, un vecteur le poussait depuis le passé, tout en semblant le tirer depuis le futur. Une lumière gisait au début du tunnel.


Un meurtre, selon toute vraisemblance. Et une profanation, ou deux, agencées en une énigme inquiétante. Les hypothèses ne manqueraient pas, entraînant leurs lots de réflexions tordues et d’extrapolations malsaines de la part de commentateurs sadiques, toujours à l’affût des suprêmes délectations de la souffrance, figurant un tableau bien plus répugnant encore que la manière dont les cadavres furent agencés là-haut.


Vision superposée parcours guidé émeutes et boucliers de forces spéciales sous les flammes.
Troisième organe.
Insensible.
Fatal.
Bruit rose.


La véritable enquête ne démarrerait que plus tard, en décalage, lorsque l'enquêteur tiendra en main toutes les pièces connues du puzzle, à l’abri de l’excitation des lieux et des caprices du climat. Al Zimmer n’allait pas seulement se lancer à la recherche d’un criminel, un joueur encore inconnu l’attendait quelque part, un adversaire qui s’était bien bien gardé de signer son coup, et des ennemis plus redoutables restaient tapis dans l’ombre, attendant leur heure, des arcanes, des chaos dans la marche du temps, une catastrophe primale dont les échos disséminaient dans ce monde un cortège de catastrophes avec une régularité inquiétante.


Les conditions n’étaient pas toutes réunies. Comment philosopher avec une arme de poing, un fusil d'assaut et un pied de biche ?


Les conditions dans lesquelles s’étaient déroulées ce meurtre possédaient toutes les caractéristiques d’une réplique de la Chute, ce désastre qui avait frappé la Zone il y a neuf ans jour pour jour, à quelques lieues de là, et dont les traces ne disparaîtraient jamais ; la montagne éventrée était visible depuis la sortie du village.


Le genre de jeu où il est impossible d’effectuer une sauvegarde. Zimmer et sa fascination morbide pour l'occupation constante du cortex par l'information, l’éternel retour d’une reddition provisoire face à l'inévitable.


Les flics du secteur laissèrent leur place aux spécialistes, non sans soulagement. Les premiers flics étaient arrivés sur les lieux au point du jour. Une grande journée les attendait avec l’organisation des commémorations. A l’arrivée du premier flic, les oiseaux chantaient avec une ferveur retrouvée, profitant d’un véritable lever de soleil pour hâter leur parade amoureuse, un moment de délicieuse accalmie avant que la pluie ne reprenne ses droits.


Un éclair d’autant plus assourdissant que la fenêtre de la chambre était ouverte - l’écran du réveil affichait 3h19. Un violent orange s’en suivit, souvenir de réveil récurrent, dont un à 4h04 - sommeil non trouvé.


Déjà, le vent soufflait par bourrasques décousues, et une nuée de nimbostratus assombrissait l’horizon. Le retour des intempéries ne tarderait pas à freiner l’ardeur des collègues de Zimmer et les lieux retrouveraient leur éclairage coupable.


Lorsque la balle traverse votre crâne, c'est - avant toute autre considération - que votre tête se présentait sur la trajectoire.


Les techniciens tentaient de protéger les deux corps avec une toile de tente mais la pluie avait déjà fait son oeuvre. Aucun indice ne semblait avoir résisté à la tempête, comme aspirés par le glissement de terrain.


Journal intime, page 7 : Il faut se méfier des mots. Malgré l’apparente incohérence des faits, tout devait faire sens.


Zimmer calculait, fixe dans l’agitation, les neurones en ébullition, les turbulences refroidies par le claquement des premières gouttes de pluie sur son crâne dégarni. Il quitta l’endroit en traversant un petit groupe de maîtres-chiens de la Sécurité Civile équipés de pitbulls bioniques.


Face à l'abîme, le silence était devenu sa seule et unique arme


Bien qu’il n’y ai aucune victime à dénombrer dans l'effondrement du monticule rocheux, les hommes en orange restaient là, stupéfaits, en attendant qu’une idée filtre dans leur conscience : que faisait la dépouille de leur collègue - et ami pour certains - sur la pierre la plus haute de l’ensemble, alors qu’il était mort et enterré depuis presque deux ans déjà ?


« Je vous épargne mon premier diagnostic qui, bien que secret, ne vous apporterait aucune réponse. Je vais faire court et synthétique. Votre histoire est quelque peu alambiquée, mais je… du jamais vu dans la littérature médicale, voulais-je dire. Tout ceci m’a l’air bien étrange, j’ai été diligenté en urgence par une officine de la Défense dont je ne connais pas le nom exact pour rejoindre l'hôpital, sans préavis, vous voilà avec toutes les cartes en main… maintenant… si vous le voulez bien… »


En dehors de cet ersatz d’interprétation, il ne subsistait que la prévarication dans le cadre de la morale, pour reprendre un terme à la mode chez ses futurs suspects, bien que la morale et l’éthique ne soient qu’un masque derrière se cache la norme sociale. Les personnages de ses enquêtes ne choisissaient jamais le bien ou le mal que par choix esthétique, n’étaient ni bons ni mauvais, ils évoluaient toujours en marge des normes, dans une zone grise plus ou moins contrôlée par la Justice, la Police et l’homme de la rue. Dans cette interzone mouvante où les hommes ne cherchaient pas tant à se sauver qu'acquérir plus de pouvoir. La Technique ne rendait pas la société plus violente ou plus déshumanisée. Elle fixait les rapports humains dans le  fonctionnalisme, l’homme n’était pas un loup pour l’homme, juste un outil de la Nature. Le vulgaire support biologique d’un réseau de conscience bien plus étendu qu’il ne voulait bien le montrer. Cette idée travaillait Zimmer depuis des années, c’était d’ailleurs son fond de commerce, il n’aimait pas vraiment les histoires sombres, encore moins les clairs-obscurs, se complaisait dans le rôle d’inquisiteur en nuances de gris, et pourtant, face au Joueur Blanc, il ne voyait d’autre issue que d’embrasser le rôle du Joueur Noir. Inspirant l’humeur fraîchement sortie de terre, s’inspirant du réseau d’enquêteurs à l’oeuvre sur le chaos rocheux, Zimmer griffonna quelques mots venus d’ailleurs sur son carnet de poche.


je ne suis rien
juste une parcelle de conscience dans (...)
j'ai créé un monstre
je dois mourir
quand il sera mort
je serai immortel
vivant comme un mort (…) qui ne peut plus mourir


http://mutantisme.blogspot.com/search/label/ULTRAVORTEX
https://twitter.com/doubles_v
http://www.doubles-v.com

mercredi 19 novembre 2014

Chaque point de l'espace. Mathias Richard


Chaque point de l'espace
par Mathias Richard 

Ce texte fait partie d'une série de 5 textes pour la lecture-performance
créés à l'occasion de la résidence "L'espace entre"
à l'Asile 404 (Marseille), en octobre 2014


Ci-dessus : "Algorithmes1", par Hypsis

"Chaque point de l'espace"
fut lu-performé par Mathias Richard 
en compagnie du très original guitariste électrique Jean-Sébastien Mariage

et le sera peut-être à nouveau à Montpellier
le dimanche 23 novembre 2014
à cette soirée
(Villa des Cent Regards)


Photo : SAD

mardi 18 novembre 2014

dimanche 16 novembre 2014

samedi 15 novembre 2014

Passagers nocturnes - Slogan X


Passagers nocturnes - Slogan X

Vox : Zaäk Arandi (feat. See Real)
Texte : Zaäk Arandi / Richard Huelsenbeck
Music : Slogan X

vendredi 14 novembre 2014

toute la journée leur vocabulaire

 
toute la journée leur vocabulaire de dominants attention leurs phrases phares d'en haut déshumanisent par la messagerie professionnelle diffusion de ces nouvelles façons de communiquer et contamination l'un ou l'une d'entre nous l'utilise par mimétisme voici que nous les ruminants répandons à notre tour la grasse parole gluante de l'ordre bordel de l'ordre et que ça glisse de l'huile on écoute on lit leur prose on subit on retient leurs discours la pression leurs images le mensonge et on participe au carnaval du pouvoir comme des clowns carnaval statique statiques derrière nos ordinateurs hiérarchiques à encaisser beaucoup aucune pause ou très peu car trop trop de boulot tu comprends un statut respectable à conserver un poste à garder un salaire la crise tu comprends passe-moi la dépression corde la peur entoure mes mains pas trop de discussions avec les autres de moins en moins devoir de restez dans vos bureaux cancérigènes les chiens à la niche parcellisés et souffrance et négation du corps et de l'esprit flingué ici mort lente ailleurs ailleurs ils se suicident à force d'être réifiés transformés année après année en déchets inutiles en boudins de gens en débris à jeter à la benne les strates de supérieurs gagnent les winners sont parvenus à force de persuasion performance violence massive à faire en sorte qu'on s'extermine de nous-mêmes et nous nous acceptons répétition fabrique à tristesse êtres éclatés nous acceptons toujours tout nous les serpillères stupides serviles pleutres maso consentantes trempées de l'éternelle bave du renoncement incapables de la moindre révolte révolte la révolte hurlement jamais quand la joie le jouir de la révolte du feu la révolte ? 
LE SALARIAT PUE  

jeudi 13 novembre 2014

prenssée b


Je suis attaché à une certaine forme de déception.

avec l'âge, on apprend que l'on peut continuer à être déçu, 
de façon perpétuellement renouvelée

le monde est toujours un peu plus décevant qu'on imagine
Le monde déplace sans cesse la notion de déception

Je suis attaché à une certaine *exigence* de la déception.


Tout le monde a quelqu'un à qui parler, sauf moi.
Tout le monde a quelque chose à faire, sauf moi.
Tout le monde a quelqu'un à qui parler, sauf moi.
Tout le monde a quelque chose à faire, sauf moi.
Sauve-moi.
Sauve-moi.

ça va...
pas très bien
Moi chuis pas du genre à rencontrer des gens.
j'aime pas quand toi plus triste que moi
je suis là moi, tu sais
Je t'appelle pour t'appeler et donc je t'appelle.
ça me fait bien
C'est pas pas grand chose.
C'est pas pas cher.
C'est pas si faux.
ça me fait bien
j'ai chaud, j'ai froid
je sais pas où je va
je ne comprends rien mais je te salue 

j'ai pas le wifi dans ma tête 

j'ai planté mes ennuis dans la terre
et ça a poussé

y a des singes qui nous homment

Merci Dieu, à + !


mardi 11 novembre 2014

Machine : assemblage des pièces - soudure & tamponnage !


ULTRAVORTEX Episode 2 : La chasse aux fantômes se transforme en forteresse imprenable au milieu de l’autoroute holocauste


ULTRAVORTEX Episode 2
La chasse aux fantômes se transforme en forteresse imprenable au milieu de l’autoroute holocauste


« Si toutes choses sont sous contrôle, c'est que vous n'êtes pas assez rapide. »
Mario Andretti


L'esthétique neutralisée d’un parking souterrain :
Vertes horizontales.
Gris piédestales.
Bleues parallèles.
Sanctuaire urbain sous la frénésie du bitume.
La voix résonna : « Contrairement à ce que certains aimeraient vous faire croire, il n’y a aucune trace d’absurdité dans le monde contemporain… dans un monde libre, ce serait l’absence de désordre, de compétition, de prédation qui serait une absurdité... l’absurdité serait de croire que la paix et l’harmonie sont la norme sur une planète tournant sur elle-même à plus de mille cinq cents kilomètres par heure, autour d’un astre brûlant à plusieurs millions de degrés Celsius, lui-même lancé à toute vitesse dans une gigantesque spirale nébuleuse posée à plat dans le vide interstellaire... »
L’ermite dénoua ses trois de points de suspension en pastichant la dynamique du Vortex, la balistique secrète du Système solaire. La voix dans l’ombre n’avait pas quitté le parking depuis des jours, des mois, des années, des siècles ; en avait perdu la mémoire, fondu ses doutes en de nouveaux souvenirs postiches. À force de creuser, il finirait par trouver une porte secrète dans le coffre-fort, de celle où se trouvent les formules secrètes, des prescriptions pour le sacrifice, tracées dans une ancienne langue à images qui fut sienne autrefois.


Al Zimmer raccrocha sur ces mots : « J’habite au Campanile, j’ai vue sur l’Autoroute, je te verrai arriver de loin ». Une première expertise démontrait que la chaussette d’Elvis retrouvé dans l'hôtel de San Francisco porterait des traces de sang. Al Zimmer notre enquêteur fétiche, avait cru, de prime abord, à un accident de santiag dans un rodéo aux abords d'une highway à l’arrêt, avant de saisir l’intuition au vol, le sang séché était celui de la victime d’un rituel de magie noire qui aurait mal tournée.


Autant de nouvelles Terres, rouges, arides, violettes, attaquées par les cendres des atomes animés d’intentions funestes, restent à baptiser de larmes de sang, de gouttes d'eau-de-vie, du sceau de la cruauté.


Le 3 janvier 2019, Dany Stupefactor s’arrêta plusieurs minutes face à un panneau STOP à attendre pendant une heure qu’une voiture se pointe d’un côté ou de l’autre du croisement dans le seul et unique but de la laisser passer, pour avoir une bonne raison de redémarrer.
Comme de nombreux automobilistes touchés par le phénomène, il se confessa à la télévision :
« La nuit... je dors pas beaucoup... je regarde par la fenêtre de ma chambre en attendant qu’il y ait un accident… parfois toute la nuit… au bout de la rue il y a un virage avec une maison qui attire les accidents… il y a des années de ça un gars est mort dans une tranchée... le gars est resté coincé dans le trou pendant toute l’après-midi dans les travaux avant de mourir enseveli devant ses collègues tous les pompiers de la ville… et quelques semaines plus tard... c’est un camion avec une remorque pleine de graines qui fait le tout droit... il a recouvert une Opel Astra avec sa cargaison et détruit le barrage... je me dis pourquoi ça s'arrêterait un jour ? pourquoi une si ancienne malédiction s’arrêterait du jour au lendemain ? pourquoi les fantômes chercheraient à quitter un endroit où ils se sentent si bien... ».


DD&DD / Le thème de la soirée : Drogues dures et drague douce : retour en France Interdite. La civilisation vue des arrêts de bus par un mouton noir caché dans les artères. Visite d’un orphelinat, secret, les yeux, bandés, la bouche, remplie d’échos, des abeilles, du métal, noir, dans les oreilles, déambulations, chimériques, pulsations, d’un post-dictionnaire, buisson, de roses panthères, l’attaque du péage, à coup d’armes chimiques. Sur le toit d’un HLM, le lever du soleil sur la conurbation détient la promesse d’un brasier à venir. Ouvrir son journal intime à la page 77 pour redécouvrir une vérité : Se méfier des mots, le langage tire son origine d'une vague de haine mécanique, et se disperse en guerres contre le monde.


— Dans quelle position dormez-vous ?
Assis, sur la banquette arrière de ma voiture garée tous phares éteints sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute la plus proche de manière à toujours voir arriver le danger de loin.
— Je connais un homme qui a passé sa vie entière à chercher la lumière dans les phares d’une…
Al Zimmer coupa la parole du jeune homme d’un geste de la main.
— Vous n’y êtes pas du tout, regardez plutôt (CLAC !).
Le papier était chargé d’idiomes énigmatiques, sauf pour un féru de cryptologie comme Zacharie. Le Magicien avait beau chercher dans sa collection de livres dédiés à la mythologie, sa grande bibliothèque invasive - déversant ses piles de papier dans le salon, les chambres et une partie de la salle de bains, classés et reclassés à longueur de journée selon des critères variables, allant de la position des planètes dans le ciel de la Zone Grise jusqu’à la teneur des informations reçues de la part du Guetteur et retransmises chaque nuit dans ses rêves éveillés. Il ne trouvait nulle référence d’un Dieu-dragon qui, s’envolant dans les airs à la recherche d’une proie de choix (une princesse cherchant à fuir l’ennui de son château et de ses tristes prétendants), cracherait des flammes de désespoir à l’horizon jusqu’à se brûler lui-même les ailes. Un tel mythe n’existerait que dans une vallée reculée de la forêt d’Amazonie. Le chamane d’une tribu indigène non répertoriée à l’UNESCO avait du lui envoyer cette image durant la nuit. Le mythe d’une créature d’au-delà les frontières qui détruit les conventions de par le tracé d’une diagonale (la Nature ne connaît pas la diagonale, ni la ligne droite, ni l’angle droit, de dit-il). Le dragon, retombé dans une terre inexplorée, crachant à nouveau ses flammes dans une forêt vierge, sans effet, à cause du taux d’humidité hallucinant dans la région, changerait de tactique : mode rouleau compresseur / un pas devant l’autre / baisse le tempo / sans baisser la garde / abattre un arbre après l’autre / la ligne ainsi tracée dans la forêt porterait la marque d’une orthodoxie malsaine. Le dragon poursuivrait sa marche irrépressible sous le regard hypnotisé d’un chasseur maquillé. La végétation tenterait de repousser dans l’instant ; élaguée, compressée, conjurée par cette erreur de la sélection naturelle. Aux avant-postes, la faune chercherait son Salut en sautant, courant, hurlant pour échapper au Léviathan qui accélérerait invariablement son pas. Les troncs d’arbres voleraient sur des kilomètres. Zacharie, appelé à la rescousse par ces voies que nous ne connaissons que si mal, pourrait remettre ce chaos en ordre. Lui, l’homme de la ville. Choisi parmi tous ceux qui s’empresseraient de construire une autoroute sur le sol défriché. Ce dragon était une créature des hommes, un monstre issu des tréfonds d’une favela nourrie par l’égrégore de la fureur de la Civilisation. Le camp-bidon-ville prit la forme d’une créature malicieuse, aujourd’hui perdu dans l’enfer vert après un vol psychotique, ne sachant pas que les princesses ne se dénichent pas dans les tours de chateau-buidings surplombant la plage Copacabana. Il avait bien dévoré quelques jet-setteuses et mannequins à la mode avant d’en recracher leurs cadavres fumant au-dessus de la baie, juste pour satisfaire le mythe. Dans un éclair visionnaire, Zacharie poussa d’un cran la musique d’ambiance, le mid tempo acéré prit la consistance d’un chemin de traverse, il esquissa un pas de danse, puis un second, selon un très ancien enchaînement fossile. Connexion réussie. Rien n’arrête un dragon dans la forêt vierge, et rien n’arrête deux chamanes tissant leur piège vibratoire par delà les limites de l’espace et du temps. La mygale / Géante / Intelligente / Piège symbolique / Tisse des éclairs / De filets aux reflets aigus / D’au-delà des perceptions infrarouges du reptile. La chasse est ouverte.


Autoroute Holocauste


Des voitures de sport démontées pour mieux se crasher.
Rien ni personne n’est fait pour atténuer le choc.
Flashback fatal bardé de clusterfucks.
Des séries limitées.


Des envolées sur les ponts, les échangeurs, des coups de volant parasites dans les virages, du sabotage dans les embrayages, il ne s’agit pas seulement de se crasher en beauté, il fallait apprendre trouver la route de son bûcher, un bûcher moderne, un bûcher spectacle, un « onze septembre » de la vanité, diffusé en direct sur toute la planète, concentré sur un foyer, sans aucune possibilité d’y échapper - voila pour le programme.


Des ombres.
Des lumières sur l’autoroute.
Un singe greffé sur le cerveau, une grosse caisse dans le coffre et des amis sur le carreau.
Une route, déserte, éclatée, le bourdonnement du repos, une station-service, abandonnée, une forteresse au milieu d’une forêt de carcasses enflammées. La dernière projection d’une vidéo sur le bitume.
Un symbole gravé à l’acide sur toutes les strates de l’univers.

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lundi 10 novembre 2014

Poème porno documentaire sonore

vas-y crie vas-y crie crie crie crie crie vas-y voisine, vas-y crie plus fort voisine, vas-y voisin, vas-y bande voisin vas-y tape son petit cul vas-y crie voisine, crie vers le haut oui vas-y je suis là je suis en haut oui, vas-y voisin, claque ses fesses vers moi oui vas-y, plus fort monte le son oui putain crie voisine, ho putain voisine les choucas s’envolent quand tu cries, putain voisin tu claques son petit cul joyeux en rythme avec la pluie ho putain je me réveille, vas-y plus vite oui putain oui c’est ça, vite, crie, t’arrête pas, les choucas s’envolent ils n’arrêtent pas de s’envoler de ton toit voisine, tu créés des choucas avec ton petit cul qui claque vas-y tu peux le faire, vas-y créé des choucas et vas-y voisin, fais la pluie avec ton rythme sur le petit cul et le vieux matelas vas-y, tape, fais le torrent, vas-y, fais l’ouragan sur le cul, passe à l’alerte rouge claque claque claque, ho putain ensemble ho putain vers le haut ho putain oui ensemble la pluie et les choucas qui s’envolent voisine crie voisin crie allez-y ensemble putain, oui c’est ça ! oui c’est ça ! oui, on y est, oui le ciel est noir, c’est ça voisine ! Oui c’est ça !


samedi 8 novembre 2014

l'agent de maîtrise


l'agent de maîtrise prend le métro béton pub visages serrés de ses semblables plus performants l'agent de maîtrise marche ensuite pour aller au travail goudron bagnoles stagiaires optimisation l'agent de maîtrise va prendre un café serveur sous coke l'air vénère l'agent de maîtrise entre dans le bâtiment de l'entreprise bagne fatigant l'agent de maîtrise prend l'ascenseur acier abrutissant les avis d'experts l'agent de maîtrise a son badge blanc sali de temporalités variables l'agent de maîtrise indique son étage l'agent de maîtrise regarde le photocopieur le mobilier les chaises à roulettes l'agent de maîtrise se situe entre l'employé et le cadre dans l'organigramme l'agent de maîtrise les sous traitants externalisés en dehors de la grille l'agent de maîtrise parmi les cadres il y a les cadres dirigeants et la problématique l'agent de maîtrise est intégré à la grille de salaire l'agent de maîtrise déclinaison l'agent de maitrise encapsuler l'agent de maîtrise il y a la hiérarchie la messagerie l'agent de maîtrise il faut se soumettre à la hiérarchie édictée l'agent de maîtrise instant t l'agent de maîtrise formulaire l'agent de maîtrise ne supporte par la hiérarchie l'agent de maîtrise lisibilité l'agent de maîtrise rationalisation l'agent de maîtrise envoie un mail les plannings salle de réunion registre l'agent de maîtrise réponds au téléphone l'agent de maîtrise cliquer l'agent de maîtrise note de cadrage l'agent de maîtrise entre dans un autre bureau aller chercher une cannette l'agent de maîtrise juridiquement l'agent de maîtrise a des horaires à saisir et des codes à rentrer pour accéder à son ordinateur l'agent de maîtrise la lueur des néons l'agent de maîtrise accumule l'agent de maîtrise les structures de base l'agent de maîtrise la climatisation

étrangement le cadre part en voyage sans son inférieur hiérarchique il le devrait pour ressouder les équipes s'exiler avec son agent de maîtrise le cadre reçoit un carton d'invitation que n'a pas l'agent de maîtrise et dont rêvent souvent les agents de maîtrise le cadre peut partir loin en voyage souiller les plages loin pour se reposer de son inexistence plus loin que l'agent de maîtrise qui lui va plus loin que l'employé le cadre se vêtit de costume gris alors que l'agent de maîtrise s'habille avec un jeans et un pull le cadre informaticien possède un certain langage que ne comprend pas souvent l'agent de maitrise le cadre manager s'exprime lui aussi avec un certain langage que ne possède pas l'agent de maitrise le cadre haut cadre a son haut bureau dans les hauts étages le cadre donne des directives qu'applique l'agent de maîtrise

l'agent de maîtrise se situe plus bas symboliquement et géographiquement dans les étages et dans la pièce l'agent de maîtrise sourit dans l'ascenseur mais au fond de lui ça ne va pas l'agent de maîtrise remplit des fiches d'arrêts maladies l'agent de maîtrise a mal au travail l'agent de maîtrise la routine l'agent de maîtrise multiplie les pauses l'agent de maîtrise saisit des données dans son ordinateur l'agent de maîtrise ordi en plastique l'agent de maîtrise bien sa souris en plastique l'agent de maîtrise regarde l'écran de son smartphone l'agent de maîtrise ne maîtrise pas sa vie il fait soleil vent dans les platanes l'agent de maîtrise les externalisés sous-payés les femmes de ménage immigrées nettoient la pisse des agents de maîtrise et des cadres et vident leurs poubelles très tôt le matin et très tard aussi pour ne pas que l'agent et le cadre et le directeur ne les croisent

l'agent de maîtrise part manger l'agent de maîtrise ne va pas loin manger car il a des horaires à respecter l'agent de maîtrise validera son auto-déclaration d'heures l'agent de maîtrise mange à la brasserie des produits chimiques et des laitues d'autoroute tandis que l'employé mange dans un fast-food ou dans un kebab le cadre mange au restaurant bio le haut-cadre dans le restaurant étoilé un peu plus loin l'agent de maîtrise paye avec des tickets restaurant l'agent de maîtrise angoisse l'agent de maîtrise déprime l'agent de maitrise a eu envie de se pendre (et toi ?) par moment l'agent de maîtrise se fait avoir il le sent l'agent de maîtrise va se barrer l'agent de maîtrise va réussir à sa façon à savoir échouer dans le langage officiel l'agent de maîtrise avec tous ceux virés tous ceux foutus en l'air détruits l'agent de maîtrise éradiquer la frustration familiale transmise piétiner masochisme l'agent de maîtrise couper court l'agent de maitrise plus de taf l'agent de maîtrise vengeance sur ces années gâchées l'agent de maitrise écrit mal il tranche l'agent de maîtrise seul dans le vide s'il le faut l'agent de maîtrise sortir de ça l'agent de maîtrise plus rien l'agent méprise la maîtrise

l'agent de traitrise va peut-être se révolter
enfin.

LE SALARIAT PUE

jeudi 6 novembre 2014

mercredi 5 novembre 2014

prenssée a


Point de départ : ouvrir une brèche. Où l'ouvrir ? N'importe où.

un jour me suis réveillée | hack : OK | 
et j'étais là | mi-femme, mi-MST | des roses rouges dans la cuvette des toilettes | au terminus de cette ligne (la ligne de bus n°40) appelé "La Solitude" | sans tatouages, sans piercings : feuille blanche, tableau noir (veux pas me figer) | sculpture vivante sonore | la musique est le sexe du son : j'ai musique place sexe | masques anti-pollution : rupture de stock | Tous les sous-titres sont mélangés. | Le muscle, la tête, le cœur.
Se concentrer sur.
Mettre la main dessus.
Y penser.
| Ceux qui sont jeunes, avec le temps deviennent de plus en plus jeunes. | Et si on tombait dans une minute de plusieurs années ? | Séjourner dans l'espace déforme le cœur des astronautes. | on a 4 paupières, 2 en haut et 2 en bas | Ta chatte est googlée dans 15 langues. | L'Inde reconnaît les dauphins comme "personnes non humaines". | Un cerveau ça ne sert pas à penser, ça sert à agir. | l'information double tous les 9 mois ! | Convertir un fichier à l'Islam | Notre résolution donne naissance à la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation. | C'est tellement cool que c'en est incompatible avec la vie. | Je connais par cœur les horaires des cimetières. | Où sortir ? Où rentrer ? |
Tu n'as aucune idée de la souffrance à l'intérieur de moi. | Où sortir ? Où rentrer ? | De ma difficulté à rester entier sans m'effondrer. | Où sortir ? Où rentrer ? | J'ai raté ma journée avant même de l'avoir commencée. | Où sortir ? Où rentrer ? | Professeur d'expression interdite | Où sortir ? Où rentrer ? | in : Centre de Détention Multifonctions des Résidus Urbains | Où sortir ? Où rentrer ? | in : poésie body musique (POETRY BODY MUSIC) : PBM | 
Où sortir ?
Où rentrer ?
Les choses, ça se passe dans des lieux. Ce qui n'est pas toujours vrai d'ailleurs.
Où sortir ?
Où rentrer ?
Tu sais ce qui m'a détourné de la poésie ? Les poètes. | Vous aviez de grands projets pour votre vie ? Laissez tomber. | Mes cauchemars sont pires que les vôtres. | elle m'exhorte : "parle d'autre chose que ce que tu n'arrives pas à dire !" | attache mon cerveau à un lance-pierre et balance
pfffffiouh

l'après-midi d'une foune

pays-visagiste

Morsures enragées de crânes... traînant leurs lambeaux telles des comètes. | C'est bon comme des bonbons sans paupières. | n°1 dans vos pensées | voyage dans le temps : montres interdites | 2012 : introduction du "like" sur Facebook _ 2022 : guerre civile | faire des publicités pour des emplacements publicitaires, c'est un bon créneau | Musique du salon au jardin, Le barbecue sans fumée, Épilation définitive : comment choisir ? | Il existe de plus en plus de mots compris dans une majorité de langues du fait des voyages et des loisirs : plus de 400 mots dans 20 langues. Taxi, OK, aéroport, whisky, soda, caméra, banque, télévision, musique, sport, dollar, passeport... | lire tous les livres
pour en écrire un seul
qui les détruit tous



Petit Frère



Longtemps je t'ai bordé
Et longtemps je t'ai aimé
Tu partais à l'école
Et tu ne savais pas compter
Il fallait se concentrer
Sur ces choses abstraites
Sur le chemin
Tu trouvais des lettres d'or
Que tu pliais avec les feuilles trouvées
Et tu les gardais
Dans ton carnet d'écolier
Longtemps je t'ai bordais
Et longtemps je t'ai aimé
Je te préparais le petit déjeuner
Tu me regardais
Et tu te demandais
Qui était ce grand dadais
Longtemps je t'ai aimé
Et je te bordais

Il fallait quand même t'...

mardi 4 novembre 2014

Tuer tue. Mathias Richard


(Mathias Richard)


"Tuer tue"
fut lu par Mathias Richard 
le samedi 1er novembre 2014
à l'Asile 404 (Marseille)
lors de la soirée "Gardnerella vaginalis"
avec Didika Koeurspurs (Didier Calléja)

lundi 3 novembre 2014

Le monde. Mathias Richard


Le monde
par Mathias Richard 

Ce texte fait partie d'une série de 5 textes pour la lecture-performance
créés à l'occasion de la résidence "L'espace entre"
à l'Asile 404 (Marseille), en octobre 2014


Photo : Not-Even Close (SAD)

"Le monde"
fut lu-performé par Mathias Richard 
en compagnie du très original guitariste électrique Jean-Sébastien Mariage

ainsi que 
le samedi 1er novembre 2014
lors de la soirée "Gardnerella vaginalis"
avec Didika Koeurspurs (Didier Calléja)

jeudi 30 octobre 2014

v.u. 075

Est-ce que l'espace peut craquer ? Mathias Richard


Est-ce que l'espace peut craquer ? par Mathias Richard 

Ce texte fait partie d'une série de 5 textes pour la lecture-performance
créés à l'occasion de la résidence "L'espace entre"
à l'Asile 404 (Marseille), en octobre 2014


Photo : Thomas Pailharey
prise lors de la soirée "Space is the place"
le vendredi 24 octobre 2014
à l'Asile 404 (Marseille)


"Est-ce que l'espace peut craquer ?"
fut lu-performé par Mathias Richard ce soir-là
en compagnie d'une dizaine de musiciens

ainsi que le mardi 28 octobre 2014
en compagnie du très original guitariste électrique Jean-Sébastien Mariage


lors de cette soirée :

mardi 28 octobre 2014

Brain.Balls





Time.Freak


 

mutantisme 1.2

go, go for it




mutantisme : PATCH 1.2
livre collectif (30 participants)
en préparation
Editions Caméras Animales

lundi 27 octobre 2014

dimanche 26 octobre 2014