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jeudi 2 avril 2020

[Machine MR-21] Causecade 4 – Texte de questions-réponses


Causecade : écrire en utilisant un système de cause à effet, un système de causalité – comme exprimer des équations de pensée. 


Causecade  – texte de questions-réponses
Texte constitué de questions et de réponses :
- 1 question
- 1 réponse

Exemple : « Non »1 de Mathias Richard.

- Vous auriez une cigarette ? - Non. - Alors un téléphone ? - Non. 
- 3€ ? - Non.
- 10€ ? - Non.
- Vous auriez l'heure ? - Non.
- Du tabac des feuilles ? - Non.
- Un joint ? - Non.
- Un truc à boire ? - Non.
- Alors un truc à manger ? - Non.
- Des allumettes ? - Non.
- Du feu ? - Non.
- Vous avez pas 2mn ? - Non.
- Pouvez signer cette pétition ? - Non.
- Un autocollant ? - Non.
- Un tract ? - Non.
- Gagner au loto ? - Non.
- Baiser pas cher ? - Non.
- Ton avenir ? - Non.
- Une réduction ? - Non.
- Tu veux du shit ? - Non.
- D'autres trucs ?  - Non. - De la coke ?  - Non. - Du speed ?  - Non. - Des médicaments ? - Non.

- Savez-vous dire non ? - Oui.



1 In À travers tout (Tinbad, 2021) 

mercredi 1 avril 2020

[Machine TG-3] Causecade 3 – Texte de questions


Causecade : écrire en utilisant un système de cause à effet, un système de causalité – comme exprimer des équations de pensée. 


Causecade 3 – texte de questions
Le texte est uniquement composé de questions en cascade, voire en rafales. Les questions se renvoient l’une à l’autre et sont parfois de plus en plus vertigineuses (s’approfondissant de plus en plus), ou absurdes, ou humoristiques, ou inattendues. 

Cela peut être à la fois un texte de questions et un texte de liste : un texte de liste de questions.

Quelques cas de figures possibles :

- Jeu de rebondissement : une question en amène une autre, ou plutôt la question qui suit s'appuie sur la précédente, lui fait écho (en poussant la première idée plus loin ou par jeu de sens sur un même mot), certaines se font écho de manière plus différée (mise en abyme du sujet lui-même).

Exemple 1. « Vous même ? »1 de Tyfen Guilloux (premières lignes) :

Êtes-vous vraiment vous-même ?
Êtes-vous devant ou derrière vous-même ?
Suis-je devant ou dans vous ?
Êtes-vous seul dans vous-même ?
Vous rappelez vous de votre première réponse ?
Avez-vous trouvé la solution ?
Vous rappelez-vous de la question ?
Vous l'ai-je posée ou l'avez-vous formulée vous-même ?
Êtes-vous le même qu'au début de la première question ?

- Opposition-symétrie entre deux choses-idées-contextes qui évoquent un « sentiment similaire » (comme un même degré d'insupportable par exemple).

Exemple 2. « Le pire, à ton avis ? »2 de Tyfen Guilloux (premières lignes) :

Faire de la musique en couple ou partir en vacances entre couples ?
Faire les choses par défaut ou faire les choses par peur ?
Perdre l'espoir ou perdre la peur ?
Agir par maladresse ou agir par erreur ?
Se fier au hasard ou se fier aux croyances ?


_ Déplacement (variation) à partir d’expressions toutes faites : « Broyer du noir ou broyer la nuit ? » (toujours dans « Le pire, à ton avis ? » de Tyfen Guilloux).


Un dernier exemple de texte de questions : « Confusion »3, toujours de Tyfen Guilloux (premières lignes) :

Pourquoi c’est culpabilisant de ne rien faire ?
Est-ce que ça existe rien ?
C’est quoi le vide ?
Est-ce que c’est une chute infinie ?
Est-ce que le noir est une couleur ?
Est-ce que penser au vide rend serein ou angoissé ?
Est-ce que le vide c’est une purée de trous ?



1 Texte complet paru dans la revue Doppelgänger n°4, janvier 2018.
2 Paru dans la revue Violences n°8, octobre 2018.
3 Inédit

mardi 31 mars 2020

[Machine MR-20] Causecade 2 – contradiction


Causecade : écrire en utilisant un système de cause à effet, un système de causalité – comme exprimer des équations de pensée. 


Causecade 2 – contradiction : quand une phrase en entraîne une autre, en cascade, dans une logique de contradiction.

Dire à chaque fois un peu le contraire de la phrase précédente, mais pas exactement le contraire, chaque phrase reprenant, corrigeant, précisant quelque chose. C’est ce « presque le contraire » qui donne cette dynamique qui avance toujours vers ailleurs. 

À partir d’un point de départ, trouver à chaque fois un décalage reprenant la proposition précédente, en la contredisant légèrement.

- Exemple. « Je suis feignant, mais exigeant »1 de Mathias Richard :

Je suis feignant, mais exigeant. Je suis exigeant, mais perdu. Je suis perdu, mais obstiné. Je suis obstiné, mais plein de doutes. Je suis plein de doutes, mais convaincu. Je suis convaincu, mais perdu. Je suis perdu, mais joyeux. Je suis joyeux, mais taraudé. Je suis taraudé, mais tranquille. Je suis tranquille, mais intranquille. Je suis intranquille, mais décidé. Je suis décidé, mais m'interroge. Je m'interroge, mais je sais. Je sais, que je ne sais pas. Et je passe, et pars. Et je pars, tout en restant. Et je reste, dans mes pensées. Et je pense, qu'il ne faudrait pas penser. Et je ne pense à rien, et je suis bien. Tout en me disant, que c'est impossible. Et c'est impossible, de continuer. Et ça continue, en s'arrêtant tout le temps. Et tout le temps, il se passe des choses. Et les choses, elles s'accumulent, elles débordent. Et ça déborde, tu les compresses. Et tu les compresses, avec folie. Et tu es fou, mais très organisé. Et l'abandon, est une recherche. Et tu cherches, à ne plus chercher ; à ne plus penser, à ne plus être. Tu cherches, alors que tu as déjà trouvé, plusieurs fois. Mais, la vie continue. Alors, il y a des variations, des combinaisons, inattendues. Inattendues mais qui se passent toujours quand le temps passe donc c'est un peu, prévisible. Cela fait tellement longtemps, que tu prévois. Que tu prévois, en te trompant toujours. Et en te trompant toujours, tu es quand même vivant. Tu es vivant, et c'est compliqué. On pourrait dire aussi, que c'est simple, que ta structure, n'est pas adaptée, à la simplicité. Alors, tu crées des structures, artificielles, pour te guider, te comporter. Et un jour t'en as marre, et tu détruis tout. Et tu reconstruis, et tu redétruis. Et tu reconstruis, et tu redétruis. Et tu sors et tu parles et tu marches, tu cherches, et tu te heurtes ; tu te heurtes, et tu te déformes. Et tu ressembles à une sculpture, bizarre. Qui a des angles, étranges.

- Autre exemple (en mode plus absurde) : « Le contraire de l’eau »2 de Clément Boute (premières lignes) :

Le contraire de l’eau, c’est le canard.
Le contraire du canard, c’est le chien.
Le contraire du chien, c’est le chat.
Le contraire du chat, c’est l’aigle.


1 In À travers tout (Tinbad, 2021) 
2 Texte complet in Opérations biohardcore (Antoine Boute, Les Petits Matins, 2017, pp.139-141)

lundi 30 mars 2020

[Machine MR-19] Causecade 1 – conséquence


Causecade : écrire en utilisant un système de cause à effet, un système de causalité – comme exprimer des équations de pensée.


Causecade 1 – conséquence : quand une phrase en entraîne une autre, en cascade, dans une logique de conséquence.

Une proposition en entraîne une autre (logique d’enchaînement). La conséquence de la première phrase (position 1) est répétée (positions 2 et 3) et devient la cause de la suivante (position 4), et ainsi de suite :

Quand… (cause 1), (conséquence 1)
(conséquence 1), (conséquence 2)
(conséquence 2), (conséquence 3)
etc.

À partir d’une première phrase de départ, tout se déroule ensuite par causalité, en suivant une même logique.
Cela crée un effet de dynamisme, de mouvement perpétuel, d’aller toujours de l’avant vers autre chose.

Exemple. « Quand il fait nuit »1 de Mathias Richard (premières lignes) :

quand il fait nuit il n'y a plus de lumière
quand il n'y a plus de lumière il n'y a plus de gens
quand il n'y a plus de gens il n'y a plus de temps
quand il n'y a plus de temps il y a de la liberté
quand il y a de la liberté, il y a de la respiration


1 In À travers tout (Tinbad, 2021)