lundi 15 octobre 2018
dimanche 14 octobre 2018
ZAPPOLOGIE 3.0 / Naughty Party [1]
1
Si je t'ai faite venir, c'est
pour t'annoncer une bonne nouvelle,
la vraie vie comme dans un roman
de Bret Easton Ellis,
déconseillée au moins de 18 ans,
on nous invite à une skin party,
le kiff total non ?
Tu m'étonnes,
plus rien ne semble aussi
incroyable !
Je suis prête
depuis que je suis née et
ce soir je serai la plus belle
écarquillée
comme les rois mages en Galilée.
Ça a été fait spontanément
pour mieux tourner la page
en illimité
parce qu’on n’a pas toujours le
temps de
s’écraser le pied
en plein cœur.
Ça sera juste un instant pour
nous,
discrètement,
ce que je veux dire c'est qu'on
sera ensemble comme avant,
BFF
à l'ancienne.
La glace atteint un mètre
d’épaisseur par endroit
alors je vais être honnête,
j’en suis clouée.
Je suis passée à côté de tant de
choses
hautes en couleur,
je ne sais plus ce que c'est
compter pour quelqu'un.
Tu sais Perrine,
prenons la vie côté plaisir,
je n'aime pas les réconciliations
au cimetière.
Il faut s'efforcer de vivre en
conscience.
Oui, j'ai déjà lu ça quelque
part…
peut-être sur des pages
internet,
je ne sais plus…
La fonction essentielle c’est
que
ça rapproche, ça retisse du
lien,
facilite le défroissage
sans frotter
dès la première douche.
I'm gonna make you dance.
Et c'est combien pour
l'aller-retour ?
Je t’invite,
c'est pas sorcier.
En plus tu verras
en moins de deux minutes, on va
nous proposer de la cocaïne, de l'herbe et de la MD
recommandés par l'Union Française
pour la Santé Bucco-dentaire,
et ça,
tu peux tester gratuitement.
Non là,
c’est clair que j’hallucine
je pense que
c’est maintenant que ça se passe
dans la place
entre ce qui est nouveau et ce
qui est ancien.
Je pense que tu vas apprécier ce
week-end à paris
sur la même longueur d'onde
au mètre-carré,
on ira faire un tour en
bateau-mouche
fenêtre ouverte sur
une infusion bio dans la nature
vraiment très douce
- en Août, la ville est déserte
-
mais aussi dans 180 magasins
de marques excentriques et de
tenues légères.
Paris c'est Paris,
j'adore !
(...)
mardi 9 octobre 2018
jeudi 20 septembre 2018
LAMALADIENEXISTEPASFAUTQUONPARLE
Né. Ça prend une forme. Tendre Attend Satan. Tu es. Pas pareil. Dans mon sens. D’un autre soleil. Et. Le triangle. Libre. Traversant. La mémoire. Construite ailleurs comme. Une personne derrière ma langue. Disait le bébé Sanglier.
Tu n’as pas eu peur de l’obscurité. Depuis le commencement. Depuis. Il faisait jour. Et tu as des cornes. Les vitres n’existent pas.
Une question. Bientôt. Tu m’étrangleras. Au nom de l’amitié. Mais. Ne fallait-il pas y penser il y a une éternité ? Vers 1994.
Tu n’as pas eu peur de l’obscurité. Depuis le commencement. Depuis. Il faisait jour. Et tu as des cornes. Les vitres n’existent pas.
Une question. Bientôt. Tu m’étrangleras. Au nom de l’amitié. Mais. Ne fallait-il pas y penser il y a une éternité ? Vers 1994.
Et tu as des milliers de cadavres de poissons. Ensuite. Mortes. Qui sortent de ta bouche. Ensuite. Il faisait un temps. Ensuite. Il faisait nuit.
Mon attitude. Attend Satan tendre. Tu souris quand je mâche une bête. La manière. Sans aucune raison. Et le temps. Et tu me prends par la gorge. Né. Les nerfs pèsent. Et tu me prends par l’insecte. Et je fais des mouvements. Pour qu’on se calme. Pour que ça prend une forme.
Là. Et la pluie. N’est qu’une imagination. Dans mon sens. Je vais bien. Casse moi les jambes. Et les bras. Et le cou. Et dis que je suis le mal. C’est beau. Terrible. Le rôle bientôt joué par l’un de nos deux.
Pourtant. Le petit-déjeuner. Tu manges. Mais. Oui. Je n’ai jamais eu faim. Ton estomac avait vidé le sens.
Je commence bien la journée. Satan attend le temps tendre. Je comprends. Nous arrivons. J’ai le choix. Tu as ton troisième doigt. Tu marches sur l’eau. C’est au ralenti. Je marche sur la route. Puis. Tu as une belle voix. Je comprends. Tu touches mon visage. Merci. Et tu souris. Bravo.
Ça va. Né. Je vois un œil. Nous allons prendre une forme. Ça va. Né. Je vois un œil. Nous allons prendre une forme. Dans toute la main. Né. Tous dans la main.
Et puis. Je fais des exercices. Sortes de mouvements. Sortes de réchauffements. Et tu te rends compte. Je suis Né.
Et puis. Je fais des exercices. Je suis né. Je touche le triangle. Le nôtre. Il reste en face. Au milieu. Toujours au milieu.
Et j’attends le temps tendre.
Khalid EL Morabethi
mercredi 19 septembre 2018
mardi 18 septembre 2018
Film performances à Marseille
En septembre 2016 eut lieu la soirée de performances intitulée "Ungemütlich IV" ("ungemütlich" = "incomfortable" en allemand) à L'Embobineuse à Marseille, regroupant des artistes allemands et français.
Aujourd’hui, pile deux ans après, un film-reportage, réalisé par Frederic Krauke, sort sur cet événement. On peut le voir ici : https://youtu.be/p66coT_o7-Q
Avec : Günther Schaefer (photos), Mathias Richard (lecture-performance), Les Statonells (musique), Anaïs Poulet (danse performance), Moran Sanderovich (vidéo), Mélodie Duchesne (performance), Nora Neko (musique), Frederic Krauke (performance), Mathieu Sylvestre (musique), Beate Linne (performance), Zabo Chabiland (vidéo).
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# son,
danse,
musique,
performance,
photographie,
poésie,
poésie sonore,
vidéo
jeudi 13 septembre 2018
11 septembre
Plus que 30 ans à vivre, et je n'ai toujours rien fait.
Je ne comprends pas comment on peut perdre son temps et je comprends pourquoi il faut perdre son temps.
Je ne veux rien donner. Rien. Je veux rétrécir et mourir avec tous mes jouets.
Et pendant le peu de temps qui me reste sous cette peau, dans cette ville, sur cette planète, je répéterai encore et encore que rien ne m'effraie, rien ne me touche.
Et pendant encore quelques minutes - quelques minutes encore - je ne vois plus rien et le ciel me semble plus près.
samedi 8 septembre 2018
Je suis un clodo, mais à Beaubourg.
La vidéo "Je suis feignant, mais exigeant." de Mathias Richard (co-réalisée avec Nora Neko, et l'aide de Charlotte Phan) est diffusée du 5 au 9 septembre 2018 de 11h à 21h au Centre Pompidou (Paris), étage Forum -1.
C'est dans le cadre de l'exposition "Littéra-TUBE" au sein du Festival Extra !.
Toutes les infos ici :
jeudi 23 août 2018
nanolesbiennes
il y a des petites lesbiennes partout
nano-lesbiennes
on ne les voit pas mais on les entend crier dans les murs et dans la peau
nano-lesbiennes
il y a des petites lesbiennes invisibles partout sur la peau, dans les
parois, elles se caressent se lèchent, il y a des mini-lesbiennes
partout, on ne les voit pas mais on les entend crier, on les entend
jouir partout, tu entends ?
nano-lesbiennes
nana, nanana
nano-lesbiennes
je marche dans la rue je les entends, je suis chez moi je les entends,
j'entends des aaaah, j'entends des mmmmmmh, j'entends des ah!oui!, il y a
des nano-lesbiennes en folie furie qui font l'amour partout, ça baise,
ça baise, et moi
j'essaie de me concentrer au milieu des cris de jouissance
c'est pénible
nano-lesbiennes
c'est pénible pour travailler
pour mener sa vie tranquillement
nano-lesbiennes
qu'est-ce que je dois faire docteur ?
nano-lesbiennes
il y a des petites boules de lesbiennes emmêlées là sur votre bureau,
j'entends mille nano-halètements dans mon oreille, j'entends des petites
bouches partout qui font mmmmmh, aaaaah, qu'est-ce que je dois faire
docteur, c'est un acouphène, un acouphène de sexe, un acouphène
permanent de sexe, jusqu'à ma mort ? au secours
nano-lesbiennes
elles sont tellement propres que ça sert à rien de se laver pour s'en débarrasser, oui
nanolesbo
nana, nanolesbo, bo
boa, koala, arche de noé je suis, de
nano-nanas... nanana
je me bouche les oreilles, je lis des livres de mathématiques, je regarde des documentaire sur la guerre, rien n'y fait
nano-lesbiennes
partout
partout
en dessous
au dessus
sur ma peau, sur ta peau, j'entends les cris, les guili-guilis, les
discussions susurrées, les baisers sucés, les doigts les chatouilles les
cheveux froufrous, ah
ah
ah...
c'est comme ça
nano-lesbiennes
pour toi pour moi c'est toi c'est moi
nano-lesb
iennes
han han, yeah, ouh
c'est comme ça, pas le choix, nana nanah, ouh
yeah
han han
dimanche 19 août 2018
mercredi 15 août 2018
Suicide
Quand j'étais petit, j'étais mythomane.
Je me souviens avoir raconté à mes camarades d'école la tentative de suicide de Frédéric.
Frédéric était le fils d'un boulanger, et l'aidait au magasin après l'école.
Il m'a appelé - je ne sais pas pourquoi.
Le tranchant de son couteau était posé sur sa carotide.
Il était seul et il pleurait. Tous les yeux étaient braqués sur moi.
C'était à cause d'une fille. Il en souffrait trop.
Plus d'échappatoire.
Enfin l'oubli.
Le lendemain, Frédéric est revenu à l'école.
Tous les yeux étaient braqués sur lui, et personne ne m'a vu de la journée.
Il n'y a pas de différence entre la fiction et la réalité. Leurs rôles peuvent s'inverser le temps d'une seconde ou le temps d'une vie.
En grandissant, j'ai appris à ne plus mentir.
Et comme l'ancien fumeur songeant avec mélancolie aux somptueuses volutes de fumée qu'il pouvait former aux temps jadis, je regrette chaque jour de ne plus pouvoir faire surgir des ombres de mon brouillard.
jeudi 19 juillet 2018
Poème-tattoo [texte théorique # I]
Yoann Sarrat
Poème-tattoo [texte théorique # I]
Ayant tatouée, sur ma cuisse
gauche, une « Zone expérimentale de mon corps », délimitant un
morceau de chair découpable et exploitable, emplie de quelques signes[1] qui actionneront
la textualité de diverses façons (marqueurs obligatoires d’une phrase et de la
construction phrastique balisée d’éléments modificateurs, étapes de l’écriture
corporelle, système de signes à ré-analyser perpétuellement, système
d’ouverture obligatoire vers d’autres mots et vers la néologie, etc.), un
poème-tattoo va être créé, en direct, lors d’une performance[2]. Le
dermographe n’utilise pas d’encre et trace des lignes de sang en interagissant
avec les mots tordus. Cela fait émerger un poème dermographique qui pourra être
utilisé de diverses façons dans un jeu d’échange entre la page et la chair[3].
Le sang des mots
La performance permet de créer une situation
d’énonciation du texte pour toucher au « su » (la sueur, la dimension
pulsionnelle) et progressivement au sang des mots, elle permet également de
mêler le bruit de la machine modifiant la peau et sa surface au texte déclamé
tout en intégrant les divers bruits du corps (ses borborygmes devenant des glossolalies).
La sueur et le sang des mots vont se confronter à ceux du corps qui les
accueille. Se met en place un dialogue entre les sécrétions corporelles qui
réagissent, en direct, au texte corporalisé, s’inscrivant dans la chair. Le
sang va prendre possession des mots, les faire remonter à la surface du corps. C’est
une écriture corporelle toute nouvelle, multidimensionnelle, en plus de la
danse et du mouvement des mains tatouant et des lèvres lisant, le spectateur lit
la poésie sur le corps tordu, un nouveau spectacle, celui du texte en train de
s’inscrire radicalement.
Chaque
particule corporelle (un ongle, une larme, une goutte de sueur) revêt un sens
(à trouver ou en évolution permanente selon les contextes, les situations). À
ces signifiants « naturels » car présents en chaque corps s’ajoutent
les signes et idéogrammes corporalisables. Chaque corps peut porter son propre
langage confronté à celui, intrinsèque, qui existe dans l’émanation et la
sécrétion naturelle. Un ongle peut devenir une parenthèse dans le texte ;
une lettre peut devenir un glyphe sur la chair, intégrant de nouveaux mystères
corporels, offrant plusieurs possibilités de lectures selon les états du corps
ainsi que ses torsions, ses positions, ses danses : la chair de la cuisse
ainsi remplie est la partition d’une nouvelle poésie à performer.
Ainsi,
la peau ne serait plus qu’une interface entre le dedans et le dehors mais entre
l’humain et l’univers dont il n’est qu’une particule, un corps qui doit faire exploser son sens en réinterrogeant tout ce qui le
constitue, depuis sa première larme au sortir du ventre maternel (alors couvert
des sécrétions du premier monde) jusqu’à son dernier souffle sur le lit de mort
(lui-même recouvert de sueur et de larmes).
Ainsi
tatoué sauvagement, le texte ne sera pas figé et existera en plusieurs états :
texte ensanglanté, texte à vif, texte qui pèle, texte en pleine cicatrisation,
texte cicatrisé, texte en voie de disparition, texte qui disparaît, texte disparu,
texte avalé par le corps […] Le texte saigne, suinte ; il coule, sécrète, est
à vif, se fait recouvrir de pommade, ouvert sur de nouveaux sens à chaque
nouveau processus de transformation. On peut aussi voir l’évolution du texte et
son épiderme sous l’action du chaud ou du froid : qui le fait changer de
couleur, s’augmente d’une chair de poule, par exemple.
À
cela s’ajoutent toutes les informations (notamment génétiques) que renferme une
goutte de sang, et les minéraux qu’accueille une goutte de sueur. Pour générer
cette sueur, le corps se tord avant d’accueillir le texte-tattoo, dans une
sorte de danse-texte-tattoo.
Avec
ce poème-tattoo : se retourner contre la main qui écrit et le corps qui
crée, tout en demandant à une autre main experte armée d’un dermographe de
faire entrer le texte par effraction dans la chair dédiée à l’œuvre. Le texte
réécrit sur la cuisse, entre improvisation et dictée (direct de l’œuvre
trans-mise), mêle mots, interjections qui rappellent les onomatopées du théâtre
d’Aristophane, glyphes-sang ou glyphes-tattoos, dans un espace délimité et déjà
augmenté de signes avec lesquels l’ensemble doit interagir : la zone
interrogative-exclamative [?!], la
virgule de concaténation [ , ], le crochet expansif
[ [ ]. Près de la paire de ciseaux
agissant comme une porte d’entrée dans l’espace de la poésie se forme une zone
découpe-conglobata, avec un millier de signes enchevêtrés jusqu’à l’illisible
significatif. À cet ensemble liminaire s’ajoute l’ensemble sonore second (les
bruits de la salle, les déchets sonores recyclables, les sons des corps des
publics, les voix intrusives, les bruits de bouteilles de bières, les bruits de
goulots suçotés, les bruits gutturaux de bière avalée, etc.) qui peut être intégré
au poème dermographique d’une façon ou d’une autre. Alors, l’improvisation-tattoo donne naissance
à une poésie glossolalique qui investit la chair et des milliers de
retranscriptions sont possibles selon les situations de lectures et les
différents états du poème dermographique évolutif :
(Retranscription #1 le 18/04/2018 –
à partir d’une photographie sombre et rouge du poème dermographique prise deux
jours après la performance) :
[?! + .¥[4] + ------------------[5] + [aouch[6]] + . + 0[7] + βx[8] + Su1
+ (Goutte1 profonde) + [Ô] + (Zone Conglobata)^¨/XXX+++**** + , + & à [aïe]
+ µ + [ + TXT (renversé) + .
+ ET + öö + CZ]
Le poème va donc continuellement muter selon
plusieurs acceptions et dans plusieurs de ses dimensions : le texte-peau
va se modifier et, probablement, disparaître, en tout cas pour ses parties les moins
profondes, le poème sera continuellement réécrit, recomposé, en fonction des
lectures et ses retranscriptions.
Post(inter)face
Un
des risques de la performance était de se voir renverser de la bière sur le
poème-tattoo en train de se créer. J’aurais alors dû la lécher. Le texte aurait
pu devenir un poème-tattoo-léché à 8.6° ou à 4.2°[9].
Juste avant la prochaine performance, je
regarderai 100 weird photos sur
Internet pour avoir des images bizarres en tête à transmettre en plus de mes
phrases-corps tordues dans tous les sens.
Une
femme emmenant son bébé pour une promenade dans une poussette résistant au gaz
/ Kazuo Ohno travesti en La Argentina / Des canetons utilisés comme animaux de
thérapie pour les enfants / Le champignon atomique Little Boy / Marie Wigman
dansant Hexentanz / une Arménienne de
106 ans gardant sa maison avec une arme automatique / un soldat partageant sa
banane avec une chèvre / Une petite fille avec des jambes artificiels en 1890 /
Une mère cachant son visage après la mise en vente de ses 4 enfants / Les restes
fondus d'un incendie au musée de cire « Madame Tussauds » à Londres
en 1930 / L'alcool déversé dans les rues pendant la Prohibition à Detroit en
1929 / Une jeune femme ayant recouvert ses bras et jambes d’antisèches / Un
homme nu recouvert de paquets de jambon cru / Une dizaine d’hommes déguisés en
schtroumpfs complètement ratés / Deux hommes se baignant dans des cheeseburgers
/ Un homme faisant du scooter avec une chèvre / Des acteurs déguisés en vieux
baisant des poubelles dans le film Trash
Humpers d’Harmony Korine / Une femme aux sourcils en maquillage permanent
complétement raté formant deux ^ ^ […]
Ces
images et leurs possibles significations pourraient également être tatouées
d’une façon ou d’une autre dans la zone expérimentale, retranscrites en signes
ou, parfois, dans une mise en abyme du raté-signifiant (le maquillage permanent
^ ^ qui couvre certains mots, par exemple).
[1] [ ?! ,
[2] Réalisée au Troisième salon
des Voix Mortes, organisé par Luna Beretta et Christophe Siébert le 16 février
2018, avec l’artiste-tatoueuse Claire Sinturel en free hands – technique de tracé direct sur la peau, sans modèle ni calque,
au plus près du corps, de ses méandres et ses imperfections (c’est aussi une
notion centrale de l’histoire de l’art liée au surréalisme, réinterrogée par la
pratique du tatouage) – avec lecture dansée du poème-tattoo et musique de
l’alto solo Marie Takahashi, et avec des photographies réalisées par Frédéric
Sinturel.
[3] Qui, dans mon cas, et comme on
me le fait souvent remarquer, sont aussi blanche l’une que l’autre.
[4] Glyphe-Tattoo1.
[5] Fil rouge reliant, notamment,
les blessures ontologiques et créatrices entre elles.
[6] Les onomatopées-douleur
concernent plus le public compatissant que moi-même. Ce n’est pas pour faire le
malin mais je n’ai jamais ressenti de grandes douleurs lors de tatouages ou
autres blessures créatrices. Cependant, cela permet d’avoir la sensation du texte et de l’écouter
crier.
[7] Goutte de sueur sur le front
qui coule sur la page puis glisse sur le poème-tattoo en train de se faire.
[8] Glyphe-Tattoo2.
[9] Je préfère lécher de la 8.6
mélangée à ma sueur et mon sang plutôt que de la Kronenbourg, même si
évidemment cela n’a rien à voir avec le sujet. [Oui mais c’est quand même
important de la préciser](oui, voilà, pour la personne renversante : bien
choisir sa bière quoi).
mardi 17 juillet 2018
Je me Vegeta
Je me Vegeta. Je me Vegetarialisme. Je me phrase. Je me mets. Je me forme. Je me traverse. Je me mange. Je me répète. Je me chose. Je me rends.
Il n y a qu’une seule phrase. Je mets la lourdeur à six centimètre plus à gauche. Je forme un gouffre dans la planète. Je traverse l’herbe. Je mange de l’herbe. Je répète ce que j’avais dit vraiment. Je deviens une chose très importante. Je me rends compte.
Khalid EL Morabethi
dimanche 15 juillet 2018
Entre les portes
J'ai cette manie de vouloir vérifier frénétiquement si les portes sont bien fermées.
Quelque fois, je passe 20 minutes à faire des allers-retours entre le portail et la porte de chez moi pour vérifier que celle-ci est bien fermée.
Il faut que je pousse violemment mon esprit hors de cette boucle d'allers et de retours pour pouvoir enfin partir.
Quand j'étais plus jeune - entre 13 et 15 ans - chaque année, pendant les 2 semaines entourant Noël, je me raclais la gorge pour essayer d'en faire sortir les glaires. Toutes les minutes, jour et nuit, sans pouvoir m'arrêter.
Au-delà de la gêne physique évidente, cela ne m'angoissait pas tant que que ça, car je savais, pour ça comme pour le reste, que tout finit un jour par s'arrêter.
dimanche 8 juillet 2018
Le travail des éditions Vermifuge
"éreintique"
de Nikola Akileus
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"Histoires anéanties"
de Guénolé Boillot
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"Machine dans tête"
de Mathias Richard
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"La Malangue"
de Yannick Torlini
lundi 25 juin 2018
Ga : La thérapie
Ga, je regarde profondément en toi. Je le sais. Je le sens.
Maintenant. Je me souviens. Il n’y avait pas de porte dans ma chambre.
En fait. Je buvais seulement de l’eau.
La nuit. Il y avait un numéro de téléphone dans le mur.
En fait. J’attendais. Longtemps.
Je comprends maintenant. Je vois maintenant. Je suis en train de devenir une sorte de. Un certain X.
Ce tigre qui ne m’avait pas tué. Est-ce que c’est son sourire que je vois maintenant dans le miroir ?
En fait. Il n y a pas que la haine.
En fait. Je vois. Loin de ce point où je vis. Une force qui m’appelle
Je suis en train de comprendre. Je ne suis pas d’ici. Je le sais. Je dois partir mais pas maintenant. Je dis pas maintenant. Alors pas maintenant. Je le sens.
Il y avait une longue robe rouge dans mon armoire. De. Je me souviens. Sauf. Il y avait une logique.
En fait. C’est toujours le temps de vendre son âme. J’attends. Pas maintenant.
En fait. C’est toujours moi qui ferme les yeux mais ce n’est pas moi qui dors.
Je peux si facilement sortir de mon humanité.
Je me souviens. Il venait toujours pour me voir ou me parler. De. En fait. Je me souviens. Je tournais toujours vers le mur quand il apparaissait. Ce n’était pas une punition.
Le sens est fatigué. C’est moi qui parle. Sauf. Oui. Mais. Sa mâchoire me maintient.
En fait. Il y avait une fenêtre dans la pièce. Je ne savais pas pourquoi.
En fait. Mes pieds étaient toujours nus.
Je comprends. J’étais quelque part dans le temps.
Le mal n’est qu’un simple mot. Plein de faiblesse. Plein de défaut. Je cherche le parfait.
Je mords. En fait. Mais toujours le cœur. Pas encore mort.
En fait. Mais toujours le cœur. Je sais. Dans le corps.
Ga, regarde profondément en moi, tu le sais, tu le sens.
Bientôt.
Mais pas maintenant.
Pas maintenant.
Khalid EL Morabethi
dimanche 17 juin 2018
Mathias Richard le 23 juin au cipM (Marseille)
Le samedi 23 juin à 16h30 (attention à l'horaire !), Mathias Richard sera au cipM (centre international de poésie Marseille) pour donner des lectures-performances, sur une invitation de Nicolas Tardy.
Tous ses livres parus seront disponibles sur place.
Il y aura également l'écrivain, poète et performeur Boris Crack.
L'événement sur le site du cipM :
Et sur FB :
Entrée libre !
On se voit là-bas :)
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