Jack. Hit the road. Walk this way. Walk on the wild side. Of the moon.
Sometimes I feel I've got to. Run away. I've got to. Get away. On the road, again. Ghost rider. Run with me. Don't stop me now.
People are strange, when you're a stranger.
Who ya gonna call. Cause i'm bad.
Under pressure, I lost control.
I shot the sheriff. I'm a killer on the road.
No one knows what it's like, to be the bad man.
I'm bad. And I need love.
Losing my religion. Killed by death. Where is my mind ? Paint it black. Society is a hole. It makes me lie to my friends. I do not want this. You can't always get what you want. Fuck off and die. Life is life. You know I'm born to lose. I am the world's forgotten boy. The one who searches and destroys.
Hey Joe, hey Jude, sweet Jane. Gloria. Hey hey my my. Hey... ya. Boom boom boom boom.
It's such a perfect day. Sweet dreams are made of this. What a wonderful world. Real cool time. Fish are jumpin' and the cotton is high. I feel good. I feel alright. Like a sex machine. I got you babe. You don't have to be a rich to be my girl. You're fresh, you're so fresh. Flesh for fantasy. So beat it. Push it. Cause we are born. Born to be wild. Wild child, voodoo child. Born in the USA. I'm afraid of Americans – I hurt myself today. But a DJ saved my life. Nothing can stop me now, cause I don't care anymore.
I love you. I need you. I want you. I want to hold your hand. I want to feed in your hand. What's your name ? I want to be your dog. I don't need no education. I want you, I need you. Wild thing, kool thing : touch me, kiss me, gimme your lovin', gimme danger, gimme shelter, gimme power, gimme more, raw power, you are the perfect drug and I can't get no satisfaction, all day, and all of the night. This is the end, I don't care, I don't care, I want to break free, to the other side, I'll be your mirror, so let's dance, dance dance dance to the radio, we are nighclubbing, hey ho, let's go, run, run run, let's run, like a rolling stone, let's rock, you don't stop, jump around, shake your money maker, shake it, shake it, shh you got to, shake it, shh shake it, got to shake it, Shaka Khan, you better lose yourself in the music, the moment, cause I'm in E-F-F-E-C-T, don't push me 'cuz I'm close to the edge I'm trying not to lose my head. Ha ha ha ha ha.
You're just another brick in the wall and i want to fuck you like an animal. I won't do what you tell me. Relax, come as you are, rape me, don't do it, stand by me, close to me, love me, love me true, love me tender, love me do, love me two times, be bop a lula, chabadabada, in a gadda da vida, la la bola, ba la ba la bamba, mala vida, baba baba, boo ya, flash!, flash!, jumpyjackflash, good golly miss molly you really got me, gabba, gabba hey...
Lève-toi de bonne humeur. Gère ton stress. Gagne du temps.
Mets-toi au sport.
Affine ta taille sans efforts.
Chasse ta cellulite.
Mincis sans régime.
Objectif ventre plat.
Beauté -20%.
Tendance jus de légumes.
Craque pour le chocolat.
Pomme de terre varie les plaisirs.
Réchauffe tes restes.
Prépare-toi pour l'été.
Checklist vacances n'oublie rien.
Épile-toi définitivement.
Évite les bouchons.
Zen sur la route.
Appelle gratuit depuis l’étranger.
Aie une bonne mine après un long voyage.
Relooke ta cuisine.
Garde ta maison fraîche.
Lutte contre l’humidité.
Déménage ton électroménager.
Nettoie vite et bien.
Relooke ton salon rustique.
Choisis le repassage optimal.
Innove avec l’aspi-robot. 2-en-1. Et le vélo sans fil.
Installe des enceintes sur la plage. Musique en streaming. Filme en 4K. Imprime en 3D. Mission bikini. Bracelet connecté. Montre connectée. Fauteuil massant. Bébé Samsung. Rasoir souris Philips. Bons plans. Nouvelle télé. Détecteur incendie. SOS allergies. Vente flash. Épilateur-frigo-GPS. Prépare Noël sans stress. Packs économiques. Sélection fête des grand-mères. Veilleuse Barbapapa.
Utilise ton subconscient. Pour ouvrir les portes du succès. Deviens Hypnotiseur. Contrôle tes rêves. Ne laisse pas passer cette chance.
En France on n'a pas de pétrole mais on a des idées. À Marseille on n'a pas d'idées mais on a des rats. (Et des cafards.) Et c'est bien trop beau pour être photographié. L'endroit est si touristique qu'il se filme lui-même.
L’œil humain perçoit plus d'informations que n'importe quel télescope jamais construit à ce jour. Tu regardes d'un œil fixe le soleil qui se lève, hors d'état de concevoir la réalité du monde. Une ligne haute tension, une autoroute, un sens giratoire, un supermarché, un programme informatique. Des bébés aux yeux couleur de mer.
On dit que la réalité, c'est ce qui ne disparaît pas quand on arrête d'y croire. Je scrute chaque seconde, soigneusement, l'une après l'autre. (Je vois une seconde qui dure deux secondes). Je ne pense rien du tout de ce qui n'est pas vrai.
Chut, les plantes dorment (les ronces ronflent). Tu dors sans dormir comme une méduse sans cerveau. Dans cet état de stase où même se coucher est fatiguant, cet état où cela demande moins d'effort de ne pas se coucher. (La Mer bouge mais elle ne se déplace pas.)
Un cerveau produit assez d'électricité pour faire fonctionner une ampoule. Goûte une pensée sauvage, c'est délicieux. Mange les yeux des morts pour voir ce qu'ils ont vu. Récolte les idées en coupant les têtes avec des idées dedans. Agglutine des cerveaux encore vifs en une grappe juteuse. Rassemble l'énergie psychique de 200 000 pensées en une seule. Boum. Cet endroit offre une expérience du chaos dans sa chair. C'est la ville où l'on naît le plus. Géographie des cris. J'ai des mondes en moi, qui poussent. Tout me dérange, je réussis même l'exploit de m'auto-déranger. Je sais même pas quel problème je suis en train d'essayer de résoudre. Je bad-trippe. Mais. Je. Sais. Plus. Pourquoi. Dans ce bruit continu, il y a des moments de calme aléatoires. Ils seront balisés avec des petites ténèbres. En vrai c'est mieux que comment je le dis. Restons en vie pour continuer à fumer.
T'as des jours bizarres, et des jours très bizarres. Là t'es dans les jours très bizarres. C'est une démarche générale de libération, psychique et physique, personnelle et collective. Mon sac à dos me suit. J'essaie de le semer. La lumière au fond du tunnel est un train (qui fonce). J'ai beau marcher, tourner, mon sac me suit toujours. Roule aveugle. Fonce aveugle. Je ne suis pas ça. Je ne suis plus ça. Je ne suis pas plus que ça. Je ne suis plus que ça. Je suis ça qui. Qui vraiment quoi. Roule aveugle. Je ne suis pas ça. Fonce aveugle. Je ne suis pu ça. J'ai du désir pour cette brune, et pour cette rousse, et pour cette maigre, et pour cette grosse, j'ai du désir partout, qui déborde, qui me sidère, cette petite j'aime son sourire, et celle-là ses yeux et sa poitrine, celle-ci j'aime son odeur, cette autre c'est comment elle parle qui me rend fou, j'ai du désir, du désir partout, ça bouge, ça vibre, c'est pas clair, ça part là et là, dans plusieurs directions, ce désir c'est bon, c'est un truc dans l'air et y a rien de mieux. Tendu, torsadé, cordon ombilical d'un arbre. Des dizaines de personnes se retrouvent connectées sur une même ligne téléphonique et discutent ensemble, interconnexion par les voix. Le sable coule comme de l'eau en formant des gouttes. On vient à nous les uns les autres. Visages déstructurés et recomposés. Je n'ai pas très, n'ai pas, je n'ai plus peur de la peur. Il y a de l'espoir dans les gouttes de pluie. Une langue de cascades s'interpénétrant. Les barrières entre nous disparaissent. Rien ne nous y a préparés. Enfin des rêves. Ça faisait tellement longtemps. Le fucking monde réel est tellement bon. Je fais une cure d'air. Sète-Troie : 2 partout.
T'es composé de 7 quadrilliards d'atomes (7,000,000,000,000,000,000,000,000,000). Toutes les 8 secondes, tu produis plus de nouvelles cellules qu'il n'y a d'habitants au Brésil. C'est la sélection naturelle cosmique : que ton univers sorte vainqueur de la compétition qui l'oppose à une infinité d'autres univers.
De plus en plus de gens, de plus en plus méchants. Nous vivons dans un royaume de conneries, un royaume que tu as habité pendant bien trop longtemps. Le manque de créativité s’acquiert. Il est nécessaire à la survie ici. Reste toujours prêt, à tout rater, à tout moment. Le mal-être, ça s'apprend. Vivre consiste pour une bonne part à résister à la pensée, à ce qu'on pense pour nous.
85 personnes sont plus riches que 3 milliards d'autres. Un professeur d'économie conséquent tue un à un les élèves de sa classe. Dix balles entrent dans dix têtes. Que dix machines effacent et remplacent. Des choses doivent mourir pour que l'on puisse grandir. L'Histoire avec une grande hache. Une loi générale régit l’univers : tout s’écroule. Le seul moyen de contrôler une émeute sous amphétamines est que les forces de l'ordre en prennent aussi.
Scène récurrente : des gens médiocres te font la leçon. Celui qui t'ouvre toujours sa phrase par un compliment pour la fermer par un reproche, avec l'apparence intelligente et mauvaise de certaines fioles de poison, des reptiles et des poignards. À quoi ça sert la politesse quand un mec te chie sur la gueule. Ton humeur est tellement noire que tous les lampadaires s'éteignent autour.
Cette sensation entêtante (que l'on veut pourtant éviter). Que l'on n'a rien en commun avec personne. Que tout mène vers la solitude. Mécaniquement.
Une personne souhaite changer le monde pour une seule raison : toutes les autres personnes. Et échoue pour cette même et inévitable raison.
Il reste toujours trop de piliers pourris debout, trop d'humanité infectée pour que l'homme puisse fleurir. Il n'y a rien à attendre de quiconque. C'est une notion pourtant simple que tu as toujours eu du mal à intégrer. La morale : une stylistique des comportements. Peut-être cette stylistique est celle qui compte le plus, même si c'est irrecevable aujourd'hui (voire de tout temps).
Lieu Des Rencontres, là où la terre finit. Sur la plage de Souviens-Vague, ta peau dit le contraire de la mienne. Complètement décalée, t'essaies de te décaler toujours plus pour retomber à l'endroit mais là t'es au moment où t'es complètement à l'envers, tourne-disque sur le plafond. Riche, tu as percé à jour les riches, et pauvre, les pauvres, tout comme, en bonne santé, les gens en bonne santé, et malade, les malades, comme pour finir, un peu cinglée, tu as percé à jour les cinglés, et vrai malade mentale, les malades mentaux. École insatiable de la vérité. École inconsolable. Le geste de la pensée a un prix, l'accès à la vérité est douloureux. Connaître et se connaître impliquent d'être en risque. Rituel face au vide : jouer au morpion avec les os de ses prédécesseurs. Parler avec du sang. Instructions répétitives chuchotées dans l'oreille. (Test, test, test, testament). Naître dans une tombe. Du death metal dans la maternité.
Un(e) poète est un(e) malade pratiquant l'egothérapie. Ça donne des frissons jusque dans des zones inconnues de l'anatomie. Il y a un manque en toi. Un trou. Tu le sens. T'as tout essayé pour le remplir. Un vide. Et la soif de le combler. Tu sais que je le sens aussi.
- J'aime pas comment tu fumes.
- Et moi, j'aime pas ta coiffure.
- Ah oui ? J'aime pas ta chemise !
- Ouais ? Ben, j'aime pas ta nana.
- Moi, j'aime pas ta mère.
T'es de mauvaise humeur, ça veut dire que tu vas mieux. Mais si tu veux faire un concours de fragilité fais gaffe, dans ce domaine je suis forte.
Les temps ont changé. Plein de jeunes gens ne connaissent pas la signification du mot pogo. Internet a tué le rock. La musique est devenue une affaire spécialisée, de chapelles et professionnels, non plus un lien sacré, l'affaire de toute une génération et de ses rêves. La musique n'est plus une religion, la musique n'est plus que de la musique. Le rock n'est plus une religion, c'est une secte. (Dont je suis).
Écoute ce truc, c'est comme si cet album avait été fait à l'intérieur d'un rêve de quelqu'un dans un autre monde.
(Une parole donnée, un effort que déploie l'individu pour se lier au discours qu'il énonce).
Tant de gens rêvent de ce disque, sans savoir qu'il existe déjà, qu'il est là. Alors fais-le écouter, tant que tu le peux. (La fin parfaite serait "pas de fin"). Les choses sont là, déjà là. Ce qui manque, c'est des gens pour les voir, les entendre.
J'ai commencé le traitement antibiotique hier midi (j'en suis à trois prises) j'ai fait le prélèvement hier matin. J'aurai les résultats question microbes/bactéries jeudi soir et pour la mycose, comme prévu dans quatre semaines...
Par contre, les symptômes (démangeaisons) se sont aggravés depuis hier soir et c'est pénible. Réveillé à 3 h cette nuit... et là ce matin ça me gratte beaucoup plus qu'avant.
Que puis-je faire pour soulager ? Remettre de la cortisone ? Mais ça nourrit la bactérie si j'ai bien compris... Et je me pose la question : si la crème anti-champignons que j'ai appliquée hier soir n'a pas nourri également aussi le parasite, du coup j'hésite à l'appliquer cette crème car depuis son application cela a empiré.
Bref, que je puis-je faire pour soulager cette inflammation gênante ?
Si vous pouviez me répondre rapidement s.v.p malgré que l'on soit dimanche.
Je vous souhaite une bonne journée et je suis désolé de vous déranger justement un dimanche.
...tu
sais c'est facile : tu roules tu rampes tu fraies tu tailles tu construis
tu déconstruis et tu défais, et tu refais. Eveille-toi. Fais. Tu fabriques tu
empiles tu désempiles, tu agglomères tu conglomères, tu colles tu copies, oui,
tu copies tu imites tu t'inspires tu écho-ises tu doubles, tu souffles, tu
vibres, tu sculptes des palimpsestes, tu corps-à-corps, contre les cops, tu
visses, tu crisses, tu polisses, tu moules, tu modèles, tu donnes forme à
l'argile brut sur la pierre tournante, tu siffles le début d'un air qui se
construit à petit pas incertain, sans hésitation, halte au barrage c'est tout,
indice, exposés, livré debout les choses dehors, réveille ton derviche
tourneur, fume, soufi, des mantras fourmillent…
…
Approche la flamme du shilom et aspire. A
fond.
…
Tue
les tourneurs, tu sais c’est facile, tue les mantras et ton réveil, tu es incertain
et ça, là, tu écho-ises les modèles à tout-va sur des copies en aggloméré,
palimpsestes spirales, tu imites, tu moules, les corps, tout, vu d'un tu, tu
imites les mantras qui vissent sans hésitation. Ça tue, ça éveille. Tu les
contres les choses qui sifflent au-dessus des barrages d'un ciel sans étoile – tue ça & colle incertain, tu visses, c'est
tu empiles, tu construis l'argile, tu fabriques, tu déconstruis, tu doubles, tu
crisses la tournante, tu imites, tu fourmilles, tu refais les barrages, tu les
détruits, tu fais, défais et refais tout, sans cesse…
…
Tu
ne dois pas t’apitoyer sur toi-même. Inspire.
…
Tu
dois te laisser aller maaaannnn
…
Finis
le shilom, refais t’en un autre, tu t’en fous. Tu sais c’est facile : fais
contre et conglomères un nouveau monde, réveille-toi, tu souffles, tu haltes, tu
peux former et aggloméré, tourneur, tu roules, sculptes, tu te déconstruis on air.
TU devient en indice, sans craies ni moules, tournant dans les spirales. Je te
jure – Gaté, Gaté. Respire les
étoiles – Paragaté. Fabrique, polisse,
souffle, corps-à-corps, siffle la pierre brute çà et là, tes pas vont vibrer
sur les palimpsestes. Parasamgaté Bodhi
Svaha. Souffle, roule l'argile tourneur, et refais sans hésitation, ton
être fourmille de mantras, ton être de taille exposée construit l’univers. Tu peux
refaire, rouler, dé-modeler, exploser les barrages du déjà-vu. Tu aspires les
échos soufis, tu dehors, copies vu souffles, à la facile tu moules,
inspire,surtout inspire, tu
contre-indices, tu sculptes, c'est toi, c'est : tu modèles & ton
modèle qui
Tu es surcouché. Toutes lumières allumées. Au centre de la ville. Dors bien avec tes maladies. Plus au centre, tu meurs. Écrasé par le chaos. Ici on a l'impression que le monde n'est constitué que d'ivrognes et de cinglés. T'as entendu toutes les blagues, pris toutes les drogues, tes amis sont morts. Ça fait des années que t'as pas eu une discussion. T'es incapable de te créer de nouveaux souvenirs. Elle te parle mais tu ne comprends pas ce qu'elle pense. Cette personne dans ta tête. Ta bouche a le goût d'autres bouches. Ton nom est un pseudonyme comme un autre. Ton corps est arrivé à péremption. Ton corps est périmé. Ça fait un quart d'heure que tu cherches un truc... qui est dans ta poche. Sans être sûr d'être habillé. Tu veux tuer tous ces mots. Tu sais, une de ces humeurs où l'on n'a rien envie de dire d'important.
Je suis juliu, perclus.
Perdons-nous ensemble. Toutes les clés sont emmêlées. Entrée définitive.
On peut se dire je ?
On peut se jejoyer ?
On peut se dire je ?
On peut se joyer ?
On peut se dire je ?
On peut se jeter ?
On peut se dire je ?
On peut se jouir ?
On peut se dire je ?
On peut se jouer ?
On peut se dire nous ?
On peut se nounoyer ?
On peut se dire nous ?
On peut se noyer ?
T'es le lieu d'un problème : maladie/énergie – tristesse/joie – mélancolie/hystérie – souffrance/extase – solitaire/social – normal/bizarre. Tout est si fragile... ça demande tellement d'énergie de maintenir toutes ces choses ensemble, non cassées, non séparées.
Tu es intense. Quand cette intensité va dans une mauvaise direction, ça fait très mal. Ne pouvant plus faire semblant de vivre, tu fais semblant de continuer à vivre. Sachant très peu et en se trompant aussi sur ce peu. Ton courage emmerde ta peur. L'illusion soigne l'illusion.
Les sentiments, ça fait éjaculer. De la foudre qui pense. Des univers ne demandent qu'à sortir. Tu aimes te mettre en vibration, et transmettre cette vibration, et que cela devienne une vibration partagée et complètement folle. Crier pour rendre sourds les oiseaux.
Lieu sexigu. Point de chatte habituel. Thérapute. Gros nibards au minibar, bonjour. Un sein excité tel un gonflement de pénis (ou l'inverse). Elle a deux trous du cul. J'ai envie de te baiser comme je respire. Ton prénom se mange. Ma peau se détache presque de moi tellement elle a envie d'aller vers toi. C'est dur de faire n'importe quoi d'autre que d'être avec toi. T'es la plus belle sculpture vue par les yeux. Une falamme. Tu es née en moi dans tous les pays où je suis allé. Mes vertiges sont pornifiés, m'endors en érection. Je désire, délire, lèche le vide, t'attends au centre de ma longue journée. Nos paroles te déçoivent, mais tu aimes nos silences. C'est en s'approchant au plus près de quelqu'un que l'on constate la distance qui nous en sépare. Qui nous sépare tous.
J'essaie de contourner ma connerie par mon intelligence. Je me déclare mon propre avocat. Pourrais-je parler à mon avocat ? Les phrases courtes sont fausses. La misérable vie humaine s'écrit avec des mots trop beaux. Tu parles avec tes pas. Tu parles en pas. Les piles dans les pas, les piles dans les pas, les piles dans les pas. Les pas, palpables. Les pas, palpables. Les pas, palpables. (Quand on danse, y a pas d'heure. Des moines et nonnes de chaos-lignes. Accouchent de pas.) Ta tête va bien avec ton corps. Au centre d'un trou blanc, qui vomit les objets plutôt que de les attirer en son sein. Tant que tu ne craches pas, tu ne sais pas ce qu'il y a dans ta bouche.
Y a des gens qui donnent pas. Ils sont toujours en train de calculer, de soupeser, d'évaluer, de se réserver. Y a des gens qui donnent pas. Ils sont en train de réfléchir à leur intérêt, de penser à eux, ça leur ferait mal de faire quelque chose pour quelqu'un pour rien, ce serait un mauvais calcul, une opération absurde. Y a des gens qui donnent pas. Et je parle pas d'argent, mais d'eux-mêmes, en général, en tout ils mesurent leurs moments sympathiques par petites doses, comme des privilèges. Y a des gens qui ne donnent pas, on sait jamais ce qu'ils pensent vraiment, ils ont l'habitude de garder pour eux, l'ouverture leur est une faiblesse, une erreur. Y a des gens qui donnent pas, sauf éventuellement avec parcimonie, pour avoir quelque chose en retour, ils sont dans la rétention d'eux-mêmes, du moindre petit pouvoir qu'ils peuvent avoir, y a des gens comme ça, y en a pas mal. Incapables d'observer une différence sans établir une hiérarchie. Ils créent des lieux. Pour exclure. Le monde est grand, le monde est immense, mais que tu es en contact avec ces gens-là, t'as l'impression qu'il est tout petit.
Tu te rases, tu te coupes. T'ouvres la fenêtre, la vitre tombe, tu la rattrapes au vol, tu te coupes. T'ouvres une boîte de conserve, tu te coupes. Tu saignes. Cicatrice sur l'empreinte digitale. Tu caresses une plaie avec une autre plaie. Ton corps garde trace du nœud de possibilités qu'il fut. Tu fermes les yeux. Tu regardes pas autour. Tu te coupes. Tu sens des espaces s'ouvrir en toi. Comme des salles qui seraient encore inexplorées. Chacun de nous porte 170 000 fonctions inconnues. Tu crées des oiseaux avec tes yeux. Des oizyeux. Tes yeux se transforment en oiseaux qui s'envolent. Plusieurs cœurs battent à l'intérieur de toi. À la nuissance, la naissance de la nuit, t'écoutes du freedeath. Verse un peu d'énergie dans mon oreille s'il te plaît. Aural sex. Ce son est un mélange de générosité et de vampirisme, du dark enveloppé de sucre, 100% pure mort, on éclate et on se vide de sang comme un porc. T'arracher les yeux, les mettre dans mon crâne, et regarder avec : seule au monde avec des choix impossibles à faire, tu cherches un gode en forme de bébé. C'est le moi de mouvantbre, t'es une cougar de 15 ans, t'as des genoux partout, tu pousses, tu pousses. T'accouches ton père dans la mort.
- C'est mon rapport médical ? Que dit-il ?
- Que vous êtes complètement givrée.
- Complètement ?
- Il y a peut-être encore deux neurones qui s'allument. Le reste, c'est juste... courts-circuits et étincelles.
- Je me sers de mes derniers neurones, pour tenter de détruire mes derniers neurones !
- Pourquoi vous criez comme ça ?
- J'aime pas le silence !
Ton œil est filmé par l'intérieur et diffusé dans des centres d'écoute et correction. Zone pénitentiaire - Autostop interdit. Tu as X ans + Y jours. Fin du jeu. Début d'une nouvelle vie.
Nées pour être libres en 3D. Avoir internet dans son téléphone c'est avoir un trou noir dans la poche. Je cherche la fonction téléphone de mon téléphone. En ville, j’ai parfois l’impression d’être la seule à regarder le monde autour de moi, les autres regardent leurs écrans. Avec la massification des selfies c'est un peu comme si la masturbation avait été autorisée en public. Des visages différents mais les mots sont les mêmes. Le tél intelligent rend con. Conne. Loin de l'ordi en écrivant sur une feuille, j'ai l'impression de faire de la résistance. Mais je ne tiens pas longtemps !
Des écrans nous hypnotisent jusqu'au plus profond assoupissement que l'humanité ait connu.
L’âge numérique ouvre sous nos yeux l’éventail infini des chemins qu’on pourrait prendre, mais nous confronte en même temps à l’impossibilité d’emprunter toutes ces voies : ce double mouvement génère l’impression de ne plus avoir le temps pour rien. Intense conflit entre objectifs contradictoires. Nous ne réussissons même pas à rester assis tranquilles assez longtemps pour regarder un film en entier, parce que nous voulons en voir un autre. Il en résulte un montage disjoint, où nous sommes toujours en train de sauter d’une chose à une autre, de plonger et de réémerger. C'est comme si la colle psychique qui maintenait l'existence même était partie et qu'on s'éparpillait. C'est une perte de temps ; qui à l'intérieur d'elle crée une autre perte de temps. Qui crée une autre...
En 2012, le record de nouvelles drogues abstraites apparues sur la Terre a été battu. Désormais, chaque jour leur quantité double. La connexion au réseau Internet produit une attraction immense, exponentielle.
Internet aspire mon cerveau et ma vie, je me sens proche des gens qui sont morts. Internet est un vampire, un vampire collectif, un vampire constitué de tout le monde qui vampirise tout le monde. Une horreur. Internet = une machine à déconcentrer. Internet = un espace de déconcentration. J'ai pas le temps, chuis trop occupé à rien faire. Je consacre la plupart de mon temps à écrire des commentaires sur Youtube et pleurer. Imagine-t-on le désert humain qu'il a fallu créer pour rendre désirable l'existence sur les réseaux sociaux ? Suis-je en train de faire la meilleure chose pour moi ? N’aurais-je pas le temps d’en faire une autre ? Comment optimiser mes possibilités ? Potentiellement, je pourrais être tout et son contraire, alors je me dis que je dois pouvoir être tout. Sculpture : Homme assis à l'ordi. Océan plastifié. Je ne sais plus à quoi je pense.
Réponse : Parti anti-ordi ? Cure de désintoxication informatique ? Stages intensifs à la sensibilité ?
Nous ne sommes pas faits pour fonctionner comme des ordinateurs, dit Schwartz, nous sommes faits pour l’impulsion.
La proximité, la communauté, l'interaction bon enfant, la possibilité primaire de se relier à l'autre : une chose qu'on ne doit jamais tenir pour acquise.
La littérature c'est le Vieil Internet. La littérature c'est une ancienne forme d'internet très très très lente.
Yeux ont tendance à recevoir une énorme charge d'information de l'aube jusqu'au crépuscule. Dès que l'on ouvre ses yeux, le cerveau commence son travail intensif, le traitement des images entrantes de l'environnement, y compris les images des écrans de télévision et les écrans d'ordinateur.
Pour nous sauver de la folie induite par un torrent en constante évolution d'images, de formes et de couleurs, d'informations, de signes et de messages, le cerveau filtre les informations.
Luttant pour sa survie et appelé à muter.
Il y a une paroi invisible entre vous et le monde, une paroi qui voit ce que vous faites. Narcissisme, conformisme, capitalisme. La vie est la pratique la plus onéreuse qu'on puisse imaginer.
Le désastre n'est pas à venir, il est déjà là. Y en a juste certains encore suffisamment protégés qui ne s'en rendent pas compte.
La vie est pire que tout ce que tu avais imaginé. T'es tarie, tarée. Ta vie est usée, délavée. Tu déprimes plus que tes textes. L'avenir est à celles/ceux qui ne ressentent rien. L'avenir est aux gens qui se suicident tôt. Tu as un terrible sentiment de solitude et par moments il est tellement fort que ça te paralyse. Les idées paralysées par la peur. Condamnée à l'incohérence dans le seul but de survivre. N'ayant rien pu construire, ni dans la vie, ni dans l’œuvre. De ses mille tentacules, l'angoisse s'éveille en toi, vite concentrée en un sentiment d'une force absolue. L'angoisse change ta voix, change tes pensées, change les molécules qui entrent dans ta peau. Notre cerveau est conçu pour éprouver de l'anxiété durant de courtes expositions, mais pas autant que tu sembles expérimenter. J'me réveille, je stresse. J'me couche, je stresse. Je mange, je stresse. Je stresse pas, je stresse. C'est compliqué.
Ton but : faire exister tes rêves dans le monde. Mais les gens sont tués, leurs idées supprimées, leurs travaux brûlés (noyés, dissous, brouillés). Si grande que soit l'artiste, si elle n'a pas ce qu'il faut pour la mettre en valeur, ses efforts élevés peuvent être perdus. Peu importe le nombre de livres que tu lis. Peu importe la qualité de ton travail. Tu ne seras jamais plus qu'une curiosité. Tu continueras à survivre le reste de ta vie sans projet ni espoir. Ne comprenant pourquoi ce désir qui était en toi n'était en personne d'autre.
Les gens qui expérimentent des émotions deviennent de plus en plus rares. La plupart des gens disent éprouver les sentiments, mais en fait ils en sont vides, ils en sont vierges, il ne ressentent rien sous la surface émotive sociale. La maturité dans la société moderne est devenue synonyme d'un déficit d'émotions. De ne rien ressentir intensément.
***
Le progrès scientifique devient incontrôlable. Des avancées technologiques arrivent des décennies plus tôt qu'elles ne le devraient. Dépassées, les forces dissidentes et les forces de la poésie essaient une nouvelle stratégie : une sorte de morve ultrarésistante. La pression est si colossale qu'il s'y forme des diamants. Une sorte de morve ultrarésistante, qui pourrait constituer la poésie et la politique du futur. Cette morve est un ensemble de démarches, des mutations. Qui permettent l'émergence de langages et comportements singuliers : une mutantisation punk de la poésie sonore. Une mutantisation punk de tout. Poéscieberpunk, poéziberpunk. Épiphanie mécaniste. Tant qu'à avoir tes pensées mécanisées, crée tes propres mécanismes. Le mutantisme tel que tu l'aurais voulu : une tentative/entreprise nécessaire qui doit être façonnée et améliorée par chacun-e. Que les idées vivent par elles-mêmes, qu'elles aient leurs propres vies. La poésie mutantiste est une façon militaire de penser le langage. Militaro-chamanique. Les créations y deviennent de petits vaisseaux que les autres peuvent bricoler et emprunter. Aucune démission possible, ni vis-à-vis de soi-même ni vis-à-vis des questionnements collectifs. Laboratoire à la croisée de la science et de la poésie. Combinaisons à géométrie variable de certains éléments-clés. Ce travail souterrain de modification des coordonnées idéologiques, invisible pour l'essentiel au regard public, explosera soudainement et prendra tout le monde au dépourvu. Ces livres c'est la messe, il faut qu'on les lise comme la cabale, une drogue renouvelée. Et n'allez pas croire que la littérature est un accomplissement de l'humanité. La littérature est un énorme panneau d'avertissement devant l'humanité. Disant : ne croyez rien de ce que les humains vous diront. Ne faites pas confiance aux humains. Tout dans leur monde est fausseté, violence et instinct de domination. L'égoïsme et la vanité sont chez eux enracinés, implantés, indélébiles. Tu le sais. Car des millions d'esprits humains existent en toi.